Partie usitée. — La racine, connue surtout sous le nom de rai
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fort s*auvage. Elle est complètement inodore quand elle est entière; mais si Ton vient à l'inciser transversalement, à la râper ou à la contuser, il s'y développe une huile volatile qui irrite fortement les yeux. La saveur de cette racine est acre et très forte.
Récolte. — On l'emploie toujours fraîche, en ayant soin de la choisir, après la floraison sur une planté ayant plus d'un an et moins de deux : comme les racines du cochléaria de Bretagne sont
Fig. 84. — Cochléaria de Bretagne.
très longues, on peut en retrancher de grandes parties sans pour cela faire périr la plante. On pourrait se servir de la racine sèche, si on l'avait desséchée avec soin, car elle reprend alors toutes ses propriétés au contact de l'eau.
Composition chimique. — Cette racine contient : huile volatil* acre, résine arrière, extractif, sucre, gomme, amidon, ligneux, albumine, acide citrique, acétate et sulfate de chaux. L'huile volatile est liquide, épaisse, d'un jaune clair, plus pesante que l'eau; son goût est d'abord douceâtre, puis acre et brûlant; son odeur est insupportable et provoque le larmoiement; une seule goutte suffit pour infecter un appartement. Appliquée sur la peau, elle l'enflamme
COCHLÉARIA OFFICINAL 209
et produit de la vésication. Elle est un peu soluble dans l'eau, soluble dans l'alcool. Elle est sulfurée; par sa composition et son mode de formation, elle parait se rapprocher de l'essence de moutarde; elle ne préexiste pas d'ailleurs dans la racine et ne se forme que sous l'influence de l'eau de végétation, quand on vient à briser les cellules.
Formes pharmaceutiques, doses. — . 1° Infusion, pp. 15 à 30 : 1000. 2° Suc exprimé, 15 à 30 gram. 3° Eau distillée, 15 à 30 gram. Teinture, 8 à 15 gram. Elle entre dans la tisane de raifort, la teinture de raifort composé; avec les bourgeons de sapin, la bière et le cochléaria officinal, dans la bière antiscorbutique ou sapinette; dans l'alcoolat de cochléaria, dans le vin et le sirop antiscorbutique.
Action physiologique. — La racine possède, à un degré moindre, il est vrai, les mêmes propriétés que l'essence, c'est-à-dire que la pulpe appliquée sur la peau détermine la rubéfaction et la vésication, qu'elle provoque le larmoiement. Mâchée, elle excite fortement la sécrétion de la salive ; ingérée, elle cause de la chaleur à l'estomac, des vomissements même, si la dose est forte. L'excitation qu'elle provoque venant à se généraliser, on constate quelquefois une diurèse abondante, une augmentation dans la transpiration.
Usages. — Comme rubéfiant, on peut substituer la racine de raifort sauvage à la moutarde; l'infusion est quelquefois utilisée comme vomitif. C'est le plus énergique des an ti scorbutiques. Son action diaphorétique, diurétique, est utilisée 'dans les hydropisies et surtout dans celles qui dépendent d'une affection du rein, dans la goutte et le rhumatisme chronique, la paralysie. Par le soufre qu'elle renferme, elle est aussi anticatarrhale; on l'administre comme expectorante dans les catarrhes chroniques, l'asthme pituiteux, l'engorgement des voies respiratoires. Crue et râpée, elle est employée comme assaisonnement.
COCHLÉARIA OFFICINAL. Cochléaria oflieinalis L. Herbe aux cuillers, Cranson officinal. Crucifères.
Description (fig. 85). — Plante de 1-2 décimètres. Racine fusiforme, simple, allongée, de la grosseur d'une plume à écrire, munie de nombreuses fibrilles capillaires. Tige dressée, très rameuse, dés la base, anguleuse, glabre, verte, herbacée; rameaux dressés, atteignant tous la même hauteur, quelquefois étalés, diffus. .Feuilles alternes, un peu charnues, lisses, luisantes d'un vert foncé; les radicales longuement pétiolées, courbées en cuiller, plus ou moins échancrées en cœur à la base, non décurrentes sur le pétiole, entières ou sinuées ; les caulinaires plus petites, sessiles, oblongues,
vt.
COCHLEARIA OFFICINAL
anguleuses, dentées ; les supérieures embrassant la tige par detn oreilles. Fleurs (mai-juillet) blanches, pédonculées, disposées à l'extrémité des rameaux en grappes corymbiformes. Calice, 4 sépales, obtus, creux et concaves en dedans, convexes en dehors, étalés. Corolle, 4 pétales, une ou deux fois plus longs que les sépales, obovés, étalés, entiers, longuement et subitement onguiculés à la base. Etamines 6, tétradynames, sans appendices, à filets larges, linéaires. Style court, persistant, stigmate obtus. Fruit (silicule) ovale, elliptique, non vésiculeux, à deux valves longtemps persistantes, à deux loges contenant une ou deux graines fortement tuberculeuses. ® ou ©, suivant la nature du terrain où il végète.
Habitat. — La variété maritima God. croît sur les bords de la mer, dans les terrains marécageux; la variété pyrenaïca, le long des ruisseaux, dans les montagnes.
Culture. — On le cultive dans les jardins maraîchers pour l'usage médical. On le reproduit de graines que l'on sème au printemps, en ayant soin de faire choix d'une terre molle et humide, exposée au nord.
Oïl ^Ê w Paries usitées Les feuilles
1T >*tS fraîches.
Récolte. — Il faut les recueillir quand la plante est dans sa plus grande vigueur, c'est-à-dire au moment de la floraison- : elles sont alors pleines d'un suc acre et piquant. JElles exhalent, quand on les froisse dans les doigts, une odeur irritante qui excite féternuement et les larmes ; leur saveur est chaude, acre, légèrement amère ; elles perdent toutes leurs propriétés par la dessiccation ou l'action de la chaleur. #
Composition chimique. — Elles renferment : résine amérer attractif amery gomme, chlorophylle, albumine végétale, sels, m peu d'iode. Le principe actif est une huile essentielle sulfurée ou oxy-
Fig. 85. — Cochléaria officinal.
COIGWÀSSIER CULTIVÉ 211
sulfure d'allyle (tfH^O), qui est jaune, d'odeur fugace, pénétrante, provoquant les larmes, d'une saveur aroére, plus dense que l'eaur très volatile, soluble dans l'alcool. On a également signalé dans les feuilles la présence d'une matière acre, la eochléarine.
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Infusion, 16 à 30 : 1000 d'eau, de lait, de vin. 2° Suc, 16 à 64 grammes. 3° Alcoolat composé (esprit ardent de cochléaria), 40 à 30 gr. 4° Vin, 50 à 450 gr. 5° Conserve, 20 à 60 gr. 6° Sirop, 50 à 60 gr. Le cochléaria est rarement employé seul ; le plus souvent, on l'associe au raifort sauvage ; il fait partie de plusieurs préparations, telles que l'alcool,. le vin, la bière, le sirop antiscorbutique.
Usages. — C'est un des antiscorbutiques les plus usités. Onmâche les feuilles, dans les affections scorbutiques de la bouche, pour raffermir les gencives, modifier les ulcérations. Le suc est employé à l'intérieur, non seulement dans le scorbut, mais dansles engorgements ganglionnaires et viscéraux, les scrofules, les catarrhes pulmonaires avec sécrétion abondante des bronches , l'asthme, les hydropisies qui surviennent à la suite des fièvres intermittentes, les maladies chroniques de la peau. On doit, d'après Cazin, se garder de l'employer quand il y a irritation inflammatoire, dans les affeetions hémorrhoïdales, Phémoptysie, les toux sèches et spasmodiques, les palpitations, les congestions sanguinesau cerveau, la céphalalgie.
COIGtfASSlER CULTIVÉ. Cyâonia vulgari$ Pers., Pyrus cydonia L. Coignier, Cognassier. Rosacées-Pomacées. (De Ku8wv, villede Crète, patrie primitive de la plante.)
Description. — Arbre à tronc tortueux de 5 à 8 mètres, le plus souvent de 3 à 4 mètres, rameaux nombreux, diffus, cotonneux et blanchâtres dans leur jeunesse, devenant bruns en vieillissant. Feuilles alternes, pétiolées, ovales, arrondies à la base, obtusesr ou courtement acuminées au sommet, très entières, vertes en dessus, blanches et cotonneuses en dessous. Stipules caduques, ovales. petites, finement dentées, à dents glanduleuses. Fleurs (mai) blanches avec une teinte rougeâtre, très grandes, axillaires, solitaires à la partie supérieure des jeunes rameaux ; pédoncules courts. Calice velu, à tube ovoïde, limbe à 5 divisions aiguës bordées de dentelures glanduleuses. Corolle assez grande, à 5 pétales concaves, un peu arrondis, un peu échancrés, deux fois plus longs que les étamines, laineux à la base. Étamines 20 et plus. Ovaire à 5 loges multiovulées ; styles 5, pubescents à la base. Le fruit (melomde) mûrit en septembre et porte le nom de coing; il est pyriforme, charnu, jaunâtre, ombiliqué au sommet, surmonté par le limbe persistant et accru du calice, d'odeur forte, de saveur acre et désa-