Partie usitée. — La racine. Dans le commerce elle est très irré
POLYGALA DE VIRGINIE
gulièrement contournée, un peu rameuse, avec une côte saillante unilatérale; elle varie depuis la grosseur d'une plume jusqu'à celle du petit doigt. L'écorce est épaisse, d'un jaune sale, comme résineuse; Taxe ligneux du meditullium est blanc. Son odeur est faible et nauséeuse, sa poussière irritante; sa saveur, d'abord douceâtre et mucilagineuse, devient acre, amère, excitant la toux et la salivation.
Composition chimique. — La racine de polygala contient : acides polygalique, virginéique, pectique, tannique, matière colorante jaune, substance amère, gomme, albumine, cèrine, huile fixe, quelques sels. L'acide polygalique C8,IH801! (sènèguine de Gehlen) constitue le principe actif du polygala ; il est blanc, pulvérulent, inodore, de saveur faible d'abord, puis acre et piquante, sa poudre excite Péternuement, il détermine dans le pharynx un,
sentiment d'astriction pénible. II est peu soluble dans l'eau froide, mais facilement soluble dans l'eau tiède, l'alcool ; insoluble dans I'éther, les huiles fixes et volatiles. Sa dissolution aqueuse mousse par l'agitation comme la saponine et la salseparine, avec lesquelles ce corps a de l'analogie. A la dose de 3 à 4 décigram., il est toxique pour les animaux de petite taille; à dose plus faible, il détermine des vomissements. 11 exerce une action stimulante spéciale sur les membranes muqueuses et amène une abondante sécrétion de mucus. La matière colorante du polygala est d'un brun jaunâtre, inodore, amère.
L'huile fixe est d'un brun rougeâtre, très épaisse, d'odeur et de saveur désagréables ; elle contient, tout formé, une petite quantité d'un acide gras volatil, l'acide virgi- Fig. «23. — Polygala de Virginie. n^ique.
Formes pharmaceutiques, doses. — !• Tisane par infusion, pp. 10 : 100. 2° Poudre, b décigram. à 2 gram. 3° Extrait, A gram. 4° Vin, une cuillerée d'heure en heure. 5° Sirop, 20 à 60 gr. Plusieurs polygalas possédant des propriétés plus faibles, tels que le P. amer (P. amara L.), le P. vulgaire (P. vulgaris L.), le
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P. d'Autriche (P. austriaca Crantz), peuvent lui servir de succédanés. .
Action physiologique. — Nous avons déjà signalé l'âcreté de cette racine et son action irritante sur les premières voies ; introduite dans l'estomac, elle détermine une sensation de brûlure, des nausées, des vomissements. Sous son influence, la température de la peau s'élève, la sueur s'accroît, l'expectoration et la diurèse augmentent; des vomissements se manifestent accompagnés de coliques et de selles liquides. Avec de fortes doses, ces symptômes deviennent plus violents. En résumé, on observe des effets éméto-cathartiques et contro- stimulants.
Usages. — C'est surtout dans la bronchite subaiguë et chronique que la racine de polygala a donné les meilleurs résultats ; elle rend les crachats plus fluides et plus abondants. On a également recommandé ce médicament : comme émétique, purgatif, sudoriflque, dans le rhumatisme, l'hydropisie, l'asthme, le croup; comme emménagogue. En Amérique, on a conseillé la racine récente contre la morsure des serpents; ce traitement serait dû à une tribu indienne, appelée Sénéka ou Sénéga, qui aurait donné son nom à la plante.
POLYGONE BISTORTE. Polygonum bistorta L. Renouée bistorte, Grande bistorte, Gouleuvrée, Serpentaire rouge. Polygonées. Le nom de bistorte dérive de ôis, deux fois, et tortus, tordu, à cause de la forme de la racine.
Description (fig. 224). — Plante de 2 à 3 décimèt. Rhizome cylindrique, un peu aplati, terminé en pointe au sommet, à peu près de la grosseur du doigt, replié deux ou trois fois sur luimême et torse, d'un brun foncé extérieurement, rose intérieurement, marqué de replis simulant des articulations et présentant de nombreuses racines fibreuses et déliées. Rameaux aériens droits, simples, grêles, glabres, striés, fistuleux, noueux. Feuilles alternes, vertes, lisses, luisantes en dessus, blanchâtres en dessous, à bords rudes et ondulés, les inférieures grandes, lancéolées,. tronquées à la base, décurrentes sur un long pétiole ; les supérieures lancéolées, acuminées, sessiles, presque cordi formes et embrassantes à la base. Ochréas allongés, roussâtres, terminés par une languette lancéolée. Fleurs rosées (mai-juillet), petites, portées par des pédicelles courts et grêles, et formant un épi terminal cylindrique, serré; elles sont accompagnées à la base de plusieurs bractées étroites, luisantes, pointues. Galice coloré à 5 dents obtuses, égales. Corolle nulle. Etamines 8, exsertes, blanches. Ovaire trigone, surmonté d'un style à trois branches, terminées par un léger renflement stigmatifère. Fruit (achaine) ovoïde, trigone, pointu, à angles
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saillants et tranchants, glabre, lisse, luisant, environné par le calice persistant, contenant une seule graine dressée. ^ .
Habitat. — C'est une plante des prairies humides et tourbeuses des hautes montagnes; elle descend dans les plaines jusque dans la région des vignes.