‹ Nouveau dictionnaire des plantes médicinalesChapitre 194 sur 226 · Partie usitée. — Les feuilles fraîches · texte numérisé non relu

Partie usitée. — Les feuilles fraîches

Récolte, dessiccation.

— On les récolte au moment de la floraison.

Composition chimique—Les feuilles contiennent : chlorophylle, substance albuminoide, matière colorante jaune y cire, résine acre et corrosive (Lugan); ce chimiste n'a pu y constater la présence de l'acide formique libre qu'on y avait indiqué.

Formes pharmaceutiques, doses. — La teinture, dose de 0 gr. 75 à 40 gram. On en préparait jadis un sirop.

Action physiologique.

— C'est une plante astringente, amère, un peu acre, légèrement acide et même caustique. Elle fait cailler le lait; elle est funeste aux moutons qui en mangent.

Usages. —Les propriétés médicales de cette plante sont mal connues et mériteraient d'être étudiées d'une manière plus complète. A la dose de 4 à 20 gouttes d'alcoolature, ce serait un remède puissant dans la tuberculose. On a prétendu qu'elle constituait un spécifique contre la coqueluche. Cette assertion est loin d'être prouvée. On l'a également préconisée dans l'asthme. Les feuilles

Fig. 2i4. — Rossolis à feuilles rondes.

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broyées avec du sel marin peuvent servir comme épispastique.

Le rossolis à feuilles longues (Drosera longifolia L.) aurait les mêmes propriétés. Il se distingue de l'espèce précédente par ses feuilles dressées, oblongues, insensiblement atténuées en pétiole.

ROTANG SANG-DRAGON. Calamus draco Willd., Dsemonorops iraco Mart. Palmiers.

Description. — Tige cylindrique, articulée, à entre-noeuds ayant 15 à 16 centimètres de long, d'un jaune plus ou moins foncé, armée l'aiguillons droits et appliqués. Feuilles pétiolées, ailées; folioles ilternes, linéaires, aiguës, munies de quelques pofls rares, rétrê- ;ies à la base. Pétioles garnis d'aiguillons droits, ouverts et aigus. 7leurs unisexuées disposées en spadices axillaires, grêles, rameux, i écailles imbriquées, alternes, distiques, contenues dans une spathe îoriace, bivalve. Périanthe à 6 divisions alternes sur 2 rangs, les extérieures courtes, écailleuses, les intérieures plus grandes. Mâles. Staminés 6. Femelles à 6 étamines rudimentaires. Ovaire à trois oges uniovulées , surmonté d'un style et de trois stigmates. Fruits de la grosseur d'une noisette , ovoïdes , à pointe obtuse, •ecouverts d'un péricarpe écailleux. Graine ovoïde, lisse, à albunen corné. 5*

Habitat. — Il croît dans la partie sud de l'île de Bornéo, la partie ist de Sumatra, dans les lies de la Sonde.

Partie usitée. — Le sang-dragon. Cette résine se trouve à la >artie extérieure du fruit. En agitant vivement ces fruits dans un ac de grosse toile, la résine se détache et passe à travers les mailles lu tissu. On la fond alors à une douce chaleur et on en forme de ►etites masses ovoïdes ou arrondies de la grosseur d'une prune [u'on enveloppe dans une feuille sèche d'un autre palmier,- le dcuala spinosa Thunb. C'est le sang^êragon en olives ou en gloules, le sang-dragon en roseau. Ces petites masses sont souvent éunies en chapelet. Quelquefois on façonne cette résine en cylindre, t l'on a le sang-dragon en baguettes. Sous eette forme, il constitue i qualité supérieure. En soumettant les fruits à l'aetion de l'eau haude ou de sa vapeur, il en sort une plus grande quantité de reine que l'on rassemble en pains et que l'on recouvre de feuilles. uivant que les pains sont plus ou moins volumineux, ils constiîent le sang-dragon en masses ou en galettes : c'est la qualité îférieure. On retire encore cette résine des Calamus petrœus, ruentum et verus. Lour.

C'est une matière dure, sèche, friable, opaque ou peu transpa- 3nte, à cassure d'un brun foncé, d'une couleur rouge assez prooncée; sa poudre est rouge vermillon, inodore, insipide, prenant, uand elle est chauffée, une odeur de styrax, presque entièrement

soluble dans l'alcool, qu'il colore en rouge, ainsi que dans les huiles grasses et volatiles, féther; il est inflammable et brûle en donnant une odeur balsamique assez agréable.

Composition chimique. — Le sang-dragon renferme : draconine, matière grasse, acide benzoïque, oxalate et phosphate de chaux. La draconine est une résine rouge, amorphe et acide; la quantité d'acide benzoïque que renferme le sang-dragon est d'ailleurs peu considérable.

Formes pharmaceutiques, doses. — 1 à 5 gram. en poudre ou en pilules. On en prépare une teinture.

Usages. — Le sang-dragon participe des résines et des baumes. On le considère comme styptique, astringent, et on Ta conseillé dans les hémorrhagies, la blennorrhagie, la diarrhée séreuse, les flueurs blanches. On utilise ses propriétés astringentes pour fortifier les gencives ; il estait prescrit jadis pour déterger les ulcères sanieux* Aujourd'hui, il est presque inusité.

Succédanés. — 11 existe deux autres espèces de sang-dragon ; la première est fournie par le Dracœna draco L., Asparaginées. C'est une résine qui découle du tronc au moment des chaleurs, elle est en fragments secs, durs, d'un brun rouge, à cassure brillante. La seconde provient du Pterocarpus draco, Légumineuses. Cette résine, qui sort de l'arbre, soit naturellement, soit par des incisions, est en morceaux cylindriques, irréguliers, comprimés, pouvant avoir 30 centim. de long sur 3 de diamètre. On ne trouve plus ces résines dans le commerce.

RUE ODORANTE. — Ruta graveolens L. Rue officinale, R. fétide, R. des jardins. Rutacées.

Description (flg. 245). — Plante de 4 à 6 décimètres, contenant une huile essentielle, parsemée de glandes transparente», répandant une odeur forte et désagréable. Souche ligneuse émettant des tiges nombreuses, ramifiées dès la base; branches inférieures presque ligneuses, persistantes, les supérieures herbacées, cylindriques, glauques. Feuilles alternes, pétiolées, triangulaires dans leur pourtour, bi- et tripennatiséquées, à segments cunéiformes, un peu épais, charnus et glauques. Fleurs (juin-juillet) jaunes, pédonculées, munies chacune d'une bractée petite et lancéolée. Les inflorescences sont des grappes disposées en cyme; fréquemment la fleur du milieu de l'inflorescence est pentamère, les autres tétramères. Calice étalé, petit, à 4-5 divisions lancéolées, aiguës, persistantes. Corolle à 4 pétales onguiculés, concaves supérieurement, plus ou moins découpés sur les bords. Étamines 8-10, attachées à la base d'un disque hypogyne, jaunâtre, offrant sur son pourtour 8-10 glandes nectarifères ; filets subulés; anthères biloculaires ovoïdes, arrondies,

jaunâtres. Ovaire glanduleux à la base, fendu jusqu'à son milieu en 4-5 parties, à 4-5 loges pluriovulées ; style central, plus court que les étamines; stigmate simple très petit. Fruit capsulaire à 4-5 lobes saillants et rugueux s'ouvrantàla partie supérieure et interne en autant de valves ; graines brunes, réniformes, rugueuses. ¥ ou ®.

Habitat. —Elle croît dans les lieux arides des provinces du midi de la France.

Culture. — On la propage de graines ou d'éclats de pied ; elle demande un terrain sec et pierreux et une bonne exposition.

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