CHEZ L HOMME ET LES ANIMAUX
Morphine.
Narcéine.
Les autres n'empêchent par les courants exosmotiqaes dans l'intestin.
Formes pharmaceutiques, doses. — L'opium officinal doit contenir 10 pour 100 de morphine; il est rarement employé sous cette forme, si ce n'est en poudre et à la dose de 1 à 2 grammes pour saupoudrer Jes cataplasmes narcotiques dont il est la base. Parmi les préparations officinales les plus importantes, nous citerons : 1° l'extrait aqueux (extrait gommeux, extrait thébaïque) : il contient
un poids de morphine sensiblement double de celui de l'opium qui a servi à l'obtenir; dose, 1 à 7 centigrammes; on l'administre le plus ordinairement sous forme pilulaire; il est la base de tous les médicaments opiacés, sauf le laudanum; 2° sirop d'opium : 20 grammes contiennent 4 centigrammes d'extrait d'opium; 3U teinture, 5 à 20 gouttes ; 4° cérat opiacé ; 5° vin d'opium ; 6° vin d'opium composé ou laudanum liquide de Sydenham : 20 gouttes représentent à peu près 5 centigrammes d'extrait gommeux; il est d'un usage vulgaire, en potions, lavements ; 7° laudanum de Rousseau : 12 gouttes correspondent à 20 gouttes de laudanum de Sydenham. Il entre encore dans plusieurs préparations officinales telles que la poudre de Dower, la masse de cynoglosse, la thériaque, le diascordium. Parmi les alcaloïdes, la morphine s'administre à l'état de chlorhydrate, à l'intérieur ou en injections hypodermiques, aux doses de 1 à 3 centigr. par jour. Quant aux autres alcaloïdes, il faut quadrupler ou quintupler ces doses pour la codéine, la thébaïne ; les quintupler ou les décupler pour la narcéine et la papavérine.
Action physiologique de l'opium. — C'est une substance complexe dont l'action doit participer des principes que nous y avons signalés; mais comme parmi ces substances la morphine est la . plus active, il en résulte que les effets de l'opium doivent se rapprocher de ceux de la morphine, bien que mitigés, modifiés légèrement par les actions propres aux autres alcaloïdes. Ainsi l'opium est moins anexosmotîque et moins nauséeux que la morphine.
Appliqué sur la conjonctive, une muqueuse ou sur la peau excoriée, il détermine de l'irritation, de l'inflammation, puis au bout de quelque temps une diminution ou l'abolition même de la sensibilité et de la motricité dans cette région. A l'intérieur, et à faible dose (4 à 2 centigrammes), il produit une légère excitation circulatoire, un accroissement dans les forces musculaires; si l'on porte la dose à 5-40 centigrammes, les symptômes d'irritation sont plus prononcés, mais ces effets ne sont que passagers, et bientôt on voit leur succéder la dépression circulatoire, la diminution des forces et de la sensibilité, la paresse pour le mouvement, la sécheresse de la gorge, le resserrement, la contraction des pupilles ; des douleurs et des pesanteurs de tête, des démangeaisons, des nausées et quelquefois des vomissements et enfin une tendance invincible au sommeil, qui est peu réparateur et accompagné de rêves agréables ou terribles. Les phénomènes de collapsus, de coma, se manifestent presque d'emblée, lorsque l'opium est administré à dose toxique, et dans ce cas on observe parfois des convulsions; la mort survient par congestion cérébrale. Le traitement de l'empoisonnement consiste à provoquer l'expulsion du poison, à administrer le tannin,