ABSINTHE OFFICINALE
séchoir pour en opérer la dessiccation. Les sommités d'absinthe achetées dans le commerce doivent avoir de 5 à 6 décimètres de
longueur et porter des feuilles nombreuses non tachées, très odorantes et très amères.
Composition chimique.
— L'absinthe contient :
huile volatile, deux matières arriéres, l'une azotée, Vautre résineuse, matière azotée insipide, chlorophylle, albumine, fécule particulière, tannin, des sels et entre autres de Vabsinthate de potasse. L'huile essentielle est d'un vert foncé, elle devient incolore par une rectification convenable. Mein et Luch ont décrit sous le nom d'aôsinthine une substance encore assez mal connue et qui serait le principe amer.
Cette absinthine se présente sous forme de gouttes résineuses pouvant se transformer à la longue en une masse cristalline jaune, son odeur rappelle celle de l'absinthe, sa saveur est très amère, elle est soluble en partie dans l'eau, très soluble dans l'alcool, peu soluble dans l'éther. Le sel d'absinthe, si usité autrefois et que l'on obtenait en lessivant les cendres
Fig. 1. — Grande absinthe.
de la plante, est principalement formé de carbonate de potasse.
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Poudre, 1 à 2 grammes comme tonique, 4 à 16 grammes comme vermifuge. 2° Infusion, pp. 5 : 1000. 3° Vin, 30 à 125 grammes. 4° Eau distillée, 25 à 100 gram-
mes. 5° Sue frais, 5 à 15 granAnes. L'huile essentielle étendue de huit fois son poids d'huile d'olive se prescrit à la dose de 50 à 400 grammes, en frictions sur le ventre, comme vermifuge. La plante fraîche est toujours plus efficace que la plante sèche; les préparations à froid sont plus actives que celles obtenues par l'intervention de la chaleur. * *
Action physiologique. — A petite dose, l'absinthe agit à la façon d'un tonique amer, aromatique; elle excite l'appétit et favorise la digestion ; néanmoins, chez quelques individus, elle produit des phénomènes inverses. A haute dose, elle détermine de la chaleur à l'estomac, une sensation de brûlure à l'épigastre, de la soif et de l'excitation générale. L'odeur pénétrante de l'absinthe se communique à la chair et au lait des animaux qui en font usage ; le lait devient amer et peut être une cause de malaise pour le nourrisson.
Usages. — C'est un stimulant diffusible et un tonique qu'on emploie avec avantage, soit seul, soit associé à des substances analogues dans les affections atoniques de l'estomac et* du tube digestif. On a également indiqué l'absinthe : dans la chlorose, les pollutions nocturnes (Rousse), dans l'anasarque, l'anémie et toutes les formes de la cachexie paludéenne (Gazin). On l'a préconisée, comme anthelminthique, contre les ascarides lombricoïdes et le taenia; comme emménagogue, dans l'aménorrhée par inertie utérine, ou débilité générale. Elle est contre -indiquée chez les individus à tempérament bilieux ou sanguins et toutes les fois qu'il y a irritation de l'estomac, du tube intestinal, ou tendance aux congestions cérébrales. A l'extérieur, elle passe pour détersive et antiseptique ; sa décoction est employée en lotions sur les ulcères atoniques.
ABSINTHE MARITIME. Artemisia maritima L.
Description. — Cette plante a beaucoup d'analogie avec l'absinthe officinale ; toutes ses parties sont pourtant plus grêles, plus blanches, plus duveteuses ; ses feuilles sont plus étroites ; sa saveur est moins amère, et son odeur se rapproche de celle de la mélisse. Elle croît abondamment dans les marais de la Saintonge. Dans les campagnes de l'Ouest, elle est très usitée comme vermifuge lous le nom de Sanguenitte, on la donne à la dose de 4 à 15 grammes dans de l'eau ou du lait, on l'emploie aussi comme tonique.
ABSINTHE MARITIME. Variété a. Stechmanniana Besser. Ar* temisia Lercheana Kar. et kir. Armoise vermifuge. Semen-contra.
Sementine. Barbotine (fig. 2).
Description. — C'est un petit arbrisseau dont les feuilles pinnatiséquées, à 7-9 folioles subdivisées en fragments rapprochés.
linéaires ou filiformes, sont couvertes de poils blancs 'et laineux. Capitules 1-2, petits, dressés, ovoïdes ou oblongs, formant une panicule terminale, portés sur de courts pédoncules, entourés de 18 écailles oblongues obtuses, concaves, étroitement im-.
briquées. Les fleurs sont au nombre de 3 à 5 par capitule.
Habitat. — Elle croît dans le voisinage du Don, dans les régions que traverse le Volga inférieur et dans les déserts de Kirghiz. Le marché de semen-contra est la grande foire de Nishnei-Novogorod, d'où la substance est expédiée dans l'Europe occidentale.
Partie usitée. — Le mélange de capitules brisés, de fleurs, de fruits et de rameaux, que l'on désigne sous le nom de semen-contra. Le semen-contra est verdâtre et devient rouge en vieillissant; jf Tr^& son odeur est forte et aromatique, sa
saveur chaude, analogue à celle de l'anis; il ressemble à un amas de petites graines ; c'est cette apparence qui lui a valu son nom, qui est l'abrégé du latin : semen contra vermes. Composition chimique. — Le semen-contra contient : huile volatile, santonine, matière résineuse, huile grasse, principes extractifs indéterminés. L'huile essentielle est très volatile, d'un jaune pâle, d'une saveur acre et amère; son odeur vive, pénétrante, est analogue à celle de la menthe poivrée ; elle paraît résulter du mélange d'un hydrocarbure isomérique du térébenthène et d'un composé oxygéné isomérique du bornéol. Cette essence serait vénéneuse et non vermifuge. La santonine, ou acide santonique, C80Hl8O6, est en prismes brillants, nacrés, prenant rapidement une coloration jaune sous l'influence des rayons solaires. Elle est peu sapide, pourtant elle développe, au bout de quelque temps, une saveur amère assez persistante, inodore, fusible, volatile, soluble dans l'eau, l'alcool, l'éther, le chloroforme, le sulfure de carbone, l'essence de térébenthine. Sa solution aqueuse est amère. La santonine s'unit aux bases et se colore en rouge au contact d'une solution alcoolique concentrée de potasse, ou quand on la dissout dans l'acide sulfurique. C'est un glycoside se dédoublant en glycose et en santinorétine. La matière résineuse est d'un jaune verdâtre foncé, soluble dans l'alcool et l'éther bouillant. La santonine n'est pas le seul principe
Fig. 2. — Armoise vermifuge.
ÀBSINTHB PONTIQUE
actif du semen-contra, car un poids donné de cette substance est plus actif que le poids de santonine qu'il renferme (14 p. 1000).
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Poudre de semencontra, 1 à 4 gram. chez les enfants, 4 à 8 gram. chez l'adulte. 2° Infusé, pp. 10 : 1000. 3° Santonine, 30 à 40 centigram. en dragées, tablettes, pastilles, contenant chacune en général 2 à 5 centigram. 4° Sirop avec l'essence.
Action physiologique. — Ingérée, la santonine produit un sentiment de gêne à Pépigastre, des éructations, une lassitude générale; elle pervertit la vision et parfois le goût et l'odorat, détermine des hallucinations. Sous son influence, les objets paraissent colorés en jaune ou en violet; ces troubles de la vision sont d'ailleurs passagers. Elle augmente légèrement la quantité des urines, qui deviennent jaunes dans le cas où leur réaction est acide, rouges si elles sont alcalines ; à doses élevées, elle occasionne des vomissements, des coliques, des selles nombreuses, des convulsions.
Usages. — Toutes les applications auxquelles le semen-contra avait donné lieu sont aujourd'hui tombées dans l'oubli, sauf son emploi comme vermifuge, et encore le cède-t-il de beaucoup à ce point de vue à la santonine. Cette dernière substance, en effet, à la dose de 10 à 15 centigram., est un vermifuge énergique. Les ascarides lombricoïdes sont rapidement expulsés sous son influence, mais elle a moins d'action sur les oxyures, à moins qu'on ne la donne en lavement.
Le semen-contra de Barbarie fourni par VA. glomerata Sieb. (fig. 3) est formé de capitules plus arrondis, réunis plusieurs ensemble, de couleur blanche, à cause du duvet blanchâtre qui les recouvre. Il est plus petit que le précédent, plus léger, rempli de bûchettes et moins estimé. Les fleurs des absinthes et des armoises peuvent, au besoin, remplacer le semen-contra exotique; aussi leur a-t-on donné le nom de semen-contra indigène.
ABSINTHE PONTIQUE OU ROMAINE. Petite absinthe (A. pontica L.) (fig. 4).
Description. — Cette plante, particulière au midi de l'Europe, n'a que 80 centimètres de haut. Ses tiges sont nombreuses, très rameuses ; ses feuilles fort petites.
Fig. 3. — Semen-contra de Barbarie.
ABSINTHE PONTIQDE
Sa saveur est moins amère et son action plus faible que celle de la grande absinthe ; elle est employée dans les mêmes cas.
liqueur d'absinthe. — On désigne sous ce nom la teinture concentrée d'absinthe qui, depuis quelques années, est devenue un danger social, par suite de la consom mation immodérée qu'en font certains individus. On en trouve, dans le commerce, diverses espèces qu'au point de vue vénal on peut classer ainsi : A. ordinaire, A. demi fine, A. /îne, A. suisse. Ces liqueurs s'obtiennent soit par distillation de l'alcool à 85° sur la plante, soit par mélange de l'alcool avec l'essence; mais la grande absinthe est rarement employée seule, et la petite absinthe, l'hyssope, la mélisse, l'anis, la badiane, le fenouil, la coriandre interviennent dans la préparation soit directement, soit par leur essence. La coloration en vert foncé résulte d'une adjonction d'infusion de petite absinthe ; on se sert souvent de la luzerne ou de l'ortie pour les qualités inférieures. Un petit verre d'absinthe renferme en moyenne 20 centimètres cubes d'alcool pur, 10 milligrammes d'essence d'absinthe et 85 milligrammes d'essences diverses ; le degré alcoolique est d'ailleurs d'autant plus élevé que le liquide a plus de valeur vénale. Si l'on tient compte des faibles quantités d'alcool et d'essence que contient la liqueur d'absinthe, on voit qu'à la dose de un à deux verres par jour elle ne peut avoir qu'une influence légère sur le consommateur; malheureusement l'attrait de cette boisson est tel qu'insensiblement le buveur arrive à absorber journellement 5, 10, 15, 20, 30 verres de ce liquide et se trouve alors sous l'influence de doses croissantes d'alcool et d'essence. Ainsi, dans ces différents cas, les doses d'alcool absolu seraient de 121, 242, 363, 484, 726 centimètres cubes, et les doses d'essence de 425, 850, 1275, 1700, 2500 milligrammes ; de plus, ici, l'absorption sera très rapide, puisqu'elle n'est point retardée, comme dans le vin, par des matières extractives astringentes ou sucrées. Il y a donc deux causes qui peuvent
Fig. 4. — Absinthe politique.
ACACIE ARABIQUE
expliquer les déplorables résultats de l'absinthe : 1° la quantité considérable d'alcool ingérée; 2° la présence d'une huile essentielle capable de produire, quand la dose est suffisante, des crises convulsives en tout point comparables à celles de I'épilepsie (Marcé, Magnan, Challand). C'est par la fréquence de la complication épileptique que les accidents morbides produits par la liqueur d'absinthe se distinguent de ceux qui sont dus à l'abus de l'alcool ordinaire, mais il convient de remarquer que, dans Vabsinthisme, les effets nocifs habituels de l'alcool se manifestent avec leurs caractères spéciaux et se surajoutent toujours à ceux que fait naître l'huile essentielle.
ACACIE ARABIQUE. Acacia arabica Wild., A. nilotica Del.r Mimosa nilotica L., M. arabica Roxb. Gommier rouge. De àxrj, pointe, par allusion aux piquants que présentent plusieurs espèces. Légumi-
NEUSES-MlMOSÉES.
Fig. 5. — Acacia nilotica. Fig. 6. — Fruit d'acacia nilotica.
Description (fig. 5). — Arbre de 2 à 6 mètres de hauteur. Racines dures ligneuses, pivotantes, ramifiées. Tronc dressé ligneux, présentant une écorce brune, un aubier jaunâtre, un bois très dur,
HÉRAUD. PLANTES MSD* 4
62 ACAOE ARABIQUE
d'un brun rougeâtre. Rameaux cylindriques, glabres et rougeâtres. Feuilles alternes, bipinnées, portant 2 à 8 paires de pinnules opposées, formées chacune de 1 à 20 paires de folioles, longues de 4 à 5 millimètres, allongées, obtuses, entières, imparfaitement glabres. Pétiole commun légèrement velu, présentant à sa base 2 épines latérales, horizontales, inégales, blanchâtres, qui ne sont que des stipules lignifiées ; au niveau de toutes les paires de pinnules ou plus fréquemment au niveau des premières et des dernières, on trouve une glande cupuliforme. Fleurs jaunes, disposées •en capitules sphériqnes, naissant au nombre de 2-6 à Faisselle des feuilles supérieures, portés par des pédoncules articulés vers le milieu, on ils présentent un petit involucre de 2 à 4- dents. Chaque •capitule est d'environ 60 fleurs. Calice monosépale à 5' dents, couvert de poils denses. Corolle deux fois plus longue que le calice, tubuleuse, terminée par 5 dents obliques. Étamines 70, 80, saillantes, un peu monadelphes inférieurement. Anthères petites, arrondies, à 2 loges. Ovaire uniloculaire, pédicule, allongé. Style long, filiforme. Le fruit (fig. 6) est une longue gousse offrant 5 à $ étranglements, plane, glabre, roussâtre ou brune. Graines arrondies, lisses. 5.
Habitat. — L'acacie arabique est très répandue dans l'Inde, l'Egypte, l'Arabie, le Sénégal et jusqu'au cap de Bonne-Espérance. Ses formes ou variétés principales sont au nombre de 4, qu'on a appelées : Nilotica, Tomentosa, Indien, Kraussiana. C'est la première de ces variétés qui constitue, en grande partie du moins, l'A. vera des auteurs (Bâillon).
Partie usitée. — La gomme (Gomme arabique. Gomme du Sénégai), qui s'écoule de ces arbres soit naturellement, soit à la suite d'incisions pratiquées aux branches. Cette substance n'est pas engendrée par l'écorce, comme on Ta prétendu ; c'est une production pathologique du corps ligneux. La gomme du Sénégal est exsudée principalement par la variété Tomentosa (Neb-neb des Yoloffs), la gomme de l'Inde par la variété Indica. D'ailleurs on trouve, dans les pays qui produisent la gomme, d'autres acacias qui en fournissent également, en dehors de ceux que nous venons de signaler. Tels sont : au Sénégal, l'A. astringens, qui donne la gomme gonaté ou gonatié, les A. fasciculata, neboeb, Sénégal, seyal, vereck; en Mauritanie, l'A. gummifera ; dans l'Afrique orientale et en Arabie, tes A. Ehrenbergii, seyal, tortilis ; dans l'Afrique australe, les A. Capensis, horrida; dans l'Inde, les A. leucophœa; dans l'Australie, les A. decurrens, homalophylla, melanoxylon, mollissima, pyc~ nantha, Sophorœ (Bâillon). Toutes ces gommes sont plus ou moins analogues à celle d'Arabie ou du Sénégal.
ACACIE ARABIQUE 6$
La gomme arabique proprement dire ou turique est solide, en morceaux peu volumineux et irrégulièrement arrondis, blancs ou plus ou moins roux, ridés, souvent brisés, transparents, mais paraissant opaques quand on les regarde en masses, car ils se sont fendillés et séparés en petits fragments. Elle vient de Smyrne, d'Alexandrie, de Beyrouth. Aujourd'hui, elle est complètement remplacée dans le .commerce français par la gomme du Sénégal, à laquelle on a transporté le nom de gomme arabique. La gomme du Sénégal diffère de la gomme arabique véritable par la propriété de ne pas se fendiller, ni se diviser spontanément par la dessiccation» On en distingue deux variétés : celle du bas du fleuve et celle du haut du fleuve ou de Galam. La première est tantôt en larmes de grosseur variable, de couleur blanche, blonde ou rouge, tantôt en morceaux sphériques ou ovales (marrons) qui peuvent atteindre le poids de 500 grammes. Elle est transparente ; sa cassure est vitreuse, brillante, son odeur et sa saveur nulles ; Peau la dissout, en formant un soluté moins visqueux que celui formé par la gomme adragante et qui se trouble par l'oxalate d'ammoniaque, tandis que l'alcool le précipite complètement. La deuxième paraît menue et brisée comme du gros sel ; ses fragments, souvent vitreux et transparents à l'intérieur, sont recouverts d'une couche fendillée et opaque ;'elle se rapproche beaucoup de la gomme arabique véritable. Au reste, la gomme venant d'Arabie et celle qui est récoltée au Sénégal sont identiques au point de vue thérapeutique.
Composition chimique. — La gomme arabique contient : eau 16,1; sels (carbonates dépotasse et de chaux), 2,8; arabine, 81,1 ► L'arabine, C12H10O10, se présente sous la forme de fragments irréguliers, d'aspect vitreux, à cassure brillante et conchoïde, friablest inodores, insipides, très solublesdans l'eau, qu'ils rendent visqueuse, insolubles dans l'alcool.
Formes pharmaceutiques, doses. — On la donne : 1° à dose illimitée, en morceaux, qu'on laisse fondre lentement dans la bouche; 2° en tisane, par macération, pp. 15 à 30 : 1000; 3° en sirop; 4° en pastilles; 5° en potion (julep gommeux). Elle est la base de toute» les pâtes médicinales (pâtes de guimauve, de jujube, de datte, pectorale, de lichen, de réglisse).
Action physiologique. — L'action physiologique de la gomme t arabique est presque nulle. Cette substance agit seulement comme un adoucissant local, un enduit qui met les surfaces irritées à l'abri du frottement, du contact de l'air et des corps étrangers. En retenant l'eau qu'elle a absorbée, elle supplée au défaut du mucus normal, elle lubrifie les membranes avec lesquelles elle se trouve en contact. Par sa présence, elle modifie les phénomènes osmotiquea
64 ACACIE CACHOU
à la surface des muqueuses; non seulement elle s'oppose à l'absorption, mais encore elle entrave les phénomènes d'exosmose qui tendent à se produire dans le canal intestinal sous l'influence des boissons aqueuses exagérées.
Usages. — La gomme arabique est un adoucissant des plus employés dans les irritations de la gorge, du tube digestif, des voies urinaires. C'est l'intermède le plus usité pour administrer les substances insolubles dans l'eau, telles que les résines, les huiles fixes et volatiles. La poudre sert à arrêter l'écoulement sanguin provenant de la piqûre des sangsues. Les bablads ou fruits de l'acacie arabique sont utilisés, dans les pays où l'arbre végète, pour préparer des infusions astringentes usitées dans les affections des muqueuses, des yeux, de la gorge. L'écorce est astringente et tonique ; au Sénégal, on l'emploie contre la dysenterie.
ACACIE CACHOU. Acacia catechu Willd., Mimosa catechu Lin.'f. Terre du Japon. Catechu dérive de cate, arbre, et chu, suc, en indou et en sanscrit. Légumineuses-Mimosées.
Description (fig. 7). — Arbre de 12 à 15 décimètres de hauteur, blanchâtre extérieurement, d'un brun foncé à l'intérieur, à rameaux cylindriques, pubescents au sommet. Feuilles alternes, grandes, bipinnées, présentant 12 paires de pinnules soutenant chacune jusqu'à 50 paires de folioles, aiguës, entières, pubescentes des deux côtés. Ces feuilles sont munies à la base de stipules épineuses, comprimées et un peu recourbées en crochets ; entre chaque paire de folioles et à la base du pétiole commun, on rencontre une glande déprimée. Fleurs jaunes, disposées en épis pédoncules placés à l'aisselle des feuilles supérieures. Calice à 5 dents. Corolle à 5 pétales soudés à la base. Étamines nombreuses, filets libres, anthères biloculaires, introrses. Ovaire monoloculaire, sessile; style terminal ; stigmate non dilaté. Fruit (gousse) allongé, lancéolé, plan, contenant 3 à 6 graines. J.
Habitat. — L'acacie cachou habite les Indes orientales, il est très commun au Bengale, surtout dans la province de Bahar.
Partie usitée. — L'extrait obtenu du bois, par décoction, ou Cachou. Cet arbre n'est point le seul pourtant qui fournisse du cachou à la matière médicale, car les fruits de VAreca catechu L»., Palmiers, les feuilles du Nauclea ou Uncaria gambir, Rubiàcées, donnent des produits qui, malgré leur diversité d'origine, ont tous des propriétés semblables, dues à la présence d'un principe particulier, Yacide cachutique. Néanmoins, l'acacia catechu paraît être la source du cachou officinal ou Cachou de Pégu.
Cachou. — Pour préparer le cachou, on prend la partie centrale de l'arbre, qui est d'un rouge foncé tirant même sur le noir, et on
ACACIE CACHOU
te divise en copeaux qu'on fait bouillir avec de l'eau dans un vase à étroite ouverture. Quand le liquide a diminué de moitié, on le verse dans un vase de terre plat et on le réduit des deux tiers, par Faction du feu. La matière est alors laissée en repos pendant un jour, puis épaissie au soleil et enfin versée sur une natte ou un drap saupoudré de cendres de bouse de vache préparées. La masse devenue solide est ensuite divisée en morceaux quadrangulaires qu'on achève de dessécher au soleil.
On connaît plusieurs variétés de cachou, les principales sont : !• le Cachou terne et parallélipipède (Guifcourg), en pains carrés de 54 mill. de «ôté sur 27 mill. d'épaisseur; sa surface est exempte de glumes de riz, sa texture est comme schistoïde, il se rompt en morceaux noirâtres à l'extérieur, grisâtres à l'intérieur; 2° le Cachou brunâtre en gros pains parallélipipèdes (Guibourt) ; il est en pains carrés de 10 centimètres de côté et de 6 centimètres d'épaisseur, pesant 6 à 700 grammes, brun grisâtre à la surface, brun hépatique à l'intérieur, un peu luisant, présentant çà et là quelques petites cavités ; sa saveur un peu amère est suivie d'un $oût sucré assez agréable. D'après le Codex de 1866, la seule espèce officinale, c parce qu'elle est une des meilleures et qu'elle a pris la place des autres dans le commerce, est le Cachou de Pégu ou Cashcuttie i, qui se présente en pains rectangulaires d'un brun foncé, solides et fragiles, d'une saveur amère et astringente, à laquelle succède un faible goût sucré. Aujourd'hui, le cachou du commerce arrive sous forme de gros pains aplatis de 40 à 50 kilog. coulés sur des feuilles et enveloppés d'une toile grossière (Dorvault).
Composition chimique. — Le cachou contient : un tannin par-
Fig. 7. «— Acacia cachou.
tkulier (acide cachoutannique ou mimotannique), catéchine (acidecachutique, catéchutique ou tanningénique) , matière extractwe, mucilage f fécule. On y trouve en outre des matières étrangères, telles que sable, argile, etc. L'acide cachoutannique précipite en vert les persels de fer.
Formés pharmaceutiques, doses. — Les formes pharmaceutiques sont très variées ; nous citerons : 1° la poudre, 5 centigrammes à 4 gramme; 2° l'infusé, pp. 5 à 10 : 1000; 3° la teinture, 2 à 30 grammes ; 4° le sirop, 20 à 100 grammes ; 5° les tablettes de 10 centigrammes : dose, 4 à 30 tablettes ; 6° l'extrait ; ce dernier n'a pas la saveur agréable du cachou brut, 10 centigrammes à 2 grammes. Le cachou entre dans le diascordium, le . cachou de Bologne ou cachou des fumeurs, préparation très usitée pour masquer l'odeur du tabac. On doit éviter de l'associer aux sels de fer, de plomb, d'antimoine, aux alcaloïdes, aux substances albumineuses et féculentes.
Action physiologique. — Par suite de la grande quantité de tannin qu'il contient (environ 50 p. 100), le cachou peut être considéré comme un des plus puissants astringents connus.
Usages. — A l'extérieur, on emploie la teinture de cachou pour favoriser la cicatrisation des ulcères, des excoriations, des gerçures et surtout de celles du mamelon. A l'intérieur, il est usité dans la djarrhée chronique, dans les dyspepsies a toniques, dans les catarrhes bronchiques. On l'a également indiqué, en injections, dans la leucorrhée, la blennorrhagie ; comme tous les astringents, it peut être utile dans les hémorrhagies ; il modifie heureusement l'état scorbutique de la bouche ; il a la propriété de corriger la fétidité de l'haleine.
On donne le nom de Gambir cubique à une espèce de cachou extrait par décoction des feuilles de VUncaria gambir Roxb., Ruai*cées, et qui se présente en pains cubiques de 2 centimètres; sa, cassure est pâle et terreuse. Le Kino de l'Inde ou d'Ahboine, suc desséché du Pterocarpus marsupium Roxb., Légumineuses, est -une Attire, substance tannique dont l'action se rapproche beaucoup de «elle du cachou, sans pourtant l'égaler, et qui sert à peu près dans les mêmes cas* (
ACHE ODORANTE. Apium graveolens L. Ache puante, Ache, .Persil ou Céleri des marais. Ombellifères-Amminees.
Description (fîg. 8)..— Plante de 2-6 décimètres, très odorante, un peu nauséeuse ; l'odeur présente une certaine analogie avec celle dj* persil^ mais elle est -plus forte. «Racine grosse, pivotante, rameuse, fibreuse, blanche en dedans, roussâtre en dehors. Tiges assez nombreuses, droites, cannelées, noueuses, fistuleuses, ver-
ÔT
dâtres, glabres; rameaux étalés. — Feuilles luisantes, un peu charmies, polymorphes ; les radicales pétiolées, opposées, pinnatiséquées, à 5 segments cunéiformes, incisés à la base, lobés et dentés au sommet; les supérieures sessiles, alternes, à gaine étroite et bordée de blanc, à segments plus petits et plus étroits. Fleurs (juillet-sep* tembre) hermaphrodites, d'un blanc jaunâtre, en ombelles courtement pédonculées et même sesâiles, terminales ou latérales, à 6-12 rayons courts et inégaux ; involucre et involucelle nuls. Calice à peine développé, en forme d'anneau. Corolle à h' pétales petits, roulés en dedans, disposés en roue autour d'un disque déprimé. Étamines &, courtes. Styles, 2, réfléchis sur un ovaire infère. Fruit formé de 2 méricarpes petits, ovales, oblongs, bruns, à côtes blanches. ®. Ne pas confondre avec J'Ache des taonlagnes ou Livèche (Ligustrum levisticum L.), qui est plus petite et plus aromatique.
' Habitat. — On la rencontre partout, en France, dans les prairies humides et les marais, surtout sur les côtes de la Méditerranée et de l'Océan, ainsi que dans les lieux salés de l'intérieur des terres. Elle est surtout commune dans le Midi.
Culture. — L'ache odorante n'est pas cultivée, car elle perdrait ses propriétés médicinales par la culture; aussi deux variétés de cette plante, le céleri ordinaire et le céleri rave, que l'on rencontre dans les jardins et dont les racines sont usitées comme aliments, n'ont-elles acquis le droit de figurer parmi les plantes potagères qu'en perdant une grande partie de leurs principes aromatiques. Parties usitées. — La racine, les feuilles et les fruits. • Révolte, dessiccation, conservation.— La racine doit être récoltée la deuxième année, elle est alors plus active, on peut la recueillir en tout temps, pourvu que la plante ne soit ni en fleur, ni
Fig. 8.
■ Ache odorante.
en graine. Son suc est jaunâtre, son odeur forte; aromatique, analogue à celle de l'angélique, sa saveur aromatique, acre et amère. L'odeur disparaît en grande partie par là dessiccation. On connaît, dans le commerce, deux sortes de racines d'ache appartenant à des plantes de Ja famille des Ombellifères : TA. des montagnes ou Livèche, et celle des marais ou Palupadium. Cette dernière provient d'Allemagne, elle est rare en France ; on la trouve en tronçons de ia grosseur du pouce, souvent fendus longitudinalement ; sa couleur est jaunâtre au dehors, blanchâtre au dedans. Les fruits sont recueillis à la fin de l'été. Les feuilles doivent être employées fraîches.
Composition chimique. — L'ache contient : huile volatile incolore, huile grasse, bassorine, matière brune extractive, matière gommeuse, mannitet soufre, chlorure et azotate potassiques.
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Infusion ou décoction des racines, pp. 30 à 60 gr. : 4000, usage interne; 50 à 100 gr. : 1000, usage externe. 2° Suc des feuilles, 30 à 60 gram. comme diurétique, 100 à 200 comme fébrifuge. 3° Sirop, 30 à 60 grram. L'ache était une des h* racines apéritives des anciens, elle entre dans le sirop des cinq racines, le sirop de chicorée composé.
Action physiologique. — D'après de Candolle, la racine fraîche serait vénéneuse ou au moins suspecte ; cette propriété disparaîtrait par la coction et la dessiccation. La plante possède d'ailleurs les propriétés toniques, excitantes, antifébriles, carminatives, qui sont propres aux Ombellifères aromatiques.
Usages. — C'est un diurétique que l'on a administré dans les hydropisies, la cachexie paludéenne, l'ictère. Ses feuilles passent pour antiscorbutiques ; on a conseillé leur suc et leur extrait comme tonique et fébrifuge. Les fruits, que les anciens plaçaient parmi les semences chaudes majeures, sont aromatiques et stimulants ; leur huile essentielle est réputée carminative. A l'extérieur, on a préconisé les feuilles pilées comme résolutives dans les cas de contusion, comme détersives sur les vieux ulcères; en pommade, avec parties égales <Je feuilles de menthe pour dissiper les engorgements laiteux; le remède s'applique chaud sur les mamelles.
ACHE PERSIL. — Apium petroselinum L. Persil cultivé. Ombellifères-Amminées.
Description (flg. 9). — Racine grosse comme le petit doigt, conique, blanchâtre, fibreuse. Tige haute de 45 à 60 centimètres, rameuse, glabre, striée, un peu flstuleuse. Feuilles d'un beau vert; à pétiole canaliculé et élargi à la base, ainsi que ses divisions ; bipennées, à folioles incisées, à lobes aigus. Les feuilles supérieures moins décomposées finissent par ne plus être formées que de trois folioles, linéaires, lancéolées et entières. Fleurs blanches, un peu