BOUILLON BLANC
sions profondes, aiguës. Corolle gamopétale; tube court; limbe rotacé presque plan, à 5 divisions obtuses, arrondies, inégales. Etamines 5, inégales, les 2 inférieures à filets glabres, les 3 supérieures à filets lanugineux. Ovaire à 2 carpelles multiovulés; style filiforme; stigmate en tête. Fruit (capsulé) ovoïde un peu aigu, tomenteux, à 2 loges et à 2 valves. Graines petites, irrégulières, chagrinées. ^.
Habitat.— Il est commun dans toute la France; on le trouve dans les lieux incultes et pierreux, dans les décombres, les champs, sur le bord des chemins.
Cal tare. — Il demande des terres chaudes et légères, une bonne exposition au soleil. On sème les graines en pleine terre, dès la maturité, car la transplantation lui est peu favorable. Il croît d'ailleurs spontanément en assez grande quantité pour qu'il ne soit pas nécessaire de le cultiver pour les besoins de la médecine.
Parties usitées. — Les feuilles et les fleurs.
Récolte, conservation, dessiccation. — Les fleurs doivent être récoltées dès qu'elles sont épanouies, et promptement séchées; quand la dessiccation est bien faite, les pétales contrastent par leur belle couleur jaune doré avec la teinte jaune verdâtre du calice, et exhalent une légère odeur de violette. On peut ne récolter que les corolles ; on attend, dans ce cas, que la fécondation ait eu lieu, car alors elles se détachent sous l'influence de la plus légère traction. Il faut conserver les fleurs tassées et à l'abri de la lumière pour qu'elles ne noircissent pas. On recueille les feuilles pendant toute la belle saison ; elles ne changent pas d'aspect par la dessiccation si l'opération est bien conduite. Les fleurs ont une saveur visqueuse un peu sucrée; les feuilles sont légèrement amères.
Composition chimique. — Les fleurs de bouillon blanc contiennent : huile volatile jaunâtre, matière grasse acide, gomme, sucre incrislallisable, principe colorant jaune, sels.
Formes pharmaceutiques, doses. — On administre les fleurs : 1° en infusion, pp. 10 à 30 : 1000; 2° en décoction, 30 à 60 : lOOO; 3° les feuilles en décoction, pp. 30 à 60 : 1000; on en fait des cataplasmes. La molène sinuée (V. sinuatum L.), la M. noire (F. nigrum L.), la M. Lychnis (V. Lychnitis L.) peuvent être substituées à la M. officinale.
Usages. — Les fleurs sont adoucissantes et pectorales; elles /ont partie des espèces pectorales. On administre leur infusion dans les rhumes, les tranchées, la dysurie. On doit passer l'infusion avant de la prendre, sinon les poils rudes qui couvrent les filets des etamines provoqueraient la toux, par suite de l'irritation mécanique qu'ils exerceraient sur la gorge. La décoction des feuilles est usitée en lavements pour calmer les épreintes de la diarrhée et de la dysen-
tèrie, et en fomentations contre les brûlures et le prurit dartreux ; bouillies dans du lait et sous forme de cataplasmes, on les applique sur les furoncles, les panaris, les hémorrhoïdes ; dans ce dernier cas, on leur adjoint les feuilles de jusquiame. Écrasées et appliquées localement, elles guérissent rapidement les plaies que les mendiants se procurent avec la renoncule pour exciter la charité publique. Les graines de bouillon blanc sont un stupéfiant pour les poissons.
BOURRACHE OFFICINALE. — Borrago officinalis L. Borraginées. Borrago dérive de cor agof par allusion à de prétendues propriétés cordiales.
Description. — Plante de 3-7 décimètres, couverte de poils rudes, d'odeur légèrement vineuse, de saveur herbacée et mucilagineuse. Racine allongée, noirâtre à l'extérieur, blanche en dedans. Tige herbacée, dressée, cylindrique, épaisse, creuse, rameuse. Feuilles alternes, ridées, vertes, hérissées de poils; les inférieures humifuses, grandes, pétiolées, elliptiques; les caulinaires plus étroites, sessiles, légèrement décurrentes, amplexicaules. Fleurs (juin-septembre) grandes, bleues ou blanches, rarement roses, peu odorantes, disposées au sommet des rameaux en grappes unipares scorpioïdes.
** J^ SX.
Pig. 40. — Fleur de bourrache. Fig. 41. — Étamine entière de bourrache.
Calice gamosépale, profondément quinquéfide, étalé, à divisions linéaires aiguës. Corolle gamopétale rotacée, à tube nul, à 5 lobes larges et acuminés; gorge (fig. 40) munie de 5 écailles (ec), glabres et obtuses. Étamines 5, conniventes en cône (e), à filets (fl) pourvus sous le sommet d'un appendice (a) lingaiforme, dressé, atteignant le milieu de la hauteur de l'anthère (fig. 41). Ovaire supère à 4 lobes; style gynobasique; stigmate simple. Fruit formé de 4 petits achaines. Graines noirâtres à leur maturité, ovoïdes, ridées et osseuses. ®.
136 BRYONE DIOÏQUE
Habitat. — Cette plante, originaire du Levant, s'est naturalisée dans toute la France, où elle croît spontanément dans les lieux cultivés ; elle se sème d'elle-même.
Culture. — Elle est très rustique; on la reproduit par graines en tout temps et dans tous les terrains; elle aime le soleil; on peut transplanter les jeunes pieds.
Parties usitées. — Les feuilles, les fleurs, la plante entière.
Récolte, dessiccation, conservation. — La Bourrache, contenant un suc visqueux abondant, doit être desséchée avec soin. Pour cela, on la dispose sur des claies et l'on renouvelle fréquemment la surface exposée à l'air; quand le milieu ambiant est humide, on doit, pour abréger l'opération, terminer la dessiccation à l'étuve. La plante entière se récolte pendant toute la belle saison ; les fleurs , au milieu de l'été; et, après les avoir mondées, on les porte au séchoir. La bourrache mal desséchée est jaune ou noire.
Composition chimique. — Elle renferme : matière mucilagineuse, substance albuminoide , acides végétaux combinés à la potasse et à ta chaux, nitrate de potasse.
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Infusion des fleurs, pp. 40 : 1000. 2° Décoction des feuilles et des jeunes tiges, pp. 4 à 46 : 4000. 3» Suc exprimé, 50 à 100 grammes. 4° Extrait, 4 à 4 grammes. On peut remplacer la bourrache par les fleurs de coquelicot ou de buglosse.
Usages. — La bourrache, dont on a tour à tour exalté et dénigré les propriétés, est un remède populaire, qui trouve des applications : 1° comme béchique et adoucissante dans les inflammations de poitrine, la bronchite, la pneumonie; 2° comme diaphorétique dans les fièvres exan thématiques (rougeole, variole, scarlatine, miliaire), le rhumatisme; 3° comme diurétique, à cause du nitre qu'elle contient, dans les fièvres à éléments bilieux et inflammatoires.
BRYONE DIOÏQUE . — Bryonia dioica Jacq., B. alba L. Bryone officinale, B. dioïque, Vigne blanche, Gouleuvrée, Navet du diable. Cucurbitacées. De ppueiv, pousser, par allusion à la vigueur de la plante.
Description (fig. 42). — Plante de 2-4 mètres, grimpante, hérissée de poils raides et courts insérés sur des glandes. Racine pivotante, grosse comme le bras et quelquefois comme la jambe, charnue, d'un blanc jaunâtre à l'extérieur, grisâtre à l'intérieur, striées transversalement. Tiges minces, herbacées , grêles, anguleuses, rudes au toucher, s'attachant aux corps voisins à l'aide de vrilles extra-axillaires très longues, roulées en spirale. Feuilles alternes, pétiolées, cordiformes, palmées, à 5 lobes sinués, hérissées de poils rudes sur leurs deux faces. Fleurs dioïques, d'un vert jaunâtre, dis-
BRYONE DIOÏQUE
posées en petites grappes axillaires sur des pédoncules assez longs pour les fleurs mâles et courts pour les femelles (mai-juillet). Mâles : calice gamosépale, campanule, à 5 dents aiguës, soudé inférieurement avec la corolle gamopétale, également campanulée, à 5 divisions ovales, d'un blanc sale. Étamines 5, réunies en 3 faisceaux par leurs filets et leurs anthères ; deux de ces faisceaux sont formés chacun de 2 étamines; anthères courbées en S. Femelles : calice et corolle plus petits. Ovaire triloculaire, soudé au calice, qui se resserre en tube au-dessus de lui. Style trifide; stigmates échancrés, Fruit (baie) globuleux, de la grosseur d'un pois, lisse, vert d'abord, d'un rouge vif à la maturité, contenant £-6 graines ovoïdes, logées dans une pulpe mucilagineuse. if.
Habitat. — La bryone est commune dans les haies, les bois.
Culture. — Elle est rarement cultivée; mais on peut la reproduire, en pleine terre, soit de graines, soit par des fragments de racine; elle s'accommode de tous les sols.
Partie usitée. — La racine. Elle présente une saveur amère désagréable, une odeur nauséeuse. Fi*- 42- " Bry°ne dioï(ïue-
Récolte, dessiccation. — On peut employer cette racine à l'état frais, pendant toute l'année, mais on la fait aussi sécher. Pour cela, on l'arrache à l'automne ou pendant l'hiver, on la lave, on la coupe en tranches minces que l'on étend sur des claies ou dontjon forme des chapelets. La dessiccation a lieu au soleil ou à l'étuve. La racine sèche est moins odorante que la fraîche, mais elle reste très amère. On doit rejeter celle qui a été piquée par les vers.
Composition chimique. — La racine de bryone contient : bryonine, bryoîcine, amidon, huile verte concrète, résine, albumine, gomme , sels de potasse et de chaux. La bryonine (Dulong) est formée par la réunion de deux principes amers non azotés, analogues aux résines, la bryonitine et la bryonine (Walz) ; cette der-
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nière est un glycoside. La bryoïcine est une matière cristalline, azotée. L'amidon y existe en assez grande quantité, 20 0/0 environ ; or, la matière amère ou bryonine étant soluble dans l'eau, il est facile, par le râpage et des lavages subséquents, d'extraire de cette racine de l'amidon que l'on peut utiliser dans l'alimentation.
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Décoction, pp. 40 à 20 : 1000. 2° Sirop, 3° Alcoolature, très usitée dans la médecine homœopathique. 4° Vin, 30 à 100 grammes. 5° Suc, 4- à 12 grammes. 6° Extrait, 25 à 75 centigrammes. 7° Poudre, 6 décigr. à 2 grammes. La bière qu'on laisse séjourner pendant 12 heures dans une excavation pratiquée dans la racine devient purgative. A l'extérieur, on emploie la pulpe et le suc seuls ou avec de la mie de pain, sous forme de cataplasmes. La bryonine est inusitée; c'est un poison violent à la dose de 20 centigrammes ; elle est déjà drastique à 1 ou 2 centig. La noix de galle paraît neutraliser les effets de la bryone.
Action physiologique. — La racine de bryone est purgative: elle amène des selles aqueuses abondantes, sans déterminer ni irritation intestinale ni ténesme. Elle est également vomitive; mais cette action est moins sûre, moins constante que l'action purgative ; on a également signalé ses effets diurétiques. A hautes doses, elle produit des superpurgations avec refroidissement , petitesse du pouls, crampes, état cholériforme, quelquefois des convulsions de forme tétanique, de la stupeur, la mort même dans certains cas. Appliquée, en grande quantité, sur la peau, elle y détermine une vive irritation et quelquefois des phlyctènes.
Usages. — La bryone se range dans le groupe des purgatifs hydragogues, et son action est mise à contribution dans les hydropisies et surtout dans celles de cause palustre. Ses propriétés nauséeuses , vomitives, sont utilisées dans les différentes formes de catarrhe, l'asthme humide, la coqueluche au début ; ses vertus diaphoniques l'ont fait conseiller, dans le traitement du rhumatisme, comme succédané de la poudre de Dower; pour faciliter et régulariser les éruptions dans les maladies exanthématiques. On Ta indiquée comme antilaiteux, comme vermifuge, vu son amertume et ses propriétés purgatives ; pour combattre la manie et l'épilepsie. L'action rubéfiante de sa racine pourrait être mise à profit au cas où l'on manquerait de moutarde.
BUSSEKOLE. — Voy. Arbousier husserole.
CACAOYER ORDINAIRE. Theobroma cacao L. , Cacao sativa Lam., C. minus Gœtn. Cacao commun, Cabosse. Malvacées-Byttnérjacées.
Description (fig. 43). — Arbre de 10 mètres de hauteur. Bois tendre et léger; branches nombreuses, allongées et grêles. Feuilles alternes, entières, courtement pétiolées, obovales ou elliptiques, acuminées, entières, glabres, lisses, penninerves, munies à la base de deux stipules linéaires subulées, caduques; pétiole creusé en gouttière. Fleurs petites, rougeâtres, inodores, pédicellées, placées par petits bouquets de 6 à 7 sur le tronc, les grosses branches et les jeunes rameaux; ces dernières stériles. Calice régulier à h* sépales, lancéolés, pétaloïdes. Corolle régulière à h* pétales, alternes, libres, creusés en gouttière et élargis inférieurement, rétrécis dans leur partie moyenne, puis élargis et spatules au sommet. Étamines 10, monadelphes, dont 5 fertiles et 5 sans anthère, alternant avec les premières et formant à leur base une enveloppe à l'ovaire. Celui-ci libre, supère, à 5 loges, marqué de 10 sillons; style long, partagé à son sommet en 5 branches stigmatifères. Le «fruit est une sorte de baie, du volume d'un grand citron (vulgairement cabosse), ovoïde, allongé, à surface inégale raboteuse, marqué de 10 siUons longitudinaux, jaune ou rouge, à péricarpe épais, dur, coriace, ordinairement indéhiscent, monoloculaire, rempli d'une pulpe aqueuse, acide, qui unit entre elles les graines; celles-ci (15 à 40), empilées les unes sur les autres, ont à peu près la forme et la grosseur d'une amande dépouillée de sa coque; leur tégument, mou, flexible et blanchâtre quand il est frais, devient papyracé et d'un rouge obscur en se desséchant. L'amande est presque entièrement formée par un embryon oléagineux, d'un gris noisette au dehors, rougeàtre en dedans, dont les cotylédons sont découpés en un grand nombre de lobes, irrégulièrement plissés. Les plis sont remplis par un albumen peu développé. 5»
Habitat. — 11 est originaire des régions chaudes de l'Amérique tropicale, du Mexique et des pays voisins, d'où il s'est répandu aux Antilles, à la Guyane, au Brésil, dans l'Inde.
Culture. — On choisit pour le planter les lieux exposés au midi et facilement arrosables. On le sème en novembre, après la saison des pluies. Comme les jeunes plantes craignent un soleil trop ardent, on plante dans leur voisinage des érythrines et des bananiers
dont l'ombre les protège. L'arbre est en plein rapport au [bout de six à huit ans. 11 est couvert dej fleurs et de fruits pendant toute
Fig. 43/ — ' Cacaoyer'ordinaire : a, une graine isolée.
l'année, mais il faut plusieurs mois au fruit pour se former et mûrir.