‹ Nouveau dictionnaire des plantes médicinalesChapitre 21 sur 226 · STIGMATES · texte numérisé non relu

STIGMATES

Safran

La quantité de produits secs que donne un végétal peut varier

avec l'âge et même avec l'époque de Tannée; c'est ainsi que la racine d'asperge récoltée en septembre a fourni à Guibourt 0,420 et en novembre 0,296. La racine de patiencelui a donné, en juin 1823, 0,257 de produit sec et 0,323 en juin 1825. Il est inutile de multiplier ces exemples; aussi ne faut-il considérer les rapports précédemment indiqués que comme approximatifs.

30. Moyens de conserver les plantes sèches. — Après avoir retiré les plantes du séchoir ou de Pétuve, on laisse les parties qui sont devenues cassantes (feuilles, fleurs, sommités fleuries) exposées, pendant quelques heures, à l'air libre et à l'ombre jusqu'à ce qu'elles aient repris un peu de souplesse, par suite de l'absorption de la vapeur d'eau atmosphérique. On les crible, afin de les débarrasser des œufs d'insectes, mais avec précaution, pour ne pas les briser, et on les conserve le plus possible à l'abri de l'air, de l'humidité, de la chaleur et de la lumière, causes principales de l'altération des matières organiques. Quelques fleurs de nature très altérable (bouillon blanc, camomille, coquelicot, mauve, guimauve, violette) font exception et doivent être enfermées chaudes, au sortir de Fétuve, dans des vases bien bouchés.

Lorsque les substances sont flexibles et susceptibles d'être fortement tassées, comme le lichen et le houblon, on en forme des ballots qu'on enveloppe de toile. L'emploi de la presse hydraulique est avantageux; aujourd'hui, le houblon n'est plus conservé que de cette façon, et ce procédé peut s'appliquer à un grand nombre de plantes médicinales indigènes. Si l'on n'a point de presse hydraulique à sa disposition, on enferme les produits volumineux dans des boîtes, des caisses, des tonneaux en bois peints en dehors et garnis intérieurement de papier appliqué avec de la colle à laquelle on a ajouté de l'aloés ou de l'alun pour le garantir des insectes. Il faut s'abstenir de faire entrer le sublimé corrosif dans la composition de cette colle, car l'emploi de ce sel de mercure présente plus d'inconvénients que d'avantages. Les estagnons en fer-blanc offrent un excellent moyen pour la conservation des fleurs. Les flacons en verre noir ou bleu, ou bien encore recouverts de papier noirci, les vases en terre vernissée (faïence, grès, porcelaine) sont excellents, et on ne peut leur reprocher que leur faible capacité. On les ferme avec de bons bouchons que l'on cachette, que l'on goudronne ou que l'on recouvre d'une double coiffe de papier ou de parchemin. On place le tout dans des magasins frais et parfaitement secs.

Quel que soit le procédé adopté, il convient de visiter de temps en temps les produits, soit pour rejeter ceux qui sont gâtés, moisis, piqués par les vers, soit afin de prévenir les altérations qui sont sur le point de se produire. Les racines, les feuilles et surtout les

fleurs se conservent en général moins longtemps que les tiges, les bois, les écorces, lès fruits secs et les graines. Parmi ces substances, les moins altérables sont les racines, les bois, les écorces, les plus compactes et les plus riches, soit en tannin, soit en principes aromatiques ou résineux, et les plus pauvres en amidon et en mucilage. Les racines de pyréthre et de jalap font exception, quoiqu'elles soient très résineuses. Les feuilles de ciguë, de fumeterre, d'oranger, de pensée sauvage, bien que ne présentant rien de particulier sous le rapport de l'organisation, s'altèrent plus aisément que les autres. Les feuilles de digitale se conservent bien, mais au bout d'un an elles deviennent inertes.

V. — Classification des plantes d'après leur action physiologique et leur effet thérapeutique.

On a proposé plusieurs manières de classer les plantes médicinales. Pour nous, la plus simple consiste à les ranger suivant leur action physiologique et thérapeutique ; c'est la plus utile et la plus naturelle. Aussi a-t-elle été adoptée par un grand nombre de pharmacologistes. D'un autre côté, si l'on réfléchit que l'emploi, curatif de ces plantes est le résultat de l'observation directe et de l'expérience, que pour le plus grand nombre d'elles il remonte à plusieurs siècles, on est porté à conclure qu'une pareille classification est tout à la fois la plus facile, la plus exacte et la plus conforme à la nature des choses. Mais, lorsqu'on veut passer de l'idée théorique à la pratique, on ne tarde pas à s'apercevoir que cet arrangement rencontre de sérieuses difficultés, qui sont dues à plusieurs causes.

Lorsqu'on étudie les propriétés physiologiques des médicaments, on reconnaît deux sortes d'effets : 1° l'action immédiate ou primitive, qu'ils exercent par leur application, ce que Linné appelait vis et Barbier propriété active; 2° le résultat de cette action par rapport à la maladie, ce que le premier nommait usus et le deuxième propriété curative. Lorsque ces deux effets sont opposés, il en résulte une grande incertitude pour la classification; ainsi le safran est d'abord stimulant, puis il devient sédatif et antispasmodique. La sauge est diaphorétique, et cependant elle arrête les sueurs profuses et débilitantes des phthisiques et des convalescents. Le haschisch et l'opium, d'abord excitants, deviennent sédatifs. La digitale à haute dose stimule d'abord le système nerveux de la vie animale et le paralyse ensuite.

La même plante peut exercer une action fort différente sur les divers systèmes de l'économie; c'est ainsi que la belladone exalte

l'énergie des muscles de la vie organique et stupéfie ceux de la vie de relation.

Les propriétés médicinales d'une plante peuvent n'être que temporaires ; l'anémone fraîche est irritante, vésicante, caustique même; la dessiccation la rend inerte, son activité étant due à un principe volatil.

Les propriétés peuvent également changer de nature avec le temps, ainsi les fleurs fraîches du sureau sont légèrement émétocathartiques ; par la dessiccation, elles deviennent diaphoniques.

Les doses croissantes que Ton emploie ont pour effet d'augmenter l'action des médicaments ; c'est ainsi que l'aloès est apéritif, cathartique ou drastique, suivant la dose. Ce fait, qui semble naturel, n'est pas constant pourtant, puisque la scammonée est moins purgative à dose élevée qu'à dose faible. Mais un résultat inattendu, produit par les doses élevées, c'est que les propriétés physiologiques peuvent être complètement changées; c'est ainsi que la racine de patience, qui est un peu astringente, devient laxative, que le ményanthe et la douce-amère, qui sont toniques, deviennent des vomitifs à haute dose.

Toutes les parties d'une plante ne possèdent pas les mêmes propriétés. Les feuilles du ricin sont émollientes, ses semences sont drastiques, toxiques même, puisqu'une seule graine a suffi pour occasionner la mort. Toutes les parties du pavot contiennent de l'opium, à l'exception des semences, qui ne participent en rien des propriétés hypnotiques de la plante; elles sont alimentaires dans quelques pays, tels que là Suisse, l'Allemagne. Les fleurs de la violette sont béchiques et pectorales, ses racines sont vomitives.

Enfin une plante peut posséder un grand nombre de propriétés; c'est ainsi que le chiocoque dompte-venin est à la fois purgatif vomitif, diurétique, hydragogue et emménagogue.

Ces considérations expliquent suffisamment comment il se fait que les thérapeutistes Linné, Gautier, Chomel, Barbier, Alibert, Milne-Edwards et Vavasseur, Giacomini, etc., aient donné un grand nombre de classifications fondées sur les mêmes principes et cependant fort différentes, sans arriver à un résultat vraiment philosophique, et chacun d'eux a montré qu'il lui était plus facile de faire la critique de ses devanciers que d'établir un travail qui fût à l'abri des justes reproches des écrivains qui sont venus après lui.

Après ces exemples, nous n'aurons garde de vouloir tenter une œuvre aussi difficile. Nous nous bornerons à faire connaître, par ordre alphabétique, les propriétés physiologiques et thérapeutiques des plantes médicinales. Ces indications étant purement mnémoniques, il est indispensable, avant d'employer un de ces végétaux,

de lire avec soin les paragraphes qui expliquent son action physiologique et ses usages.

ABSORBANTS (de ab et sorbere, boire, qui boit, qui pompe).

— En chirurgie, on appelle de ce nom les substances molles et spongieuses, propres à absorber les liquides épanchés. — Amadou, poudre de lycopode.

ACIDULES (diminutif d'acide, de àxfc, pointe, et Ifa, aigre). — Médicaments tempfrants et rafraîchissants, ayant une saveur aigre.

— Berberis, citron, coings, fraises, grenades, jujubes fraîches, oranges, tamarin, verjus, vinaigre *.

ADOUCISSANTS. — Voyez Antiphlogistiques et Émollients.

AUEXIPHARMAQUES OU ALEXITÈRES (de àXIÇetv, repousser, et çapjxaxov, venin, poison, aXE^TYipoç, secourable). — Médicaments auxquels on attribuait faussement la propriété de s'opposer à l'effet des venins et des poisons. — Àunée, chardon bénit, chiocoque, sauge. Voyez Antidotes.

AMERS (de amarus, qui a de l'amertume). — Les amers sont toniques, digestifs, fébrifuges (voy. ces mots). — Absinthe, armoise, asa fœtida, aunée, benoîte, cascarille, centaurée, chardon bénit, chicorée, Colombo, fève de Saint-Ignace, feuilles d'oranger, galbanum, gentiane, germandrée petit-chêne, glécome hédéracé, houblon, hyssope, lichen naturel, ményanthe, noix vomique, quassia, quinquina, rhubarbe, roses, sagapenum, saponaire, sauge, scabieuse, simarouba, tanaisie, véronique.

ANALEPTIQUES (de àvaXa|i.6àveiv, reprendre ses forces, ce qui tend à rétablir les forces des convalescents). — Ce sont surtout des aliments. — Amandes, arrow-root, avoine, cacao, carragahen, champignons, dattes, glands du chêne, lichen sans cétrarin, manihot, noix, pistaches, pomme de terre, riz, sagou, salep, tamarin, vins.

ANALGÉSIQUES ou ANODINS (de à privatif et <fty0ç, douleur, qui enlève la douleur). — Busserolé, ciguë, essence de térébenthine, hachisch, jusquiame, laurier-cerise, opium.

ANAPRRODISIAQUES. — Voyez Antiaphrodisiaques.

ANESTHÉSIQUES (de à privatif et afoOv)<n<, sensibilité). — Médicaments qui éteignent momentanément la sensibilité. — Camphre, ciguë, coca, eucalypte, laitue, laurier-cerise, opium.

ANODINS. — Voyez Analgésiques et Narcotiques.

ANTHEUONTHIQUES (de otvri, contre, et êXjuvç, ver). — Voyez Vermifuges.

ANTI-APHRODISIAQUES ou ANAPHRODISIAQUES. — Mé-

1. Noos ne mentionnons dans cette classification que les plantes décrites dans l'ouvrage.

dicaments auxquels on attribue une vertu contraire à celle des aphrodisiaques (voy. ce mot). — Camphre, laitue, lupulin.

AIVFIDÉPERDITEURS ou CAFÉIQUES. — Médicaments qui empêchent ou retardent la désassimilation, l'usure ou la transformation des matériaux de l'économie. — Alcool, cacao, café, maté, thé*

ANTIDOTES (de avtt, contre, et ôot6<;, donné, contre-poison). — On emploie : le tannin et les plantes qui en contiennent, telles que la noix de galle, l'écorce de chêne, le café, le thé, contre l'émétique et les substances végétales qui doivent leurs propriétés toxiques aux alcaloïdes. Le café, le thé, contre le coma produit par l'opium, la digitale, les solanées vireuses, l'ivresse alcoolique. Le sucre, contre les préparations d'arsenic, de cuivre, de plomb. Le hachisch contre la fève de Saint-Ignace et la noix vomique. Le suc de citron contre les Euphorbiacées, l'amidon contre l'iode, le gluten contre le sublimé corrosif ou chlorure mercurique. L'huile d'olive, pour former un obstacle mécanique à l'absorption quand on a préalablement déterminé l'évacuation du poison par les vomitifs; l'opium contre la sabine, la fève du Caîabar contre la strychnine, l'essence de térébenthine contre le phosphore [et ses vapeurs ; l'aristoloche serpentaire, le polygala, contre la morsure des serpents et des chiens enragés (?).

ANTIFÉBRILES. — Voyez Fébrifuges.

ANTIMYDRIATIQUES. — Médicaments qui possèdent des propriétés opposées à celles de mydriatiques (voy. ce mot). — Fève de Calabar»

ANTIPÉRIODIQUES. — Voyez Fébrifuges.

ANTIPHLOGISTIQUES (de àvn, contre, et <p\6ç, <pXoy6ç, flamme).

— Médicaments propres à combattre l'inflammation. Ce sont des émollients, des calmants, etc. (voy. ces mots).

ANTIPUTRIDES. — Voyez Antiseptiques.

ANTIPYRÉTIQUES. — Voyez Fébrifuges.

ANTISEPTIQUES (de àvxi, contre, et <rî^tç, putréfaction). — Médicaments antiputrides. — Absinthe, alcool, arnique, camphre, camomille.

ANTISPASMODIQUES (de àvrt, contre, et <nta<rfi6ç, contraction),

— Qui sert contre les spasmes ou contractions involontaires des muscles. — Angélique, armoise, asa fœtida, bdellium, belladone, camomille, dictame, eucalypte, feuilles d'oranger, galbanum, glécome hédéracé, gomme ammoniaque, hydrolat de fleurs d'oranger, jusquiame, laurier-cerise, lavande, mélilot, mélisse, menthe, origan, safran, sagapenum, tilleul *.

1 . Nous aurions pu grossir, mais bien inutilement, la liste des médicaments dont l'effet est indiqué par un adjectif commençant par le mot anti {anti-herpé-

3ft LES PLANTES MÉDICINALES

APÉRITIFS (de aperire, ouvrir). — Qui ouvre le passage, qui excite l'appétit. — Aloès, aristoloche, asperge, benoîte, camomille, •entourée, cresson, cubèbe, cusparie, eucalypte, fenouil, fougère mâle, fragon, fumeterre, patience, phellandrie, quinquina, rhubarbe, sauge, sève de pin.

APHRODISIAQUES (de apporta, plaisirs de Vénus, venant de lA<ppoô{xT], Vénus). — Benjoin, cannelle, fève de Saint-Ignace, gingembre, hachisch, noix vomique, truffe, vanille.

AROMATIQUES (de «pé, fort, et 68|at|, odeur). — Médicaments qui exhalent une odeur forte et agréable ; ce sont des excitants, des earminatifs. — Benoîte, cardamome, cascarille, coriandre, dictame, feuilles d'oranger, girofle, iris de Florence, macis, muscade, romarin, sauge, semences d'ache, tanaisie, vanille, véronique.

ASTRINGENTS (de ad, a, et stringere, serrer). — Médicaments qui produisent une crispation par leur contact; ce sont des toniques. — Balaustes, bdellium, benoîte, bistorte, busserole, cachou, cannelle, coings, feuilles de vigne, fougère mâle, guarana, malicorium, noix de galle, olivier, pervenche, quinquina, lamier blanc, ratanhia, ronce, roses, sang-dragon, sauge, scabieuse, scolopendre, tormentille, vins rouges.

ATTÉNUANTS (de ad, a, et tennis, ténu). — Médicaments auxquels on attribue la propriété de rendre les humeurs moins épaisses. — Phellandrie, polygala.

BALSAMIQUES (de balsamum, baume, qui tient de la nature des baumes). Ils agissent comme stimulants des fonctions digestives; ils sont apéritifs, pectoraux. — Baume de copahu, baume du Pérou, baume de tolu, bdellium, essence de térébenthine, eucalypte, gaïac, myrrhe, pyrèthre, sève du pin maritime, styrax liquide.

BÉCHIQUES (de #|£, 6vft6<;, toux, que Ton emploie contre la toux). — Bdellium, bourrache, capillaires, carrageen, consoude, dattes, eucalypte, encens, figues, glécome hédéracé, gnaphale dioïque, goudron, jujubes, lichen sans cétrarin, mauve, sève de pin maritime, raisins secs, réglisse, tussilage, violette (voyez Expectorants, Pectoraux).

CAFÉIQUES. — Voyez Antidéperditeurs.

CALMANTS. — Médicaments qui calment, synonyme de sédatif (voyez ce mot).

CARMINATIFS (de carminare, peigner la laine et par suite net-

tiques, antilaiteux, antiscorbutiques). On en trouvera rénumération dans le Mémorial thérapeutique, aux articles Dartres, Gale, Lait, Scorbut, etc.

CLASSFICATION DES PLANTES ^37

toyer, dissiper). -^- Médicaments qui ont la propriété d'expulser tes gaz intestinaux; ce sont des substances toniques et aromatiques . — Ambroisie, aneth, angélique, anis étoile, anis vert, asa foetida, camomille, cannelle, coriandre, cumin, centaurée, essence de térébenthine, fenouil, galbanum, germandrée aquatique, lavande, mélilot, mélisse, menthe, sagapenum, zestes de citron.

CATHARTIQUES (de xàDapenç, purgation). — On désigne sous ce nom tantôt les purgatifs^ en général, tantôt des purgatifs plus forts que les laxatifs et les minoratifs et moins actifs que les drastiques. — Baies et feuilles de sureau, bryone, chiocoque, mercuriale, polygala, séné.

CATHÉRÉTIQUES (de y.aOaipeiv, détruire, retrancher). — Voyez Caustiques. — Anémone, schœnocaule.

CAUSTIQUES (de xafo, je brûle). — Médicaments qui, mis en contact avec les tissus, à la température ordinaire, les désorganisent. Les plus actifs produisent des eschares et sont nommés escharotiques ; les, autres ont une action plus faible et sont appelés cathérétiques ; les uns et les autres, mais ces derniers surtout, sont appelés corrosifs. — Essence de girofle, suc laiteux du figuier.

CÉPHAL1QUES (de xe?aXq, tète). — Médicaments propres à guérir les maladies de la tête de nature nerveuse ; ce sont des antispasmodiques. — Café, guarana, lavande, thé, tilleul, vanille.

CONDIMENTS (de condire, assaisonner). — Synonyme d'assaisonnement. — Asa fœtida (Persans), cannelle, cardamonie, cochléaria de Bretagne, coquille d'amandes, coriandre, curcuma, huile d'olive, fenouil, gingembre, girofle, houblon, laurier-cerise, moutarde noire, macis, muscade, safran, sucre, tanaisie, vanille.

CONTRE-POISONS. — Voy. Antidotes.

CONTRO-STIHULANTS (de contra, contre, et stimulus, aiguillon). — Médicaments qui, d'après les médecins de l'école de Rasori, sont capables de combattre l'excès de stimulus, cause de certaines maladies. — Belladone, colchique, gomme-gutte, ipéca, scille, séné, strychnine.

CORDIAUX (de cor, cœur). — Ce sont des médicaments qui ont la propriété d'augmenter promptement la chaleur générale du corps et l'action du cœur et de l'estomac; ce sont des Excitants et des Stimulants diffusibles, des Stomachiques (voyez ces mots).

CORROBORANTS (de corroborare, fortifier). — Voy. Fortifiants.

CORROSIFS (de corroderet venant de cum, avec, et rodere, ronger). — Voyez Caustiques.

COSMÉTIQUES (de xoafieiv, orner, embellir). — Substances employées à l'extérieur pour adoucir la peau, etc. — Amandes douces et amères.

HÉRAUD. PLANTES MED. 3

38 LES PLANTES MEDICINALES

CYANIQLES (de xuavoç, bleu). — Médicaments sédatifs qui agissent par l'acide cyan hydrique ou prussique obtenu d'abord par la décomposition du cyanure ferroso-ferrique ou bleu de Prusse. — Amandes arriéres, laurier-cerise, suc de racine de manihot.

DÉBILITANTS (de debilitare, affaiblir). — Médicaments capables de diminuer l'énergie des organes, et particulièrement l'énergie musculaire. Voyez Antiphlogistiques,

DÉLAYANTS (de diluere, dissoudre, délayer). — Médicaments qui augmentent la liquidité du sang. — Chiendent, orge.

DENTIFRICES (de dens, dent, et fricare, frotter). — Substances qui servent à nettoyer les dents, par frottement, à l'aide d'une brosse particulière. — Cannelle, pyrèthre, quinquina, ratanhia.

DÉPURATIFS (de depurare, purifier). — Médicaments qui passent pour avoir la propriété de retrancher de la masse des humeurs les principes nuisibles qu'elles peuvent contenir, et de les porter au dehors, par la transpiration, les urines, etc.; ce sont des Amers, des Diaphorétiques, des Diurétiques. Voyez ces mots.

DÉRIVATIFS (de dérivare, dériver, amener). — On les emploie pour amener une dérivation ; ce sont des Purgatifs, des Dépuratifs, des Rubéfiants y des Vésicants.

DÉSINFECTANTS (de de privatif et infectio, venant de tnficere, gâter). — Substances qui passent pour détruire les miasmes; celles qui proviennent du règne végétal ne font souvent que masquer îes odeurs putrides. — Baies de genièvre brûlées, encens, eucalypte, sucre.

DÉSOBSTRUANTS (de de privatif et obstruere, boucher). — Qui est propre à dissiper les obstructions. — Atoès, asperge, cochléaria, chicorée, glands de chêne rouvre, salsepareille, thym, raisins.]

DESSICCATIFS (de dessiceatio, dessèchement, dérivé de siccms, sec). — Médicaments topiques propres à dessécher les plaies ou ulcères, soit en absorbant le pus, soit en modérant ou arrêtant sa sécrétion. — Voyez Absorbants et Astringents.

DÉTERSIFS ou DÉTERGENTS (de detergere, nettoyer). Médicaments topiques propres à nettoyer les plaies ou les ulcères. Ce sont en général des Stimulants. — Voyez ce mot.

DIAPHORÉTIQUES (de Staçopetv, répandre, dissiper). — Qui favorise ou excite la transpiration, synonyme de sudorifique. — Aristoloche, baies de sureau, bardane, bourrache, bryone, douce amère, chardon bénit, cochléaria de Bretagne, coquelicot, coriandre, cresson, essence de cajeput, essence de térébenthine, feuilles d'oranger, fleurs de tilleul, fleurs sèches de sureau, feuilles d'oranger, gaïac, hyssope, jaborandi, mousse de Corse, origan, polygala, quinquina, safran, saponaire, salsepareille, sassafras, sauge, setbieuse, simarouba, squine, thé, tilleul.

DIGESTIFS (de di indiquant la dispersion, et gerere, porter). — Substances qui favorisent la digestion. Ce sont des excitants. — Ambroisie, an is vert, baume de copahu, café, camomille, cannelle, chicorée, cubèbe, curcuma, cusparie, dextrine, encens, eucalypte, fumeterre, gentiane, germandrée petit chêne, gingembre, macis, menthe, moutarde noire, muscade, papayer, quinquina, rhubarbe, safran, saponaire, sauge, sève de pin, styrax liquide, thé.

DILATANTS (de dilatare, agrandir, dérivé de de signifiant en divers sens, et latus, large). — Amadou, gentiane, guimauve, laminaire digitée.

DIURÉTIQUES (de Sidt, par, et ofcpov, urine, qui provoque l'urine).

— Ache, aconit, anis vert, asaret, avoine, baies de genièvre, bardane, bourrache, bryone, digitale, douce-amère, essence de térébenthine, fenouil, fragon (racine de), fraisier, gaïac, germandrée aquatique, houblon (racines de), lin (graines de), maïs, mercuriale, mousse de Corse, pariétaire, phellandrie, polygala, quinquina, sabline, safran, salsepareille, sassafras, scille, scolopendre, simarouba, squine, thé, véronique, verjus, vins blancs.

DRASTIQUES (de 8pdw, j'agis, j'opère). — On appelle ainsi les purgatifs énergiques. — Bryone, coloquinte, chiocoque, élatérium, euphorbe, garou, gomme-gutte, huile de croton, jalap, nerprun, polypore du mélèze, podophyllin, ricin (semences de), scammonée, sureau (écorce de), thapsia (extrait de).

ÉHÉTIQUES (de e(iea>, je vomis). — Substances propres à déterminer les vomissements, synonyme de vomitif. — Bryone, chiocoque, fougère mâle, ipéca," pensée sauvage, polygala, rue, scille, simarouba, violette (racine de).

ÉMÉTO-CATHARTIQUES (de £(jlêt6;, vomissement, et xocôocipeiv, purger). — Substances qui excitent les vomissements et les selles.

— Asaret, chiocoque, ellébore blanc, polygala, scille, staphisaigre, sureau (fleurs fraîches de).

EBDIÉNAGOGUES (de £fi|j.Y)va, menstrues, et ofyeiv, pousser). — Qui provoque les règles. Suivant les circonstances, on les choisit parmi les. Emollients, les Excitants, ou les Toniques — Absinthe, aloès, angélique, armoise, asa fœtida, aunée, bdellium, chiocoque, cumin, dictame, digitale, élatérium, fenouil, galbanum, gommegutte, ményanthe, origan, ricin (feuilles de), romarin, rue, sabine, safran, sagapenum, tanaisie.

EMOLLIENTS, ADOUCISSANTS, RELACHANTS, Ml CIL A - CHEVEUX, (de emollire, adoucir). — Médicaments qui ont la propriété de relâcher, de ramollir, de détendre les parties enflammées. — Amidon, amandes douces, carageen, coing (semences de), consoude,

cotonnier, guimauve, lin (graines de), mauve, pain, pomme de terre (fécule), ricin (feuilles de), riz (poudre de), son.

ENIVRANTS (de ebrio, j'enivre). — Substances qui produisent l'ivresse. — Alcool, essence de térébenthine, hachisch, opium, safran, vin.

ÉPISPASTIQUES (de émairàw, j'attire). — Substances qui produisent la vésication. Synonyme de vésicants.

ERRHINS. — Voy. Sternutatoires.

ESCHAROTIQUES. — Voy. Caustiques.

ÉVACUANTS (de evacuare, vider). — Médicaments qui provoquent la sortie des excrétions par un organe, tel que la bouche, l'anus, le rein, etc. — Voy. Vomitifs, Purgatifs, Diurétiques.

EXCITANTS (de excitare, réveiller). — Médicaments qui stimulent les organes. Ils diffèrent des toniques en ce que ceux-ci se bornent à fortifier les organes, à leur donner plus d'énergie, tandis que les premiers en accélèrent l'action et le mouvement. Suivant les organes, ils prennent le nom de Stomachiques, (VEmménagogues, de Tétaniques de Stimulants, d'Irritants (voyez ces mots). — Aristoloche, arnique, baume de copahu, café, cannelle, cardamome, gomme ammoniaque, glécome hédéracé, styrax liquide, tanaisie, thé, vanille, véronique.

EXHILARANTS, HILARANTS, H1LARIANTS (de hilaris, gai, qui rend gai). — Hachisch, vanille.

EXPECTORANTS (de expectorare, chasser de la poitrine, de ex, dehors, et pectus, poitrine). — Substances qui ont la propriété de favoriser l'expulsion des matières contenues dan s les bronches, synonyme d'incisifs. — Asa fœtida, capillaires, cochléaria de Bretagne, cresson, galbanum, ipéca, iris de Florence, origan, pin maritime (sève de), polypode commun, sagapenum, scille, tussilage, véronique (voyez Béchiques, Pectoraux).

FÉBRIFUGES, AIN TI FÉBRILES, ANTIPYRÉTIQUES, AN- TIPÉRIODIQUES (de febris, fièvre, et fugare, chasser) . — Qui chasse la fièvre, qui empêche le retour des accès. — Acore aromatique, alcool, arnique des montagnes, belladone, benoite, berberis, bistorte, café, camomille, cascarille, centaurée, chardon bénit, chêne (écorce de), citron (semences de), coca, Colombo, coqueret, cotonnier (semences de), cusparie fébrifuge, digitale, eucalypte, fève de Saint-Ignace, gentiane, germandrée petit chêne, ipéca, lichen amer, ményanthe, noix (brou de), noix vomique, olivier, patience, quassia, quinquina, simarouba, valériane, tanaisie, tilleul, vomiquier (écorce de) .

FONDANTS (de fundere, fondre). — Médicaments internes ou externes auxquels on attribue la propriété de résoudre les engorge-

ments, surtout ceux qui se manifestent lentement et sans inflammation. — Ache, aneth, chicorée, ciguë, gentiane, gomme ammoniaque, houblon, hyssope, mélilot, polypode commun (voyez Èmollients).

FORTIFIANTS, RORORANTS, ROBORATIFS (de fortis, fort ; roborare, fortifier, donner des forces). — Substances propres à augmenter les forces : tels sont les Toniques, les Analeptiques, les Stomachiques (voy. ces mots).

HÉMOSTATIQUES (de af{j.a, sang, et feront j'arrête). — Médicaments ou substances que Ton emploie pour arrêter les hémorrhagies. — Amadou, acore, balaustes, benjoin, benoîte, caoutchouc, cascarille, citron, colophane coloquinte, ergot de seigle, fraisier (racines de), galles (noix de), gomme arabique (poudre de), jusquiame, lamier blanc, malicorium, matico, ratanhia, sang-dragon, scolopendre, térébenthine (essence de), tormen tille, vigne (feuilles de).

HILARANTS, HILARIANTS. — Voy. Exhilarants.

HYDRAGOGUES (de tf8a>p, eau, et &yetv, chasser). — Médicaments auxquels on supposait la propriété de faire écouler les sérosités qui forment les épanchements et les infiltrations. — Bryone, cajeput (essence de), chiocoque, colchique, coloquinte, gomme-gutte, genévrier (baies de), scammonée, pariétaire, sureau (écorce de).

HYPNOTIQUES (de U7iv6a>, j'endors, qui provoque le sommeil).

— On appelle ainsi les narcotiques donnés à petites doses. — Alcool, hachisch, gentiane, jusquiame, laitue, lobélie, pavot, opium, valériane, vin.

HYPOCINÉTIQUES (de foo, sous, marquant la diminution, et x\vyitti<t, qui remue, de xtvlw, mouvoir, remuer). — Substances qui diminuent le mouvement, la motilité des organes ou des membres.

— Belladone, ciguë, datura, duboisie, hachisch, opium. INCISIFS (de incidere, couper). — Médicaments auxquels on

attribue la propriété de diviser les humeurs qu'on suppose épaisses et coagulées (voy. Expectorants).

INSECTICIDES, INSECTIFUGES (de insectum, insecte, et cœdere, tuer). — Lavande (essence de), pyrèthre, quassia, schœnocaule, staphisaigre, tanaisie.

IRRITANTS (de irritatio). — Tout ce qui irrite nos organes outre mesure. Ce sont des Stimulants assez énergiques pour provoquer de la chaleur, de la tension et de la douleur, des Drastiques, des Rubéfiants, des Vésicants (voy. ces mots).

LAXATIFS (de laxare, relâcher). — Médicaments qui purgent sans irriter. — Amandes (huile d'), berberis, casse, chicorée, manne, moutarde blanche, noix (huile de), olive (huile d'), œillette (huile d'), polypode commun, rhubarbe, ricin (huile de), raisin (moût de).

LÉNITIFS. Voy. Minoratifs,

LITHONTRIPTIQUES (de X(6o<r, pierre, et Tpty«r, broiement). — Substances qu'on croyait propres à dissoudre les calculs. — Busseroi e, curcuma, phellandrie.

MASTICATOIRES (de masticatio, mastication). — Substances qu'on mâche pour exciter la salivation (voy. Sialagogues) ou pour parfumer l'haleine (voy. Aromatiques).

MINORATIFS ou.LÉNITIFS (de minorare, amoindrir; detenire, adoucir). Substances qui purgent doucement (voy. LaxaUfs).

IHUCILAGOIEUX. (de mucus, morve). — Médicaments qui renferment une grande quantité de substances se rapprochant beaucoup de la gomme et qui rendent l'eau visqueuse. Ce sont des émolkients.

— Coings (semence de), guimauve, lin (graine de). MirDRLATlQUES (de |u>8p(à(xt<x, mydriase, paralysie de l'iris caractérisée par la dilatation permanente de la pupille, racine p.u8p6<r, obscur). — Médicaments qui dilatent temporairement la pupiHe.

— Belladone, datura, duboisie, ergot de seigle, hachisch, jusquiame, lobélie, morelle noire.

NARCOTIQUES (de vàpxiq, assoupissement, venant de votpx<ko, j'engourdis). — Ce sont des substances qui ont la propriété d'adoucir. Ces médicaments prennent le nom de Sédatifs ou de Calmants quand ils servent à modérer une excitation pathologique, d'Analgésiques ou d'Anodins quand ils font cesser la douleur, d'Hypnotiques quand ils déterminent le sommeil, de Stupéfiants quand ils produisent de la stupeur (voy. ces mots).

NÉVROSTHÉNIQUES (de veOpov, nerf, et <xôévo<r, force). — Médicaments qui produisent l'excitation nerveuse. — Belladone, café, cascarille, fève de Saint-Ignace, hachisch, maté, noix vomique, thé, vanille (Voy. aussi Stimulants).

ODONTALGIQUES, mot que l'on emploie mal à propos pour antiodontalgique (de oôofo, oSovroer, dent, et #Xyo;, douleur). — Médicament propre à calmer la douleur que cause la carie. — Camvphre, cresson de Para, encens, essences de cajeput, de girofle, d'origan, de thym, huile de cade, jusquiame, opium, staphisaigre.

PARASITICIDES (de parasitus, et cœdere, tuer ; de icapàcrrcoç, de rcapa, auprès, et <rtxo;, nourriture; animal qui vit aux dépens de la propre substance d'un autre). — Camphre, coque du Levant, ellébore blanc, essence de lavande, de térébenthine, schœnocaule, staphisaigre.

PARÉGORIQUES (de uapYjyopêo), je calme, j'adoucis ; synonyme d'Analgésique et d'Anodin (voy. ces mots).

PECTORAUX (depectus, poitrine). — Médicament qu'on emploie pour combattre les affections des poumons, des bronches et du larynx. Amandes (coquilles d'), bouillon blanc, carragaeen, dattes,

encens, figues, gomme arabique et gomme adragante, goudron, guimauve, jujube, oléo-résine et essence de térébenthine, raisins secs, réglisse, rob de raisin, salep, scolopendre, sucre. (Voy. aussi Béckique s y Expectorants).

PTARMIQUES (de itxap|x6ç, éternuement). — Voyez Errhins et Sternutatoires.

PURGATIFS (de purgare, purger). — Nom générique des médicaments qui déterminent des évacuations alvines. On les divise en Laxatifs, Cathartiques et Drastiques (voy. ces mots).

RAFRAICHISSANTS (de refrigare, rafraîchir, dérive de re et frigus, froid). — Substances aptes à calmer la soif et à diminuer la température du corps. — Courge (semences de), orge (voy. aussi Acidulés).

RELACHANTS. — Voy. Emollients.

RÉSOLUTIFS (de résolution, venant de resolvere, résoudre). — Médicaments qui déterminent la guérison par le retour de la partie malade à son état normal; ce sont des Emollients, des Fondants (voy. ces mots).

RÉVULSIFS (de revellere, ôter avec effort). — Médicaments qui détournent le principe d'une maladie, une humeur, vers une partie plus ou moins éloignée. Synonyme de rubéfiant.

ROBORATIFS, RORORANTS. — Voyez Fortifiants.

RUBÉFIANTS (de rubefaciens, venant de ruber, rouge, et facere, faire). — Médicaments qui déterminent la rougeur de la peau; c'est pour ainsi dire le premier degré de la vésrcation (voy. Vésicants).

— Bryone, cochléaria de Bretagne, croton (huile de), garou, gomme ammoniaque, poix de Bourgogne, pyrèthre, moutarde noire, térébenthine (essence de), rue, schœnocaule, thapsia.

SAUVANTS. — Voy. Sialagogues.

SÉDATIFS (de sedare, apaiser). — Ils modèrent l'action augmentée anormalement d'un organe ou d'un système d'organes. Synonyme de calmants. — Asperge, asa fœtida, coquelicot, galbanum, lobélie enflée, mélilot, mélisse, pavot, phellandrie, safran, sagapenum.

SIALAGOGUES ou SALIVANTS (de çiaXov, salive, et gyetv, chasser). — Médicaments qui excitent la salivation; lorsqu'ils n'agissent que mécaniquement, ils prennent le nom de masticatoires.

— Busserole, camomille, coca, cochléaria de Bretagne, gingembre, jaborandi, macis, muscade, tabac.

SOPORIFIQUES ou SOMNIFÈRES (de sopor ou somnus, sommeil). — Médicaments qui provoquent le sommeil. Synonymes d'hypnotiques .

STERNUTATOIRES ou ERRHINS (de sternutare, éternuer, et

ev, dans, et otv, nez). — Médicaments qu'on introduit dans les narines pour agir sur la membrane pituitaire, de manière à provoquer Técoulement nasal et Téternument. — Asaret, benjoin, ellébore blanc, euphorbe, gingembre, ipéca, jalap, lavande, muguet, tabac.

STIMULANTS (de stimulus, aiguillon). — On donne ce nom aux médicaments qui ont la propriété d'exciter l'action organique des divers systèmes de l'économie. On distingue :

1° Les stimulants DippusiBLES, c'est-à-dire qui ont une action prompte et de peu de durée et qui paraissent agir en même temps comme sédatifs du système nerveux. — Absinthe, semences d'ache, d'aneth, d'angélique, anis vert, anis étoile, café, cajeput (essence de), citron (essence de), curcuma, genévrier (baies de), germandrée aquatique, germandrée petit chêne, girofle, lavande, mélisse, menthe, orange (écorce d'), romarin, safran, sauge, thé, vins blancs et de Hqueur.

2<> Les stimulants persistants, qui ont en général une action moins prompte, mais toujours plus durable. — Belladone, camomille, cannelle, coca, cresson, cusparie, encens, gingembre, matico, moutarde noire, valériane, vanille, véronique.

STOMACHIQUES (de <rr6(j.<x%o<;, estomac). — Qui est bon pour l'estomac, qui le fortifie. — Acore, ambroisie, angélique, cardamome, centaurée, Colombo, coriandre, encens, fenouil, genévrier (baies de), glécome hédéracé, houblon, hyssope, lichen amer, mélisse, ményanthe, noix (extrait et ratafia de brou de), oranger (feuilles d'), oranger {écorce d'), romarin.

STUPÉFIANTS (de stupor, stupeur, et facere, faire). — Qui produit de la stupeur. — Alcool, anémone, belladone, ciguë, hachisch, phellandrie, safran, vin.

STYPTIQUES (de <mj<pe(v, exercer une action astringente). — Médicaments qui agissent en crispant ou resserrant les tissus (voy. Astringents).

SUDORIFIQUES (de sudor, sueur, et facere, faire, qui provoque la sueur) (voy. Diaphorétiques).

SL PPL HATIFS (de suppuratio, suppuration, production du liquide connu sous le nom de pus). — Médicaments qui facilitent la suppuration. — Garou, pois d'iris et d'orange (voy. aussi Vésicants).

TiSNIAFUGES. — Médicaments employés contre le ver solitaire eu taenia (de Touvfo, bandelette, ruban, de la forme de l'entozoaire, et <peùyo), fuir, mettre en fuite). — Citron (essence de), courge (semences de), cousso, fougère mâle, grenadier (écorce de racine), «ehœnocaule, térébenthine (essence de).

TEMPÉRANTS (de temperare, modérer). — Médicaments qui ant, suivant les humoristes, la propriété de modérer l'activité très

grande de la circulation. Ce sont des Acidulés, des Sédatifs (voy. ces mots).

TÉTANIQUES (de xlxavoç, qui vient de xeÉvetv, tendre). — Médicaments qui produisent un effet qui tient du tétanos, maladie caractérisée par la rigidité, la tension convulsive d'un ou de plusieurs muscles. — Coque du Levant, fève de Saint-Ignace, noix vomique.

TONIQUES (de t6voc, ton, tension). — Médicaments qui ont la faculté d'exciter lentement et de fortifier d'une manière durable les divers systèmes de l'économie animale. On en distingue deux classes : les Amers et les Astringents (voy. ces mots). — Aunée, balauste, camomille, cannelle, chardon bénit, chêne (écorce et gland du), galle (noix de), chicorée, citron (zestes de), coca, cusparie, dictame, douceamère, fève de Saint-Ignace, fumeterre, genièvre (baies de), gentiane, germandrée aquatique, germandrée petit chêne, glécome hédéracé, guarana, houblon, hyssope, lamier blanc, lavande, lichen amer, malicorium, menthe, ményanthe, noix vomique, orange (écorce d'), quassia, quinquina, rhubarbe, ronce, roses, saponaire, sauge, tanaisie, thé, véronique, vins rouges, vins de liqueur.

TOPIQUES (de t6itoç, lieu). — Médicaments qu'on applique à l'extérieur sous forme d'emplâtres, d'onguents, de cataplasmes, de frictions, de fomentations, etc. — Bouillon blanc, blé (farine de), caoutchouc, chanvre, coquelicot, cotonnier, coing (pulpe de), cynoglosse, centaurée, élémi (résine), encens, fenouil, figues, galipot, glécome hédéracé, goudron, guimauve, hyssope, lin (farine de), manihot, mélilot, mercuriale, morelle noire, origan, patience, poix de Bourgogne, poix noire, poix résine, pomme de terre, quinquina, ricin (feuilles de), riz (poudre de), saponaire (feuilles de), sureau (feuilles de), styrax liquide, térébenthine (oléo-résine de), tanaisie, thapsia, tormentille, tussilage.

TOXIQUES (de toè-ixov, poison, qui agit comme un poison). — Aconit, amandes amères, arnique, belladone, camphre, champignons, coca, coque du Levant, colchique, croton (huile de), datura, digitale, ellébore, euphorbe, fève de Saint-Ignace, garou, gomme-gutte, hachisch, noix vomique, rue, schœnocaule, scille, tabac, thapsia.

VERMIFUGES (de vermes, ver, et fugare, chasser). — Médicaments qui ont la propriété d'expulser les vers intestinaux, synonyme (Vanthelminthiques. — Absinthe, ambroisie, armoise vermifuge, asa fœtida, asaret, bryone, cade (huile de), cascarille, citron (semences de), centaurée (petite), cousso, élatérium, fève de Saint-Ignace (dans l'Inde), germandrée aquatique, gomme-gutte, grenadier (écorce de racine de), hyssope, jalap, malicorium, menthe, mousse de Corse, noix (brou de), olive (huile d'), polypode commun, podophyllin,

46 LES PLANTES MEDICINALES

quassia amara, ricin, rue, sabine, scammonée, schcenocaute, tanaisie, térébenthine (essence de), valériane.

VÉSICANTS (de vesica, cloche, tumeur, vésicule). — Médicaments qui produisent des ampoules sur la peau, des vésicatoires. — Cochléaria de Bretagne, croton (huile de), euphorbe, garou, pyrèthre, moutarde noire, rue, sabine, térébenthine (essence de), thapsia,

VOMITIFS (de vomere, vomir, qui fait vomir). — Synonyme tVÉmétique (voy. ce mot).

VULNÉRAIRES (de vulnus, blessure). — Qui est propre à guérir les blessures, les plaies. — Arnique, baume du Pérou, bouillon blanc, camomille, chêne (écorce de), dictame, encens, eucalypte, hyssope, quinquina, matico, mélisse, myrrhe, sauge, traumaticine (solution chloroformique de gutta-percha).

VL — Emploi ou formes pharmaceutiques des plantes.

Les plantes, avant d'être employées comme médicaments, subissent des préparations de diverses natures, les unes officinales, les autres magistrales, qui sont du domaine de la pharmacie. Parmi ces dernières préparations, il en est quelques-unes tellement simples que toute personne peut les effectuer ; aussi croyons-nous devoir présenter ici quelques considérations sur la manière de les exécuter. Dans les exemples que nous donnons, les poids sont indiqués en grammes :

3f . Médicaments magistraux, de préparation vulgaire. — Apozèmes. — Eau chargée par macération, infusion ou décoction des principes actifs d'une. ou de plusieurs substances médicamenteuses. Ils ne servent jamais de boisson ordinaire pour les malades,, comme les tisanes. Le médecin détermine les heures de leur prise*

Exemple : Apozème de coussq. — Cousso en poudre demi-fine 20, eau bouillante 150. Délayez, couvrez, administrez sans passer (Codex).

Apozème de grenadier* — Ecorce sèche de racine de grenadier 60, eau 750. Faites macérer pendant douze heures, puis bouillir jusqu'à réduction à 500, passez (Codex).

Bains. — Milieux liquides dans lesquels on plonge, dans un but thérapeutique, le corps (bains généraux) ou seulement une partie du corps (bains locaux, manuluves, pédiluves). Les bains sont aromatiques, émollients, stimulants, etc.

Exemple ; Bain émoUient — On fait bouillir les espèces émollientes 1000 (mélange de parties égales de feuilles sèches de mauve,

de guimauve, de bouillon blanc, de pariétaire) dans 10 litres d'eau, on passe avec pression, on verse dans l'eau du bain. — Pédiluve sinapisé. Farine de moutarde 150, délayez dans l'eau tiède 600 (Codex).

Cataplasmes. — Topiques d'une consistance de pâte molle et composés de poudres ou de farines délayées dans de l'eau, des décodés, des infusés chauds, plus rarement froids. Ils sont émollients, résolutifs, toniques, calmants, etc., soit par les substances que l'on ajoute à leur masse ou dont on les saupoudre. La pâte est étendue sur du linge ou du papier; quelquefois elle est placée entre deux linges, ce qui diminue l'efficacité du médicament. Lorsque les parties sont rouges, enflammées, douloureuses, on les applique froids. Pour conserver la température des cataplasmes chauds, on les recouvre de compresses, de flanelle, de toile cirée.

Les cataplasmes froids sont préparés en délayant la poudre, dans le liquide, en quantité suffisante pour donner au topique la consistance qu'il doit avoir; nous signalerons, parmi les médicaments de cette catégorie, les sinapismes (de sinapis, moutarde) ou cataplasmes faits avec la farine de moutarde noire. On les prépare en délayant 200 gr. de farine de moutarde récente dans eau tiède, quantité .suffisante (Codex).

Les cataplasmes chauds se font en délayant la poudre dans l'eau de manière à former une pâte claire que l'on fait cuire, en remuant continuellement sur un feu doux, jusqu'à consistance convenable. Le cataplasme simple, commun où émollient est préparé en formant, avec autant de farine de lin qu'on veut et suffisante quantité d'eau, une pâte claire que l'on fait chauffer jusqu'à boursouflement et en remuant constamment, ou bien plus simplement en délayant la farine dans de l'eau bouillante ajoutée par partie et en quantité suffisante.

Cucuphes. — Voyez Sachets.

Décoction. — Voyez Tisanes.

Digestions. — Voy. Tisanes.

Emulsions, de emulgere, traire le lait. — Préparations liquides, aqueuses, ayant ordinairement la couleur et l'opacité du lait, dont elles prennent quelquefois le nom. Exemple : lait d'amande. — On les divise en naturelles, les seules qui doivent nous occuper, et en factices. On prépare les premières avec les semences émulsives (amaiides, pistaches, etc.), dont on enlève l'épiderme après un léger trempage dans l'eau chaude et qu'on pile ensuite en ajoutant peu à peu de l'eau. On passe à travers un linge. Ces emulsions sont constituées par l'huile de la graine tenue en suspension par la matière albumineuse.

Exemple : Èmulsion simple. — Amandes douces mondées 50, sucre 50, eau 1000. Pilez les amandes avec le tiers de sucre et quelques gouttes d'eau dans un mortier de marbre, délayez la pâte avec le reste de l'eau, faites-y dissoudre le sucre, passez avec expression ou à travers une étamine (Codex).

Fomentations, de fovere, échauffer, bassiner, fomenter. •— Ces médicaments externes sont des infusés, des décoctés, des liqueurs alcooliques, vineuses, etc., dont on imbibe des compresses que Ton applique chaudes, tièdes ou froides sur les parties malades. On maintient la température de celles qu'on a appliquées chaudes en les fecouvrant de serviettes et mieux de taffetas ciré ou gommé.

Exemple : Fomentation émolliente* — Espèces émollientes 50. Eau, quantité suffisante; faites bouillir dix minutes, passez avec expression. Pour obtenir un litre de liquide (Codex).

Fumigations, de fumus, fumée. — Elles consistent en des expansions de gaz ou de vapeurs que l'on répand dans l'atmosphère ou qu'on dirige sur quelques parties du corps; on peut employer en fumigations toutes les substances volatilisables. Les fumigations ayant pour base des matières végétales s'obtiennent : 1° en faisant infuser dans Peau bouillante des plantes émollientes, aromatiques, narcotiques, etc., dont on dirige la vapeur sur les organes malades.

Exemple : Fumigation stimulante. — Absinthe 20, armoise 20, eau bouillante 1000. Dirigez les vapeurs sur les parties sexuelles pour ramener la menstruation.

2° On fait brûler du sucre, des résines, des baies de genièvre, etc. Elles ont pour objet, soit de purifier l'air, soit d'agir sur des parties malades.

Exemple : Fumigation de genièvre. — Baies de genièvre concassées 250. On les met dans une bassinoire avec des charbons ardents et on passe celle-ci entre les draps pour combattre les douleurs rhumatismales, le lumbago.

Gargarismes. — Médicaments liquides qu'on rejette après s'en être rincé la bouche ou la gorge. L'eau est l'excipient; suivant les substances qu'on ajoute, ils sont astringents, émollients, excitants, etc. Les collutoires sont des gargarismes très concentrés qu'on applique avec un pinceau ou la barbe d'une plume.

Exemple : Gargarisme adoucissant. — Racine de guimauve 15, tête de pavot une, faites bouillir dans une quantité d'eau suffisante pour obtenir 250 de décocté, ajoutez 30 de miel blanc (Guibourt). — Collutoire détersif. Décocté d'orge 8, vinaigre 2.

Gelées, — Préparations à la fois médicamenteuses et alimentaires fermées de sucre et d'une matière gommeuse et gélatineuse qui leur donne une consistance tremblante.

Exemple : Gelée de salep. — Salep 15, sucre 125, eau quantité suffisante pour 500 de gelée que Ton aromatise à volonté (Soubeiran).

Infusions. — Voyez Tisanes.

Injections. — Préparations liquides destinées à être introduites dans des cavités naturelles autres que le rectum ou accidentelles, a l'aide d'une seringue. Les injections se font avec des infusés, des décoctés de plantes ou avec des solutions de substances minérales, etc.

Exemple : Injection de belladone. — Feuilles sèches de belladone 5, eau bouillante 100, faites infuser une heure, passez avec expression (Codex).

Lavements, de lavare, laver. — Médicaments liquides destinés à être introduits, par le rectum, dans le gros intestin ; c'est ordinairement de l'eau chargée de principes médicamenteux par mixtion, solution, infusion, décoetion, et administrée à la température de 30 à 35*.

Exemple : Lavement amidonné. — Amidon 15, eau 500, délayez l'amidon dans 100 d'eau froide, portez le reste de l'eau à l'ébullition et versez- le sur le mélange d'eau et d'amidon (Codex).

Lixiviations. — Voy. Tisanes.

Lotions, de lotio, action de laver. — Préparations liquides externes dont l'application se fait en imbibant des compresses que l'on passe ensuite très légèrement sur la partie malade; elles ne diffèrent des fomentations que par la manière d'en faire usage. — Voy. Fomentations.

Macération. — Voyez Tisanes.

Sachets. — Préparations qui consistent en des substances médicinales grossièrement pulvérisées que l'on coud dans de petits sacs, des cravates, des ceintures piquées en losange et que Ton applique sur la partie malade. Les cucuphes sont des sachets en forme de bonnets, de calottes. Les sachets sont préparés avec des substances aromatiques, telles que la sauge, le romarin, le benjoin, la cannelle, le girofle. On a proposé (Légal) de remplir des matelas, des oreillers, avec des plantes aromatiques, anthelmintiques, et de s'en servir pour le coucher des malades dans les cas de bronchite, d'affections vermineuses, etc.

Solutions. — Voy. Tisanes.

Sucs végétaux. — Ces mots pris d'une manière générale désignent tous les produits liquides que fournissent les végétaux ; dans un sens plus restreint, on les donne seulement aux sucs aqueux extractifs. Leur préparation est fort simple. Si la plante est aqueuse, on la pile dans un mortier de marbre, on l'exprime et on clarifie le

liquide obtenu, par fillration s'il doit être pris en nature, par coagulation à chaud s'il est destiné à la préparation d'un sirop. Si la plante est peu succulente ou bien si son suc est très visqueux, on lui ajoute pendant la contusion 1/8 de son poids d'eau. Ces sucs, étant très altérables, doivent être préparés le jour même et au plus tard la veille de leur administration.

Exemple : Suc d'herbes antiscorbutiques. — Cresson, cochléaria, ményanthe, de chaque parties égales, et autant qu'on voudra, pilez, exprimez, filtrez au papier (Codex).

Tisanes, de imçavyj, orge mondé, parce que les anciens n'employaient que l'orge à leur préparation. Ce sont des médicaments peu chargés de principes médicamenteux, ayant l'eau pour excipient et servant de boisson habituelle aux malades. On fait des tisanes avec des racines, des bois, des feuilles, des fleurs, des fruits, des semences. Leur mode de préparation varie suivant que la substance médicamenteuse se dissout complètement ou incomplètement dans l'eau. On les obtient par solution, macération, infusion, digestion, décoction, lixiviation.

A. Solution, de solvere, délier. — C'est une simple division des particules d'un solide entre les particules du liquide. On donne le nom de solutum ou de soluté au produit de cette opération. On emploie la solution lorsque la substance se dissout complètement dans l'eau ; la division du corps, l'agitation du liquide la favorisent. Le nombre des tisanes que l'on prépare par ce procédé est très limité.

Exemple : Tisane de gomme arabique. — Gomme 20, eau 1000 . Lavez la gomme à l'eau froide, faites dissoudre à froid.

Lorsque la substance est incomplètement soluble, on utilise suivant le cas l'un des modes opératoires suivants :

B. Macération, de macerare, amollir, détremper, macérer. — C'est une opération qui consiste à faire tremper les corps plus ou moins longtemps dans un liquide à la température ordinaire. On appelle macératum ou macéré le produit de cette opération. On emploie la macération : 4° quand les principes que l'on veut dissoudre sont altérables par la chaleur, tel est le cas de l'albumine, qui se coagule à une température de 68 à 80° degrés ; 2° quand la substance renferme plusieurs principes différemment solubles que l'on veut séparer les uns des autres; exemples, les baies de genièvre, qui sont chargées de résine, la réglisse, qui contient une huile acre, etc. Ce mode est très lent et n'est usité que lorsque les principes à extraire sont très solubles .

G. Infusion, de in, dans, dessus, et funderey verser. — On effectue cette opération en versant de l'eau bouillante sur les parties végé-

taies dont on veut extraire les principes solubles. On couvre le vase et Ton prolonge le contact plus ou moins longtemps, quelquefois jusqu'à refroidissement. Le produit porte le nom dHnfusum ou d'infusé. Ce mode opératoire est très usité; on peut y avoir recours aussi bien pour les parties formées d'un tissu léger (feuilles, fleurs) que pour les parties compactes (racines, bois), pourvu qu'on ait eu soin de les diviser préalablement.

D. Digestion, de di} qui indique la dispersion, et gerere, porter. — C'est une macération à chaud, mais à une température inférieure à celle de Pébullition. Les racines, les écorces se prêtent très bien à ce genre de préparation, dont le produit porte le nom de digestum et mieux digeste.

E. Décoction, de de et coquere, cuire. — Cette opération consiste à faire bouillir les substances dans l'eau (le produit est nommé décoctum ou mieux décodé). Elle est très utile lorsque les matières sont sèches, dures, compactes, ou bien encore fraîches, mais d'une texture serrée. On emploie la décoction, avec avantage, pour extraire le principe amylacé des lichens, des graines des céréales, du chien*dent, le principe gélatineux des graines de coings, de lin, etc. On s'en abstient lorsque les principes actifs sont très altérables, lorsque les substances contiennent beaucoup d'amidon, lorsqu'il importe de ne point dissoudre un principe acre, comme celui de la réglisse, quand les plantes sont riches en principes volatils.

F. Lixiviation, de lixivium, lessive. — On pratique la lixiviation en versant de l'eau froide ou chaude sur une substance concassée et placée en couches plus ou moins épaisses dans un vase dont le fond est percé de trous. Le liquide qui filtre au travers entraîne tout ce qu'il rencontre de soluble. Ce mode est peu employé dans la préparation des tisanes, si ce n'est pour le café (cafetière à la Dubelloy).

On administre les tisanes édulcorées ou non édulcorées. On emploie dans le premier cas le sucre ou le bois de réglisse. La racine de réglisse qui sert à édulcorer les tisanes est toujours traitée par infusion.

3». Doses des plantes. — Le mot dose (Sicrtcr, qui vient de a&wju , je donne) est pris sous deux acceptions différentes. < A. En pharmacie, on donne ce nom à la quantité précise de chacune des substances qui entrent dans la composition d'un médicament. Le Codex a fixé ces proportions, et l'on doit se conformer aux prescriptions qu'il a édictées. Dans le courant du livre, nous avons fait connaître, pour chaque préparation ayant l'eau pour excipient, lés proportions à employer. Nous pouvons dire ici d'une manière générale que, en représentant le poids de l'eau par 1000, les plantes

ou leurs parties entrent dans les préparations dans les proportions suivantes : Racines, bois, écorces, feuilles, fruits de Graminées, 20. Fleurs peu actives, peu odorantes, 15; fleurs très actives, 5; fruits d'Ombellifères, 10. On trouvera aussi d'autres proportions, telles que 30, 50, 100, mais ce ne sont que des exceptions. On ne [saurait d'ailleurs appliquer ces proportions à l'administration des plantes toxiques (belladone, digitale, rue, sabine, etc.). C'est au médecin qu'il appartient de fixer les doses ; il peut aussi modifier les rapports précédents; ce sont ceux de la pratique ordinaire, mais il ne faut pas les considérer comme invariables.

B. En thérapeutique, on entend par dose la quantité du médicament qui doit être administré à un malade et que l'on exprime par le poids et la mesure; il ne faut pas confondre la dose avec la prise, comme on le fait souvent;' on exprime celle-ci par l'heure de l'administration.

En général, un médicament par excès de dose peut agir comme poison ; mais il y a de nombreuses exceptions : ainsi les plantes émollientes, béchiques, pectorales, riches en mucilage, peuvent devenir indigestes, mais non pas toxiques. Il y a plus : des plantes actives administrées à haute dose peuvent non seulement ne pas produire d'empoisonnements, mais pour quelques-unes l'effet ne sera pas plus grand que celui qu'aurait déterminé la dose thérapeutique maxima. Tels sont l'aloès et l'ipéca. L'excès de dose peut même diminuer l'action ; c'est ainsi que 1 gramme de scammonée purge mieux que 2 grammes de cette résine, et assez souvent 45 grammes d'huile de ricin produisent plus d'effet que 30 grammes de la même huile.

Gaubius a dressé la table suivante, qui indique les doses auxquelles on doit prescrire les médicameuts aux différents âges :

Pour un adulte : dose entière prise pour unité, 4; au-dessus d'un an 1/15 ou 1/12; à deux ans 1/8; à trois ans 1/6; à quatre ans 4/4; à sept ans 1/3; à quatorze ans 1/2; à vingt ans 2/3; de vingt à soixante ans 1. Au-dessus de cet âge, on suivra la gradation inverse. Pour la femme, les doses doivent être un peu moins grandes*

Mais cette règle n'offre rien d'absolu ; on comprend que les tempéraments, la profession, le régime, l'habitude, la saison, le climat, la nature de la maladie et une foule d'autres considérations qu'il appartient au praticien de faire entrer en ligne de compte peuvent faire varier l'appréciation.

33. Des substitutions des plantes ou des succédanés, de succedere, prendre la place, remplacer. — On donne le nom de succédanés aux plantes qu'on peut employer à la place d'une autre

parce qu'elles ont les mêmes propriétés; ce sont des équivalents thérapeutiques.

Peut-on remplacer une plante par une autre? Si Ton pose 'cette question d'une manière absolue, on ne peut y faire qu'une réponse négative. En effet, nous avons vu qu'une même plante peut avoir des propriétés différentes suivant l'âge, le climat, la culture, etc. ; dès lors, comment espérer de trouver dans une autre plante n'ayant avec la première que des analogies plus ou moins éloignées une identité complète de propriétés? Néanmoins dans une certaine limite, et surtout lorsque les plantes sont peu actives, il est possible de les substituer les unes aux autres.

Un succédané doit remplir les conditions suivantes : 1° posséder une action aussi rapprochée que possible du médicament que l'on veut remplacer, de sorte que, si le nouveau médicament est moins actif, il suffit d'en élever la dose; 2° être d'un prix moindre; 3° être indigène autant que possible.

Ces conditions permettent de prévoir que quelques plantes ou produits exotiques ne pourront jamais être remplacés par des plantes ou des produits indigènes. Ainsi l'opium de nos pavots, le camphre de nos Labiées seront toujours d'un prix plus élevé que les produits semblables que nous tirons du Levant ou de la Chine et ne pourront jamais, par suite, leur faire une concurrence commerciale sérieuse. Aucun de nos fébrifuges ne peut remplacer le quinquina dans les fièvres graves et même dans les fièvres intermittentes légères. L'ipéca est un vomitif sûr et jamais dangereux jusqu'à dose convenable; il provoque toujours des vomissements sans produire d'inflammation, tandis que le cabaret, la racine de violette, etc., ne sont vomitifs qu'en irritant fortement l'estomac. Aucun de nos purgatifs drastiques ne peut remplacer le jalap, la scammonée. Aucun ne possède les propriétés de l'aloès.

Mais, à part ces exceptions et un petit nombre d'autres, on peut le plus souvent substituer nos plantes indigènes aux plantes exotiques ; la fécule de pomme de terre remplace le salep, le sagou, le tapioka; toutes les parties des végétaux dont l'activité est due au mucilage, telle que la racine de guimauve, la graine de lin, peuvent être substituées à la gomme arabique ; nos amers sont aussi efficaces que les toniques exotiques.

Quant au remplacement des plantes indigènes les unes par les autres, il ne doit être fait £ar le pharmacien ou par l'herboriste que sur l'indication du médecin. En effet, outre l'action générale qui fait ranger une plante dans la classe des amers, des astringents, des béchiques, etc., chaque végétal possède une action spéciale, particulière, que la pratique et l'expérience des effets produits permettent

seules d'apprécier j ainsi, par exemple, beaucoup de Crucifères sont plus irritantes que le cresson de Para, et cependant aucune ne possède au même degré les propriétés sialagogqes de celui-ci.

En dehors de l'expérience pratique, on peut prendre pour guide, jusqu'à un certain point, et en ayant présentes à l'esprit les très grandes restrictions que nous avons fait connaître, l'analogie de composition immédiate et la famille de la plante.

ABSINTHE OFFICINALE. Artemisia absinthium L., A. officinale Rich., A. vuîgare Lam. Grande absinthe, A. commune, Aluine, Armoise-Absinthe. Herbe aux vers. De à privatif et <[/(v8oç, douceur, à cause de la saveur amère de la plante. Synanthérees-

SÉNÉCIONIDÉES.

Description (fig. 1). — Plante de 6 décimètres à 1 mètre, pubescente, d'un gris cendré, d'une saveur amère et aromatique. Racine dure, rameuse, portant de nombreuses fibres grêles et cylindriques, et émettant des jets stériles courts et très feuilles. Tiges dressées, très rameuses supérieurement, herbacées, dures, cannelées. Feuilles alternes, pétiolées, pennatiséquées , d'autant plus découpées qu'elles sont plus inférieures, devenant, en haut, simples, allongées et obtuses ; leurs deux faces sont pubescentes et blanchâtres, l'inférieure un peu plus verte que la supérieure. Fleurs (juillet-août) d'un vert jaunâtre, petites, globuleuses, formant une grappe allongée et pyramidale de capitules unilatéraux et pendants. Involucre hémisphérique, à bractées extérieures linéaires, scarieuses au sommet. Réceptacle convexe, velu. Fleurons du centre hermaphrodites, fertiles, sans apparence de calice, à corolle tubuleuse, 5-fide, contenant 5 étamines alternes. Anthères biloculaires introrses, soudées entre elles, se terminant par un appendice étroitement lancéolé. Ovaire nu, infère. Style cylindrique, grêle et dressé. Stigmate bifide. Fleurons de la circonférence, femelles, irréguliers, grêles, filiformes, terminés par 2 dents. Fruit (achaine) obovale, sans aigrette, très petit. ^ .

Habitat. — Elle croît dans les lieux incultes et arides des régions centrales et méridionales de l'Europe.

Culture. — On la cultive dans les jardins, mais la culture lui fait perdre en partie ses propriétés. Elle a besoin d'une terre légère. et d'une bonne exposition au soleil ; elle craint le froid, et l'on doit la protéger pendant l'hiver à l'aide de paillis.

Parties usitées. — Les feuilles et les sommités fleuries. On préfère les feuilles, qui sont plus amères.

Récolte, dessiccation, conservation. — On récolte la plante au moment de la floraison, on la dispose alors en petits paquets peu serrés qu'on suspend en guirlandes dans le grenier ou dans le

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