SAPIN COMMUN
Culture. — On le reproduit à l'aide des graines que Ton a retirées des cônes au mois de septembre ou d'octobre et qu'on a semées immédiatement en terre de bruyère. Le jeune plant est maintenues terre légère pendant trois ou quatre ans et à une exposition un peu ombragée. C'est à cette époque qu'on peut le mettre en terre. 11 se plaît dans les lieux pierreux, froids et découverts.
Parties usitées. — Les jeunes pousses, connues en pharmacie sous le nom de bourgeons de sapin. Le tronc fournit la térébenthm de Strasbourg, d'Alsace, de l'essence de térébenthine, de la colophane, de la poix noire.
Bourgeons (fig. 250). — Ils sont coniques, pointus, couverts d'écaillés étroites, subulées supérieurement, aiguës, lisses, roogeâtres, bordées de longs cils membraneux et blancs, agglutinées, gorgées de résine, dont une partie exsude à l'extérieur. Leur odeur est aromatique et rappelle celle de la térébenthine, leur saveur résineuse, térébenthinée, peu agréable. On les recueille en février et on les mélange avec ceux du sapin élevé et avec ceux de quelques autres pins. Ce mélange n'a pas grand inconvénient. On en prépart une tisane par infusion, pp. 20 : 1000. Ils sont an ti scorbutiques, diurétiques et usités dans les affections catarrhales des bronches et de la vessie ; on a préconisé leur infusion en injection dans la leucorrhée, en applications topiques sur les ulcères scrofuleux, atoniques ou gangreneux. Ils entrent dans la bière sapinette ou B. antiscorbutique.
Térébenthine du sapin (T. au citron, d'Alsace, de Strasbourg, dt Venise, Bigeon). — C'est un suc résineux qui, suintant à travers l'écorce, vient former au printemps et à l'automne des utriculesà la surface de l'arbre; on perce ces utricules, on recueille leligu'*et on le soumet à la filtration. C'est un produit peu coloré, très fluide, d'odeur suave analogue à celle du citron, d'une saveur un peu acre et amère, très siccatif à l'air, se solidifiant aisément par îV de magnésie calcinée, imparfaitement soluble dans l'alcool, contenant : huile volatile, résine insoluble dans l'alcool, abiétineov résine cristallisabU, acide abiétique, acide succinique. L'essence est très fluide, jaune, transparente, d'odeur de citron très agréable. I* résine ou colophane qui provient de la distillation de cette térébenthine est jaune, transparente, d'odeur très suave. La térébenthine du sapin, à cause de son prix élevé, est réservée pour les* usag& internes ; les propriétés médicales sont les mêmes que celles de U térébenthine de Bordeaux.
Le Sapin élevé (A. excelsa DC, Pinus abies L., Sapin commun, S. de Norwège, Faux sapin, Pesse) fournit une térébenthine qui sort du tronc par incision ; elle est demi fluide, puis se dessèche à l'air*
Fondue avec de l'eau dans une chaudière, elle donne une poix solide, opaque et cassante à froid ; c'est la Poix de Bourgogne (poix blanche, poix jaune). Cette matière est d'un jaune fauve, tenace aux doigts, d'une saveur parfumée et non amère, d'une odeur qui rappelle celle de la térébenthine du sapin et du castoréum. Elle est incomplètement soluble dans l'alcool. On remplace souvent, dans le commerce, cette poix de Bourgogne par un produit obtenu en fondant du galipot ou de la poix-résine avec de la térébenthine de Bordeaux ou de l'essence de térébenthine et brassant avec de l'eau. C'est la poix blanche factice, reconnaissable à son odeur de térébenthine, sa saveur amère, son entière solubilité dans l'alcool. Elle est surtout employée à l'extérieur; fondue avec 3 parties de cire, elle forme une masse emplastique (emplâtre de poix de Bourgogne du Codex), que Ton applique sur la peau sous forme d'écusson. Ces écussons déterminent, après quelques jours d'application, des démangeaisons,» une éruption acnéi forme ou furonculcuse ; ils agissent également en protégeant la région qu'ils recouvrent contre les refroidissements, l'impression de l'air. On s'en sert pour exciter la suppuration des furoncles; comme rubéfiant et révulsif, dans les douleurs rhumatismales, le lumbago, la toux chronique ou quinteuse. On les saupoudre quelquefois d'émétique pour augmenter leur action révulsive.
SAPONAIRE OFFICINALE. Saponaria officinalis L. Savon nière, Herbe à foulon. Silénées.
Description (fig. 251). — Plante de 4-6 décimètres. Rhizome à divisions longues, rampantes, émettant des stolons. Tige dressée, ferme, cylindrique, noueuse, rameuse au sommet. Feuilles opposées,, sessiles; les inférieures légèrement pétiolées, lancéolées, aiguës, entières, à 3 nervures longitudinales, d'un vert un peu jaunâtre. Fleurs (juillet-août) grandes, odorantes, d'un rose pâle, rarement blanches, brièvement pédonculées, disposées au sommet des rameaux, en petites grappes serrées, formant une panicule pyramidale, compacte. Calice gamosépale, tubuleux d'abord, puis renflé au milieu, pubescent, à 5 dents inégales, aiguës. Corolle à 5 pétales à onglets droits, plus longs que le calice; gorge munie de 2 petites écailles planes; limbe étalé, échancré. Étamines 10, saillantes, filets soudés avec la partie inférieure de l'ovaire; anthères d'un jaune rougeâtre. Ovaire ovoïde, allongé, lisse, glabre, uniloculaire, multiovulé, trophosperme central; style 2, articulés, portant à leur face interne un stigmate très petit. Fruit (capsule) uniloculaire, oblong, s'ouvrant parle sommet. Graines sessiles, réniformes, rougeâtres. ^ ►
Habitat. La saponaire croît spontanément dans les fossés, les haies, les bords des champs.
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Col tore. — Elle est très rustique et se multiplie aisément à Paide tie ses jets traçants.
Parties usitées. — Les feuilles et les racines. Les feuilles ont une saveur un peu a mère et salée. Les racines sont longues, menues, noueuses, leur couleur est jaunâtre en dedans, d'un gris brunâtre •en dehors. L'écorce, recouverte d'un épiderme ridé dans le sens longitudinal, est mince, d'une saveur d'abord mucilagineuse, puis •nauséeuse, prenant ensuite à la gorge. Le bois, poreux, spongieux, est d'une saveur douceâtre. Les unes et les autres, mais les racines surtout, communiquent à l'eau la propriété de mousser par l'agitation et de dégraisser les étoffes en émulsionnant les corps gras. Réeolte. — On recueille les feuilles avant la floraison. On les
dispose en guirlande et on les porte au séchoir. Elles perdent leur couleur verte en se desséchant. On arrache les racines à l'automne; on les lave, on les coupe en petits morceaux et on les fait sécher sur des claies dans une étuve.
Composition chimique.
— Les feuilles, les tiges et les racines contiennent de la saponine, OBH^0i9. C'est une substance neutre, incolore, pulvérulente, de saveur d'abord nulle, puis devenant acre au bout d'un instant, provoquant fortement Péternument; elle est solubledans l'alcool, très soluble dans l'eau, à qui elle donne la -propriété de mousser par l'agitation. C'est un glycoside se dédoublant, sous l'influence des acides, en glycose et en sapogénine, «identique avec l'amer quinique. Elle émulsionne les résines, les huiles, le camphre. La racine renferme en plus : résine brune et molle, principes extractifs et gommeux, de Valbumine, une matière -cristalline.
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Infusion, feuilles, ■pp. 10 : 1000, racines, pp. 20 : 1000. 2° Extrait, 1 à 2 gram. 3° Suc, 80 à 60. 4° Sirop, 20 à 60 gram.
Usages. — Elle est considérée comme un léger tonique, et on l'a
Fig. 251. — Saponaire officinale.
SASSAFRAS OFFICINAL 829
conseillée dans l'atonie digestive, la chlorose. On lui a attribué aussi une action désobstruante, ce qui fait qu'on Ta recommandée dans l'ictère, les obstructions du foie et de la rate à la suite des fièvres intermittentes. Enfin les modernes eux-mêmes, la tenant pour sudoriflque, dépurative, l'ont prescrite dans le rhumatisme chronique, la goutte, la syphilis constitutionnelle, les dermatoses. Malgré tous ces éloges, les vertus de la saponaire paraissent aujourd'hui au moins douteuses, et plusieurs estiment que, si cette plante a donné quelquefois de bons résultats, c'est qu'elle n'intervenait dans le traitement que d'une manière secondaire. Les cataplasmes de feuilles ont été prescrits pour combattre les engorgements lymphatiques et œdémateux; on se sert des feuilles comme de celles du lierre pour panser les cautères.
La saponaire d'Orient (Gypsophila Rokejeka Del., G. strutium L., Caryophyllacées) a des racines cylindriques, jaunes, de la grosseur du bras, blanchâtres intérieurement, d'une saveur mucilagineuse fade d'abord, puis acre. Elle est plus riche en saponine que la précédente. La saponine se rencontre encore dans plusieurs autres plantes, et entre autres dans l'écorce de Quillaya saponaria Mol., Rosacées, connue dans le commerce sous le nom d'écorce de Panama.
SASSAFRAS OFFICINAL. Sassafras officinal Nées., Laurus sassafras L., Persea sassafras Spreng., Cornus mas odorata. Laurinées.
Description (fig. 252). — Grand arbre qui peut acquérir 10 à 12 mètres de hauteur. Racines traçantes s'étendant au loin et fournissant un grand nombre de jets. Tige odorante, légère, d'un blanc tirant sur le roux; rameaux glabres, cylindriques, recouverts d'une écorce lisse et verdàtre. Feuilles alternes, pétiolées, grandes, vertes en dessus, blanches en dessous, pubescentes, caduques, polymorphes, tantôt entières, ovales, atténuées vers la base, mixtinerviées, d'autres fois bi-trilobés, presque cordiformes, à 2-3 nervures longitudinales. Fleurs petites, dioïques, jaunâtres, accompagnées de bractées écailleuses qui les enveloppent complètement dans le jeune âge, disposées en épis lâches. Mâles. Calice à 6 divisions profondes, pubescentes en dehors, étalées, oblongues, obtuses, rétrécies à leur base; fond du calice garni de poils. Étamines 9, dressées, à peu près de la longueur du calice; 6 opposées aux divisions du calice, fertiles, à filet subulé, poilu à la base, 3 intérieures un peu plus grandes, ayant à leur base deux appendices globuleux stipités; anthères comme quadrilatères. Pistil rudimen taire. Femelles. Calice comme dans les mâles, 6 étamines avortées, très courtes. Ovaire . ovoïde ; style canaliculé d'un côté ; stigmate légèrement concave et glanduleux. Fruit (drupe) de la grosseur, d'un pois, ovoïde, violet,
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SASSAFRAS OFFICINAL
presque nu, accompagné, à sa base, du périanthe rougeâtre persistant et du réceptacle surmontant un pédi celle dilaté en massue. 5-
Habitat. — Il est originaire de la Virginie, de la Caroline, de la Floride et du Brésil. On peut le cultiver en pleine terre sous le climat de Paris. II demande une terre légère, un peu humide, se plaît à l'ombre.
Partie usitée. — La racine, connue en pharmacie sous le nom de bois de sassafras. On la trouve dans le commerce en bûches
Fig. 252. — Sassafras officinal.
irrégulières de la grosseur de la cuisse ou du bras. Son tissu est poreux et léger, d'une couleur jaunâtre ou fauve, d'une odeur fortement aromatique; son écorce est épaisse, rugueuse, légère, grise à la surface, d'un brun ferrugineux à l'intérieur, possédant aussi une odeur très forte, une saveur piquante très aromatique. Pour les usages pharmaceutiques, on réduit le bois en copeaux, on emploie quelquefois l'écorce.
Composition chimique. — La racine de sassafras contient : huile volatile, matière analogue au camphre, résine balsamique, matière sébacée, cire, sassafride (?), acide tannique, matière colorante, gomme, albumine, amidon. V 'essence fluide, jaunâtre, est fort peu soluble dans l'alcool. Elle serait formée d'un hydrocarbure, le safréne
SAUGE OFFICINALE 531
(Cî0H16), d'un corps oxygéné (safrol) et d'un peu d'une huile volatile paraissant être un phénol. La sassafride est une substance analogue au tannin par ses propriétés.
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Tisane de sassafras, pp. 10 : 1000, par infusion. 2° Sirop, 20 à 60 gram. 3° Poudre, 2 à 4 gram. 4° Huile essentielle, 8 à 10 gouttes. Il fait partie des quatre bois sudoriflques.
Usages. — C'est un sudoriflque analogue à la salsepareille ou au gaïac (voy. ces mots).
SAUGE OFFICINALE. Salvia officinalis L. Labiées-Monandrées. (De salvus, sauvé, par allusion aux propriétés.)
Description (fig. 253). — Plante de 3-6 décimètres, à odeur forte et agréable, de saveur chaude, piquante et amère. Racine ligneuse, brunâtre. Tige sous-frutescente à la base, quadrangulaire, très rameuse, à rameaux dressés. Feuille* opposées, d'un vert blanchâtre, finement réticulées, rugueuses, plus ou moins pubescentes, finement crénelées ; les inférieures pétiolées, oblongues, lancéolées, quelquefois auriculées à la base, les supérieures sessiles, acuminées, aiguës. Fleurs (juin-juillet) violettes, plus rarement blanches, brièvement pédicellées, disposées par 6-8 en glomérules axillaires, munies chacune d'une bractée ovale, cordiforme, aiguë, concave, caduque. Calice campanule, strié à 5 dents très aiguës formant 2 lèvres, la supérieure à 3 dents, l'inférieure à 2. Corolle tubulée, bilabiée, à lèvre supérieure presque droite, comprimée latéralement, échancrée à l'extrémité; lèvre inférieure à 3 lobes, le moyen plus large et plus échancré, les deux latéraux courts et réfléchis; gorge garnie d'une rangée de poils. Étamines 2, inchises; filets courts, filiformes ; connectif transversal terminé à chacune de ses extrémités par une anthère fertile. Style dépassant très longuement la lèvre supérieure de la corolle; stigmate bifide. Fruit formé par .quatre achaines trigones, entourés par le calice. J.
Habitat. — Les collines stériles de la région des oliviers. On en connaît deux variétés, la grande et la petite ou sauge de Provence ; celle-ci ne diffère de la première que par ses dimensions moindres et ses feuilles plus petites.
Culture. — Elle vient bien dans tous les terrains, elle préfère pourtant les sols légers, une exposition un peu chaude. On la multiplie soit en semant la graine, soit en séparant les pieds au printemps. On doit la renouveler tous les deux ou trois ans.
Parties usitées. — La plante cueillie vers l'époque de la floraison ; la plante venue spontanément est préférable à celle que Ton cultive dans les jardins; celle des pays méridionaux l'emporte, comme énergie, sur celle des pays froids.
SAUGE OFFICINALE
Elle ne perd rien par la dessiccation, qui est d'ailleurs très facile
à opérer.
Composition chimique.
— La sauge renferme : acide gallique, extractif, huile essentielle. Celle-ci est de couleur ambrée, présentant quelquefois une légère odeur de térébenthine. Sa densité = 0,920. Elle laisse déposer un peu de stéaroptène. On doit éviter d'associer les sels de fer à la sauge.
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Infusion théiforme, 5* : 4000, usage interne, et 15 à 60 : 1000 pour lotions, fomentations.
Action physiologique.
— D'après Trousseau , la sauge sous formé d'infusion froide détermine d'abondantes sueurs avec bouffées de chaleur insupportables, le pouls augmente de fréquence et de tension, le travail intellectuel devient difficile par suite de l'agitation que l'on éprouve, la soif est vive, la bouche sèche, la constipation extraordinaire, l'appétit devient plus marqué, et l'on constate en même temps l'insomnie. Tous ces phénomènes réunis témoignent hautement en faveur de l'action stimulante de la sauge.
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Fig. 253. — Sauge officinale.
Usages. — Malgré l'oubli dont cette plante est à peu près frappée aujourd'hui, il n'en est pas moins vrai qu'elle peut rendre d'importants services dans l'atonie des voies digestives, la dyspepsie, les vomissements spasmodiques. Jadis on la considérait comme alexipharmaque, et il est certain qu'elle est loin d'être sans efficacité
SCABIEUSE OFFICINALE 533
dans les maladies dites putrides, dans les fièvres typhoïdes ataxiques et dans Ja forme adynamique de cette affection. Ses vertus amères, astringentes et aromatiques l'ont fait recommander dans la diarrhée colliquative des phthisiques, celle des enfants à la mamelle. Comme elle excite les fonctions de la peau et provoque la sueur, elle peut être utilisée dans les affections provenant du refroidissement de la périphérie, et pourtant, par une contradiction plus apparente que réelle, il est impossible de nier ses bons effets pour arrêter les sueurs profuses, débilitantes, celles des phthisiques, des convalescents de fièvres. Dans le premier cas, elle provoque un mouvement sur l'enveloppe cutanée , elle régularise la circulation; dans le second, par son action tonique, elle combat le défaut de vitalité, et la faiblesse générale qui détermine les sueurs. Dans ce dernier cas, son action est fugace, et les sueurs reparaissent quand on cesse d'administrer le médicament. On Ta également proposée pour combattre les écoulements abondants de lait qui affligent certaines nourrices après le sevrage. A l'extérieur et sous forme d'infusion, de vin miellé, c'est un cicatrisant précieux. Sous son influence, les ulcères atoniques des jambes, les ulcères scrofuleux des joues, se cicatrisent rapidement. La décoction vineuse est un bon topique contre les aphthes des enfants, des femmes enceintes, les gingivites ulcéreuses et scorbutiques. On doit s'abstenir de l'employer chez les sujets sanguins et toutes les fois que la maladie est inflammatoire. On a recommandé les bains de sauge dans la paralysie des membres, le rachitis, et les sachets de cette plante pour dissiper les engorgements œdémateux, les tumeurs atoniques.
SCAMMONÉE. Voy. Liseron scammonée.
SCABIEUSE OFFICINALE. Scabiosia succisa L. (De scabies, maladie de peau, par allusion aux propriétés.) Mors du diable. Dipsàcées.
Description (flg. 254). — Plante de 3-6 décimètres. Racine noirâtre, cylindrique, courte et comme tronquée par le bas, entourée de fibres descendantes. Tige droite, raide, cylindrique, plus ou moins pubescente vers le haut. Feuilles opposées, les inférieures pétiolées, oblongues, très entières, ordinairement glabres, quelquefois très poilues et plus arrondies ; les supérieures lancéolées, souvent dentées. Fleurs (août-septembre) violettes ou roses, rarement blanches, disposées en capitules hémisphériques, devenant globuleux à la maturité, portées sur des pédoncules longs, simples, uniflores. Involucre à folioles lancéolées, plus courtes que les fleurs, disposées sur 2-3 rangs. Réceptacle chargé de paillettes ciliées, lancéolées, acuminées, filiformes à la base. Galice double; l'extérieur ou involucre propre formant une sorte de tube tétraédrique parcouru par 8
SCHŒNOCAULE OFFICINAL
côtes saillantes, à limbe court, divisé en 4 dents herbacées et dressées, l'intérieur à limbe très petit, couronné par 5 dents sétacées. Corolle gamopétale, tubuleuse, infundibuliforme, limbe 4-fide. Étamines 4, insérées sur la corolle et alternes avec ses divisions; Hlets libres; anthères biloculaires, introrses. Ovaire adhérent uniloculaire, uniovulé; style simple; stigmate simple. Fruit sec, oblong, à 8 sillons, couronné par le tube du calice renfermé dans Finvolucre propre et contenant une graine pendante, y .
Habitat. — Elle est très commune dans les terrains humides, argileux ou tourbeux, les bois.
Parties usitées. — La racine, les fleurs et surtout les feuilles.
Formes pharmaceutiques, doses. — i° Tisane par infusion, pp. 20 : 1000» 2° Extrait. 3° Sirop.
Usages. — Elle est un peu amère, astringente; on la dit également dépurative et sudoriflque. Elle a été indiquée dans les leucorrhées et en applications topiques sur les ulcères atoniques. On Ta recommandée dans les maladies de la peau, mais son action est si faible, que l'on peut douter de son efficacité.
SCHŒNOCAULE OFFICINAL. Sabadilla officinalis Brand., Schœnocaulum officinale A. G., Asagrœa officinalis Lindl., Veratrum officinale Schlecht. Cévadille, Sabadille, Varaire officinal. Colchicacées (Mélanthacées). Description (fig. 255). — - Plante bulbeuse de près de 2 mètres. Feuilles étroites, linéaires, aiguës, entières, un peu raides, vertes, rappelant celles des Graminées; fleurs blanches presque sessiles, dressées contre Taxe, munies chacune d'une bractée, disposées en grappe spiciforme pouvant atteindre 5 décimètres ; elles sont polygames, hermaphrodites à la partie inférieure, mâles à la partie supérieure. Périgone verdâtre, à 6 divisions presque libres, linéaires, obtuses, un peu élargies et glanduleuses à la base, placées sur 2 rangs et dressées. Étamines 6, trois extérieures exsertes, trois intérieures incluses, alternativement plus courtes; anthères réniformes, presque uniloculaire*, peltées après la fécondation. Pistil formé par 3 carpelles, réunis en bas, libres en haut. Ovaires
Fig. 254.
Scabieuso officinale.
SCHŒNOCAULE OFFICINAL
oblongs, lancéolés; style court; stigmate peu apparent. Fruit composé de 3 petites capsules, minces, sèches, d'un gris rougeâtre, réunies par leur base et entourées §par les pièces du périgone persistant et les étamines. Les capsules, longues de 1 centim., larges de 1/2 centim,, s'ouvrent à la maturité par la suture ventrale. Graines recourbées en forme de faucilles, noirâtres, ridées.
Ne pas confondre avec le Veratrum sabadilla Retz., dont les fruits sont plus arrondis et plus foncés.
Habitat. — Il croît dans les prairies de la partie orientale des Andes du Mexique; on le cultive , au Mexique , dans certaines villes du littoral.