LAURIER-CERISE
Usages. — Les propriétés que nous venons de signaler trouvent leur application dans les maladies atoniques de l'estomac et de l'intestin; dans les dyspepsies flatulentes, les coliques venteuses, où la cannelle agit comme carminatif, dans la diarrhée de forme non inflammatoire, dans la période adynamkrae des fièvres graves, du typhus. Rarement on l'administre seule, on l'associe aux amers pour en corriger le goût, aux purgatifs pour en modérer les coliques» Elle posséderait, dit-on, une vertu spécifique qui lui permet de triompher de l'inertie de l'utérus et d'en réveiller les contractions, elle arrêterait égalemement les métrorrhagies et surtout celle par atonie de l'organe. A l'extérieur, on emploie la poudre pour modifier les plaies atoniques ; la teinture et l'essence sont usitées en frictions, en liniments, dans le rhumatisme chronique, dans certains cas de débilité partielle. La cannelle entre encore dans la confection de plusieurs opiats et élixirs dentifrices, dans l'eau de Botot. Enfin on l'utilise comme condiment.
LAURIER-CERISE. Cerasus lauro-cerasus Lois., Prunus lawrocerasus Lin. Laurier-amande, Laurier à lait, Laurine. Rosacées- Amygdalées.
Description (flg. 168). — Arbrisseau toujours vert, de 5 à 8 met. de hauteur. Tronc rameux, assez lisse, noirâtre à l'extérieur; bois dur et rougeâtre, surtout quand il a subi l'action de l'air. Branches étalées d'un brun cendré. Feuilles alternes, presque sessijes, ovales lancéolées, pointues, denticulées sur les bords, épaisses, coriaces, luisantes en dessus, glabres des deux côtés, offrant intérieurement sur le dos et le long de l'axe de 2 à 4 glandes. Les fleurs sont d'un blanc sale, d'une odeur analogue à celle des amandes amères, pédicellées, disposées en longues grappes axillaires. Galice infère, urcéolé, à S divisions profondes. Corolle à 5 pétales insérés sur le calice; étamines nombreuses présentant la même insertion. Ovaire supère, arrondi, contenant 2 ovules attachés dans la partie supérieure de la cavité. Style 1, plus long que la corolle; stigmate simple. Fruit (drupe) ovale pointu, pourvu d'un sillon longitudinal peu prononcé qui le divise en deux parties, glabre^ peu charnu, noirâtre à la maturité, noyau presque globuleux, très lisse. J.
Habitat. — Cet arbre, originaire des bords de la mer Noire, a été transporté en Europe et réussit assez bien dans les provinces méridionales.
Calture. — On le multiplie de graines, de marcottes et de boutures. Il vient à peu près partout, mais surtout dans une terre franche, légère et fraîche.