‹ Nouveau dictionnaire des plantes médicinalesChapitre 174 sur 226 · Partie usitée. — La plante fleurie, ou les fleurs séparées · texte numérisé non relu

Partie usitée. — La plante fleurie, ou les fleurs séparées

Récolte, dessiccation. — Il faut autant que possible ne pas se servir de la plante sèche. La dessiccation doit être faite à l'étuve et poussée assez rapidement, sinon, la végétation continuant, la plante fructifierait. On doit rejeter celle qui est trop jaune ou dont les fleurs ont fait place aux fruits. On ne se sert point, en France, de la variété cultivée (V. tricolor kortensis), aisément reconnaissable à ses larges pétales, dont les supérieurs sont violets, les latéraux et l'inférieur jaunes plus ou moins tachés de violet.

Composition chimique. — La pensée sauvage contient : matière amère extractive, résine, albumine végétale, gomme, violine. La violine est un principe immédiat, qui est sinon identique, du moins analogue avec l'émétine de l'ipéca.

Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Infusion ou décoction, pp. 10 : 1000. 2° Extrait, 5 à 15 gram. 3° Sirop, 15 à 60 gram. 4° Suc de la plante fraîche, 60 à 120 gram.

Usages. — Elle est réputée antiscrofuleuse et anti herpétique. On l'emploie dans les croûtes de lait ou gourmes des enfants, la teigne, l'eczéma, l'impétigo, les affections rhumatismales. On l'associe souvent au séné. Sous son influence, l'urine acquiert une odeur fétide, qui rappelle celle de l'urine du chat. La racine est faiblement émétique, il faut l'administrer à la dose de 2 gram. pour obtenir quelques effets.

PERVENCHE MINEURE. Vinca minor L. Pervenche couchée. Apocynées.

Description. — Racine rampante, fibreuse, blanchâtre. Tiges les unes de 10-15 centimètres, fleuries, dressées; les autres de 2-3 décimètres, glabres, couchées, radicantes à la fin. Feuilles opposées, courtement pétiolées, ovales, lancéolées, très entières, coriaces, luisantes, glabres, persistantes. Fleurs (mars-juin) d'un bleu clair, solitaires, portées sur des pédoncules axillaires plus longs que les feuilles. Calice gamosépale, à 5 divisions étroites, lancéolées, subulées, égales. Corolle régulière, hypocratéri forme, à cinq lobes tronqués obliquement, gorge pentagonale, sans écailles, munie de 5 plis, opposés aux lobes. Étamines 5, incluses, rapprochées; filets élargis au sommet en écailles membraneuses; anthères à 2 loges séparées par le sommet du filet qui se prolonge au-dessus d'elles. Style 1 ; allongé, élargi vers sa partie supérieure, où il présente un

PHELLANDRIE AQUATIQUE 455

disque aplati, surmonté d'un stigmate poilu. Le fruit est un double follicule renfermant des graines nombreuses oblongues, cylindroïdes, tronquées aux deux bouts. ^.

Habitat. — Elle croît en abondance dans les lieux couverts et ombragés.

Culture. — On peut aisément la multiplier par ses nombreux rejetons, en terre franche et légère.

Partie usitée. — Les feuilles. Elles sont inodores et possèdent une saveur amère qui n'a rien de désagréable. Celles de la grande pervenche (V. major L.) lui sont souvent substituées.

Récolte. —On peut les recueillir pendant toute Tannée; il est préférable pourtant de choisir le moment qui précède la floraison ; par la dessiccation elles ne changent pas de forme.

Composition chimique. — La saveur amère et astringente de ces feuilles, l'emploi qu'on en fait dans certains pays pour le tannage des cuirs, permettent de supposer qu'elles contiennent une certaine quantité de tannin.

Formes pharmaceutiques, doses. — Infusion ou décoction > pp. 8 à 15 : 4000.

Usages. — Dans la médecine populaire, on emploie les feuilles de pervenche seules ou unies à la racine de canne de Provence pour tarir le lait chez les nourrices. Elles sont légèrement astringentes et prescrites quelquefois dans Je crachement de sang, et contre les flueurs blanches; on les administre :-en gargarismes dans l'angine, l'amygdalite, en lotions dans le pansement des plaies et des ecchymoses, en applications topiques contre les engorgements laiteux.

PETIT HOUX. — Voy. Fragon épineux.

PHELLANDRIE AQUATIQUE. Phellandrium aquaticum L., GEnanthe phellandrium Lam. Phellandre, Fenouil d'eau, Ciguë aquatique. Ombellifères-Sésélinées. («ÊevaÇ, qui tue en traître, et àWjp, homme ; allusion aux propriétés vénéneuses de la plante.)

Description (fig. 2U). — Plante de 5-15 décimètres, verte, glabre. Racine pivotante fusiforme, munie d'un chevelu abondant, blanchâtre. Tige droite, cylindrique, sillonnée, flstuleuse, noueuse, émettant des nœuds inférieurs des libres radicales, poussant quelquefois des stolons, très rameuse, à rameaux très étalés. Feuilles pennatiséquées, à segments divariqués , lancéolés , pennatifldes, glabres, d'un vert foncé; les feuilles inférieures sont quelquefois submergées, et les segments ne sont plus alors que des lanières étroites. Fleurs (juillet-août) blanches, très petites, disposées en ombelles brièvement pédonculées, oppositifoliées, à 7-40 rayons grêles et striés. Involucre nul. Involucelle à 7 folioles, courtes, pointues, étalées. Chaque fleur est pédicellée et formée d'un calice, adhérent,

PUELLANDRIE AQUATIQUE

à 5 dents, accrescent. Corolle à 5 pétales irréguliers, cordi formes, infléchis. Étamines 5, saillantes. Anthères arrondies. Ovaire infère, à 2 loges uniovulées , surmonté de 2 styles divergents. Fruit (diachaine) ovoïde, ailé, marqué sur chaque face de 3 côtes obtuses, couronné par les dents du calice, un peu luisant, rougeâtre. 2£.

Habitat. — Elle est très fréquente en Europe; on la trouve dans les lieux humides, les ruisseaux, les marais, les étangs, les fossés.

Culture. — La phellandrie est naturellement assez abondante pour qu'il ne soit pas nécessaire de la cultiver pour les besoins de la médecine. On la multiplie d'ailleurs aisément soit par les graines, soit

par les éclats de pieds ; elle demande un sol humide.

Page 1