‹ Nouveau dictionnaire des plantes médicinalesChapitre 160 sur 226 · Partie usitée. — Les feuilles · texte numérisé non relu

Partie usitée. — Les feuilles

Récolte. — Elle se fait en France dans les mois d'août et de septembre. Les]feuilles qui sont employées en médecine ont subi dans les manufactures de tabac des manipulations particulières, une fermentation spéciale, qui en change la nature.

Composition chimique. — Le tabac contient : nicotine, nicotianine, principes colorants extractifs, gomme, chlorophylle, albumine végétale, gluten, amidon, acide malique, citrates et makttes de potasse et de chaux. La nicotine, C^H^Az*, est un alcaloïde liquide, incolore, transparent, oléagineux, d'odeur acre et vireuse, rappelant celle du tabac; sa saveur est caustique et détermine une sorte d'engourdissement du pharynx; la lumière l'altère et la colore rapidement en brun : elle bout vers 250° et se dissout dans l'eau, l'alcool, l'éther, les huiles fixes et certaines huiles volatiles. C'est une base puissante dont les solutions prennent une coloration purpurine sous l'influence de la teinture d'iode. Elle paraît exister dans la plante à l'état de malate ou de citrate. Sa proportion oscille entre 2 et 8 pour 100. Le tabac du Lot est celui qui en contient le plus, celui de la Havanejn'en renferme que 2 pour 100.

Quand le tabac a été préparé dans les manufactures de l'État, la nicotine y existe en proportion moins forte, parce qu'une partie, la moitié, les deux tiers même, se détruisent pendant la fermentation des feuilles. La nicotianine est une huile volatile concrète, ayant respect du camphre, insoluble dans l'alcool et l'éther. Elle ne semble avoir aucune influence sur les propriétés de la plante. La fumée de tabac contient : une huile et une résine empyreumatiques, de la paraffine, des acides carbonique, acétique, butyrique, de l'oxyde de carbone, de Vhydrogène carboné, de la nicotine, de la nicotianine.

Formes pharmaceutiques» doses. — 1° En substance, dose, 25 à 30 centigram. comme émétique. C'est là une pratique dangereuse. 2° Infusion, pour lavement, 2 à A : 500. 3° A l'intérieur, 2 gram. en infusion. La fumée a été conseillée comme antispasmodique chez les personnes non blasées. On prescrit également les fumigations excitantes de tabac dans le rectum chez les noyés. La plus grande prudence doit présider à l'administration du tabac, puisque nous avons vu que la proportion de nicotine peut varier du simple au quadruple.

Action physiologique. — Mâchées, les feuilles de tabac ont un goût amer et piquant et provoquent fortement la sécrétion de la sa-

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live. Ingéré, le tabac produit des nausées, une sensation de malaise, et, si la dose est petite et souvent répétée, il détermine une action diurétique, quelquefois laxative. A dose élevée, les nausées se manifestent également, mais elles ne tardent pas à être suivies de vomissements, de purgations, avec anxiété, tremblements des membres, affaiblissement de la vue, tendance aux syncopes. Le pouls est petit et fréquent, la sensibilité s'émousse, la peau se refroidit et se couvre d'une sueur froide; des convulsions peuvent apparaître. Sous forme de tabac à priser, il produit sur la muqueuse nasale un vif picotement suivi d'éternuements plus ou moins fréquents et d'un écoulement de mucus nasal. Sous forme de fumée, il provoque, chez les novices, une sécrétion exagérée de la salive et les phénomènes qui caractérisent son ingestion; l'indisposition est plus ou moins grave, souvent elle se borne à une purgation et à des vomissements. L'usage émousse la susceptibilité de l'organisme, et le fumeur trouve dans les vapeurs du tabac des sensations agréables, difficiles à définir, qui, malheureusement, à la longue, ne sont pas sans danger, car l'abus du tabac exerce une puissante dépression sur les systèmes nerveux et circulatoire. Le tabac appliqué sur des surfaces excoriées a pu produire des résultats mortels, et l'on a constaté des accidents semblables à la suite des lavements de tabac. Les effets du tabac sont dus presque entièrement à la nicotine, poison qui, par sa violence, n'a d'équivalent que l'acide cyanhydrique, l'aconitine, l'atropine, et qui détermine la mort en produisant le rétrécissement et la déplétion du système artériel, et la contraction tonique persistante des muscles. Elle n'a encore reçu aucune application sérieuse en thérapeutique. Les toniques, les stimulants et surtout les alcooliques, le café, le thé, sont les meilleures antidotes à opposer à l'action du tabac.

Usages. — Malgré le rôle que joue le tabac dans les sociétés modernes, il n'a trouvé que peu d'applications en médecine. La poudre sert comme sternutatoire. A l'intérieur, on met quelquefois à contribution ses effets dépressifs sur le système nerveux, la fibre musculaire, la contracture qu'elle produit sur les fibres lisses de l'intestin, dans certaines constipations, dans l'iléus ou volvulus, la hernie étranglée, les convulsions toniques, le tétanos; mais c'est là un remède dangereux, qui ne doit être administré qu'avec une extrême prudence, alors que, les autres médicaments ayant échoué et la vie étant en danger, le médecin ne croit pas devoir rester spectateur désarmé de la maladie. C'est en provoquant les* contractions intestinales que la pipe détermine des selles chez les personnes habituellement constipées, et c'est en excitant la sécrétion salivaire et sympathiquement la sécrétion gastrique que le tabac active la diges-

tion. A l'extérieur, c'est un remède populaire pour détruire l'acarus de la gale, le pou pubis ; on s'en sert aussi dans quelques maladies de la peau, la teigne par exemple. On a également indiqué le tabac en applications topiques sur les articulations douloureuses, dans la goutte, le rhumatisme.

La nicotiane rustique (N. rustica L.) possède les mêmes propriétés.

NOIX \OMIQUE. — Voy. Vomiquier noix vomique.

NOYER ORDINAIRE. — Juglans regia L. Juglandées.

Description (flg. 198). — Arbre pouvant attteindre jusqu'à 20 mètres de hauteur et 3-4- mètres de circonférence, à écorce blanchâtre et fendue, à rameaux étalés et formant une longue tête arrondie. Feuilles alternes, articulées, composées de 7-9 folioles presque sessiles, ovales, entières, acuminées au sommet, presque égales, sinuées sur les bords, coriaces et d'un vert sombre. Fleurs paraissant avant les feuilles (mai) unisexuées, monoïques. Mâles, en chatons terminaux ou latéraux, pendants à la partie supérieure des branches de Tannée précédente, cylindriques, longs de 7-10 centimètres. Périgone à 5-6 lobes membraneux et inégaux, muni en dehors et près du sommet d'une bractée écailleuse. Etamines 14-36 insérées vers la partie moyenne du périgone; filets libres et très courts ; anthères biloculaires. Femelles, rassemblées au nombre de 2 à 3 à l'extrémité des jeunes pousses, entourées de quelques folioles étroites, subulées. Périgone globuleux à sa base et soudé avec l'ovaire infère, limbe double, l'extérieur très grand et denticulé, l'intérieur plus long, à 4, divisions inégales, aiguës. Ovaire globuleux renfermant un seul ovule dressé, se terminant par 2 stigmates obtus, divergents, épais, courts et glanduleux sur leur face interne. Fruit (août-septembre) globuleux, glabre, marqué d'un sillon longitudinal formé d'un sarcocarpe succulent (brou) vert, noircissant et devenant presque déliquescent à la maturité; d'un endocarpe ligneux, ridé, sillonné, s'ouvrant en deux valves, et d'une graine inégalement bosselée, toruleuse, quadrilobée au sommet et à la base, à tégument d'abord blanchâtre, puis d'un jaune plus ou moins foncé. La graine accompagnée de l'endocarpe ligneux porte le nom de noix. g.

Parties usitées. — Les feuilles, le brou, les noix.

1° Feuilles. — Elles sont très odorantes, surtout quand on les froisse dans les doigts; réunies en grande quantité, elles causent de la céphalalgie et du malaise ; leur saveur est un peu amère, résineuse et piquante. On les récolte pendant toute la belle saison. Par la dessiccation, elles perdent ^3 pour 100 de leur poids et deviennent très fragiles et d'un jaune brun. On les emploie sous les formes suivantes : 1° Infusion, pp. 20 : 1000. 2° Décoction, 50 : 1000.

3° Extrait, 40 à 80 centigram. en pilules. 4° Sirop, 30 à 45 grain. 5° Pommade avec l'extrait. 6° Collyre avecjaddition d'extrait de belladone. 7° Vin. Regardées autrefois comme un [spécifique contre

Fig. 198. — Noyer ordinaire.

l'ictère, elles sont aujourd'hui usitées dans le traitement de la scrofule (engorgements scrofuleux, ophthalmie scrofuleuse, gonflement et carie scrofuleuse des os) ; sous forme de décoction , on s'en sert

pour laver et panser les ulcères, pour pratiquer des injections détersives dans les trajets flstuleux. Le décocté est souvent employé dans le traitement des leucorrhées. On a préconisé les feuilles fraîches en applications locales contre la pustule maligne. Les fleurs mâles faisaient partie d'une préparation aujourd'hui inusitée et connue sous le nom d'eau des trois noix; on l'obtenait en distillant à trois époques différentes la même eau : 1° sur des fleurs mâles ; 2° sur des noix imparfaitement mûres, ou cerneaux; 3° sur des noix mûres.

2° Brou. — Son odeur est forte et aromatique, sa saveur amère et piquante. On le récolte au mois de juillet; par la dessiccation, il devient mince, recoquillé et prend une saveur douceâtre et sucrée. Il contient : amidon, chlorophylle, matière acre et amère, acides malique, tanniquef citrique, sels. La matière amère est très avide d'oxygène et contracte sous l'influence de ce gaz une couleur noire et une complète insolubilité dans l'eau. C'est à cette substance que le brou de noix doit sa propriété de teindre d'une manière presque indélébile les doigts et les tissus. Le brou de noix est la base de la tisane antivénérienne de Pollini usitée dans le traitement des accidents syphilitiques rebelles et de certaines affections dartreuses. On Fa vanté contre la fièvre intermittente et la pustule maligne. L'extrait est conseillé, à la dose de quelques centigrammes, comme stomachique et anthelminthique; le suc est employé avec succès contre les verrues et la teigne. Le ratafla de brou de noix est un bon stomachique.

3° Noix. — Les noix sont comestibles et se mangent, soit imparfaitement mûres, soit mûres et fraîches, soit sèches. Elles peuvent servir à faire une émulsion agréable; elles passent pour vermifuges. On en extrait par expression à froid, et à l'aide de moulins particuliers, une huile* grasse, qui, lorsqu'elle est fraîche, peut remplacer l'huile d'olive. Cette huile est verdâtre ou jaune roussâtre, d'odeur faible, s'épaississant à — 15° et se solidifiant à —27°, rancissant aisément, et plus siccative que l'huile de lin. Quand on l'a extraite à chaud, elle devient purgative et peut s'employer en lavements, à la dose de 20 à 30 gram. La deuxième écorce du bois passe pour vésicante et purgative.

OLIVIER D'EUROPE. Olea europœa L. Oléacées. Description (fig. 199). — Arbre pouvant acquérir 12 à 18 mètres de hauteur et 3 à 4 mètres de circonférence, d'aspect peu régulier.

Dans le midi de la France, cet arbre s'élève au plus à 3 ou 4 mètres de hauteur; le tronc se divise en nombreux rameaux opposés, irréguliers, tortueux. Ecorce crevassée et grise sur les vieux pieds, lisse et grisâtre sur les jeunes, bois très dur, compact, jaune, marqué de veines brunes. Feuilles opposées, courtement pétiolées, ovales, aiguës, entières, coriaces, blanchâtres en dessous, vertes en dessus, persistantes. Fleurs (mai.) petites, blanchâtres, disposées en petites grappes axillaires à la partie supérieure des rameaux. Galice en coupe, à quatre dents, plus large que long. Corolle campanulée, courte, plus large que le calice, à 4 lobes, ovales, aigus. Étamines â, exsertes, insérées à la base de l'ovaire. Celui-ci unique, globuleux, à 2 loges biovulées ; style terminé par un stigmate bilobé.Le fruit (août-septembre), appelé olivefi est une drupe ovoïde, allongée, plus ou moins charnue, d'un vert foncé devenant d'un violet foncé à la ma- J§^ i turité , à noyau osseux , uniloculaire et

mm Ç?® monosperme par avortement, graine à

W (Sf& albumen presque charnu. g.

Habitat. — L'olivier est originaire de l'Asie, d'où il s'est répandu dans toute la région méditerranéenne. Il offre de nombreuses variétés.

Culture. — On le multiplie de graines, de rejetons et de boutures. 11 n'est d'ailleurs pas difficile sur le choix des terrains et prospère dans les sols fertiles comme sur les plus ingrats, dans les terrains calcaires comme dans ceux qui sont sablonneux. Il n'aime point les lieux inondés, craint le froid et vient mal au-dessus de 45» de latitude.

Partie usitée. — L'huile extraite du fruit. Toutes les parties de l'olive renferment de l'huile. Celle de l'épicarpe paraît contenir un principe résineux, celle du sarcocarpe est plus abondante , celle du noyau osseux (endocarpe) renferme un peu de mucilage, enfin celle de la graine est légèrement acre. Toutes ces huiles se mêlent dans l'extraction.

' Récolte. — Les olives sont récoltées à la main ou abattues à coups de gaule; on les laisse alors amoncelées pendant quelque temps dans un local spécial, puis on les écrase au moyen d'un moulin particulier. On appelle huile vierge, huile d'Aix, celle qu'on ob-

Fig. 199. — Olivier d'Europe.

tient en soumettant à une pression modérée les olives écrasées; V huile ordinaire provient d'une pression plus énergique; Vhuiie fermentée a été préparée en soumettant les olives à la fermentation avant de les exprimer : la fermentation ramollissant le parenchyme, on recueille plus d'huile, mais elle est d'un goût peu agréable et (inusitée en France; enfin, Vhuiie d'enfer résulte de l'action de l'eau [bouillante sur les tourteaux des opérations précédentes; elle est encore plus désagréable que la dernière et ne sert que pour l'éclairage et la fabrication des savons.

\ L'huile d'olive est fluide, d'un jaune verdâtre, de saveur douce et agréable, d'une odeur faible et particulière. Sa densité est de 0,9109 à 25°, elle se congèle à une température de + 5° à H- 8° et devient alors grenue et comme butyreuse. Elle n'est pas siccative à l'air, rancit difficilement, est presque insoluble dans l'alcool. Elle se compose de 28 pour 400 de margarine et de 72 pour 100 d'oléine; i on y rencontre aussi une matière colorante jaune , une substance i aromatique et quelques traces de matières azotées neutres. i Action physiologique, usages. — Gomme les autres substances i grasses, c'est un aliment respiratoire. Ingérée à la dose de 15 à 60 gr., elle agit comme laxatif, sans produire de coliques ; on la prescrit également sous forme de lavements; elle passe pour anthelminthique. On l'administre souvent comme contre-poison ; elle agit alors pour ainsi, dire mécaniquement en s'opposant à l'absorption, et cela autant par la couche protectrice qu'elle forme sur la muqueuse stomacale que par l'enduit qu'elle dépose à la surface de la matière active. On ne doit d'ailleurs la faire ingérer que lorsque l'action des vomitifs a été complètement épuisée, et il faut s'en abstenir toutes les fois qu'elle peut dissoudre la matière toxique (cantharide, phosphore). Elle entre dans la composition d'un grand nombre de pommades, onguents, cérats, emplâtres et huiles médicinales. Les chirurgiens s'en servent pour faciliter l'introduction et le glissement de certains instruments. Dans les provinces méridionales, elle remplace le beurre comme assaisonnement.

La chair de l'olive verte est dure et amère. Aussi ces fruits ne deviennent-ils alimentaires qu'après avoir subi une macération dans une lessive caustique; on les place ensuite pour les conserver dans une saumure aromatique. L'écorce et les feuilles ont une saveur aromatique qu'elles doivent à un principe particulier, Volivine ou Volivite. On a préconisé ces feuilles comme astringentes, fébrifuges; elles le cèdent de beaucoup à certains amers indigènes, tels que la gentiane, l'écorce de chêne, la petite centaurée. La gomme-résine qui s'écoule du tronc renferme de l'acide benzoïque ; elle est inusitée aujourd'hui.

OPIUM. — Voy. Pavot somnifère.

ORAX6ER ORDINAIRE. Citrus aurantium L. Citronnier oranger. Rutacées-Aurantiacées (Bâillon).

Description (fig. 200). — Arbre de grandeur variable suivant les

pays, s'élevant dans le Midi jusqu'à 8-12 mètres. Tronc lisse, cylindrique, souvent ramifié dès la base; écorce dMn brun verdâtre; bois compact, blanc, légèrement odorant. Rameaux étalés ; feuilles alternes , articulées sur un pétiole ailé sur les bords et comme obcordé, unifoliolées, ovales, un peu acuminées, entières, glabres, luisantes, un peu épaisses, coriaces, criblées de petites veinules remplies d'une huile volatile d'odeur agréable. Fleurs (surtout en juillet et août) blanches, exhalant un parfum suave, disposées en bouquets pauci flores à l'extrémité des rameaux. Galice très court, plan, à 6 dents larges et aiguës. Corolle presque campanulée, à 5 pétales elliptiques, allongés, obtus, sessiles, un peu épais, légèrement charnus, parsemés de glandes transparentes. Étamines 20 environ, insérées autour de l'ovaire sur un disque hypogyne, plus courtes que la corolle, dressées, rapprochées les unes des autres; filets blancs se soudant souvent par 2-3 ; anthères cordiformes. Ovaire ovoïde, presque globuleux, à 8-9-10 loges; style cylindrique, très gros, terminé par un stigmate épais, globuleux, un peu concave au sommet. Le fruit (hespéridie) porte le nom d'orange, il est globuleux, quelquefois un peu déprimé, recouvert d'une double écorce ; l'extérieure ou épicarpe (zeste) est lisse ou rugueuse, d'un rouge pâle, attachée à une partie cellulaire blanche, spongieuse, qui est le mésocarpe. La chair ou sarcocarpe, qui forme la presque totalité du fruit, est à 8-10 loges, remplies de vésicules oblongues, parallèles,

Fig. 200. — Oranger ordinaire.

grorgées d'un suc jaunâtre sucré, doux, légèrement acide, fort agréable. Les graines sont blanches, oblongues, arrondies, g.

Habitat. — 11 est originaire de la Chine, des îles de la mer des Indes et de l'océan Pacifique; il est cultivé aujourd'hui dans tout le littoral méditerranéen.

Culture. — On ne le cultive en pleine terre que dans les départements du Midi ; partout ailleurs, on le fait venir en caisse que Ton rentre l'hiver dans l'orangerie; cette culture est d'ailleurs du domaine exclusif de l'agriculture ou de l'horticulture. On connaît plusieurs variétés d'oranges et d'orangers, qui sont : Vorange de Malte (O. rouge, 0. grenade), Vorange des Baléares ou du Portugal, les O. crépue, à fruit cornu, à fruit bosselé, à fruit comprimé, strié, de Gênes, à feuilles d'yeuse, à fruit nain, à fruit changeant; les 0. nobles, de la Chine ou mandarines, la portugaise, la pomme d'Adam des Parisiens.

Parties usitées. — Les feuilles, les fleurs, les fruits, l'essence.

Feuilles. — Les feuilles sont employées en infusion théiforme, pp. 10 : 1000, comme diaphorétique et antispasmodique léger, dans la céphalalgie, les palpitations, la toux convulsive, l'hystérie, ou sous forme de poudre, comme stomachique à la dose de 40 centigr. On doit les choisir fortes, régulières, d'un beau vert foncé, les sécher promptement et avec précaution et rejeter celles qui sont jaunes ou tachées-; les conserver dans un lieu sec et à l'abri de la lumière. Leur odeur est aromatique, leur saveur chaude et amère. On peut les employer fraîches ; on leur préfère, en général, celles du bigaradier (Citrus vulgaris Risso), qui sont plus amèresetplus aromatiques.

Fleurs (naphœ). — On doit rejeter les calices et n'employer que les pétales, que Ton dessèche à l'ctuve et qu'on enferme ensuite dans des flacons bien bouchés ; ils deviennent roux par la dessiccation. Elles renferment : huile volatile, extractif amer, gomme, acide acétique, acétate de chaux. .On connaît les formes pharmaceutiques suivantes : 1° infusion théiforme, pp. 2 : 1000; 2° sirop, 30 grammes; 3° hydrolat (eau de naphe), 30 à 90 grammes. L'hydrolat entre dans les potions calmantes et antispasmodiques ; c'est un calmant du système nerveux, un stupéfiant même, à haute dose, qui est assez usité dans les maux de tête, les maux d'estomac. Celui qui est préparé avec les feuilles du bigaradier est plus suave. — Par la distillation des fleurs, on obtient une certaine quantité d'huile volatile qui nage à la surface de l'eau. Cette essence, très suave, très agréable, de saveur amère et aromatique, d'une densité de 0,858, porte le nom de néroli; elle entre dans la composition de l'eau de Cologne. Lenéroli de Paris s'obtient avec les feuilles du bigaradier; c'est le plus estimé.

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