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SCOLOPENDRE OFFICINALE

Usages. — La scille est le meilleur des diurétiques; elle est employée dans l'anasarque, l'ascite, Phydrothorax, dans les hydropisies en un mot, pourvu qu'il n'existe aucune prédisposition aux phlegmasies, aux hémorrhagies. Son action expectorante la fait conseiller dans les bronchites, les catarrhes chroniques, à la fin des pneumonies, dans l'asthme humide. Rarement on fait appel à son action émétique. A l'intérieur, on utilise la teinture en frictions, en fomentations sur les parties affectées d'infiltrations cellulaires ou sur les téguments recouvrant les cavités splanchniques atteintes d'hydropisie. On a également conseillé sa décoction à l'extérieur, lorsque l'état des voies digestives s'oppose à l'administration interne de cette substance. On place alors sur le ventre des compresses imbibées de cette décoction concentrée et on les recouvre de taffetas ciré. La poudre de scille est un poison pour les chats, les rats, les souris.

SCOLOPENDRE OFFICINALE. Scolopendrium officinale Smith , Asplenium scolopendrium Lin. Langue de cerf, Scolopendre. Filicacées-Polypodées.

Description (fig. 257). — Rhizome grêle, irrégulier, fibreux, rameux, cespiteux, rougeâtre, muni supérieurement des débris des frondes desséchées et inférieurementde fibres radicales. Feuilles (frondes) radicales, en bouffes supportées par un pétiole plus court que le limbe, velu, noirâtre, chargé de poils écailleux, ayant 2-4 décimèt. , oblongues, lancéolées, le plus souvent entières, quelquefois érodées, aiguës au sommet, un peu rétrécies au-dessus de la base, inégalement cordiformes, fermes, glabres, d'un vert intense ; la face supérieure est lisse et luisante, la nervure médiane saillante. Fructification apparaissant en août. Sores linéaires, parallèles entre eux et obliques par rapport à la nervure médiane, situés entre deux nervures secondaires sur la face inférieure de la fronde. On a comparé cette disposition à celle des pattes de la scolopendre. Chaque sore est formé d'un indusium membraneux. Les deux indusiums, d'abord connivents, se replient latéralement et simulent un indusium bivalve. Sporanges très petits, contenant des spores très fines. ?f.

Fig. 257. — Scolopendre officinale.

kiq SIMAROUBA

Habitat. — Le bord des fontaines, les parois des puits, les grot-

te^tLlÏU^orneeiâ cultive que dans les jardins botaniques, en avant soin'de la placer entre des pierres au milieu de la terre de broyère. On la propage par des éclats de pieds sépares au prin-

16 Partie nuitée. - Les frondes. Elles ont une odeur assez agréabip- leur saveur est douce. ,,**■.

Récite, des.lec.tlo». - Qaand on emploie la plante fraîche, on^eut la récolter toute l'année; si on veut la dessécher, il est préférable d'attendre l'automne. Il suffit pour dessécher les frondes detes Suspendre pendant quelques jours, elles prennent alors une couleur jaunâtre, mais ne perdent pas leurs propriétés.

ÏÏm-o.ttl.» ehlmlq-e. - La composition de la scolopendre est^u connue; la coloration noire qu'elle prend au contact des «p s de fer indique qu'elle renferme du tannin. Elle contient également du mucilage et une matière odorante qui se manifeste par la

dtormeL0î^-m«ee-««l-^ ~ Infusion ou déc0Cti0n ^ V à 20 feuilles par 1/2 litre d'eau ou de lait. On peut sans inconvénient lui substituer le capillaire. Elle entre dans le sirop de chicorée composé et quelques vieilles préparations, telles que les electuaires lénitif et catholicum. , . .

Usaces — Elle n'a aucun effet physiologique appréciable. On lui a Dourtant attribué des propriétés pectorales, astringentes, diuretiaues désobstruantes, et on l'a préconisée dans les rhumes, la d.arihée les hémorrhagies. Elle est presque oubliée aujourdhui.

SCORDITO. Voy. Germandrée aquatique.

. SEIGLE ERGOTÉ. Voy. Ergot de seigle.

SEMEN-CONTRA. Voy. Armoise vermifuge.

SÉNÉ D'EGYPTE. Voy. Casse à feuilles aiguës.

SERPENTAIRE DE VIRGINIE. - Voy. Aristoloche serpe*

1 nîvp

SIMAROURA DE CAYENNE. Simaruba officinalis DC, Quœssia simaruba L. fils, S. amara Hayn, S. guyanensis A. Rich. Rcta-

CÉES-SlMABODBÉES. .

Deftcrlptlon (fig. 258). — Arbre présentant l'aspect d'un frêne. Racines grosses s'étendant au loin à fleur de terre et souvent découvertes. Tronc pouvant atteindre 20 et 28 mètres de hauteur et 6-8 décimèt. de diamètre. Écorce assez épaisse, fibreuse et poreuse blanche intérieurement, recouverte d'un épiderme mince, noir tacheté' de blanc et de gris. Bois blanchâtre, ligneux, léger. Feuilles alternes, pétiolées, composées, pari-pennées, formées de

SIMAROUBA

2-9 rangs de folioles alternes, presque sessiles, épaisses, coriaces, glabres, oblongues, arrondies, très obtuses, échancrées ou terminées par une pointe conique, sans nervures latérales apparentes. Pétiole et rachis arrondis. Fleurs blanchâtres, petites, monoïques, brièvement pédicellées, disposées en grandes panicules ramifiées.

Calice courtement campanule, pubescent, à 5 divisions inégales, dressées. Corolle à 5 pétales plus grands que le calice, sessiles, dressés, elliptiques, terminés par une petite pointe. Mâles, 10 étamines incluses, accompagnées à la base d'une écaille velue; anthères introrses, médii fixes; disque charnu, tronqué, aplati supérieurement. Femelles, 10 étamines avortées. Ovaire arrondi à 5 coques fixées au milieu du disque; style épais, à 5* sillons ; stigmate à 3 divisions étoilées. Fruit formé de 5 capsules uniloculaires, ayant la forme et le volume d'une olive, contenantchacune une graine ovale. 5.

Habitat. — Les lieux humides et sablonneux de la Guyane, de la Jamaïque et de Saint-Domingue.

Partie usitée. — L'écorce de la racine. Elle est en plaques d'un mètre et plus de long, roulées sur elles-mêmes, larges de 3-6 centimètres. Leur couleur est d'un jaune blanchâtre , leur texture fibreuse; elles sont faciles à déchirer dans le sens de la longueur, mais se pulvérisent difficilement. Elles sont inodores, de saveur très amère, franche, sans stypticité.

Composition chimique. — Cette écorce renferme : matière résineusey huile volatile, quassine, acides malique et gallique, sels minéraux, ulmine.

Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Tisane par infusion, pp. 10 : 1000. 2° Poudre, 1 à 5 gram. 3» Extrait, 20 à 25 centigram. Inusité.

Action physiologique. — C'est un amer pur; même à faible dose, il détermine parfois au début quelques nausées qui disparaissent par l'usage. A dose élevée, il produit des vertiges et des vomissements. Cette action est peut-être due à l'huile volatile qu'il

Fig. 258. — Simarouba.

HÉRAUD. PLANTES MED.

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contient II provoque également la transpiration cutanée et la sécrétion urinai re.

Uaagee. — On Ta préconisé comme fébrifuge et on Ta employé soit dans les fièvres d'accès, soit dans les fièvres continues graves; on Ta également indiqué comme antidysentérique et antidiarrhéique ; il présente à ce dernier point de vue une certaine analogie avec llpéca, dont il possède l'action émétique. On l'a aussi vanté dans la scrofule, l'hydropisie, la chlorose , mais il est peu usité de nos jours.

SMONIE ÉLASTIQUE. Siphonia guyanensis Jus., Hevea guyanensis Aubl., Jatropha elastica L. fils, Siphonia elastica, Pers., S.eahuchu Rien. Caoutchouc de la Guyane, du Para, Hévé, Médkànier élastique. Ecphorbiacées.

Description. — Arbre pouvant s'élever jusqu'à 28 mètres de hauteur. Tronc dont le diamètre atteint jusqu'à 8 décimètres de diamètre, recouvert d'une écorce épaisse, d'un gris rougeatre, bols blanc, peu compact; branches nombreuses au sommet. Feuilles éparses, composées chacune de trois folioles, ovales, cunéiformes, longues de 8 à 12 centimèt. sur b* de diamètre, arrondies en haut ou bien se terminant par une pointe fort courte, très entières, coriaces, épaisses, glabres des deux côtés, vertes en dessus, plus pâles en dessous, portées par un long pétiole commun, cylindrique et canaliculé. Fleurs en cymes terminales, petites, unisexuées, monoïques sur la même grappe, les mâles plus abondantes que les femelles. Mâles, calice gamosépale, urcéolé, quinquéfide. Étamines 5, saillantes, réunies par les filets en une petite colonne portant des anthères ovales, biloculaires, échancrées supérieurement, pointues à la base. Femelles, à la partie supérieure de l'inflorescence. Calice monophylle, turbiné, caduc, à 5 dents pointues, un peu réfléchies. Ovaire supère , globuleux, conique, surmonté par 3 stigmates sessiles, un peu épais, aplatis, bilobés. Fruit (capsule) ligneux, très gros, à 3 lobes arrondis, triioculaire, à loges bivalves dont chacune renferme 1-3 graines ovoïdes, roussâtires, bariolées de de noir. £•

Habitat. — La Guyane, le Brésil, le Centre-Amérique.

Composition chimique. — Le suc de cet arbre contient : eau, acide (?), caoutchouc pur, substance colorante azotée arnère, matière soluble dans Veau et V alcool, matière albumineuse, cire.

Partie usitée. — Le caoutchouc, principe immédiat hydrocarbure, extrait du suc laiteux de l'arbre. La siphonie élastique est le végétal qui donne le plus de caoutchouc et la plus belle qualité; mais il n'a pas seul ce privilège. Tous les siphonia sont dans ce cas; nous citerons, dans la famille des Aatocarpées, Je CasHUoa

SIPBONIE ÉLASTIQUE 543

elastica Cerv., le Cecropia peltata Lin., les Ficus elastica Roxb., F. indka Lam., F. religiosa L., F. radula Willd, jF. elliptka Kunth, F. prinoides Willd ; dans les Apocynées, le Vahea gummifera Poir., VUrceola elastica Roxb., VHacornia speciosa Gom. ; dans les Lobélucées, la lobélie caoutchouc.

Récolte. — Pour recueillir le caoutchouc, on fait à l'aide d'un pic une plaie à la partie inférieure du tronc, et Ton reçoit le suc dans une petite coupe d'argile. Dans une certaine limite, plus on retire de suc de l'arbre, plus il en produit; mais on a l'habitude de laisser reposer la plante depuis la floraison jusqu'à la maturité des fruits. Le liquide est d'abord blanchâtre et gom m eux, ce n'est qu'en se desséchant qu'il acquiert une coloration foncée; la quantité de caoutchouc que l'on obtient par l'épaississement du suc représente les 0,3 du poids initial. Cet épaississement s'effectue de plusieurs manières ; tantôt on se sert d'une masse d'argile en forme de bouteille, de gourde, d'oiseau, plantée à l'extrémité d'un bâton, et on la trempe dans le suc. On sèche cette couche à un feu léger, on trempe la masse de nouveau, on chauffe une deuxième fois, jusqu'à ce qu'elle ait acquis une épaisseur convenable. On brise alors le moule, ou bien on le délaye dans l'eau et on vide l'argile par l'ouverture que l'on obtient en détachant le bâton ; d'autres fois, on verse le suc dans des cadres munis d'une toile métallique et placés sur une couche de sable ; d'autres fois, on l'étend sur des planches que l'on fait sécher au soleil ; dans ces deux cas, il est en lames. On l'obtient également en masses informes en coagulant le suc par l'addition d'un peu de rhum.

Le caoutchouc pur (C8H7) est solide, blanc, translucide, d'une densité de 0,925; il est souple, élastique à 25° ou 35°, pouvant se souder sur lui-même, lorsqu'on met en contact sous une certaine pression deux surfaces récemment coupées. Au-dessous de + 10°, il se durcit, perd une grande partie de son élasticité et de ses propriétés adhésives, qu'il ne reprend qu'à 30 ou 40° (caoutchouc gelé). Il est soluble dans la benzine, l'éther, l'essence de térébenthine bien exempte d'eau, le chloroforme, le naphte, l'essence de lavande, le sulfure de carbone, insoluble dans l'alcool; son meilleur dissolvant est un mélange de 5 parties d'alcool absolu et de 400 parties de sulfure de carbone. Il fond au feu en devenant noir et épais; une fois fondu, il ne reprend plus sa dureté première et reste poisseux et collant aux doigts; il brûle avec une flamme fuligineuse. 11 se combine avec le soufre (caoutchouc vulcanisé) et acquiert une souplesse et une élasticité sur lesquelles les variations de température sont sans action. Il n'est plus alors susceptible de se dissoudre dans ses dissolvants ordinaires. Le caoutchouc durci

b*44 SMILACE MÉDICINALE

est un mélange de gomme de l'Inde dite de Java et de soufre.

Usages. — On Ta préconisé, en solution dans l'essence de térébenthine rectifiée, la benzine ou les huiles de pétrole légères d'Amérique, contre la phthisie, pour combattre la diarrhée et les sueurs nocturnes, ou bien sous forme de pilules, mais il n'a donné aucun résultat avantageux. On a proposé, pour arrêter l'hémorrhagie produite par la piqûre des sangsues, de recouvrir la partie mordue d'un petit fragment de caoutchouc en lame dont on a légèrement fondu à la flamme d'une bougie la face qui doit être mise en contact avec la peau ; on a indiqué le caoutchouc ramolli pour recouvrir les engelures et le lait de caoutchouc dont on a retardé la coagulation par l'ammoniaque, ou la solution de caoutchouc dans le chloroforme, en enduit sur les brûlures, Pérysipèle, diverses affections cutanées.

Le caoutchouc a reçu de nombreuses applications reposant sur son imperméabilité et son élasticité. On s'est servi de son imperméabilité pour confectionner des alèzes pouvant remplacer la toile cirée; des urinaux pour les personnes atteintes d'incontinence d'urine; des bonnets pour la réfrigération de la tête, soit par l'eau, soit par la glace, des poches pour bains locaux continus. L'élasticité du caoutchouc a permis de lui donner les affectations suivantes : ceintures, suspensoirs du sein, genouillères, bas élastiques et tous les bandages devant exercer une compression peu énergique, vessies destinées à dilater certaines cavités naturelles, ou y arrêter certaines hémorrhagies, à relever, à redresser un organe déplacé ; la vessie, introduite dans la cavité, y est gonflée à l'aide d'une poire en caoutchouc remplie d'air; pelotes de bandages herniaires; clysoirs ; tubes et poires pour la pulvérisation des liquides ; bouts de sein, sondes uréth raies et œsophagiennes, bougies, tubes à drainage chirurgical, extension et contre-extension continues dans les fractures; lacs pour la réunion des plaies, coussins et matelas remplis d'air ou d'eau pour les fractures. Enfin, sous forme de caoutchouc durci, il a reçu de nombreuses applications* dans la prothèse buccale, telles que confection des dentiers, obturateurs destinés à fermer les perforations de la voûte palatine, mâchoires.

SMILACE MÉDICINALE. Smilax medica Schlecht et Gham. (De <j{iAy), ciseau, à cause des aiguillons qui arment la plupart des tiges de ce genre.) Smilacées.

Description (flg. 259). — Plante sarmenteuse, présentant un rhizome ligneux, peu volumineux, formé d'une série de nœuds et d'entre-nœuds, pourvu d'un grand nombre de racines flexibles, grosses comme une plume d'oie. Tige glabre, légèrement anguleuse et striée, portant au niveau des articulations des aiguillons plats et

SMILACE MEDICINALE

à base large, un peu recourbés. Feuilles pétiolées, alternes, acuminées, lisses, à 5-7 nervures translucides, les inférieures cordées, hastées, presque trilobées, les terminales ovales, oblongues, cordiformes à la base ; pétiole glabre, tantôt inerme, tantôt aiguillonné, muni latéralement de deux vrilles filiformes, roulées en spirale. Fleurs 8-12 en ombelles simples, axillaires; pédoncule commun, glabre, aplati, strié, renflé au sommet, où il présente de petites

Fig. 259. — Smilace médicinale.

bractées. Fruit bacciforme, lisse, rouge, de la grosseur d'une petite cerise, contenant i-3 graines de couleur marron. $•

Habitat. — Elle croît sur les pentes orientales du plateau du Mexique, dans les forêts qui avoisinent les villages de Papantla, Tuspan, Naulla, Misantha.

Partie usité©. — La racine, connue en pharmacie sous le nom de racine de salsepareille. Ce nom dérive de deux mots espagnols, sarza, ronce, et parilla, diminutif de parra, treille, par allusion à la forme sarmenteuse et aux aiguillons de la plante. Quant au S. sarsaparilla L., qu'on a longtemps considéré comme l'origine d'une sorte de salsepareille, c'est une espèce douteuse de Virginie qui ne donne pas plus de produits commerciaux que notre Smilax aspera L. Au contraire, il faudrait attribuer une partie des salsepareilles du commerce aux S. syphilitica Kunth et au S. officinalis Kunth.

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Salsepareille. — Les principales formes que Ton trouve dans le commerce sont les suivantes : 4° Salsepareille de la Vera-Cruz, improprement appelée S. de Honduras. — Guibourt et M. G. Planchon l'attribuent au S. medica Schlecht et Cham. Elle arrive par Vera-Cruz et Tampico en bottes de près d*un mètre de long-, formées par des racines grosses comme une plume d'oie qui ont un mètre et même 2 mètres de long, repliées sur elles-mêmes et garnies de leur souche. Ces bottes sont réunies elles-mêmes en balles cordées du poids de 75 à 100 kilogrammes. Leur surface est grisâtre, souvent noirâtre à cause de la terre qui y adhère, et présente des cannelures longitudinales. Elles sont formées d'un corps ligneux, blanc, cylindrique, presque insipide, et d'une partie corticale d'une saveur mucilagineuse s'accompagna rit d'amertume et d'âcreté. C'est la salsepareille officinale et celle dont on fait le plus souvent usage en France.

2° Salsepareille rouge de la Jamaïque. — Elle est en tout semblable à la précédente, sauf sa couleur rouge terne, sa netteté, son odeur et sa saveur plus manifestes. Cette espèce est fort bonne, fort estimée; mais elle est rare dans le commerce. Elle ne croît pas à la Jamaïque, d'où elle provient seulement par voie de transit et où elle est expédiée des différents points du golfe de Honduras.

3° Salsepareille caraque ou de Honduras. — EHe est attribuée par Guibourt au S. officinalis et syphilitica. Elle arrive en bottes du poids de 1 000 à 1 500 grammes formées par des racines de 65 centimètres de long, garnies de leur souche et de leur chevelu, repliées sur elles-mêmes et ligaturées par plusieurs tours de ses plus longues racines; elle est cylindrique, striée longitudinalement; sa surface et son écorce sont rougeâtres, et le corps ligneux blanc. Elle est peu active, malgré sa belle apparence.

ÂP Salsepareille du Brésil — Elle vient de Bahia, de Para, de Maranham au Brésil, par la voie de Lisbonne. On la reçoit en Europe dépourvue de souches et sous forme de bottes allongées, serrées par une liane disposée en spirale. Ces racines sont ronges, striées longitudinalement. C'est une mauvaise espèce, très amylacée, qu'il faut attribuer soit au S. papyracea Duch., soit au S. pseudosyphilitica Kunth., soit encore au S. cordato-ovata Rich.

La structure anatomique de chacune de ces racines est parfaitement fixe et peut servir à la déterminer. On considère la partie corticale comme étant plus active que la partie centrale ligneuse, et Von place au premier rang, au point de vue de l'activité, les espèces dont la saveur est la plus forte et la plus nauséeuse.

Composition chimique. — La racine de salsepareille contient : huile volatile, salseparine, résine acre amére, matière huilerne.

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matière extr active, amidon, albumine. L'huile volatile n'existe qu'en petite quantité. La salseparine {pariglinef vmlacme, acide parilliwtique), C*HuO% est solide, inodore, incolore, en aiguilles, neutre aim réactifs colorés, sa saveur est acre, un peu amère, lente i se développer. Elle est peu soluble dans l'eau froide, plus solubte dans l'eau bouillante; comme la saponine, elle communique à ce liquide la propriété de mousser par l'agitation ; elle est soluble dans Falcool surtout à chaud, insoluble dans l'éther. L'acide sulfarique développe une coloration ronge dans ses solutions aqueuses.

Fermes pkaraaeeiiflqMs, «Uses. — !• Poudre, i dédgramme à 10 grammes, inusitée. 2° Infusion ou décoction, pp. 50 : 4000. 3* Extrait alcoolique, 50 centigrammes à i gramme. 4° Sirop, âû à 100 grammes. 5° Teinture alcoolique et vin, inusités en France. La salsepareille fait partie, avec le gaïac, le sassafras, la squine, des espèces sudorifiques; elle entre dans la tisane de Feltz, la décoction de Zittmann, le sirop de Cuisinier et les hochets, vieux remèdes de l'Bôtel-Dieu de Lyon usités comme dépuratifs.

Action phyftMogtquc. — La salseparine active la sécrétion urinaire, produit des nausées, une légère diminution dn pouls. Elle passe dans l'urine, qui sons son influence peut devenir mousseuse par l'agitation et se colorer par l'acide sulfurique concentré ; mais elle n'augmente pas la diurèse, pas plus que la diaphorèse. La matière acre détermine des vomissements considérables, une exagération de la sécrétion salivaire, une diminution notable du pouls. Cest à ces substances qu'il faut probablement attribuer les effets, que la salsepareille possède à hante dose, de produire des nausées, des vomissements, la prostration des forces, l'engourdissement, la répugnance pour le mouvement, le dégoût pour les aliments. A petite dose, au contraire, la salsepareille non seulement ne trouble pas l'estomac, mais elle augmente souvent l'appétit, favorise la digestion et la nutrition ; mais on peut se demander si elle augmente la sueur, ou bien si, à ce point de vue, elle est inerte comme la smilacine; les uns nient toute action sur la peau et le rein, les autres admettent ces propriétés, d'autres enfin restent dans le doute. Peut-être faut-il rapporter une partie des effets de celle plante à l'huile volatile.

Usage*. — Quoi qu'il en soit, la salsepareille, longtemps considérée comme l'antisyphilitique par excellence, est aujourd'hui tombée dans un certain discrédit. Plusieurs praticiens nient complètement son efficacité, ou ne lui attribuent qu'une part très secondaire dans la curation. Si elle provoque les sueurs, ce ne serait qu'à cou* dttion d'être administrée chaude, et l'eau jouerait ici le principal rôle; poor d'autres pourtant, elle aurait une action altérante spécé-

548 SMILACB DE CHINE

fique et guérirait la syphilis à la condition d'être employée beaucoup et longtemps. On a également vanté la salsepareille dans toutes les maladies où il est nécessaire de produire la diaphorèse : telles sont le rhumatisme, la goutte, les exanthèmes, les affections du système glandulaire, les obstructions viscérales. On prétend qu'en la faisant fumer en guise de tabac elle soulage des accès d'asthme.

SMILACE DE CHINE. Smilax china L. Salsepareille squine, Squine. Smilacées.

Description. — Racines tuberculeuses, noueuses, fort grosses, d'un brun rougeàtre en dehors, blanchâtres et teintées de rouge en dedans. Tiges longues, arrondies, ou à peine glabres, rameuses, armées, surtout à la base, d'aiguillons forts et courts. Feuilles alternes, pétiolées, inermes, coriaces, ovales, échancrées en cœur à leur base, obtuses, acuminées à leur sommet, polymorphes, les inférieures très grandes, les supérieures beaucoup plus petites, munies de deux vrilles à la base du pétiole. Fleurs axillaires assez nombreuses, d'un vert jaunâtre, disposées en petites ombelles, axillaires, pédonculées. Calice à 6 découpures profondes, un peu réfléchies. Étamines 6. Ovaire ovale, supère; style 3-fide, terminé par 3 stigmates allongés. Fruits (baie) très petits, arrondis, rouges, de la grosseur d'une petite prune, renfermant chacune une graine. 5-

Habitat. — Le Japon, la Cochinchine et la province de Chansi au nord-est de la Chine.

Partie usitée. — Les souches tubéreuses dépouillées de leurs racines et de leurs tiges aériennes. Ces sortes de tubercules sont, d'après Vandercolme, importés de Singapore et de Calcutta en Angleterre, où ils arrivent dans des paniers. Ils offrent des nodosités très irrégulières; ils sont longs de 7 à 20 centimètres, épais de 2,5 à 5, un peu aplatis; leur poids varie de 420 à 280 gram. Ils sont recouverts d'une écorce grise et ridée, ou rougeàtre, assez unie et souvent luisante, qui présente quelques solutions de continuité produites par l'ablation des racines adventives et des tiges aériennes. On rencontre souvent sur les bords ou au fond des anfractuosités que présente la souche quelques débris d'écaillés. Elle est tantôt spongieuse, légère, d'un blanc rosé, facile à couper et à pulvériser, d'autres fois très pesante, très dure, d'une couleur brunâtre surtout au centre, et gorgée d'un suc gommo-extractif. Sa saveur est peu sensible et farineuse.

Composition chimique. — La squine contient : cire, résine balsamique, smilacine, sucre, matière colorante résineuse, matière colorante gommeuse rouge, tannin, amidon, gluten, ligneux, sels.

Formes pharmaceutiques, doses. — 4° Tisane, pp. 20 : 1000. 2° Sirop inusité. Elle fait partie des quatre bois sudoriflques.

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