THÉ DE LA CHINE
large; sa couleur est d'un brun cendré, son odeur agréable. Le thé poudre à canon est formé de feuilles coupées avant d'être roulées. Le thé pekao est brun, * composé de jeunes feuilles duvetées. Les feuilles du T. souchon sont plus âgées, non duvetées, lâchement roulées dans la longueur. Ajoutons que les espèces commerciales connues sous les appellations que nous venons d'indiquer, souvent n'ont pas la caractéristique que nous avons signalée.
Composition chimique. — Le thé contient : essence, chlorophylle, cire, résine, gomme, tannin, théine ou caféine, extractif, matière colorante particulière, albumine. Nous avons déjà étudié la caféine (voy. Café). La proportion de cet alcaloïde est un peu plus forte dans le thé noir que dans le thé vert, elle ne dépasse guère le 1/2 pour 100 dans les deux espèces; pourtant dans le thé hayssen elle peut s'élever à 2,3 et même 5,4. La quantité d'azote que les thés contiennent sous différentes formes oscille entre 5 et 6,8 pour 100. L'huile essentielle est jaunâtre, épaisse, à odeur très forte, étourdissante. Le thé vert en contient 7,9 gram. par kilogram. et le thé noir 6 gram. C'est à elle qu'il faut attribuer la saveur du thé ; on a également signalé dans ces feuilles un principe azoté analogue au caséum du lait.
Formes pharmaceutiques, doses. — Infusion, pp. 4 à 12 : 500. Incompatibles : les sels de chaux, de fer, la gélatine, les vases non étamés.
Action physiologique. — Elle est analogue à celle du café. Il accélère la circulation, augmente l'activité cérébrale. Dans certaines conditions, il diminue le pouls et favorise la diurèse. Ses propriétés stimulantes sont dues à l'huile essentielle, c'est ce qui explique pourquoi l'infusion de thé vert détermine les effets cérébraux les plus marqués et cause souvent de l'insomnie aux personnes qui n'ont pas l'habitude de cette boisson. C'est également à l'essence qu'on doit attribuer les effets diaphoniques de l'infusion de thé, effets qui se doublent de ceux de l'eau chaude, véhicule habituel de cette boisson. On doit également rapporter à l'huile essentielle l'excitation que l'on constate vis-à-vis des voies digestives sous l'influence de ce remède. L'essence agit ici à la façon des huiles essentielles contenues dans les condiments usités de nos jours. L'abus du thé peut d'ailleurs déterminer des dyspepsies. Quant à la quantité d'azote que renferme l'infusion, elle est trop faible pour qu'on puisse considérer ce liquide comme une boisson alimentaire, malgré le goût que manifestent pour elle les habitants des régions froides du globe ; mais il a quelque influence comme aliment antidéperditeur et ralentissant la désassimilation ; par son usage, la quantité d'urée diminue d'après quelques physiologistes. Quant à la théine,
«W TSYM VULGAIRE
elle ne se comporte pas tout à fait comme .la caféine, son action paraît moitié moindre, et d'ailleurs elle détermine des mouvements convulsifs des membres que ne produit pas la caféine.
Usages. — Son principal usage est celui qu'on en lait journellement pour combattre l'indigestion, mais on peut dire que son action stimulante peut être utilisée pour combattre la stupeur, le coma, que Ton observe dans l'empoisonnement par l'opium, la digitale, les Solanées vireuses, l'ivresse alcoolique. Son tannin intervient aussi dans la plupart de ces cas. Si l'on tient compte de ses effets diurétiques, on pourra l'employer toutes les fois qu'il y a lien de pousser aux urines, c'est-à-dire dans la goutte, la gravelle, l'bydropisie; l'on pourra faire intervenir son action diaphorétique dans les cas où il convient de provoquer d'abondantes sueurs.
THYM VULGAIRE. Thymus vulqaris, L. Thym, Tin, Faiigoule, Pote. Labiées-Origanées. (Orfpoç, de tôco, parfumer.)
Description. — Plante de 1-2 décimètres, très odorante, de saveur chaude, amère et aromatique, formant un petit sous-arbrisseau, touffu, grisâtre. Racines ligneuses, rameuses, tortueuses, dures. Tiges épaisses, ligneuses à la base, herbacées au sommet, dressées, très rameuses; rameaux dressés, blancs, velus. Feuilles opposées, sessiles, disposées en faisceaux sur des espèces de nœuds que porte la tige, petites, linéaires, lancéolées, obtuses, roulées es dessous par les bords, à nervures latérales, visibles, d'un vert cendré, ponctuées en dessus, un peu pubescentes en dessous. Fleurs (juin-juillet) roses ou blanches, réunies par 3, à l'aisselle des feuilles supérieures et formant une sorte d'épi au sommet des ramifications de la tige. Calice tubuleux, strié, à 5 dents, bi labié, 3 dents à la lèvre supérieure, 2 à l'inférieure, bossu en avant et inférieurement; gorge munie de poils qui en ferment l'entrée. Corolle gamopétale, un peu plus longue que le calice, bilabié, à lèvre supérieure dressée, plane, légèrement échancrée, lèvre inférieure à 3 lobes presque égaux. Étamines 4, didynames, incluses, droites, divergentes. Anthères à 2 loges, distinctes au sommet. Ovaire quadrilobé, surmonté d'un style saillant ; stigmate bifide. Fruit formé par 4 achaines, ovoïdes, arrondis, y.
Habitat. — 11 est commun sur les collines sèches du midi de la France.
Culture. — On le cultive fréquemment en bordure dans les jardins maraîchers. On le propage par éclats de pieds que l'on sépare au printemps ; il faut les renouveler tous les trois ou quatre ans. D demande une terre chaude, légère, l'exposition du midi.