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Partie usitée. — Le fruit improprement appelé graine

Composition chimique. — L'avoine contient : gluten, albumine, amidon, dextrme, matières grasses, ligneux, cellulose, substances minérales, eau. Parmi les matières grasses se trouve une huile d'un jaune verdàtre qui paraît contenir les principes excitants de cette graminée, et dont l'odeur et la saveur ont une certaine analogie avec celles de la vanille.^ Les grains de l'amidon d'avoine affectent plusieurs formes ; les uns sont simples, ovoïdes, arrondis, fu si formes ou polyédriques (fig. 31) ; les autres paraissent être la réunion de deux, trois, quatre éléments; d'autres enfin, plus gros, sphériques ou ovoïdes, présentent une surface réticulée.

Usages* — Le fruit privé du péricarpe constitue le gruau d'avoine, dont on connaît deuir espèces : le gruau en grains, qui s'obtient en écaJant l'avoine qu'on a desséchée au four, et le gruau

concassé, qu'on prépare en brisant et décortiquant dans un moulin spécial l'avoine préalablement passée au four ou à l'étuve. On doit

employer le gruau récent, car il devient rapidement [la proie des insectes ; il sert à préparer, surtout en Angleterre, des potages d'une digestion facile et très nourrissants que l'on prescrit aux convalescents; on en prépare également une décoction, pp. 20 : 4250, que Ton réduit à 1000 (eau ou tisane de gruau), qui est très usitée dans les affections de poitrine, telles que catarrhe, toux, hémoptysie. La décoction du fruit non dépouillé de son enveloppe passe pour diurétique; les cataplasmes de farine d'avoine sont employés dans la campagne. En Ecosse, on prépare avec l'avoine une eau-de-vie particulière (wiskey). Les balles d'avoine sont douces et molles et servent à remplir les coussins destinés à rembourrer les attelles dans les appareils à fracture. On s'en sert également pour fabriquer des coussins qui s'échauffent moins que ceux de plume et qui sont utiles aux personnes atteintes d'affections cérébrales et surtout aux enfants.

Fig. 31. — Fécule d'avoine.

BARDANE OFFICINALE. Arctium lappa L., Lappa major Bauh. Glouteron, Herbe aux teigneux, Napolier. Synanthérées-Carduacées. Arctium, de apxToç, ours, par allusion aux poils grossiers de son involucre ; lappa, de XaSeîv, prendre, parce que les involucres de cette plante s'attachent aux vêtements des passants. Bardane vient de l'italien barda, couverture de cheval, à cause de l'extrême ampleur des feuilles.

Description (fig. 32). — Plante de 1 à 2 mètres. Racine longue, fusi forme, grosse comme le doigt, brunâtre en dehors, blanchâtre en dedans, présentant, surtout vers le bas, des racines secondaires. Tige herbacée, droite, striée, lanugineuse, rougeâtre, très rameuse. Feuilles alternes, à pétiole canaliculé élargi et semi-amplexicaute, molles, d'un vert foncé en dessus, blanches et cotonneuses en dessous, pointues; les inférieures cordiformes, de 3 décimètres de long

et larges à proportion, dentées sur les bords; les supérieures de moins en moins grandes, ovales. Fleurs purpurines (juillet-août), disposées à l'extrémité des rameaux en grappe lâche de corymbes. Involucre globuleux, verdàtre, composé d'un grand nombre de folioles lancéolées, rudes, dont chacune se termine par une pointe acérée, recourbée en hameçon. Réceptacle plan, alvéolé, parsemé de paillettes étroites et nombreuses. Fleurons égaux, nombreux, hermaphrodites. Corolle tubuleuse, 5-fide. Étamines 5, syngénèses, munies au sommet d'un appendice subulé et à la base de deux prolongements filiformes. Ovaire infère, uniloculaire, uniovulé; stigmate bifide. Fruit (achaine) oblong, fauve, comprimé, à côtes latérales, couronné d'un disque irrégulièrement plissé et ondulé, à aigrette formée de poils caducs. ^ .

Fig. 32. — Bardane officinale.

Habitat. — Elle est commune dans toute la France, sur le bord des routes, les lieux incultes et stériles, autour des vieilles masures.

.Guitare. — La bardane est très rustique, on la reproduit i de graines; on peut laisser les jeunes plants en place ou les repiquer.

118 BAUMIER BDELLIUU

Parties usitées. — La racine, les feuilles et les fruits.

Récolte, dessiccation. — Ordinairement, on se sert de la racine fraîche, mais quelquefois aussi on la sèche au soleil ou à Tétuve, après l'avoir mondée et divisée en rouelles. Quand elle est fraîche, elle possède une odeur fade, visqueuse, une saveur mucilagineuse, avec un peu d'âpreté. L'odeur et la saveur persistent malgré la dessiccation, à moins que la racine ne soit trop vieille; mais alors «lie contracte une coloration gris brunâtre et se sillonne de rides longitudinales. On peut la récolter toute Tannée; on préfère sécher celle qui a été arrachée à Fautomne. Les feuilles sont inodores, leur saveur très amère; on ne les sèche pas; on peut se les procurer tout l'été et une partie de l'hiver.

Composition chimique. — La racine contient : inuline, sels de potasse, mucilage, matière céro-oléagineuse verdâtre.

Formes pharmaceutiques, doses. — 4° Tisane par infusion (racine), pp. 40 à 20 : 4000. 2° Extrait, 2 à 40 grammes. On peut substituer à cette bardane la B. commune (Lappa minor DC.) et la B. cotonneuse (I>. tomentosa Lam.). Les racines de ces plantes ont les mêmes propriétés.

Action physiologique, usages. — La racine de bardane. est à peu près inerte. Cependant on Ta préconisée comme diurétique, effet qui n'a rien d'impossible, vu la présence des sels de potasse. On lui a également attribué des propriétés sudoriflques, dépuratives, et on l'a recommandée dans le traitement des maladies de la peau et la syphilis. Le suc des feuilles mélangé avec son poids d'huile a été conseillé pour cicatriser les plaies, les ulcères atoniques, et pour guérir la gale. Leur décocté, sous forme de lotions, apaise le prurit dartreux. Les semences sont amères, acres, purgatives ; on s'en sert, en Angleterre, comme sudoriflques. Dans certaines localités, on fait bouillir la racine et on la mange comme celle du salsifis.

BAUBIIEK RPELLIUM. — Balsamodendron africanus Ara., Heudelotia africana Perr. Bdellium d'Afrique, Niottout. Térébinthacées-

BURSÉRACÉES.

Description. — Arbre de 3 mètres et plus. Tronc rameux, branches épineuses. Feuilles trifoliolées, à folioles obovées, incisées, dentées, pubescentes, légèrement rugueuses, la médiane plus grande que les latérales. Fleurs (mars-avril) d'un rouge foncé, très petites, polygames , pédicellées , apparaissant avant les feuilles. Calice dressé, tubuleux, rougeâtre, à 4 dents aiguës, incurvées. Corolle à 4 pétales un peu plus longs que les sépales, linéaires, oblongs, subspatulés, obtus au sommet, dressés. Étamines 8, inégales. Anthères allongées, biloculaires, introrses, mucronées au sommet. Style dressé, rouge; stigmate capitulé. Fruit {drupe) peu charnu,

BAUMIER DU PÉROU

pisiforme, pointu, oblique à noyau, uniloculaire, indéhiscent; graine suspendue. 5«

Habitat. — L'Abyssinie, le royaume d'Aden, la Sénégambie.

Partie usitée. — La gomme-résine (Bdellium) qui suinte au dehors des tiges soit naturellement, soit à l'aide d'incisions pratiquées à l'arbre. Le bdellium est toujours mêlé d'une certaine quantité de gomme de SénégaL II se présente en larmes arrondies, de 2-4 centimètres, d'un gris jaunâtre, rougeàtre ou verdàtre, demi transparent. Sa cassure est terne et cireuse; en vieillissant, il devient opaque et farineux à la surface (Guibourt); son odeur est faible, aromatique, sa saveur amère.

Composition chimique. — Le bdellium contient : résine, gomme soluble, gomme insoluble (bassorine), huile volatile.

Formes pharmaceutiques, doses. — Il est aujourd'hui à peu près oublié, peut-être à tort. Il entre pourtant dans la composition du diachylum et l'emplâtre de Vigo-cum-mercurio. Dose,

5 décigrammes à 2 grammes.

Usages. — Cest un stimulant, un balsamique faible; on l'a vanté comme antispasmodique, béchique, emménagogue, astringent.

On connatt sous le nom de bdellium de l'Inde, de myrrhe de Vlnde, une autre gomme résine acre, amère, d'une odeur de myrrhe, et qui est formée par une autre térébinthacée, le Balsamodendron Roxburgu Arn.

BAUMIER DU PÉROU.

Myrospermum peruiferum DC, Myroxylum peruiferum Mutis et Lin. f., AT pedicellatum Lam. Myrosperme pédicellé. Légumineuses-Papiliojucébs. Myrospermum, de jttfpov, parfum , et ?nip\i.aL, graine; myroxylum, de pn5pov ■et fcfoov, bois.

Description (Ûg. 38). — . Grand arbre, pouvant acquérir jusqu'à

6 décimètres de diamètre, à écorce épaisse et cendrée, à bois blanc

Fîg, 33. — Baumier du Pérou.

420 BAUMIER DU PÉROU

extérieurement, d'un rouge brunâtre intérieurement, très dur, à rameaux et pétioles glabres. Feuilles alternes, ailées avec impaire, composées de 7-15 folioles alternes, ovales, oblongues, entières, échancrées au sommet, quelquefois un peu pointues, vertes, fermes, coriaces, glabres ; pétiole et pétiolules pubescents. Fleurs blanches ou d'un blanc rosé, en grappes axillaires. Calice campanule pubescent, à 5 dents. Corolle ir régulière à 5 pétales, phis longs que le calice, inégaux; le supérieur plus grand, arrondi, presque cordiforme, les quatre autres étroits, linéaires, aigus. Étamines 10, à filets libres déclinés, anthères jaunes, droites, biloculaires. Ovaire unique, supère, pédicule, surmonté d'un style et d'un stigmate qui figurent une faucille à pointe acérée. Fruit (gousse) pédicellé, glabre, fauve, allongé, linéaire, très aplati, membraneux, excepté à l'extrémité, qui présente un renflement. 11 contient 1-2 graines, plates, membraneuses, réniformes. 5-

Habitat. — Le Pérou, la Nouvelle-Grenade, la Colombie, le Mexique.

Partie usitée. — La résine solide, qui provient, soit d'un suintement naturel de l'arbre, soit d'incisions faites aux branches et au tronc, et qui est connue sous le nom de baume du Pérou solide. Ce corps, que l'on appelle aussi B. du Pérou en coque, B. du Pérou blanc i est solide, demi fluide, transparent; avec le temps, il se solidifie, devient blanc rougeâtre ou brunâtre; sa cassure est cristalline, il se ramollit sous la dent; son goût est parfumé, légèrement acre, mais non désagréable. Il arrivait jadis dans des cocos fermés souvent par une feuille de maïs; aujourd'hui, il vient en potiches de terre entourées de tresses de jonc, du poids de 15 à 20 kil., ou dans des vases en tôle de 40 à 50 kil. Il est rare dans le commerce; quelques auteurs l'attribuent au baumier de Tolu.

Le myrosperme pubescent (Myrospermum pubescens DC, Myroxylum pubescens Kunth), qui croît près de Carthagène, sur la côte de Sansonate, dans l'état de San-Salvador, fournit un baume du Pérou que l'on distingue du précédent par l'appellation de baume du Pérou noir ou liquide, B. de Carthagène, de Sansonate, et que, d'après quelques naturalistes, on extrairait du Myrospermum Pereirœ Roy, 11 est mou, liquide, d'une couleur brun rougeâtre foncé; son odeur agréable. et faible rappelle celle du styrax; sa saveur est amère, presque insupportable; il brûle avec flamme quand on l'a préalablement échauffé et se dissout dans l'alcool avec un léger résidu. On l'extrait, soit en faisant bouillir dans l'eau l'écorce, les rameaux, les bourgeons, soit à la manière du goudron. Pour cela, on entaille l'arbre, on y met le feu et l'on absorbe le produit, qui se condense dans les incisions à l'aide de chiffons que l'on fait ensuite bouillir

BAUMIER DE TOLU

dans l'eau; le baume qui s'en échappe est alors clarifié par fusion. Le baume du Pérou liquide contient de la résine, de la cinnaméiney corps liquide correspondant à la formule C5VH2608, de la métacinnaméine, substance sojide, et de l'acide cinnamique provenant de l'oxydation de la cinnaméine et de la métacinnaméine.

On connaît encore les variétés suivantes : 1° le baume blanc de Sansonate, que l'on obtient, dit-on, en exprimant les semences du myrosperme pubescent; 2° le baume brun du Pérou, que les uns attribuent au myrosperme peruifère, d'autres à un Cabureiba du Brésil : il est de couleur foncée, opaque, demi-liquide, grumeleux; sa saveur est douce, agréable et parfumée, son odeur pénétrante et des plus suaves.

Formes pharmaceutiques, doses. — On l'emploie à la dose de 25 centig. à 2 gram.

sous forme de teinture, de sirop. Il entre dans les pilules de Morton et la thériaque. Il est surtout usité* comme parfum.

Action physiologique, usages. — C'est un stimulant légèrement acre. A l'intérieur et à fortes doses, il produit une excitation fébrile, de la soif ; le pouls devient fort et fréquent sous son influence. On Ta recommandé dans la bronchite simple et tuberculeuse, la laryngite chronique; on s'en sert pour exciter les granulations charnues et faciliter la cicatrisation des plaies molles et blafardes.

BAUMIER DE TO- LU. Myrospermum to-

luiferum DC, Toluifera balsamumL., Myroxylum toluifera Kunth. Myrosperme baumier. Légumineuses-Papilionacées.

Fig. 34. — Baumier do Tolu.

122 BADMIER DE TOLU

Description (flg. 34). — Arbre élégant, fort élevé; l'écorce est brune, épaisse et rugueuse; le bois, rouge au centre, présente l'odeur de la rose; les branches sont verdâtres et nombreuses. Feuilles alternes, pétiolées, ailées avec impaire; foliotes alternes, entières, coriaces, ondulées, d'un vert clair, marquées de points ou de lignes translucides. Fleurs blanches, naissant en grappes à l'aisselle des feuilles. Galice campanule, glabre, à 5 dents obtuses. Corolle papilionacée; étendard très ouvert, longuement onguiculé, arrondi, presque cordi forme, ailes et carène linéaires, libres. Étamines 40, saillantes, égales, formant comme une étoile. Ovaire stipité, long; style filiforme, légèrement arqué ; stigmate peu marqué, obtus. Fruit {gousse) brièvement pédoncule, élargi et apiculé au sommet, comprimé, roussàtre, indéhiscent, membraneux. Graines oblongues, un peu arquées, à surface rugueuse, bosselées, balsamifères. J.

Habitat. — Il croît dans l'Amérique méridionale, au Pérou, dans la province de Carthagène, aux environs de la ville de Tolu, de Turbaco, de Corozol.

Partie usitée. — Le suc qui découle des incisions faites au tronc de l'arbre. On le recueille dans des vases et on le laisse sécher. Suivant la nature de ces vases, le produit porte le nom commercial de baume de Tolu en coques, en cocos, en potiches. Depuis quelque temps, on l'envoie dans des boîtes de fer-blanc de 3 kilogram. Le baume de Tolu est fluide au moment où il sort de l'arbre; il s'épaissit peu à peu, devient demi-solide, puis se durcit, se solidifie complètement en contractant une certaine friabilité. En même temps, sa couleur passe du blanc au jaune, puis au rougeâtre. Son odeur, d'abord suave et forte, s'affaiblit à la longue, probablement par suite •de la transformation de son huile essentielle, soit en acide benzoïque, soit en acide cinnamique. On en connaît deux variétés, le sec et le mou. Le sec est solide, dur, friable à froid, coulant comme de la poix. Il est opaque ou tout au moins transparent, grenu et cristallin ; son odeur est douce et suave. Il se ramollit et devient ductile sous la dent; sa saveur est parfumée, mais laissant une légère âcreté à la gorge; il est soluble dans l'alcool et un peu moins dans l'éther. Le mou rappelle la térébenthine par sa consistance. Il est plus transparent que le précédent ; sa couleur est moins foncée, son odeur plus forte, sa saveur moins grande. Cest le même produit <jue le premier, seulement il est plus récent.

Composition ehintiqae. — Le baume de Tolu contient : résine, huile volatile, cinnaméine, métaeinnaméine, acides cinnamique et benzoîque. 11 tient du benjoin et du baume du Pérou. D'après Gerhardt, on distingue le B. de Tolu du B. du Pérou par la petite quan-

BAUMIER PORTE-MYRRHE 123

tité de matière huileuse qu'il renferme et la rapidité avec laquelle il perd l'état mou.

Fermes pharmaceutiques, doses. — Le baume de Tolu donne lieu aux préparations suivantes : 1° Sirop, 30 à 50 gram. 2° Pastilles, 2 à W. 3° Teinture, 2 à 10 gram. 4° Etnérolé, 1 à 4 gram. On l'administre également, en substance, à la dose de] 25 centig. à 2 gram. Il entre dans la composition de pilules, de cigarettes, de clous fumants.

Usages. — C'est un excitant, un stimulant balsamique, assez usité dans les vieux catarrhes pulmonaires, les laryngites chroniques. La fumée du papier nitré imbibé de teinture de Tolu, séché et roulé •en cigarette, a été indiquée dans les catarrhes bronchiques chroniques, dans l'asthme nerveux catarrhal. On Ta également recommandé dans les inflammations chroniques des voies génko-ùrinaires, le catarrhe de la vessie, la leucorrhée et les blennorrhagies rebelles.

BAUMIER PORTE-MYRRHE. Balsamodendron Ehrenbergianum

Berg. TÉRÉBINTHACÉES-BURSÉRACÉES.

Description. — Arbuste épineux dont les rameaux inermes, très raccourcis, disposés sans ordre sur les branches, portent à leur extrémté 2-3 feuilles pétiolées, composées-ternées, recouvertes de poils fins. Les folioles sont entières, obovales, la terminale pétiolulée, souvent obcordée. Les fleurs sont unisexuées, petites, axillaires; chez les mâles, on trouve un calice urcéolé, à 4* divisions peu profondes, une corolle de 4 pétales, 8 étamines insérées au pourtour d'un disque périgyne et annulaire, ainsi qu'un ovaire à l'état rudimentaire. Femelles : Calice et corolle comme chez les mâles. Etamines rudimentaires. Ovaire à 2 loges biovulées. Fruit globuleux, pisiforme, légèrement charnu, terminé par le style persistant et recourbé.

Habitat. — L'Arabie et l'Abyssinie.

Partie usitée. — Le suc gommo-résineux qui découle de l'arbuste et qui est connu sous le nom de myrrhe. La myrrhe est en larmes irrégulières, pesantes, rougeâtres, couvertes d'efflorescences blanchâtres, demi-transparentes, fragiles, à cassure brillante avec de petites stries blanchâtres. Leur saveur est acre et amère, leur odeur forte, aromatique, particulière. Quelques morceaux présentent des stries jaunâtres, en forme d'ongle, d'où le nom de myrrhe onguiculée. La myrrhe est plus soluble dans l'eau que dans l'alcool.

Composition chimique. — La myrrhe contient : huile volatile, deux principes résineux, Vun mou, Vautre secy gomme soluble, aéra- {tontine, sels, matières étrangères. L'huile volatile (myrrhol) est incolore, très fluide, d'une saveur balsamique et camphrée.

Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Poudre, 5 décigram.

à 4 gr. 2° Infusion. 3° Teinture, A à 8 gram. en potion. Elle entre dans la thériaque, la confection de safran composée, le baume de Fioraventi, l'élixir de Garus, les pilules de cynoglosse, l'emplâtre de Vigo.

Action physiologique. — C'est une substance stimulante qui,' à faible dose, excite les fonctions digestives, augmente l'appétit, et qui, à dose plus élevée, produit une excitation générale.

Usages. — On a vanté les bons effets de cette gomme-résine dans les catarrhes chroniques, la leucorrhée, l'aménorrhée, la chlorose. On l'associe souvent aux préparations ferrugineuses. La teinture sert au pansement des caries osseuses, des ulcères; on pratique avec la myrrhe des fumigations excitantes. BDELLIUM D'AFRIQUE. — Voy. Baumier bdellium. BELLADONE OFFICINALE. — Atropa belladona L. ; Solanum lethale Dod. Belle-Dame, Morelle furieuse, Mandragore baccifére. Solanacées. Son nom générique latin dérive de àrpoiroç, cruel, par

allusion à ses propriétés vénéneuses, et son appellation spécifique de l'usage que faisaient les dames romaines de son suc comme cosmétique.

Description (fig. 35).

— Plante de 10 à 15 décimètres, dont toutes les parties exhalent une odeur vireuse désagréable. Racine longue, rameuse, épaisse, charnue, de couleur fauve.

Tige dressée, cylindrique, herbacée, simple à la base, bi ou trichotome au sommet. Feuilles alternes, brièvement pétiolées, entières, molles , amples , ovales , acuminées, très entières, les supérieures géminées et très inégales. Fleurs (juin-juillet) axillaires ou placées entre deux feuilles géminées, pédonculées, penchées, assez grandes. Calice campanule à 5 lobes ovales, acuminés, un peu velu, persistant. Corolle d'un brun sale, gamopétale, campanulée, ventrue, plissée, à

Fig. 35. — Belladone.

5 lobes courts et obtus. Étamines 5, incluses, à filets tordus et inégaux. Ovaire supère, ovoïde, allongé, à 2 loges polyspermes. Style grêle, stigmate aplati, un peu lobé. Baie d'abord verte, puis rouge, puis noire, entourée à sa base par le calice accru et étalé, ressemblant à une cerise ou guigne (Guigne de côte). Cette ressemblance a souvent donné lieu à des méprises fatales. Cette baie est bilocuiaire et renferme des graines nombreuses, réniformes. ?f .

Habitat. — Elle est assez commune dans toute la France. On la rencontre dans les bois, sur le bord des chemins, le long des haies ombragées et des vieilles murailles.

Culture. — On la reproduit de graines semées au printemps ; on repique les jeunes plants en juin et juillet. On peut encore se servir des éclats de pieds. Il faut la placer dans une bonne terre et dans un lieu ombragé.

Parties usitées. — Les racines, les fruits, les semences et surtout les feuilles. Leur emploi a diminué d'une manière notable depuis l'introduction de l'atropine dans la matière médicale.

Récolte, dessiccation. — On récolte la racine à la fin de Tété et quand la plante a deux ans ; après l'avoir nettoyée et privée des tronçons de tige qui s'y trouvent souvent mélangés, on la coupe en fragments, si elle est trop volumineuse, puis on la sèche à l'étuve. Les feuilles doivent être cueillies en juillet et en août, quand les baies commencent à mûrir (Lefort), c'est-à-dire entre la floraison et la fructification. On les sèche à l'étuve après les avoir disposées en guirlande. Les feuilles de la belladone cultivée et de la belladone sauvage ont la même activité, pourvu qu'on les récolte dans les mêmes conditions. Quant à la racine, plus elle est âgée, moins elle est active ; sa composition est d'ailleurs plus variable que celle de la feuille, et par suite ses propriétés sont moins constantes.

Composition chimique. — Les feuilles de la belladone contiennent : cellulose, chlorophylle, sel d'atropine, principe vireux nauséabond, matière grasse ou cireuse. La racine renferme : cellulose, amidon, inuline, asparagine, matière grasse nauséabonde, sel d'atropine. L'atropine, C8*H23Az08, est un alcaloïde, incolore, cristallisant en prismes soyeux, peu soluble dans l'eau froide, assez soluble dans l'eau bouillante, l'alcool et l'éther, un peu volatil, répandant quand on le chauffe une odeur spéciale. Cet alcaloïde est doué de propriétés énergiques et vénéneuses; il représente le principe actif de la plante.

Formes pharmaceutiques, doses* — A l'intérieur : 1° Poudre de la racine ou de feuille, d à 20 centigrammes» 2° Extrait aqueux, 2 à 20 centigr. 3° Extrait alcoolique, 1 à 10 centigr. 4° Extrait avec le suc dépuré, 2 à 10 centigr. 5° Extrait de fruit (rob), 5 à 30 cen-

tigr. 6° Alcoolature, 1 à 6 gouttes. 7° Teinture alcoolique et éthérée, 12 à 12 gouttes. S9 Sirop, 5 à 30 gram. A l'extérieur : i° Infusion, pp. 40 à 50 : 1000, pour lotions, fomentations, bains. 2° Huile par <hgestion. 3° Pommade. 4° Feuilles desséchées que l'on fume dans une pipe ou en cigarette. L'emploi de cette plante demande une grande circonspection. L'atropine est vingt fois plus active que la poudre de racine; dose, depuis 1 millig. jusqu'à un centigM mais progressivement et avec beaucoup de prudence. La belladone entre <lans la préparation du baume tranquille et de l'onguent populéum.

Action physiologique. — A L'extérieur, les préparations de belladone appliquées sur l'œil exercent une action simplement locale, caractérisée par une dilatation de la pupille (mydria&e) pouvant aller jusqu'à l'effacement presque complet des bords de l'iris, sans troubles bien notables de la vision, mais s'accompagnant .d'un peu d% larmoiement et de conjonctivite. Appliquées sur une surface dénudée ou introduites sous la peau, elles produisent, outre la dilatation de la pupille, des troubles de la vision et de l'intelligence. A l'intérieur et à dose modérée, elles déterminent des nausées, le ralentissement du pouls, l'abaissement de la chaleur animale, puis un mouvement fébrile, l'affaiblissement de l'énergie musculaire et de la sensibilité, avec pâleur de la face, soif intense, sécheresse de la bouche et de la gorge, déglutition difficile, impossible même; dilatation de la pupille et troubles de la vision ; diminution de la sécrétion bronchique et urinaire, météorisme, constipation. A doses élevées, on <»nstate en plus une céphalalgie intense, avec vertige ; désordre des sens spéciaux, tels qu'hallucinations de la vue, perception de sons qui incommodent le malade, délire intellectuel rappelant celui des buveurs, fièvre ardente; la peau sèche et chaude est couverte d'une éruption scarlatiniforme sur la face, le cou, la poitrine et les membres supérieurs; il y a vomissements et quelquefois diarrhée, besoin fréquent d'uriner, et enfin, dans les cas graves, symptômes de défaillance générale, coma, mort. — En résumé, la belladone agit en abolissant la sensibilité , stimulant l'énergie des muscles de la vie organique et stupéfiant ceux de la vie de relation.

Usages. — Il faudrait entrer dans des développements que ne comporte pas la nature de cet ouvrage, pour signaler tous les usages médicaux de la belladone. Parmi les applications auxquelles elle a donné lieu, les unes sont purement empiriques, les autres sont basées sur les effets physiologiques de cette plante, que l'on peut employer comme mydriatique, stupéfiant, relâchant musculaire, réducteur des sécrétions, excitant des nerfs vaso-moteurs.

1° Comme mydriatique,, on s'en sert pour faciliter l'examen ophthalmoscopique ; pour rendre plus facile la sortie du cristallin

dans l'opération de la cataracte par extraction, et pour favoriser les manœuvres chirurgicales dans cette opération ; pour rendre la vision plus distincte chez les sujets affectés d'une étroitesse exagérée de la pupille, pour s'opposer à la formation des adhérences de l'iris ou pour les détruire.

â<> Comme stupéfiant. Cette action est utilisée dans les affections douloureuses, spasmodiques, convulsives. C'est ainsi que la belladone trouve d'heureuses applications dans les névralgies tri faciale, sciatîque ou intercostale ; elle peut en triompher ou les amoindrir. On a également constaté ses bons effets dans la gastralgie, la colique de plomb, la colique sèche; pour calmer les douleurs du rhumatisme, de la goutte, du cancer, la toux quinteuse spasmodique, la coqueluche, l'asthme (sous forme de fumée), le tétanos, l'hydrophobie (?).

3° Comme relâchant musculaire, elle est efficacement employée contre les contractions spasmodiques des muscles orbiculaires, et on l'a par suite indiquée contre les contractions spasmodiques des muscles palpébraux, laryngiens, œsophagiens; dans les contractures de l'anus avec ou sans Assure, dans la constipation spasmodique, l'incontinence d'urine nocturne, la contracture de l'orifice utérin pendant l'accouchement, la résistance à l'issue des règles par la rigidité du col ; le phimosis et le paraphimosis accidentels, l'iléus spasmodique; l'occlusion intestinale, la hernie étranglée; les coliques néphrétiques, hépatiques ; le hoquet ; l'angine de poitrine, les vomissements incoercibles des femmes enceintes.

A9 Comme réducteur des sécrétions. Cette propriété la fait employer dans la diarrhée catarrhale, la bronchorrhée, la polyurie.

5*° Comme tonifiant les nerfs mso-moteurs. C'est à cette faculté de la belladone qu'il faut rapporter son usage dans les convulsions, TépHepsie, où elle s'est montrée le moins infidèle de tous les agents dits antiépileptiques, dans le délire lypémaniaque, dans les fièvres intermittentes.

Sa propriété de produire des exanthèmes l'a fait indiquer comme prophylactique de la scarlatine, dont elle limite l'éruption. Elle agirait à la façon d'un spécifique dans l'angine érysipélateuse et phlegmoneuse.

Dans les cas d'empoisonnement par la belladone, le traitement consiste à évacuer le plus promptement possible la substance toxique; à neutraliser chimiquement l'atropine en la rendant insoluble par Fiodure de potassium ioduré, le tannin et les substances qui en contiennent, telles que le thé et le café ; à combattre le narcotisme par des affusions et des fomentations froides sur la tête, des bains de pied, des lavements irritants, etc. L'opium, bien qu'anta-

goniste de la belladone, ne modifie pas sensiblement la marche et la terminaison de l'empoisonnement.

BENJOIN. — Voy. Aliboufier benjoin,

BENOITE OFFICINALE. — Geum urbanum L., Caryophyllata urbana Scop., C. officinalis Mœn. Herbe de Saint-Benoît, Saniele des montagnes, Galiotte, Récise. Rosacées-Amygdalées. Geum, de revu» j'assaisonne, par allusion à l'arôme de la racine.

Description. — Plante herbacée de 5 à 6 décimètres* Rhizome allongé, cylindrique, gros comme une plume, tronqué près du sommet, brunâtre, garni d'un grand nombre de fibrilles capillaires. Tiges dressées, grêles, velues, à rameaux alternes en haut et arrondis. Feuilles alternes, d'un vert foncé, pubescentes ; les radicales pétiolées, pinnatiséquées à 5-9 divisions, lancéolées, incisées, dentées, lobées ou lobulées, les caulinaires presque sessiles, à 3 divisions inégales, accompagnées à la base de deux stipules folia*

cées, incisées ou dentées; Fleurs (juilletaoût) jaunes, petites, pédonculées, terminales. Calice à 5 divisions ; calicule aussi à 5 divisions alternes avec celles du calice.

Corolle rosacée à 5 pétales arrondis à la base, un peu plus longs que les sépales.

Étamines, 30 environ.

Pistils très nombreux, formant au centre de la fleur un capitule serré, insérés sur un gynophore arrondi et globuleux. Ovaire ovoïde, allongé, velu; style latéral; stigmate allongé et grêle. Le fruit (flg. 36, A) se présente sous la forme d'une masse globuleuse d'achaines, B, C, terminés par le style persistant, offrant un crochet en hameçon à la partie supérieure. ^ .

Habitai. — Elle est commune en France, dans les lieux ombragés et humides, les bois, le long des murs et des haies.

Culture. — Elle est très rustique et s'accommode de tous les terrains ; il vaut mieux pourtant la cultiver dans une terre légère et dans un lieu frais. On la reproduit en semant les graines à l'ombre ou en séparant ses pieds en février et en septembre. Partie usitée. — La racine (R. de giroflée ou de caryophyllée).

Fig. 36. — Benoite. — A. Fruit. — B. Fruit isolé. C. Le même pour montrer la graine en place.

BERBERIS COMMUN

Elle possède une odeur analogue à celle du girofle, se prononçant davantage par le frottement et diminuant par la dessiccation ; sa saveur est astringente, amère, aromatique.

Récolte, dessiccation, conservation. — On doit la récolter dans un terrain sec au printemps; il faut la faire sécher lentement et la conserver à l'abri du soleil dans un lieu frais. Il vaut mieux l'employer fraîche.

Composition chimique. — Elle renferme : huile plus pesante que Veau, résine, tannin, adragantine, matière gommeuse, ligneux.

Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Poudre, 15 à 30gram. en plusieurs doses. 2° Décoction : racine sèche, pp. 30: 1000; racine fraîche, pp. 60 : 1000. 3° Vin, 30 à 80 gram. On prépare encore une teinture et un extrait. On doit éviter d'associer la benoite à des matières minérales ou alcaloïdiques capables de précipiter par le tannin. Les racines de la benoite aquatique (G. rivale L.) et de la B. des montagnes (6r. montanum L.) paraissent avoir les mêmes propriétés.

Action physiologique, usages. — C'est un astringent, un amer et un aromatique qui, par ses principes tannants et amers, peut stimuler les fonctions digestives, resserrer les tissus, diminuer ou tarir certaines excrétions pathologiques ; aussi cette racine est-elle employée dans le traitement des maladies des organes digestifs, telles que la dysenterie et la diarrhée • chronique, l'anorexie, la dyspepsie, les distensions gazeuses. On s'en sert également dans les hémorrhagies et no.tamment dans l'hémoptysie, la métrorrhagie passive. Sa Téputation comme fébrifuge est surfaite ; le vin est un stomachique.

BERBERIS COWmm. Berberis vulgaris L. Epine- vinette, Vinettier. Berbéridèes. De pépgepi, coquille, par allusion à la forme concave des pétales.

Fig. 37. — Berberis commun.

130 BBRBERIS COMMUN

Description (flg. 37). — Arbuste rameux de 1-2 mètres. Racine Jigneuse, traçante, d'un jaune pur. Tiges dressées, à écorce grisâtre, à bois jaunâtre et dur ; rameaux diffus, de couleur cendrée. Feuilles alternes, à pétioles articulés près de la base, raides, veinées en dessous, glabres, ovales-oblongues, à dents aiguës sur les bords, formant d'abord de petites rosettes accompagnées d'une épine trifide, de moitié plus courte que la feuille. Fleurs (mai-juin) jaunes, à odeur fade et désagréable, pédicellées, accompagnées d'une petite bractée, formant des grappes simples, pendantes. Calice à 6 sépales étalés, offrant souvent en dehors 3 autres folioles plus étroites et plus courtes. Corolle à 6 pétales obtus, concaves, bifides au sommet, présentant 2 glandes rougeâtres au côté interne de leur base. Etamines 6, hypogynes, se rapprochant vivement du pistil quand on les touche avec un corps délié ; filets libres, articulés à la base; anthères biloculaires s'ouvrant de la base au sommet par une petite valve. Ovaire simple, ovoïde, uniloculaire ; stigmate sessile, épais, discoïde, percé à son centre d'une ouverture, persistant. Fruit (baie) petit, rougeâtre, monoloculaire, contenant 1-3 graines, oblongues, brunes, chagrinées, un peu déprimées au sommet. 5-

Habitat. — Le long des bois, dans les haies, au voisinage des fermes.

Culture. — Tous les terrains lui conviennent, mais de préférence ceux qui sont frais et substantiels ; on le multiplie soit de graines parfaitement mûres, qui ne sortent que la deuxième année, soit par des rejetons de l'année enlevés aux premiers jours de l'automne, soit par marcottes.

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