LICHEN D'ISLANDE
nine, acide cétrarique, matière sucrée incristallisable, gomme, corps gras (acide lichenstéarique?), chlorophylle particulière (tallochore), matière colorante extractive, squelette cellulo-amylaeé , tartrate tt lichénate (?) de potasse, phosphate et lichénate (?) de chaux, inuline (?), acide gallique. La lichénine ou amidon du lichen, C^HioOio, est blanche ou légèrement colorée en brun par un peu de matière extractive, insipide, d'une légère odeur de lichen, se gonflant beaucoup dans l'eau froide, très soluble dans l'eau bouillante. 1 partie suffit pour donner à 23 parties d'eau une consistance de gelée ; elle est insoluble dans l'alcool et l'éther. La matière nmère (A. cétrarique, cétrarin), OH^CMe, est solide, incolore, inodore, cristallisable, d'une saveur très amère, peu soluble dans l'eau et l'éther, très peu soluble dans l'alcool. Elle se dissout avec facilité dans les carbonates alcalins et forme des cétrarates, en expulsant l'acide carbonique.
Formes pharmaceutiques , doses. — Avant de faire entrer
Fig. 169. — Lichen d'Islande.
le lichen dans les préparations pharmaceutiques, on le débarrasse de son principe amer, par une ébullition dans l'eau seule ou additionnée de carbonate de soude 3 ou A 0/0, à moins d'indications contraire». On connaît les préparations suivantes : 1° tisane, par ébullition, 10 à 60 : 1000; 2° sirop, 20 à 100 gr.;3° chocolat, ad libitum; fa gelée de lichen, 50 à 100; 5° gelée de lichen au quinquina, 50 à 150 gr.; 6° saccharure; 7° tablettes, n08 5 à 20.
Action physiologique. — Le lichen est un médicament dont les propriétés varient avec la nature de la préparation. Est-il employé non dépouillé de cétrarin, c'est un tonique amer; lui a-t-on enlevé ce principe, il est purement émollient et analeptique, car il n'agit plus que par ses principes amylacés.
Usages. — Le lichen non privé du principe amer peut être employé dans certains cas où les amers purs sont indiqués; il agit alors comme tonique, stomachique, fébrifuge; mais, comme il est en même temps purgatif, on ne peut prolonger son action sans inconvénient. Débarrassé du cétrarin, il est employé dans les bronchites; il agit dans ce cas en calmant la toux, l'irritation, en diminuant le
picotement qui siège à l'orifice supérieur du larynx. Comme analeptique, il est utile dans les diarrhées chroniques, dans celles des phthisiques et des enfants à l'époque du sevrage.
Le Lichen pulmonaire (L. pulmonarius L., Lobaria pulmonaria Hoffm., Sticta pulmonacea Ach., Pulmonaire du chêne) (flg. 170)
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Fig. 170. — Lichen pulmonaire.
croît sur le tronc des vieux arbres, où il forme des expansions membraneuses, roussâtres, lobées, marquées en dessus de concavités foncées et velues qui rappellent plus ou moins l'aspect d'un poumon tuberculeux. 11 est commun en France ; sa saveur est plus amère que celle du lichen d'Islande; mais, débarrassé du principe amer, il jouit des mêmes propriétés. Il est à peu près inusité aujourd'hui.
LIERRE TERRESTRE, -r Voy. Glécome hédéracé.
LIN CULTIVÉ. Linum usitatissimum L. Linées.
Description (fig. 171). — Plante de 3-7 décimètres. Racine grêle, presque simple, munie de quelques fibres latérales, émettant une seule tige, dressée, effilée, grêle, cylindrique, glabre, simple inférieurement, un peu ramifiée à sa partie supérieure. Feuilles éparses, sessiles, linéaires, lancéolées, aiguës, entières, d'un vert glauque avec 3 nervures longitudinales peu visibles sur la face inférieure; les supérieures sont souvent très étroites, subulées. Fleurs (juillet-
août) d'un bleu pâle, en corymbe rameux terminal. Calice à 5 sépales ovales, lancéolés, aigus, membraneux sur les bords, à 3 nervures. Corolle au moins trois fois plus longue que le calice, subcampaniforme, très caduque, à 5 pétales obovales, arrondis, très obtus et entiers, rétrécis à leur base. Étamines 5, monadelphes à la base, présentant entre elles une petite pointe qui est une étamine avortée. Anthère introrse, biloculaire, longitudinalement déhiscente. En dehors de l'androcée, on trouve 5 glandes alternatipétales. Ovaire libre et supère, lisse, luisant, atténué au sommet, à 10 loges uniovulées. Styles à cinq branches grêles, surmontées d'un stigmate obtus. Fruit (capsule) globuleux, à déhiscence septicide, environné par le calice, à 10 valves dont les bords rentrants forment les cloisons; chaque loge renferme une seule graine brune , ovale , oblongue, comprimée, lisse et luisante. ®.
Habitat. — Il croît naturellement dans les champs, à l'état subspontané. On le cultive en grand dans plusieurs provinces de la France ; il présente plusieurs variétés : le lin chaud ou têtard, le froid ou grand lin, le moyen, Vhumble.
Culture. — La culture et la récolte du lin sont du domaine de la grande culture.