MAUVE SAUVAGE
pétiolées et comme articulées, rén if ormes, arrondies à 5-7 lobes peu profonds, obtus; on trouve à leur base 2 stipules sessiles, ovales, aiguës, presque entières, ciliées. Fleurs (juin-août) d'une couleur
Mauve sauvage.
rose rayée de rouge plus foncé, portées par des pédoncules grêles, dressés, inégaux, plus courts que le pétiole, réunies en cymes, par 3-5, à l'aisselle des feuilles. Calice double, calicule à 3 folioles oblongues ; calice propre gamosépale, campanule, à 5 lobes triangulaires. Corolle à 5 pétales cunéiformes, fortement échancrés, trois fois plus longs que le calice, unis avec la substance du tube anthérifère. Étamines nombreuses, à filets soudés en tube, qui entoure le gynécée et qui dans sa portion supérieure se divise en un grand nombre de languettes, dont chacune supporte une anthère, réni-
MÉLALEUQUE CAJEPUT 389
forme , uniloculaire , extrorse. Style court se terminant par une dizaine de stigmates dont l'ensemble forme un pinceau. Ovaire supère, pluriloculaire; chaque loge contient un seul ovule. Fruit déprimé, accompagné du calice persistant, composé de nombreux achaines monospermes, réunis en cercle autour d'un prolongement de l'axe, glabres, jaunes à la maturité, réticulés; graines rénif ormes. ©.
Habitat. — Elle est commune le long des haies, dans les bois.
Culture. — On la cultive rarement pour l'usage médicinal. On la sème au printemps ou dès que la graine est mûre. Elle est très rustique et vient partout, mais surtout dans une terre douce, chaude et substantielle.
Parties usitées. — Les feuilles et les fleurs.
Récolte, dessiccation, conservation. — On peut récolter les fleurs pendant tout l'été; par la dessiccation, elles deviennent d'un .bleu pâle. Cette couleur se détruit promptement à la lumière et à l'humidité; aussi dojt-on les conserver à l'abri des rayons solaires et dans un endroit sec. On recueille les feuilles au mois de juin et de juillet.
Composition chimique. — La mauve renferme une grande quantité de mucilage visqueux, doux, réparti en abondance dans toute la plante.
Formes pharmaceutiques, doses. — A. Feuilles. 1° Infusion, pp. 10 : 1000. 2° Décoction, 15 à 30 : 1000. Cette décoction est employée en lavements, fomentations, lotions, injections. On fait des cataplasmes avec les feuilles cuites; elles entrent dans la composition des espèces émollientes. — B. Fleurs : Infusion, pp. 10 : 1000. Elles font partie des quatre fleurs pectorales.
Usages. — Les feuilles et les fleurs de la mauve sont émollientes, adoucissantes, béchiques. Leurs usages sont les mêmes que ceux de la guimauve. Les racines sont également émollientes, mais elles sont moins mucilagineuses que celles de la guimauve. La mauve était cultivée jadis comme plante potagère, et l'on mangeait ses feuilles en guise d'épinards. On lui substitue quelquefois : 1° la Mauve a feuilles rondes (Af. rotundifolia L.), qui jouit absolument des mêmes propriétés, mais qui est moins usitée, parce qu'elle est plus petite dans toutes ses parties : sa fleur est d'un rose lilas pâle, deux fois plus longue que le calice, ses carpelles non réticulés ; ses feuilles sont arrondies, à lobes peu marqués; 2° la Mauve glabre (flf. glabra Lamk), dont les fleurs un peu plus grandes prennent par la dessiccation une belle couleur bleue qu'elles conservent beaucoup mieux que celles de la mauve sauvage.
MÉLALEUQUE CAJEPUT. Melaleuca minor Smith, M. Cajaputi
MELALEUQUE CAJEPUT
Roxb. Méîaleuque nain. Caja kilœ. Myrtacéës-Leptospeumées. Le nom de caja-puti veut dire arbre blanc et fait allusion à la blancheur de Técorce.
Description (flg. 180). — Arbuste noir à la base, recouvert plu» haut d'une écorce blanchâtre, ayant le port de l'olivier, à rameaux bruns, d'où le nom de melaleuca (arbre noir et blanc). Feuilles alternes, presque sessiles, elliptiques, ovales, lancéolées, légèrement
falciformes, présentant de 3 à 5 nervures glanduleuses, fermes , glabres 7 persistantes. Fleurs blanches, petites, en épis lâches , naissant à l'aisselle de bractées caduques* Galice gamosépale à 5 divisions, adhérent à l'ovaire persistant. Corolle à b* pétales, très petits, concaves, blancs. Étamines nombreuses , longues, soudées en 5 faisceaux opposés aux sépales. Anthères petites, ovoïdes, jaunes; ovaire infère , triloculaire , entouré d'un disque charnu ; style droit, filiforme, de la longueur des étamines; stigmate simple. Fruit (capsule) globuleux, à 3 loges polyspermes et à 3 valves. Graines nombreuses, petites, oblongues, pointues du coté interne, tronquées à l'extérieur. £.
Habitat. — La méîaleuque croît aux Moluques, surtout à Boum et à Amboine.
Culture. — On la cultive, dans ces pays, sur les coteaux élevés et découverts. Dans nos climats, elle demande la chaleur de l'orangerie ou de la serre tempérée ; on la multiplie soit de graines, soit de boutures que Ton élève dans la terre de bruyère.
Partie usitée. — L'essence fournie par la distillation des feuilles fraîches. Cette essence, C80H,8O1f est liquide, très fluide, transpa-
Fig. 180. — Méîaleuque cajeputé