‹ Nouveau dictionnaire des plantes médicinalesChapitre 44 sur 226 · Partie usitée. — La racine, les feuilles, les fruits · texte numérisé non relu

Partie usitée. — La racine, les feuilles, les fruits

Récolte. — On récolte les fruits à la fin de l'été ; ils ne perdent, par la dessiccation, ni leur volume ni leur couleur. Les feuilles se cueillent au moment de la floraison, les racines à l'automne.

Composition chimique. — Les fruits contiennent : acides citrique et malique. La racine est très amère, on en a extrait deux alcaloïdes cristallisables, la berbérine et Vaxyacanthine. La berbérine, C*°H17Az08, constitue la matière colorante jaune de l'épine-viriette; elle cristallise en aiguilles jaunes déliées, amères; elle est peu selubie dans l'eau et l'alcool froids, plus soluble dans ces liquides bouillants, insoluble dans l'éther, se dissolvant dans l'ammoniaque et la colorant en rouge. L'oxyacanthine est blanche, friable, cristallisable, d'une saveur acre et amère.

Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Décoction de la racine, pp. 8 : 1000. 2* Suc exprimé des baies, 30 à 00 gram. 3° Sirop, 30 à 150 gram. La berbérine se donne à la dose de 30 à 70 ceqtigram.

Usages. — La racine est légèrement purgative, on l'a employée

BOLDEAU ODORANT

dans l'hydropisie. Les feuilles ont un goût analogue à celui de l'oseille ; on a conseillé leur décoction dans le scorbut, la dysenterie, l'angine. Les fruits présentent une saveur acide, agréable ; la limonade préparée avec leur suc a été indiquée dans les fièvres inflammatoires, bilieuses, typhoïdes, dans les affections inflammatoires et scorbutiques de la gorge. La berbérine a été préconisée dans les fièvres intermittentes et l'atonie des organes digestifs. Le produit dit quinoïde Armand est préparé avec l'extrait de berbéris.

BIGARADIER — Voy. Oranger.

BISTORTE. — Voy* Polygone bistorte.

BLÉ. — Voy. Froment cultivé.

BOLDEAU ODORANT. Boldea fragrans Jus. Binzia fragrans R, et P. Peumus Boldus Mol. Boldo. Monimiacees.

Description (fig. 38). — Arbre toujours vert, de 5 à 6 mètres de hauteur ; branches cylindriques ; écorce unie, adhérente au bois, ridée

Fig. 38. — fcoldeau oàortità.

ïoflgitudinalement, d'un bran clair et très aromatique. Le bois est peu odorant. Feuilles opposées, courtement pétiolées, entières, ovoïdes, à sommet souvent un peu échancré et offrant une petite pointe formée par Je prolongement d'une nervure médiane saillante, coriaces, cassantes, d'un vert foncé en dessus, un peu pâle en dessous,, par-

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semées de bouquets de poils rudes, étalés, ainsi que de glandules et de cellules à huile essentielle, d'une saveur fraîche et aromatique et d'une odeur rappelant à la fois celle des Lauracées et des Labiées. Fleurs dioïques, d'un vert pâle, en grappes de cymes axillaires et terminales, à ramifications et à pédicelles opposés. Réceptacle en forme de «ac, dont les bords portent les pièces du périanthe ; ce réceptacle est parsemé en dedans de poils raideset dressés, qui persistent dans les fleurs femelles après la chute de la portion supérieure de la fleur. Périanthe à nombreuses folioles imbriquées, les plus extérieures vertes, les intérieures pétaloïdes. Mâles : étamines nombreuses, introrses, s'échelonnant de la base au sommet du sac; filet incurvé, muni à sa base de deux glandes latérales irrégulières et surmonté d'une anthère à 2 loges déhiscentes ; pas de rudiment d'organe femelle. Femelles : étamines avortées, se montrant sous forme de languettes étroites et stériles, 3-5 carpelles indépendants, composés chacun d'un ovaire uniloculaire surmonté d'un style en forme de bandelette papilleuse, articulé à sa base. A peine la fleur s'est-elle épanouie que la portion supérieure du réceptacle se détache circulairement avec les pièces du périanthe et de l'androcée stérile; le fond de ce réceptacle persiste et encadre le fruit. Fruit multiple; 1-5 drupes à mésocarpe aromatique, succulent, un peu épais, à noyau dur contenant une seule graine munie d'un albumen abondant et oléagineux. £.

Habitat. — Originaire du Chili. On ne le rencontre jamais en forêt ; il se développpe rapidement quand il est planté dans une bonne terre.

Parties usitées. — Les feuilles.

Composition. — Elles contiennent : huile essentielle, boldine,aci-' des citrique et tannique, chaux, sucre, gomme, matières aromatiques (Verne). La boldine est un alcaloïde de saveur amère, peu soluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, l'éther, le chloroforme.

Formes pharmaceutiques. — 1° Essence sous forme de perles contenant chacune 0 gr. 10, cinq ou six par jour. 2° Teinture, 0 gr. 50 à 1 gram. Vin, 60 gram. Elixir, 2 à 4 cuillerées à café. On a indiqué également un extrait aqueux et un extrait alcoolique.

Action physiologique. — C'est principalement sur le tube digestif et sur la nutrition que le Boldo fait sentir son action. Sa saveur est fraîche, aromatique. Il produit une sensation de chaleur à l'estomac et facilite la digestion. Si les doses sont élevées, il détermine des vomissements et de la diarrhée. On constate une légère excitation générale, avec accélération du pouls; la sécrétion urinaire n'est point augmentée, l'urée paraît seulement éliminée en plus grande quantité.

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