Partie usitée. — L'écorce
Formes pharmaceutiques, doses. — La teinture alcoolique,. 3 gram.
Action physiologique. — La piscidie paraît posséder une action narcotique incontestable. Les nègres l'emploient pour enivrer les poissons qui, sous son influence, surnagent et peuvent être pris à la main. Pour cela, on jette dans l'eau, l'écorce, les fruits ou les graines écrasées et placées dans des sacs ou des paniers ou bien encore la macération alcoolique de l'écorce. L'effet se produit au bout d'un certain temps : le poisson ainsi enivré n'a contracté aucune propriété vénéneuse. Le suc servait jadis à enduire les flèches et les poignards des indigènes; le gibier tué par ces armes pouvait impunément entrer dans l'alimentation.
Usages. — L'introduction de cette plante dans la matière médicale est assez récente. Elle semble pourtant appelée à remplacer l'opium, toutes les fois qu'il s'agit de combattre le symptôme douleur. Dans un grand nombre de cas, elle a calmé les malades et leur a procuré un sommeil paisible.
PISTACHIER FRANC. Pistacia vera L. Térébinthacées-Ana-'
CARDIÉES.
Description (fig. 219). — Arbre dioïque dont la tige droiter brune, peut acquérir jusqu'à 40 mètres dans les pays chauds, tandis qu'il est réduit à l'état d'arbrisseau dans ceux qui sont tempérés. Feuilles alternes, sans stipules, composées de 2-3 paires de folioles ovales, obtuses, coriaces, glabres, avec une impaire, d'un vert tendre. Fleurs (mars, avril ou mai) petites; mâles, en grappes rameuses, munies d'une écaille à chaque ramification,, fleur légère-
PISTACHIER FRANC 469
ment pédicellée. Calice petit à 5 divisions. Corolle nulle. Étamines £, exsertes, à filets très courts ; anthères grosses, biloculaires, s'ouvrant longitudinalement. Ovaire rudimentaire. Femelles, en épis, ordinairement simples et tri flores. Calice petit à 3-4-5 divisions appliquées sur l'ovaire. Celui-ci presque sessile, uniloculaire; style à peine marqué; stigmate 3, papilleux, recourbés. Fruit [drupe) à chair très mince, presque sec, ovoïde, un peu renflé d'un côté vers ia base, de la grosseur d'une olive moyenne, jaunâtre, marqué de points blancs vers l'époque de la maturité, teinté de rouge; noyau osseux, monosperme, s'ouvrant à la maturité en 2 valves. L'amande,
Fig. 219. — Pistachier franc.
connue sous le nom de pistache, dépourvue d'endosperme, est formée de deux cotylédons charnus et d'un beau vert gai, entourés d'une pellicule rougeâtre. 5-
Habitat. — Originaire de l'Orient, il est naturalisé et cultivé dans toutes les parties méridionales de l'Europe.
Culture. — On le multiplie de marcottes et par la greffe, mais il vient mieux de semis qu'on pratique sur couche chaude couverte d'un châssis. On tient le jeune plant en pot pendant l'hiver, et on l'enferme dans l'orangerie dans les climats froids. Il réussit pourtant en pleine terre dans les environs de Paris, si l'on a soin de le disposer en espalier, le long des murs et à l'exposition du midi, et si, à cause de sa diœcie, on place les pieds mâles à côté des femelles, ou encore si l'on féconde artificiellement ceux-ci. Il demande un terrain sec et plus particulièrement les coteaux exposés au soleil.
Partie usitée. — Les graines. Leur saveur est agréable, légèrement térébenthinée; elles sont très nourrissantes.
HÉRAUD. PLANTES M ÉD. 2£
470 PLOSSLÉE PAPYRACÉË
Composition chimique. — Les pistaches contiennent : huile fixe, fécule, matière colorante verte. L'huile est douce, verte, et rancit avec une grande facilité.
Usage. — L'émulsion de pistache est verte et s'administre dans les mêmes circonstances que celles d'amande douce. Les pistaches sont surtout employées pour faire des dragées, des glaces.
PLOSSLÉE PAPYRACÉË. Plosslea papyracea Mœnch. Amyris papy ri fera Del., Boswelia floribunda Royle, Plosslea floribunda Endl., Boswelia papyrifera A. Rien. Térébinthacées-Burséracées.
Description. — Arbre de 6 à 7 mètres, recouvert d'une écorce qui se détache en feuillets minces ressemblant à du papier. Feuilles naissant après les fleurs, rapprochées à l'extrémité des rameaux, impari pennées, à 4-5 paires de folioles, presque opposées, à peine pétiolées, ovales, oblongues, aiguës, dentées, tomenteuses, principalement en dessous. Fleurs (décembre) en panicules terminales, hermaphrodites. Fruit arrivant à la maturité en avril, en forme de massue, trigone, coriace, à 3 loges et à 3 valves. Graines solitaires dans chaque loge, obscurément tri gones, à bords un peu ailés. 5-
Habitat. — L'Abyssinie et l'Ethiopie.
Partie usitée. — La gomme-résine, connue sous le nom d'oliban ou encens. Cette substance se présente sous la forme de larmes d'un jaune pâle, demi-opaques, arrondies, inégales, d'un petit volume, se distinguant du mastic par leur défaut de transparence. Sa cassure est terne, cireuse; il se ramollit sous la dent; sa saveur est balsamique, un peu acre ; son odeur résineuse, aromatique. 11 est souvent mélangé de larmes plus grosses, rouges, moins dures, plus sapides et plus odorantes, qu'on nomme marrons, de débris d'écorce et de cristaux de carbonate de chaux ajoutés par fraude. Jeté sur les charbons ardents, il fond difficilement, brûle avec une flamme blanche, en répandant des fumées blanchâtres, d'une odeur aromatique particulière. On en connaît deux sortes commerciales : 1° l'encens d'Afrique, qui arrive de la mer Rouge par Marseille en ballots de médiocre volume; 2° l'encens de l'Inde, qui est aussi recueilli en Afrique, mais qui ne parvient en Europe qu'après avoir passé par Calcutta. Il est en caisses d'un poids considérable; ses larmes sont généralement plus volumineuses, plus pures, plus aromatiques que celles de l'encens d'Afrique; il est par suite plus estimé.
Plusieurs espèces du genre Boswelia, et entre autres le Boswelia sacra Flûck, qui croît en Arabie, fournissent aussi de l'encens au commerce européen. Quant à l'encens de l'Inde proprement dit, il n'arrive pas, ou du moins très rarement, en Europe; il est produit par le Boswelia serrata Stackh.
Composition chimique. — - L'encens contient : résine soluble
PODOPHYLLE PELTE
dans Valcool, gomme soluble dans Veau, résidu insoluble dans Veau et Valcool, et une huile essentielle.
Formes pharmaceutiques, doses. — Poudre, 3 décigram* à 2 gram., émulsionnés avec un jaune d'œuf, pour l'usage interne.
Usages. — C'est un stimulant, un modificateur spécial des membranes muqueuses, qui peut être utilisé dans les catarrhes chroniques; mais plusieurs substances, telles que les oléo-résines de copahu et de térébenthine, le tolu, etc., remplissent les mêmes indications à moins de frais et plus sûrement. C'est un tonique, un stomachique, qui facilite la digestion. Autrefois il était usité comme vulnéraire, détersif; mais aujourd'hui son importance en médecine est devenue fort secondaire; il fait pourtant encore partie de quelques préparations, telles que l'emplâtre de céroëne, l'emplâtre de Vigo, la thériaque, les pilules de cynoglosse. On l'emploie en fumigations excitantes dans le rhumatisme, en poudre dans les dents cariées pour calmer la douleur. On le dit efficace contre les piqûres charbonneuses ; pour cela on l'applique sous forme de pâte en humectant sa poudre avec de la salive. 11 y a longtemps que l'on a renoncé à ses fumigations pour assainir l'air dans les salles des hôpitaux; il masque, en effet, plus ou moins complètement les mauvaises odeurs, mais il est impuissant à les détruire.
PODOPHYLLE PELTÉ. Podophyllum peltatum L. Anapodophyllum eanadense Catesb : Berberidacées.
^fw^tnv*
Fig. 220. — Podophylle pelté.
Description (fig. 220). — Plante de 20 à 30 centimètres de hauteur. Rhizome formé de tubercules assez gros, réunis par des fibres
PODOPHYLLE PELTE
charnues qui rampent, s'étendent et se multiplient considérablement. Tiges simples, droites, très lisses, creuses, striées, hautes de 20 à 30 centimètres, se divisant au sommet en deux pétioles, portant chacune une feuille mince, verte en dessus, très lisse, peltée, divisée en 5-7 lobes profonds, irréguliers, échancrés ou incisés au sommet, marqués d'autant de nervures principales qu'il y a de lobes. Fleurs blanches (mai-juin, en Europe), solitaires, portées par un pédoncule court, un peu recourbé, placé entre les deux pétioles. Calice caduc, grand, coloré, composé de folioles droites, ovales, concaves. Corolle à
9 pétales concaves, presque orbiculaires, plissés ou sinués sur les bords. Étamines nombreuses, hypogynes, rangées en deux verticilles ; filets courts, terminés par des anthères grandes, droites, oblongues , biloculaires. Ovaire arrondi, monoloculaire, à placenta pariétal, ovules nombreux, pluriséries. Style nul , stigmate obtus, plissé. Fruit (baie) jaunâtre, globuleux, couronné par le stigmate, monoloculaire , contenant plusieurs graines arrondies; sa saveur est légèrement acide; il est consommé aux Etats-Unis sous le nom de Pomme de mai. ¥ .
Habitat. — 11 croît naturellement, sur le bord des ruisseaux, à la Caroline et dans plusieurs autres localités de l'Amérique septentrionale.
Culture. —Il se multiplie aisément par ses racines.
Parties usitées. — Le rhizome, les feuilles, les tiges. Le rhizome (flg. 221) se rencontre, dans le commerce, en fragments de 8 à
10 centimètres, cylindriques, un peu plats, de la grosseur d'une plume d'oie ou d'un moindre diamètre, d'un brun noirâtre plus ou moins foncé, présentant, de distance en dis-
Fig. 221. — Rhizome de tance, des renflements aplatis, creusés d'une podophyiie sec. ^^ dans laqueIle ganserait un rameau, ou bien de cicatrices blanchâtres provenant de la chute des feuilles. Composition chimique. — Le rhizome de podophylle renferme une résine particulière, le podophyllin ou podophylline. Elle se présente sous forme d'écaillés d'un brun jaunâtre, mêlé de vert, solu-
POIVRIER CUBÈBE 473
bles dans l'eau bouillante, l'alcool et l'éther, d'un goût acre et amer. Il contient aussi deux autres résines, de la berbérirv et de la . saponine.
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Poudre de feuilles et de tiges, 25 à 60 centigram. 2° Poudre de rhizome, 1 à 3 gram. 3° Résine, 2 à 6 centigr.
Action physiologique. — Le podophyliin appliqué sur la peau est irritant. Ingéré à des doses minimes, 1 à 3 centigram., il produit déjà un effet purgatif; on constate en plus, dans ce cas, une action sur les glandes salivaires dont il exagère la sécrétion. A la dose de 5 à 10 centigram., l'action sur le gros intestin se prononce, mais les selles n'apparaissent qu'au bout de 10 à 12 heures. En augmentant la dose, les selles deviennent plus fréquentes, bilieuses. Quand on le donne à la dose de 60 centigram. à 1 gram., son effet se rapproche de celui. du jalap; enfin il est drastique, si Ton vient à dépasser cette quantité. Son ingestion ne produit pas de constipation consécutive; il est un peu diurétique.
Usages. — Les propriétés purgatives de la résine lui ont valu, en Amérique, le nom de Calvmel végétal. Elle a été indiquée dans les engorgements de foie, la goutte, les affections arthritiques et surtout pour combattre la constipation habituelle. A faible dose, on l'a indiquée dans les bronchites et les hémoptysies, et comme altérant dans la scrofule et les affections glandulaires.
POIVRIER CURÈRE. Piper cubeba L. fils, Cubeba officinalis Miq., Piper caudatum Houtt. Poivre à queue. Pipéracées.
Description (fig. 222). — Arbrisseau peu élevé, grimpant, dioîque. Tiges flexueuses, articulées, glabres; rameaux courts. Feuilles alternes, très rapprochées, glabres, entières, coriaces, penninervées, les inférieures ovales, brièvement acuminées, les supérieures oblongues, plus petites, arrondies à la base. Les feuilles des pieds femelles présentent en général plus de nervures que celles des pieds mâles. Fleurs sessiles, disposées en chatons solitaires, oppositi foliés, placées isolément à Faisselle de bractées oblongues et sessiles. Corolle et calices nuls. Mâles. Étamines 2, latérales; filet articulé; anthères globuleuses, biloculaires. Femelles. Ovaire sessile, ové, surmonté de 3 ou 5 stigmates triangulaires, recurvés, couverts de poils roides. Le fruit est une baie globuleuse, comprimée à la base et rétrécie en une sorte de pédicelle plus long qu'elle, d'où son nom vulgaire de poivre à queue, j.
Habitat. — Le poivrier cubèbe est originaire de Java, mais il est cultivé aux Indes, à Maurice, en Amérique.
Partie usitée. — Le fruit desséché, connu dans le commerce sous le nom de cubèbe. Il est globuleux, d'un brun noirâtre, sa sur-
POIVRIER CUBÈBE
face est comme polyédrique, il se rétrécit par sa partie centrale et inférieure en un prolongement qui simule un pédoncule. Sous la partie corticale ridée qui représente l'enveloppe charnue du fruit frais, on trouve une coque ligneuse, dure, sphérique, incomplètement remplie par une graine blanchâtre, huileuse, à épisperme brun.
L'odeur de ce fruit est aromatique, sa saveur à la fois acre, aromatique et amère. Ses propriétés paraissent résider dans la graine. On lui substitue quelquefois les baies du Cubeba canina Miq.
Celles-ci sont noires, rugueuses, surmontées d'une pointe. Le cubèbe est de mauvaise qualité quand il renferme beaucoup de grains blanchâtres, déformés, vides, légers, presque insipides, qui sont des grains avortés. On trouve quelquefois dans le commerce du cubèbe que l'on a fait servir à l'extraction de l'huile essentielle, en ayant soin de ne pas le diviser et de le sécher ensuite. Dans ce cas, il est noir, presque inodore et insipide; on doit le rejeter.
Composition chimique. — Il contient : huile volatile, cubébin, résine balsamique molle et acre, principes extractifs. L'huile volatile et la résine sont les principes actifs. L'uile volatile, CIBH24, est incolore ou légèrement citrine; sa saveur est chaude, aromatique, amère ; sa pesanteur spécifique est de 0,929 ; elle bout entre 280° et 260°, mais elle s'altère en partie par la distillation. La résine est acre et non définie. Le cubébin, G88H8*010, est un corps neutre ayant le caractère des résines cristallisables ; il est considéré comme à peu près inerte.
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Poudre, 10 à 15 gram. et plus. 2° Infusion pour injection, pp. 30 ; 800. 3° Lavement, 48 à 30 gram. ; on délaye la poudre dans une décoction mucilagineuse. 4° Extrait oléo-résineux, 1 à 3 gram. Cet extrait, en dissolution dans