‹ Nouveau dictionnaire des plantes médicinalesChapitre 150 sur 226 · MORELLE NOIRE · texte numérisé non relu

MORELLE NOIRE

ovales, acuminées, presque trapézoïdales, inégalement lobées, quelquefois entières, molles au toucher et d'un vert foncé. Fleurs (juinseptembre) blanches, petites, disposées dans l'aisselle des feuilles en corymbe de 5-6, brièvement pédonculées ; pédicelles pubescents à la fin, réfléchis et épaissis au sommet. Calice persistant à 5 divisions droites, ovales, aiguës. Corolle petite, pubescente, une fois plus longue que le calice, étalée, à 5 segments aigus, souvent rabattus au dehors. Etamines 5, courtes, à anthères jaunes, conniventes, laissant sortir, au milieu d'elles, le stigmate obtus d'un style filiforme. Fruit {baie) rond, vert d'abord, puis noir, de la grosseur d'une groseille, luisant, d'une saveur amère et nauséeuse, contenant au milieu de la pulpe des semences arrondies. ©. On en connaît plusieurs variétés.

Habitat. — Elle est commune dans toute la France, dans les lieux abrités, les décombres.

Culture. — Elle est trop répandue pour qu'il soit nécessaire de la cultiver. On peut la reproduire en semant ses graines au mois d'avril.

Partie usitée. — La plante entière. Elle exhale une odeur fétide, surtout dans la variété villeuse ; sa saveur est fade et herbacée. Ses propriétés médicinales disparaissent d'ailleurs par la cuisson, puisque ses feuilles sont mangées à Bourbon et aux Antilles sous le nom de brèdes.

Récolte, dessiccation. — On la récolte à l'automne quand les fruits sont mûrs, et on la fait sécher à l'étuve; ses propriétés sont alors plus prononcées que quand elle est fraîche.

Composition chimique. — Les baies contiennent de la solanine unie à l'acide malique (voy. Morelle douce-amêre).

Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Poudre, 5 à 10 centigram. et plus. 2° Suc exprimé, 30 à 50 gram. 3° Infusion, pp. 50 : 1000, en injections vaginales. 4° Pulpe de feuilles en cataplasmes. Elle entre dans le baume tranquille, l'onguent populéum.

Action physiologique. — Pour quelques observateurs, la morelle ne rappelle que faiblement les propriétés narcotiques des Solanées; elle serait même inerte. Pour d'autres, au contraire, ses propriétés toxiques seraient incontestables. Cette divergence dans les appréciations tient peut-être à l'âge de la plante, le principe actif ou solanine n'existant en assez grande quantité dans la morelle que quand la fructification est incomplète.

Usages. — La morelle est presque aujourd'hui abandonnée; la décoction est pourtant quelquefois employée pour laver les parties enflammées, tuméfiées, irritées, douloureuses. On a prescrit les feuilles en cataplasmes sur les dartres vives et rongeantes, les

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