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Partie usitée.— Le bulbe

On le tire de la Sicile, de l'Italie, de l'Espagne, de Barbarie et du Levant. On en trouve dans le commerce deux variétés : la première, dont les squames ou écailles sont rouges, est connue sous le nom de scille mâle ou d'Espagne, c'est la plus commune; la deuxième a les écailles blanches, on la nomme scille femelle ou d'Italie.

Récolte, dessiccation, conservation. — On recueille le bulbe en automne. Les squames sont d'autant plus charnues qu'elles sont plus intérieures ; on rejette les plus externes, qui sont généralement sèches et presque inertes, ainsi que celles du centre, car elles sont blanches, mucilagineuses, et leur suc n'est pas suffisamment éla-

Fig. 256. — Scille maritime.

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boré. On n'emploie que les moyennes, qui sont remplies d'un suc visqueux, inodore, très acre, corrosif même. On détache ces squames, on les coupe en tranches minces, on les fait sécher au soleil ou à Fétuve après les avoir déposées sur une claie. L'opération doit être menée rapidement. Les squames sèches sont renfermées dans des boîtes et placées dans un endroit humide pour les empêcher de moisir.

Composition chimique. — La scille contient : scillitine, tannin, matière colorante jaune , matière colorante rouge , mucilage, sucre interverti, sels, traces d'iode. La scillitine est incristallisabie, neutre, amère, puis douceâtre, hygrométrique, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et l'éther; l'acide sulfurique la dissout avec une coloration rouge vif, le tannin la précipite. Elle renferme de l'azote, et constitue le principe actif de la plante. On y a égalemnnt signalé la présence d'un alcaloïde particulier, la scillaïne (Jarmersted), qui représenterait en grande partie la substance active; on n'a point isolé de principe volatil spécial pouvant rendre compte de l'action corrosive de la scille sur la peau; ce phénomène paraît dû aux raphides ou réunion de petits cristaux acérés de carbonate et d'oxalate de chaux qui, en pénétrant l'épiderme, inoculent la scillitine (Marais). On a signalé dans la scille la présence d'une substance vénéneuse particulière, la skuléine.

Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Poudre, 1 à S décigram. 2° Miel scillitique, 60 gram. 3° Teroture, 20 à 30 gouttes. 4° Extrait, b* à 10 centigram. 5° Vin, par cuillerées à café. 6° Vinaigre scillitique, en frictions. 7° Oxymel scillitique, 15-30-60 gram. par jour. Elle entre dans le vin amer scillitique de la Charité.

Action physiologique. — A l'intérieur et à dose modérée, la scille détermine des nausées, des vomissements, mais rarement de la diarrhée, un ralentissement notable de la circulation avec augmentation de la tension artérielle. En même temps, le pouls s'abaisse, l'excrétion urinaire devient très abondante, les sécrétions bronchiques et gastro-intestinales s'accroissent notablement. L'action diurétique est en raison inverse de l'action -éméto-cathar tique. Les effets ne s'accumulent point comme avec la digitale, et toutes ces manifestations disparaissent quand on cesse d'administrer le remède. A dose élevée, c'est un poison narcotico-âcre; sous son influence, on voit apparaître des vomissements, des selles avec coliques, la strangurie, l'hématurie, puis surviennent des sueurs visqueuses, le refroidissement, des mouvements convulsifs. La mort arrive, précédée de torpeur, de coma; la scillitine est toxique à la dose de 5 centigram. ; c'est un violent éméto-cathartique, qui produit en outre le narcotisme et la mort par paralysie du cœur.

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