Partie usitée. — Les feuilles
Récolte. — On peut les recueillir pendant toute la belle saison. Leur saveur est amère, quelque peu acre, leur odeur faible, analogue à celle de la fougère mâle. Elles perdent leurs qualités par la dessiccation.
Composition chimique. — Les feuilles des capillaires contiennent : acides gallique et tannique, matière amère, huile essentielle* Cette dernière substance est plus abondante dans le capillaire du Canada que dans les autres espèces.
Formes pharmaceutiques, doses. — 4° Infusion, pp. 10 à 20 : 1 000, coupée avec du lait. 2° Sirop, 30 à 100 gram. — Le genre asplénium ou doradille fournit aussi des capillaires qui pourraient être utilisés en médecine, tels sont : le capillaire noir (Asplenium adiantum nigrum L.), le C. rouge (A. trichomanes L.), la doradille des murs (A. ruta muraria L.), le cétérach des boutiques (A. ceterach L.).
Usages. — On a attribué à ces plantes des effets béchiques et expectorants. Ces effets sont loin d'être démontrés, et il y a lieu de rabattre beaucoup de la réputation dont les sirops et les infusions de capillaire jouissent dans la médecine domestique, pour combattre les rhumes, les catarrhes. On les emploie aussi quelquefois dans les maladies des voies urinaires.
CARDAMOME DU MALABAR. — Voy. Elle tarie cardamome.
CARRAGEEN ou CARRAGAEEN. — Fucus crispusL.,Chondru crispus Lyng., Ch. polymorphus Lmx. Mousse d'Irlande, Mousse perlée marine. Algues.
Description. — Plante de couleur pourpre, brune ou verte à Tétat frais, formée par un pédicule aplati qui s'étale en une fronde plate, dichotome, à segments linéaires, cunéiformes, sur lesquels
on observe quelquefois de petites capsules hémisphériques, sessiles, concaves en dessous. Cette algue est longue de 5-8 centimètres, et sa forme est très variable; tantôt elle est plane ou toute crispée, tantôt élargie ou filiforme, tantôt obtuse ou pointue. Le plus ordinairement, dans le commerce, elle est sèche, crispée, élastique, d'un blanc jaunâtre, d'une odeur faible et d'une saveur mucilagineuse non désagréable. Quand on la plonge dans l'eau, elle se gonfle presque aussitôt, devient blanche, gélatineuse, et paraît même se dissoudre en partie. Dans l'eau bouillante, elle se dissout presque complètement et forme 5 ou 6 fois son poids d'une gelée très consistante et insipide.
Habitat. — La mer du Nord, la mer d'Irlande, les côtes de Bretagne.
Composition chimique. — Lecarrageen renferme : gelée, mucus, deux résines, acide oxalique, matière grasse acide, sels, un peu d'iode, de chlore, de brome, du soufre. On en a retiré aussi une substance neutre très azotée et sulfurée, la goèmine.
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Tisane, pp. 5 : 1 000. 2° Saccharure. 3° Gelée, 100 à 300 gram. 4° Pâte. Associé au lait, il forme le lait analeptique de Thodanter.
Usages. — Dans les pays pauvres, le carrageen sert de nourriture, et on l'a préconisé comme un analeptique comparable au salep* et à Tarrow-root. Il est certain que le mucilage qu'il donne par l'ébullition est très doux, très émollient, et qu'il pourrait être employé sous forme de collyre, de lavements, d'injection, de gargarisme, dans les cas où l'on fait appel aux semences de coing, à la guimauve, à la graine de lin, etc. Son efficacité contre la phthisie est encore à prouver; on le prescrit en Angleterre dans la diarrhée,, la dysenterie, la pneumonie, l'hémoptysie. CASCARILLE OFFICINALE. — Voyez Croton eleutérie. CASSE A FEUILLES AIGUËS. Cassia acutifolia. Del. LÉGUMIneuses-CLesalpiniées.
Description (fig. 54). — Sous-arbrisseau de 6-10 décimètres de hauteur. Tige ligneuse, dressée, cylindrique, blanchâtre, un peu tomenteuse dans le haut, rameaux droits et minces. Feuilles alternes, pinnées sans impaire, composées de 4-8 paires de folioles, opposéesr presque sessiles, coupées obliquement sur un de leurs côtés à la naissance du limbe, terminées en pointe aux deux extrémités, trè& entières, minces, fragiles, d'un vert pâle inférieurement, jaunâtres supérieurement, finement pubescentes surtout à la partie inférieure. Le pétiole commun présente à sa base deux petites stipules subulées. Fleurs jaunes, formant des épis pédoncules axillaires; chaque fleur est courtement pédicellée. Calice à 5 divisions profondes, inégales.
caduques. Corolle à 5* pétales, presque régulière. Etamines 40, libres, Inégales, 3 inférieures plus longues, 4 latérales moyennes, 3 supérieures plus courtes et stériles. Anthères s'ouvra nt par un petit trou placé au sommet de la loge. Ovaire légèrement pédi celle, hérissé de poils jaunes, terminé par un style grêle et recourbé. Fruit (gousse) bivalve, plat, mince, ovale, obtus, glabre, chargé de veinules lisses, noirâtre au centre, vert sur les bords, à 6-9 loges
contenant chacune une graine cendrée, dure, cordi forme, rendant le péricarpe proéminent au dehors et séparée des graines voisines par une fausse cloisoir mince. J.
Habitat. — Cette plante croît dans la haute Egypte, la Nubie, le Cordofan et principalement dans les val- Jées de Bicharié, sur les confins de l'Egypte et de la Nubie.
Parties usitées. — Les feuilles mondées, appelées séné, et les fruits , improprement nommés follicules de séné.
Plusieurs autres espèces du genre Cassia peuvent fournir du séné, tels sont le Cassia obovata Col., qui donne les sénés dits oVAlep, d'Alexandrie, de la Thébaide, du Sénégal, d'Italie; le C. angustifotia Bail., d'où proviennent les sénés Moka, de la Mecque, de la Pique, de Tinnevelly, de VInde ou Suna Mutka. Quant au C. acutifolia, il fournit les sortes commerciales nommées : de Nubie, d'Ethiopie, de la palthe (Bâillon). Cette dernière sorte, qui est à peu près la seule que l'on rencontre dans le commerce français, tire son nom de l'impôt (palthe) dont il était frappé en Egypte; c'est le séné officinal.
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Fig. 54. — Casse à feuilles aiguës.
Récolte, commerce. — On récolte le séné au mois de septembre, quand les fruits sont mûrs. Le produit est transporté à Boulacq, près du Caire. Là, on le débarrasse des corps étrangers qu'il contient accidentellement, on sépare les follicules, puis on mélange les diverses espèces et on les brise légèrement. La feuille du Cassia acutifolia domine dans le mélange et y entre dans la proportion de 5/10, mais on y trouve aussi celle du Cassia obovata (flg. 55, b) pour 3/10, et celle de l'argue! (Cynanchum arguel Del., Apocynées)
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Fig. 55.— Séné de la casse à feuilles obovées : a, follicule ; ô, foliole.
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Fig. 57. — Séné de la casse à feuilles aiguës : a, folioulle; b, foliole.
Fig* 5tf. — Feuilles* et follicules de l'argue! .
(fig. 56) pour 2/10. Ces dernières sont épaisses, chagrinées, d'un vert blanchâtre ; leurs nervures sont à peine visibles, et leurs deux faces sont semblables. Lorsque cette opératton est accomplie, le séné est expédié, en Europe, en ballots de 100 à 150 kilogr. nommés fardes. Un triage un peu attentif permet d'en séparer : 1° des bûchettes ou débris des pétioles communs des feuilles ; 2° quelques follicules ayant échappé au premier examen; 3° des grabeaux ou débris indistincts de toutes les parties du végétal; 4° des feuilles étrangères autres que celles de l'argue!, et principalement celles du
Tephrosia appolinea (Galega appolinea Del., Légumineuses). Lorsque ce triage a été fait, on a le séné mondé. On reconnaît aisément, dans ce mélange, les feuilles du Cassia acutifolia. En effet (flg. 57, 6), elles sont ovales, aiguës, légèrement pubescentes, d'un vert grisâtre, d'une odeur assez agréable, d'une saveur visqueuse et a mère. On falsifie souvent le séné avec les feuilles du redoul (Coriara myrtifolia L., Coriariées). Cette fraude, qui est loin d'être sans danger, se reconnaît à ce que les feuilles du redoul (fig. 58) ont 2 grandes nervures latérales, à direction oblique et parallèle à la
Fig. 58. — Feuilles de redoul.
nervure médiane. Les follicules du Cassia acutifolia (fig. 57, a) sont grands, plats, larges, un peu arqués, d'un vert sombre, noirâtres à l'endroit des graines. Celles-ci sont, au nombre de 6 à 9.
On emploie encore quelquefois le séné de Tripoli, que l'on attribue au Cassia œthiopica Guib., variété du C. acutifolia, et le séné Tinnevelly. Ce dernier provient de l'Inde et commence à se répandre dans les officines.
Composition chimique. — Les feuilles de séné contiennent : cathartine, chlorophylle, huile volatile peu abondante, matière colorante jaune, matière gommeuse, albumine r acide malique, sels. La cathartine, que l'on a considérée longtemps comme le principe actif, est un mélange assez complexe de substances extractives. D'après de récentes analyses, il faudrait attribuer l'action du séné à un glycoside, Y acide cathartique, capable de se dédoubler en glycose et en cathartogénine; mais, d'après Bourgoin, l'acide cathdr-
tique n'existerait point, et la cathartine ne serait qu'un mélange d'acide chrysophanique, de glycose dextrogyre et d'une nouvelle substance, la chrysophanine. On a également signalé dans le séné la présence d'un principe sucré, non fermentescible, dextrogyre, la cathartomannite. Quoi qu'il en soit, aucune de ces substances ne peut rendre exactement compte de l'ensemble des propriétés du séné.
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Poudre, A à 8 gram., rarement employée. 2° Infusion, pp. 15 : 200; l'ébullition un peu prolongée affaiblit son action. 3° Extrait, inusité. 4° Lavement, pp. 15 : 500 avec 15 gram. de sulfate de soude. Il entre dans la médecine noire, la tisane royale, le thé de Saint-Germain et de Smyrne, le sirop de pomme composé, le petit lait de Weiss. 11 faut éviter de l'associer aux acides forts, aux carbonates alcalins, à l'eau de chaux, à Pémétique.
Action physiologique. — Ingéré à la dose de 15 à 25 gram., le séné produit ordinairement des nausées, des coliques, des tranchées, des borborygmes et des selles fréquentes non séreuses. 11 agit sur les fibres contractiles de l'intestin et exerce sur elles une action spasmodique, mais sans produire une grande sécrétion de liquide. A dose élevée, son action convulsivante, en se portant sur les autres organes abdominaux, peut provoquer l'écoulement des flux hémorrhoïdaux et menstruels, et, chez les femmes enceintes, des hémorrhagies utérines, l'avortement. Sous son influence, le pouls se déprime et se ralentit; la température du corps s'abaisse, puis, la réaction s'établissant, le nombre des pulsations augmente, la tension artérielle s'élève, la caloriflcation subit une augmentation. Le lait des nourrices soumises à l'action du séné devient purgatif. Les follicules paraissent moins actifs que les feuilles. Quant aux feuilles de l'arguel, elles seraient inactives d'après les expériences de Schroff, tandis que d'après d'autres observateurs, tels que Nectoux, Pugnet, elles auraient une action plus énergique que celles du séné.
Usages. — C'est un purgatif précieux, malgré soh goût désagréable, nauséabond, et les coliques qu'il produit souvent. On l'administre dans les cas de constipation opiniâtre, de volvulus, d'iléus, d'engouement stercoral ou herniaire; on peut corriger ses effets nauséeux, en l'associant à quelque aromatique, tel que l'anis, le fenouil, le citron, et son goût désagréable, par l'adjonction d'une infusion de café; on combat les tranchées qu'il détermine en administrant en même temps une faible dose d'extrait de belladone. — Il est contre-indiqué toutes les fois qu'il y a inflammation du canal intestinal, du péritoine, tendance aux hémorrhagies utérines ou rectales.
168 CÉPHÉLIDE IPÉCACDANHA
CENTAURÉE (Petite). — Voy. Erythrée centaurée.
.CÉPHÉLIDE IPECACUANHA. Cephœlis ipecacuanha Tussac, Collicocca ipecacuanha Gom. et Brot. Rubiacées-Psychotriées.
Description (fig. 59). — Souche rampante, horizontale, émettant des racines fibreuses, capillaires ou bien charnues, et marquées
Fig. 59. — Céphélide ipécuanha.
d'impressions annulaires très rapprochées, à épiderme brun recouvrant un parenchyme blanc, presque charnu à l'état frais, et un axe central, ligneux, filiforme. Tige de 3 décimètres, simple, subquadrangulaire. Feuilles 6-8, opposées, courtement pétiolées, ovales, acuminées, entières, presque glabres. Stipules 2, intra foliacées, laciniées. Fleurs (novembre à mai) blanches, petites, 10-12 au plus, réunies en un capitule terminal pédoncule, entouré à sa base par un
CÉPHÉLIDE 1PÉCACUANHA
involucre régulier tétraphylle. Calice adhérent, à cinq dents. Corolle blanche, infundibuliforme, staminifère, à tube cylindrique, limbe à cinq divisions aiguës. Etamines 5, ovaire infère à 2 loges uniovulées, surmonté par un disque épigyne jaunâtre ; style simple; stigmates 2, linéaires, divergents. Fruit (baie) ovoïde, noirâtre, contenant deux nucules blanchâtres, convexes par le dos, marqués d'un sillon sur le côté interne et se séparant à la maturité.
Habitat. — Croît dans une grande zone qui occupe toutes les provinces du littoral du Brésil, depuis l'équateur jusqu'au tropique du Capricorne, entre l'Atlantique et les hautes terres de l'intérieur.
Fig. 60.
— Ipécacuanha Fig. 61. — Ipécacuanha annelé. strié.
JfP.
Fig. 62. — Ipécacuanha ondulé.
C'est la province de Matto-Grôsso qui alimente presque à elle seuls tout le commerce européen.
Culture. — Cette plante vient généralement dans les lieux à l'abrides inondations, en bouquets lâches et arrondis. Elle se multiplie, soit de graines, soit surtout par un système naturel de bouturage, provenant des fragments de la racine abandonnés accidentellement dans le sol, quand on arrache la plante.