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Partie usitée. — L'écorce et surtout les feuilles

Composition chimique. —Les feuilles dejaborandi contiennent deux alcaloïdes, la pilocarpine et la j'abonne, divers sels sans action physiologique, et une essence. L'essence est incolore, transparente, d'une odeur assez agréable. La pilocarpine OA34A*08,H*02 est un alcaloïde visqueux d'une saveur amère, peu soluble dans l'eau, Téther, le chloroforme, soluble dans l'alcool, donnant des sels cristallisables avec la plupart des acides minéraux. C'est le principe actif du jaborandi. La jaborine aurait la même formule que la pilocarpine. La Jaborandine résulte de l'action de l'acide azotique fumant sur la pilocarpine.

Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Infusion de 4 gram. de feuilles dans 200 ou 300 gram. d'eau. On doit la préparer la veille du jour où elle est administrée, et on laisse les feuilles en contact avec le liquide jusqu'au moment de l'ingestion. 2° Extrait

0 gr. 50 à 4 gr. 00. 3° Saccharure, extrait trituré avec 4 ou 5 fois son poids de sucre. 4° Elixir 0 gr. 20. — La pilocarpine s'emploie sous forme de sel (chlorhydrate) en injection sous-cutanée, à la dose de

1 centigram. de ce sel en dissolution dans quelques gouttes d'eau. Elle remplace avantageusement le jaborandi.

Action physiologique. — Le jaborandi est le seul véritable sudorifique connu; il exerce son action sur la peau, en tant qu'organe exhalant, en dehors du concours du calorique. Peu de temps après l'administration du médicament (15 à 25 minutes) on voit apparaître la sueur sur le front et le devant de la poitrine, puis sur les bras, les cuisses et le reste du corps. La sudation acquiert son maximum, 10 à 15 minutes après l'apparition des premières gouttelettes de sueur; elle se maintient au même degré d'activité pendant 15 à 30 minutes; elle est en moyenne d'une heure à une heure et demie. En même temps survient une sécrétion salivaire et bronchique qui ' peut égaler un litre et plus en moins de deux heures et qui est tellement abondante que la parole devient presque impossible. Ce médicament est donc, tout à la fois, un diaphorétique puissant et un sialagogue énergique. La pilocarpine provoque aussi énergiquement la sécrétion de la sueur et de la salive ainsi que la con-

traction de la pupille; elle est vénéneuse, mais on peut annuler son action toxique au moyen de l'atropine qui est son antagoniste par excellence.

Usages. — Le jaborandi peut être utilisé toutes les fois qu'il y a indication à provoquer une abondante sécrétion salivaire ou sudorale. Il a donné des résultats avantageux dans les affections inflammatoires aiguës des muqueuses, telles que la laryngite, l'angine, la bronchite. Il a été administré avec succès dans certaines bronchites chroniques où il rend les sécrétions plus abondantes et moins visqueuses, dans l'asthme humide et dans l'asthme essentiel. Les injections de pilocarpine paraissent préférables à l'infusion de jaborandi qui détermime plus souvent que son alcaloïde des troubles gastriques et intestinaux; ces injections sont utiles dans le traitement des inflammations subaiguës ou chroniques de la peau.

PIN MARITIME. — Pinus maritime Lamk. P. Pinaster Ait. Pin de Bordeaux, P. des Landes, P. sauvage, Pinceau, Grand pin. Gonifères*Abiétinées.

Description. — Arbre de 20 à 40 mètres, à cime pyramidale, tronc un peu mou, résineux, médiocrement durable, branches étalées disposées par verticilles réguliers, recouvertes, quand elles sont jeunes, d'une écorce lisse, d'un gris rougeâtre. Feuilles sortant par deux d'une même gaine, presque imbriquées sur les rameaux, linéaires, longues de douze à quinze centimètres, subulées, aiguës, presque piquantes, roides, d'un vert foncé, persistantes. Fleurs monoïques (mai), groupées en chatons et portées sur des rameaux distincts. Chatons mâles, ovales, écailleux, formant une grappe compacte à la base des jeunes pousses de l'année; chaque fleur composée d'une é ta mi ne à filet court, à anthère biloculaire Couvrant par deux fentes longitudinales et placée sur un connectif bractéiforme qui la dépasse. Chatons femelles terminaux, résultant de la réunion d'écaillés imbriquées, écartées avant la floraison, munies chacune d'un ovaire renversé, terminé inférieurement par deux courts prolongements stylaires. Fruits (cône) réfléchis, solitaires ou verticilles (3-6), presque sessiles, en forme de toupie, longs de 13 à 16 centimèt., brunâtres à la maturité, à écailles renflées au sommet, terminées par une sorte de pointe ou de crochet, étroitement imbriquées avant la maturité, puis s'écartant pour la dissémination. Graines elliptiques, luisantes, noirâtres, portant une aile oblongue, élargie dans le milieu, arrondie au sommet, quatre à cinq fois plus longue que la graine. Amande d'odeur térébinthacée désagréable. 5*

Habitat. — Croît dans la Provence, le Languedoc, le Maine, la Sologne, la Bretagne, la Corse, les Landes et tout l'ouest de la France, surtout entre Bordeaux et Bayonne. C'est en grande partie

à cause des émanations de pins maritimes qui entourent Arcachon que cette station est quelquefois recommandée aux malades atteints d'affections de poitrine. 11 réussit dans les terres siliceuses, même dans les sables secs et mouvants, mais ne résiste pas aux froids des hivers exceptionnels.

Parties usitées. — La sève, Poléo-résine, l'essence, le galipot, la colophane, la poix noire, le goudron.

1° Sève. — Ce liquide s'obtient en forçant de l'eau à traverser les troncs de pin, sous l'influence d'une forte pression. On prépare cette sève en grande quantité à Arcachon, où l'on injecte ces arbres par la méthode de Boucherie, afin d'assurer leur conservation. C'est un liquide lactescent, un peu plus lourd que l'eau, de saveur balsamique, fraîche, térébenthinée, persistante, qui rappelle celle du pin. En petite quantité, elle augmente l'appétit, facilite la digestion. Elle est quelquefois laxative. On la donne à la dose d'un à deux verres par jour et l'on peut aller jusqu'à six verres. Elle calme la toux et les douleurs, facilite l'expectoration dans la phthisie commençante, dans la bronchite et les catarrhes.

2° Oléo-résine (Térébenthine de Bordeaux). — Lorsque les pins ont trente ou quarante ans, et de février en octobre, on fait une entaille au pied de l'arbre avec une hache dont le biseau est très ouvert; tous les huit jours, on pratique une nouvelle plaie au-dessus de l'ancienne, on saigne successivement l'arbre sur quatre faces. Cette exploitation peut durer dix ans sur un même sujet. Le liquide qui découle est reçu soit dans des vases spéciaux, soit dans une cavité pratiquée au pied de l'arbre, c'est la térébenthine brute ou gemme. On la purifie tantôt en la faisant fondre dans une chaudière et la passant à travers un filtre de paille (térébenthine à la chaudière), tantôt en la plaçant au soleil dans une grande caisse dont le fond est percé de trous (térébenthine au soleil); c'est cette dernière qui est la plus estimée. La térébenthine de Bordeaux est en consistance grenue, se séparant en deux couches, l'une supérieure liquide, transparente, plus ou moins colorée; l'autre consistante, opaque. Son odeur est forte, désagréable, sa saveur acre et amère; elle est très siccative à l'air, aisément solidiflable par la magnésie et entièrement soluble dans l'alcool; elle contient le quart de son poids d'huile volatile.

Administrée à l'intérieur, elle manifeste surtout son action sur les muqueuses des organes génito-urinaires et respiratoires, dont elle diminue ou tarit les sécrétions catarrhales; elle est particulièrement utile dans les flux muqueux ou purulents des voies urogéni taies et de l'arbe aérien, ainsi que dans le catarrhe chronique de l'intestin. On l'administre, à la dose de 1 à 4 gram. par jour, en prises de 20 à

■50 centigram. sous forme de capsules, d'émulsion, de pilules, oq bien à l'état de térébenthine cuite ou solidifiée par la magnésie. A l'extérieur on l'applique comme topique détersif et digestif sur les ulcères sanieux et indolents.

3° Essence de térébenthine. — On l'obtient en distillant l'oléorésine dans de grands alambics de cuivre munis de serpentins. Purifiée par une deuxième distillation, cette essence, C*°H16, est très .fluide, incolore, d'une odeur forte et particulière, très inflammable, insoluble dans l'eau, peu soluble dans l'alcool, très soluble dans l'éther, les huiles grasses et volatiles ; elle se transforme sous l'influence de l'acide chlorhydrique en un produit cristallin qui est le camphre artificiel.

L'essence de térébenthine déposée sur les téguments produit delà cuisson, de la rubéfaction et même de la vésication. Ingérée à la dose de 1 à 4 gram., elle détermine un sentiment de chaleur au pharynx, à l'estomac et au ventre, avec pesanteur épigastrique. renvois désagréables, coliques plus ou moins violentes, céphalalgie, fréquence du pouls*, diaphorèse, augmentation de la sécrétion uri- •naire, sorte d'ivresse. Elle s'élimine par les voies rénales, respiratoires et cutanées. L'urine contracte sous son influence une odeur de violette. A haute dose (30 à 60 gram.), ou bien elle est absorbée, et alors on constate des symptômes graves, le délire, Ja syncope, des douleurs aux lombes et à l'hypogastre ; du côté des organes génitourinaires, les accidents caractéristiques delà cystite aiguë; du côté •du poumon, des crachats sanguinolents; du côté de la peau, des taches érythémateuses, des papules et même des pustules; ou bien il survient des vomissements, de vives coliques avec déjections; l'essence est expulsée et les symptômes disparaissent rapidement

Elle peut être utilisée pour combattre les flux muqueux ou mucopurulents, mais on lui préfère, dans ce cas, l'oléo-résine. Elle exerce sur les vaisseaux une action constrictive qui l'a fait rechercher comme hémostatique ; c'est un bon médicament dans l'hématurie rénale ou vésicale. L'excitation cutanée et le mouvement fébrile qu'elle provoque sont favorables à la cessation des rhumatismes chroniques, des névralgies sciatiques, intercostales, viscérales, faciales. On l'a conseillée dans l'hystérie, l'épilepsie, la chorée, le tétanos, la fièvre puerpérale; on l'a vantée comme Oenifuge, vermifuge, parasiticide, carminative; elle fait partie du remède de Durande ou éther térébenthine, usité contre la colique hépatique et les calculs biliaires. Elle possède un pouvoir antidotique par rapport aux émanations phosphorées : aussi dans certaines fabriques d'allumettes chimiques fait-on dégager constamment dans les ateliers des vapeurs de térébenthine pour neutraliser l'action délétère des va-

peurs de phosphore ; à l'extérieur, elle est prescrite en collyre dans les ophthalmies chroniques; en frictions, fomentations, contre le rhumatisme froid, les névralgies; en applications topiques sur les brûlures, les ulcères atoniques, la gangrène. C'est un rubéfiant, un vésicant, dont on peut se servir pour obtenir la révulsion. On l'administre à la dose de 5 décigrammes à 4 grammes comme anticatarrhale et hémostatique, de 4 à 8 grammes comme antinévralgique, «de 30 à 60 grammes comme tœnifuge; on la donne soit dans du lait, soit en suspension dans une infusion aromatique. La forme de perle, de capsule, est avantageuse.

4° Galipot ou Barras. — C'est le produit de l'évaporation spontanée de la térébenthine sur le tronc des arbres pendant l'arrièresaison. On le purifie en le faisant fondre dans une chaudière et le filtrant à travers un lit de paille. 11 est en croûtes à demi opaques, solides, sèches, d'un blanc jaunâtre, dune odeur de térébenthine et d'une saveur amère. L'alcool le dissout entièrement. La médecine ne l'emploie pas isolément. Distillé dans% un alambic avec de l'eau, il donne une essence de qualité inférieure connue sous le nom d'huile de rase.

5° Colophane ou Arcanson (Colophone, brai sec). — On en connaît deux espèces : 1° la colophane du galipot, que l'on obtient en faisant cuire dans une chaudière découverte le galipot; 2° la colophane de térébenthine, résidu de la distillation à feu nu de la térébenthine; elle est solide, d'un brun plus ou moins foncé, vitreuse, transparente en lames minces ; son odeur, faible à froid, devient forte par l'action de la chaleur; elle est sèche, cassante, mais devient légèrement collante lonrsqu'on la manie longtemps; soluble dans l'alcool, l'éther, les huiles grasses et volatiles. Elle n'est probablement que de l'acide abiétique anhydre, C88H6*Oi0. On se sert de sa poudre pour arrêter le sang qui s'écoule de la piqûre des sangsues; on l'a proposée mélangée à la fécule dans l'intertrigo des enfants et des personnes grasses.

6° Poix-résine ou Résine jaune. — Si, au lieu de soutirer le résidu de la distillation de l'essence de térébenthine, on le brasse fortement avec de l'eau, il perd sa transparence et prend une couleur jaune pâle; le produit ainsi obtenu est la poix-résine ; elle est en masse jaune, opaque et fragile, encore un peu odorante et à cassure vitreuse. Elle est inusitée à l'intérieur et n'est employée, comme topique, qu'incorporée dans certaines préparations qu'elle rend agglutinatives ou stimulantes, tels sont : l'emplâtre épispastique, de Vigo, de gomme ammoniaque.

7° Poix noire. — - On la prépare en brûlant les filtres de paille qui ont servi à la purification de la térébenthine et du galipot,.

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ainsi que les éclats de tronc qui proviennent des entailles faites aux arbres. La matière fondue qui s'en sépare est conduite dans une cuve à moitié pleine d'eau, où elle se sépare en deux parties, l'une liquide (huile de poix), l'autre demi-solide qu'on fait bouillir dans une chaudière jusqu'à ce qu'elle devienne cassante, par un refroidissement brusque. C'est un corps noir, lisse, d'odeur empyreumatique, cassant à froid, mais se ramollissant très facilement par la chaleur des mains et y adhérant très fortement. Il sert à préparer des emplâtres utiles dans les rhumatismes chroniques, le lumbago, le point de côté.

8° Goudron. — Lorsque les pins par suite de l'âge sont devenus impropres à fournir de l'oléo-résine, on les abat, on divise leur tronc et l'on procède à la combustion des éclats et des bûchettes qui en proviennent, dans une fosse particulière. C'est une distillation per descensum. Les produits ainsi obtenus sont recueillis dans une deuxième fosse communiquant avec la première, et après Topération on trouve dans le réservoir une matière de consistance plastique, c'est le goudron. Une huile particulière, improprement désignée sous le nom d'huile de cade, le surnage. Ce goudron est une masse visqueuse, demi-fluide, d'un brun noirâtre; mais en lame mince et vu par transparence, il paraît d'un brun rougeâtre : ce caractère distingue nettement ce goudron du goudron de houille qui dans ce cas parait verddtre; son odeur est forte et tenace, il est soluble dans l'alcool, l'éther, les essences, les corps gras. Il est partiellement dissous par les solutions alcalines ; mais ce n'est qu'à la suite de réactions qui changent ses propriétés. L'eau à son contact se colore et se charge d'acide acétique et de plusieurs principes aromatiques actifs. 11 est solidifié par ^ de magnésie. Ses préparations les plus usitées sont : l'eau de goudron, le sirop, la pommade, le glycérolé. Son action a la plus grande analogie avec celle de la térébenthine, on l'administre dans les mêmes cas, mais il a cet avantage que la période inflammatoire n'est pas une contre-indication à son emploi. L'eau de goudron par tasse, pure ou coupée avec du lait, est très efficace dans les flux muqueux et muco-purulents de la muqueuse trachéo-bronchique, dans les catarrhes vésicaux, la blennorrhée. Elle est employée, en injection, dans les trajets fistuleux, dans le conduit auditif, dans le cas d'otorrhée. Sous forme de fumigation, on a recommandé le goudron dans les affections des bronches, des poumons, du larynx, la phthisie pulmonaire, et sous forme de pommade dans certaines maladies de la peau, telles que le prurigo, le lichen, le psoriasis, l'eczéma, la gale.

PISCIDIE ÉRYTHRINE. — Piscidia erythrina L. Bois-ivrant de la Jamaïque. Mort à poissons. Légumineuses-Papilionacées.

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Description (flg. 218). — Arbre pouvant acquérir 8 à 9 mètres de hauteur, à tronc droit, à rameaux bruns disposés sans ordre.

Fig. 218. — Piscidie érythrine.

Feuilles caduques, alternes, composées, ailées avec impaire, à folioles ovales, très entières. Fleurs d'un rouge écarlate, en grappes rameuses, paraissant avant les feuilles. Galice monosépale, cam-

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panulé, à 5 dents inégales dont l'ensemble constitue deux lèvres. Corolle papilionacée, ailes aussi longues que l'étendard, carène en croissant et montante, étendard orbiculaire, échancré, réfléchi en dessus. Etamines 10, dont 9 ont leurs filets rçunis dans la partie inférieure, en une gaine embrassant le pistil; la dixième étamine est libre. Ovaire supère, oblong, comprimé, pédicule ; style ascendant, subulé; stigmate aigu. Fruit (gousse) brun, oblong^ linéaire, pédoncule^ pendant, un peu comprimé, relevé en bosse à l'endroit des graines, présentant 4 ailes membraneuses, longitudinales et larges, uniloculaire, à valves réunies dans les interstices des semences. Graines oblongues, comprimées, un peu réniformes, brunes, lisses; embryon courbe, à cotylédons elliptiques, oblongsr un peu épais. 5-

Habitat. — Croît 3ur les collines de la Jamaïque et de Haïti.

Culture. — En Europe, on le cultive en serre et on le multiplie en semant les graines sur une couche tiède, recouverte d'un châssis.

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