‹ Nouveau dictionnaire des plantes médicinalesChapitre 175 sur 226 · Partie usitée. — Les fruits · texte numérisé non relu

Partie usitée. — Les fruits

Leur odeur est forte et devient plus intense par la pulvérisation ; leur saveur est aromatique.

Récolte, conservation. — On les cueille à la maturité et même avant, car la maturation s'opère pendant la dessiccation. 11 faut les conserver dans des vases bien fermés, placés dans un endroit bien sec.

Composition chimique . — Lés propriétés de la phellandrie paraissent devoir être attribuées à un liquide oléagineux, plus léger que l'eau, d'odeur nauséabonde, soluble dans l'acool, l'éther, les huiles fixes et volatiles. C'est la phellandrine (Hutet). C'est une

Fig. 214. — Phellandrie aquatique. substance toxique très active.

Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Infusion, 4 à 10 gram. : 1000. 2° Poudre, 2 à 4 gram. par vingt-quatre heures par prises de 2-3 décigram. dans du pain azyme ou à l'état d'électuaire. 3°- Sirop, 30 gram. représentent 1 partie de phellandrium. La phellandrine s'administre à la dose de 1 milligr. à 4 centigram. sous forme de granules ou de sirop. On a proposé une pommade de phellandrine comme calmante et sédative.

Aetion physiologique. — La phellandrie exerce sur l'homme une action sédative et stupéfiante. Si la dose est trop forte, elle pro-

PHYSOSTIGMA VÉNÉNEUX 457

duit des vertiges, des spasmes, de l'anxiété. On la regarde comme apéritive, diurétique, atténuante, lithontriptique, antiscorbutique et fébrifuge; la plupart de ces propriétés, sauf la dernière peutêtre, sont controversées. La plante verte est dangereuse pour les bestiaux et mortelle pour les chevaux.

Usages. — C'est principalement dans les affections des organes respiratoires, les bronchites chroniques, l'asthme, et surtout la phthisie pulmonaire que la phellandrie est usitée, et Sandras a voulu en faire un spécifique de cette maladie. Il est certain qu'elle calme la toux, facilite l'expectoration, supprime la diarrhée, procure le sommeil et augmente l'appétit; sous son influence, les hémopiysies et les pîeurodynies sont moins fréquentes.

PHYSOSTIGMA VÉNÉNEUX. Physostigma vénenosum Balf. Légumineuses- Papi lion acées .

Description. — Grande liane herbacée pouvant atteindre 15 à 16 mètres de long, sous-frutescente à la base, large de 2 pouces, cylindrique, rugueuse, grisâtre, dont la racine assez longue, munie de nombreuses fibrilles, offre souvent de petits tubercules blancs et succulents. Feuilles alternes, composées, pennées, trifoliolées ; les folioles sont pétiolulées, articulées, la médiane ovale, aiguë, régulière, avec deux stipelles insérées assez loin du limbe, les latérales insymétriques à la base, munies chacune d'une stipelle. Pétiole général un peu renflé à la base, noueux, portant deux stipules courtes. Fleurs hermaphrodites irrégulières d'un rouge pourpre, sillonnées de veines d'un jaune pâle, en grappes axillaires, pendantes, pédicelles accompagnés de bractées caduques irrégulières. Réceptacle cupuliforme portant intérieurement un disque glanduleux, formant un étui autour de la base de l'ovaire. Calice en forme de sac, à 5 dents courtes, un peu inégales. Corolle papilionacée, étendard ovale orbiculaire, à base épaissie et présentant deux auricules latérales. Ailes insymétriques, obovales, libres; carène obovale se terminant en un bec allongé, tordu en spirale. Étamines 40, périgynes, diadelphes (9 et 1). Anthères biloculaires, introrses, déhiscentes par 2 fentes longitudinales. Ovaire stipité. Style très long, logé dans la carène, dont il suit la direction, se dilatant au sommet en petite tête stigmatifère, papilleuse et poilue inférieurement ; munie supérieurement d'une espèce d'appendice, inégalement triangulaire, figurant une sorte de crête falciforme. Le nom de Physostigma (çvaaeivr enfler, et «rcV^ia, stigmate) fait allusion à cette particularité. Fruit, gousse volumineuse, allongée, légèrement falciforme, déhiscente, à 2 valves assez épaisses, convexes, pointues aux deux bouts. Graines (flg. 215) 2-3 oblongues, convexes, glabres, de 2 à 2,5 centimèt. de long sur 1 à 1,5 de large, portant latéralement un hile qui forme

RALO. PLANTES MED.

458 PHYSOSTIGMA VÉNÉNEUX

une rainure longue, étroite et entourant plus de la moitié de la graine. Épisperme dur, coriace, rugueux, d'un brun chocolat, qui tourne au rouge sur le bord du hile. Amande formée de deux gros cotylédons durs et friables qui en se desséchant laissent erftre eux un espace lenticulaire, ovoïde.

Habitat. — Il est originaire de l'Afrique tropicale, on le rencontre

à l'ouest des sources du Niger, au Vieux-Calabar, au Gabon, dans

la Guinée. 11 vient spontanément près des cours d'eau, et aime les

terrains marécageux.

Page 1