ANARMITE COQUE DU LEVANT
et notamment dans la chorée, associée à la menthe poivrée (Plenck) ou au quinquina (Mick). Les semences et l'huile essentielle passent pour vermifuges.
ANARMITE COQUE DU LEVANT. Anarmita cocculus Wight et Arnott ; Menispermum cocculus L. ; Cocculus suberosus DC. Coque du Levant. Pareire à feuilles rondes. Ménispermacées.
Description (flg. 15). — Arbrisseau à tige grimpante de la grosseur du bras, striée, couverte d'une écorce subéreuse et fendillée. Feuilles alternes, pétiolées, larges, cordiformes à la base, quinquenervées, épaisses, glabres et luisantes. Fleurs unisexuées, dioïques, blanches ; disposées en grandes grappes composées et pendantes. Calice six sépales sur deux rangs, accompagné de deux bractées concaves, la corolle manque. Étamines nombreuses, monadelphes; • anthères Couvrant longitudinalement par une fente et formant une
Fig. 15. — Coque du Levant.
sorte de tète au sommet de la colonne staminale. Fleurs femelles très petites, présentant des staminodes libres; calice triflde ; ovaires, 3, libres et sessiles, portés par un gynophore cylindrique; styles très courts; stigmates arrondis sur le côté. Fruit (drupe) un à trois, de la grosseur d'une petite noisette, globuleux, ovoïde, rouge, charnu; le brou recouvre une coque blanche ligneuse, bivalve, dont la cavité présente une saillie qui s'avance en se bilobant. La graine se moule sur cette saillie; elle contient une amande cornée qui peut se partager en deux lames inégales. ^ .
Habitat. — Malgré le nom qu'elle porte, la coque du Levant n'est point originaire de l'Asie Mineure, mais des Indes orientales et du Malabar.
Partie usitée. — Le fruit. On le trouve dans le commerce, sous forme de coque composée d'une partie extérieure, sèche, mince, noirâtre, rugueuse, faiblement acre et amère, et d'un noyau blanc, ligneux, pouvant s'ouvrir en deux valves et contenant une amande
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blanche, grosse, très amère. On doit les choisir récents, car l'amande se détruit avec le temps.
Composition chimique. — Le péricarpe contient : ménispcrmine, paraménispermine, matière jaune alcaline, acide hypopicrotoacique, chlorophylle. L'amande renferme : picrotoxine, résine, gomme, matière grasse acide, cire, acide maligne, amidon, sets. La coculine ou picrotoxine, C^WO4 (de mxpd;, amer, et to£ix<W, poison), est le principe actif; c'est une matière neutre cristallisant en aiguilles ou ■en filaments, blanche, inodore, très amère, vénéneuse, soluble dans l'alcool et l'éther, peu soluble dans l'eau, ne se combinant pas avec les acides et mal avec les alcalis. La ménispermine, C18HlîAzO*, est un alcaloïde soluble dans l'alcool et l'éther, insoluble dans l'eau; ■elle est insipide, vomitive, mais non vénéneuse.
Action physiologique. — L'amande, dans laquelle réside le principe actif, produit des nausées et des vomissements à la dose de 30 à 50 centig. A dose toxique, elle agit surtout sur les muscles volontaires, en produisant la titubation, le tremblement, l'insensibilité, des convulsions tétaniques qui immobilisent le corps dans la position où le poison l'a trouvé (action cataleptisante). Elle ralentit le mouvement du cœur. On ne connaît pas de contre-poison, mais on doit s'abstenir d'administrer l'acide acétique, comme on l'a conseillé, car la picrotoxine se dissout dans cet acide.
Usages. — Malgré son énergie, et bien que le principe actif en ait été isolé, la coque du Levant est presque sans applications en médecine, à part l'usage qu'on en fait, sous forme de pommade, pour détruire les poux et pour combattre le porrigo invétéré. Mélangée avec de la mie de pain, elle forme un appât usité, dans J'Inde, pour la pêche du poisson. L'animal qui a avalé cette substance vient tournoyer et mourir à la surface de l'eau. Tué de la sorte, le poisson est un aliment dangereux, si on ne le vide pas dès <ju'il est sorti de l'eau. Cette pratique est d'ailleurs interdite parles lois. L'amertume de la coque du Levant la fait employer, en Angleterre, pour donner du goût à la bière, au détriment de la santé publique.
ANÉMONE PULSATILLE. Anémone pulsatilla L., PulsatiUu vulgaris Lob. Pulsatille, Coquelourde, Herbe au vent. De pulsare. battre, frapper, à cause de ses aigrettes que le moindre vent agite. Renonculacées-Elléborées.
Description (flg. 16). — Plante de 1 à 4 décimètres, couverte de Jongs poils soyeux. Souche fusiforme épaisse, plus ou moins rameuse, dure, ligneuse, de couleur noire. Feuilles radicales, soyeuses, tripenniséquées, dont les divisions, portées par un court pétiolule, sont découpées en segments étroits, linéaires, aigus.