MÉLÈZE D'EUROPE
vers la terre, dont l'ensemble forme une cime pyramidale. Feuilles d'un vert gai, étroites, linéaires, pointues, devenant obtuses avec l'âge, molles, sortant par faisceaux de bourgeons écai lieux et globuleux, devenant alternes par l'allongement du bourgeon en rameau. Elles tombent en hiver, ce qui distingue le mélèze de tous les autres Conifères européens. Fleurs (juin) disposées en chatons. Mâles, de 1 centimètre de long, d'un jaune clair, globuleux, simples, environnés à leur base d'écaillés imbriquées, ciliées sur les bords, formés d'un grand nombre d'étamines présentant deux anthères uniloculaires et que l'on peut considérer comme autant de fleurs mâles. Femelles, longs de 1 à 2 centimètres, ovoïdes, entourés de jeunes feuilles, composés d'écaillés imbriquées, d'un rouge pourpre, offrant une longue pointe. Ovules 2. Fruit (cône) de 3 centimètres de long, ovoïde, allongé, formé d'écaillés assez lâches, minces, arrondies, avec une petite pointe à l'extrémité. Graine obovée munie d'une aile demi-lancéolée, arrondie au sommet, ayant deux fois sa longueur. 5-
Habitat. — Il croît dans les Alpes suisses et françaises jusqu'à 1 600 mètres au-dessus du niveau de la mer. On le trouve aussi dans les Apennins, en Allemagne, en Russie, en Sibérie.
Partie usitée. — L'exsudation oléo-résineuse connue sous le nom de térébenthine suisse, T. fine, T. de Briançon. Elle découle naturellement en petite quantité par les fissures de Fécorce; mais, pour l'obtenir en abondance, on pratique au tronc des trous avec une tarière, et à l'aide d'un canal en bois on reçoit le liquide dans une auge. Le liquide ainsi obtenu est ensuite passé au tamis, pour séparer les corps étrangers. Chaque pied peut donner, en moyenne, 3 ou 4 kilogrammes de produit et cela pendant quarante ou soixante ans. Cette térébenthine est liquide, assez limpide, d'une odeur forte, peu agréable, d'une saveur acre, amère et très chaude. Sa propriété siccative est presque nulle; elle ne se solidifie pas sensiblement par l'action de -^ de magnésie, mais se dissout complètement dans h* parties d'alcool. On la récolte surtout dans' les Alpes, aux environs de Briançon, de mai en septembre.
Composition chimique. — Elle renferme : deux huiles volatiles, acides pinique et sylvique, résine indifférente, extractif amer, acide succinique. Par la distillation avec l'eau, elle donne 18 0/0 d'essence. Usages. — Les propriétés médicinales sont les mêmes que celles de la térébenthine du pin (voyez Pin maritime). On s'en sert dans les mêmes * cas, et surtout à l'intérieur. C'est elle que le Codex de 1866 paraît avoir adoptée comme térébenthine officinale. Son mode principal d'administration est sous forme de térébenthine cuite. La manne de Briançon est une exsudation blanchâtre et sucrée qui se
MELILOT OFFICINAL
forme surtout pendant les temps chauds et secs sur les feuilles et les jeunes rameaux du mélèze. Cette substance est purgative, mais elle est inusitée, car elle est rare. Les vieux mélèzes nourrissent le polypore officinal ou agaric blanc (voyez Polypores).
MÉLILOT OFFICINAL. Meliîotus officinalis Lam., Trifolium melilotus Lin. Légumineuses-Papilionacées.
Description (fig. 181). — Plante de 3-17 décimètres de hauteur. Racine longue, épaisse, pivotante.
Tige, une ou plusieurs, dressée, rameuse, glabre, un peu anguleuse. Feuilles alternes, pétiolées, composées de 3 folioles ; la foliole terminale pédicellée et éloignée des deux autres; les folioles inférieures sont obovées, dentées; la supérieure, oblongue et dentée. La base du pétiole présente deux stipules soudées avec ses parties latérales. Fleurs (juillet-septembre) jaunes, rarementblanches, odorantes, petites, disposées en grappes unilatérales, axillaires, plus longues que les feuilles; chaque fleur pendante, presque sessile , est accompagnée d'une petite bractée linéaire. Galice à 5 divisions inégales. Corolle papilionacée ; pétales libres, caducs ; étendard plus long que les ailes, qui sont elles-mêmes plus longues que la carène, cette dernière obtuse. Etamines 10, diadelphes, non soudées aux pétales; filets simples, non dilatés au sommet. Ovaire stipité , droit; style glabre ; stigmate terminal ,
déclive. Fruit (gousse) petit, glabre, ovoïde, obtus, réticulé, rugueux sur les faces, embrassé à sa base par le calice persistant, indéhiscent. Graines 1-2, ovoïdes. ®.
Habitat. — Très commun dans les prés, les haies, les bois.
Culture. — II croît en grande abondance dans les champs, et on n'a pas besoin de le cultiver.
Partie usitée. — Les sommités fleuries. Leur odeur est faible quand elles sont fraîches, mais par la dessiccation elles contractent une odeur forte, agréable, qui ressemble beaucoup à celle de la fève tonka.
Fig. 181. — Mélilot officinal.