‹ Nouveau dictionnaire des plantes médicinalesChapitre 148 sur 226 · MORELLE DOUCE-AMÈRE · texte numérisé non relu

MORELLE DOUCE-AMÈRE

Parité usitée. — La plante entière. Son odeur est faible, peu agréable pourtant ; sa saveur herbacée, fade, aqueuse.

Récolte. — On n'emploie que la plante fraîche, car par la des* siccation elle perd presque toute sa saveur, son odeur et probablement ses propriétés. Recueillie avant la floraison, elle est moins laxative que quand son développement est complet. II faut rejeter la plante qui est montée en graine ou qui commence à jaunir.

Composition chimique. — Cette plante contient : principe amert gomme, albumine, matière grasse incolore, un peu d'huile volatile, pectine, quelques sels. Le principe amer est jaunâtre, sa saveur très prononcée ; c'est un purgatif peu énergique. On y a également signalé la présence d'un alcaloïde liquide très vénéneux, la mercurialme-

Formes pharmaceutiques, doses. — On ne l'emploie guère qu'en lavements sous forme de mellite, 15 à 60 gr.; et en cataplasmes émollients. Elle entre dans le miel mercurial composé Ou sirop de longue vie. 11 ne faut pas substituer à cette plante la mercuriale bisannuelle (If. perennis L.), qui est beaucoup plus active. Usages. — C'est un purgatif populaire; néanmoins les feuilles, débarrassées de leur principe actif par l'ébullition dans l'eau, sont mangées, en Allemagne, à la manière des épinards. Elle est aussi

diurétique; de là son emploi dans les hydropisies.

Les feuilles bouillies servent à préparer des cataplasmes émollients.

MORELLE DOUCE- AMÈRE. Solanum dulcamara L. Morelle grimpante, Vigne de Judée, Vigne grimpante. Solanacées. Elle doit son nom à la saveur à la fois amère et sucrée des sucs qu'elle contient.

Description (fi g. 187).

— Plante de i à 2 mètres.

Racines fibreuses. Tige ligneuse, sarmenteuse, divisée dès le bas, se soutenant sur les plantes voisines, à écorce grisâtre; rameaux flexueux verts, pubescents.

Fig. 187. - Morelle douce-amère. Feuilles alternes, pétiolées,

ovales, acuminées, entières, plus ou moins|cordiformes à la base, d'un

MORIUX DOfJŒ-àMÈRE JOB

vert foacé, pubescentes sur les deux faces, quelquefois tomenteuses; les supérieures souvent a trois segments, le moyen très ample, ovale, acnminé, les latéraux plus petits. Fleurs (juin-août) violettes, hermaphrodites, petites, régulières, extra-axillaires, disposées en cymes divariquées, longuement pédouculées. Galice gamosépale, petit, à 5* lobes courts, triangulaires. Corotie gamopétale, rotacée, staminifêre, hypogyne, à 5 divisions ovales, lancéolées, présentant à la base deux taches glanduleuses, vertes, bordées de blanc. Etamines 5; filets courts; anthères bilobées. Ovaire à 2 loges polyspermes. Style et stigmate indivis. Fruit (baie) ovoïde, rouge à la maturité, pendant, entouré à sa base par le calice persistant, bitoculaire. Graines réniformes. 3.

Habitat. — Commune dans les bois, Tes haies. Caltave. — Elle croit naturellement en assez grande quantité pour qu'il ne soit pas nécessaire de la cultiver. Si on désirait le faire, on la multiplierait par les graines, les marcottes ou les éclats de racine; mais la plante venue spontanément est préférable pour l'usage médical.

Partie usitée. — La tige. Elle présente, quand elle est récente, une odeur désagréable qui disparait presque entièrement par la dessiccation.

Récolte, dessiccation. — On donne la préférence à celle qui a été récoltée dans le Midi, ou dans les endroits secs et élevés. Il faut les choisir de Tannée, pleines de moelle, recueillies au printemps ou à la fin de l'automne. On les coupe par morceaux de 2 à 5 centimètres que Ton fend suivant leur longueur et que Ton fait ensuite sécher à l'étuve; par la dessiccation, elles deviennent jaunâtres ou grisâtres, la moelle prend une teinte jaunâtre.

CraaposHlea chimique. — Elle contient : solanine, èukamarme, extrait amer-doux (picroglycion), extrait gommeux, gluten, cire verte, résine contenant de ï acide benzoïque, sels. Le picroglycion paraît n'être qu'un mélange de solanine et de matière sucrée. La solanine, GW^AzO1*, est un alcaloïde très faible, incolore, inodore, cristallisant en aiguilles soyeuses, d'une saveur amère, nauséeuse, peu soluble dans Peau, Fétber, l'alcool froid, assez soluble dans Falcool bouillant. Cest un stupéfiant énergique qui paralyse les membres inférieurs et détermine de violentes convulsions. Elle ne dilate pas la pupiHe; Fextrait de douce-amère est pourtant mydrialique, ce qui semble indiquer que la solanine ne représente pas faction de la plante dont on Fextrait. La dulcamarine, CuH3*Ow (Geissler),est légèrement jaune, inodore, de saveur d'abord un peu amère, puis douce, sorable dans l'eau et l'alcool, insoluble dans l^étfter, le chloroforme, la benzine, îe sulfure de carbone; Fémulsine

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