‹ Nouveau dictionnaire des plantes médicinalesChapitre 214 sur 226 · TORMENTILLE DROITE · texte numérisé non relu

TORMENTILLE DROITE

bractées donnent une boisson moins agréable et moins active que les fleurs seules.

Usages. — L'infusion de tilleul est un remède populaire que Ton considère avec raison comme antispasmodique, calmant, légèrement diaphorétique. On remploie dans les affections nerveuses, telles que l'hystérie, la cardialgie, le spasme, la migraine, l'hypochondrie, les vomissements nerveux; son action diaphorétique est mise en usage dans le refroidissement, la première période des fièvres intermittentes. 11 peut jusqu'à un certain point remplacer le thé dans les indigestions; on a proposé l'emploi des bains prolongés avec l'infusion de tilleul dans certains désordres nerveux, tels que Phystérie; cette médication a donné de bons résultats contre les spasmes, pour faire tomber l'excitation passagère provenant de l'usage de certaines eaux minérales. Le bois donne un charbon très léger que l'on a recommandé contre les gastralgies, les dyspepsies.

TORMENTILLE DROITE. Tormentilla erecta L. Potentilla tormentilla D. C. Tormentille potentille. Blodrot. Rosacées- Dryadées.

Description. — Plante de 2-4 décimètres dont toutes les parties présentent une saveur astringente prononcée. Racine rampante, épaisse, un peu allongée, tuberculeuse, inégale, rugueuse, brunâtre, peu garnie de chevelu. Tiges nombreuses, grêles, diffuses, étalées, ascendantes, rameuses, très feuillées. Feuilles alternes, les radicales pétiolées, les caulinaires sessiles, formées de 3-5 folioles digitées, ovales-lancéolées, dentées, vertes sur les deux faces, velues, munies de stipules 3-5 fides imitant 2 folioles sessiles. Fleurs (juin-juillet) jaunes, petites, pédonculées, axillaires, solitaires, disposées en cimes terminales feuillées. Galice à quatre folioles, rarement 3-5. Calicule ayant le même nombre de folioles, mais plus petites. Corolle à 4, rarement à 5 pétales, ovales, dépassant à peine le calice. Etamines nombreuses insérées sur un réceptacle sec; style et stigmate simple. Fruit composé de nombreux achaines lisses, insérés sur le réceptacle convexe, persistant. y.

Habitat. — La tormentille est très répandue en Europe; elle croît dans les bois, les pâturages, sous les bruyères, dans les Alpes et les Pyrénées.

Culture. — On la multiplie à l'aide de drageons qu'on a soin de placer dans une terre bien préparée et à demi ombragée.

Partie usitée. — La racine. On la trouve dans le commerce en morceaux irréguliers de la grosseur du doigt, ou en tubercules réunis, bruns en dehors, rougeâtres en dedans, durs, compacts, pesants, présentant de petites dépressions d'où partent les radicelles. Elle présente une certaine ressemblance avec la racine de bistorte; elle est pourtant plus droite, moins rouge.

HÉRAUD. PLANTES MED. 3*

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Récrite, aessieeatiea. — On la recueille pendant la belle saison; on enlève les tiges et les radicelles et Ton fait sécher à l'étuve ou au soleil.

CsMysttiea chlmieae. — La racine de tormentille contient : tannin, gomme, myricine, cérine, matière rouge, extractif, extrait gommeux, traces d'huile volatile, ligneux. Le tannin est la substance active; il y existe en quantité considérable, 17 pour 100.

Ftrmes pharmaceutiques, deses. — 1° Infusion, pp. 20 : 1000. 2» Poudre, 2 à 4 gram. On l'administre aussi en lotions, lavements, injections. Elle entre dans la composition de la thériaque et du diascordium et fait partie avec la racine de bistorte et l'écorce de grenade des espèces astringentes du Codex.

Usages. — (Test un de nos plus puissants astringents indigènes, qui ne le cède en rien au ratanhia. On peut remployer dans la diarrhée, la dysenterie, les hémorrhagies passives. On Ta même vanté comme fébrifuge. Sous forme de gargarismes, on s'en sert pour combattre le ramollissement des gencives, les ulcérations de la bouche et de la gorge; les lotions de tormentille ont été indiquées pour favoriser la cicatrisation des ulcères blafards et a toniques. On la prescrit : en injection dans la leucorrhée et la blennorrbée, en compresses sur les contusions et les ecchymoses. La poudre incorporée dans un jaune d'oeuf a été proposée contre le panaris; on étend cet enduit sur la partie malade et Ton recouvre le tout d'un cataplasme pour empêcher la dessiccation.

TUSSILAGE COMMUN. Tussilago farfara L. Pas d'âne, Béchion, Taconnet. Synanthérées-Eupatoriées.

Description (flg. 266). — Racine rampante, charnue, rameuse, grêle, brunâtre, de la grosseur du petit doigt. Feuilles toutes radicales, longuement pétiolées, grandes, cordiformes, arrondies, anguleuses et dentées sur les bords, cotonneuses, blanches en dessous, vert clair en dessus. On a comparé leur forme à celle de l'empreinte du pied de l'âne, c'est de là que vient l'appellation de pas d'âne donnée à la plante. Tiges florifères ou hampes apparaissant avant les feuilles, hautes de 1 à 2 décimètres, cylindriques, cotonneuses, portant des écailles rouges, sessiles, apprimées. Fleurs (mars-avril) jaunes, en capitules solitaires à l'extrémité des tiges, réceptacle nu, presque plan. Involucre à folioles lancéolées, étroites, obtuses, scarieuses, violettes sur les bords, disposées sur un ou deux rangs, muni à sa base d'écaillés lâches plus petites. Calice en aigrette. Corolle, fleurons tubuleux, à 5 dents et mâles au centre; demifleurons femelles à la circonférence, disposés sur plusieurs rangs. Etamines 5; anthères soudées. Ovaire infère, uniovulé; style simple; stigmate bifide. Fruits (achaines) bruns, oblongs, cylindriques, un

TUSSILAGE COMMUN

peu striés, surmontés d'une aigrette à soies capillaires, très longues, disposées sur un ou plusieurs rangs. if.

Habitat. — Le tussilage est commun dans toute la France, dans les lieux humides, argileux.

Culture. — Elle n'a lieu que dans les jardins botaniques; on obtient la plante à l'aide des graines ; elle se ressème d'ellemême.

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