CITRONNIER-LIMONIER
Culture. — Cet arbre se multiplie par bouture ou marcotte, ou bien encore de graines que Ton fait germer dans du marc de citron; on élève les jeunes sujets sous bâche pendant la première année, et Ton dépote la seconde.
Parties usitées. — Le fruit, nommé citron ou limon, et l'huile volatile fournie par l'écorce du fruit.
Récolte, conservation. — On récolte les fruits à la maturité, c'est-à-dire lorsque Pépicarpe est devenu entièrement jaune. Dans les pays du Nord, on préfère ceux qui ont Pépicarpe très épais ; ce ne sont pas les meilleurs, mais ils résistent bien au froid. On peut les conserver dans la saumure, dans le sable sec, ou sur des planches de peuplier, en ayant soin de les recouvrir d'une cloche en verre ou d'un bocal. Il faut, pendant l'hiver, les placer à l'abri du froid et séparer ceux qui sont gâtés, pour qu'ils ne corrompent pas les autres.
Composition chimique. — L'écorce de citron contient : huile volatile, hespéridine, aurantine, acide gallique. L'huile volatile (essence de citron), C10H8, obtenue par expression, est jaune, fluide, un peu trouble, d'odeur très suave, plus légère que Peau ; elle paraît être composée de deux essences isomères. Par distillation, elle donne une essence incolore, très fluide, mais moins suave, qu'on emploie pour détacher les étoffes de soie. L'hespéridine est une substance cristalline, résineuse; Paurantine une matière amère. Le suc des fruits renferme : acides citrique et malique, gomme, extractif amer. On a extrait des semences un principe amer ou limonine.
Formes pharmaceutiques, doses. — Le suc d'un citron exprimé dans un demi-litre d'eau froide additionnée de sucre donne la limonade commune. On obtient la limonade cuite en versant un demi-litre d'eau bouillante sur 1 ou 2 citrons coupés par tranches ; elle est moins acide et moins agréable que la limonade ordinaire. Le suc se prépare en séparant l'écorce et les graines et soumettant à la presse; on en fait un sirop. On emploie également l'alcoolat et Palcoolature de zestes, et l'oléosaccharure.
Usages. — Le citron sous forme de limonade est souvent employé, dans les fièvres, les phlegmasies, pour calmer l'état fébrile, modérer la chaleur générale. Son suc a été vanté avec raison comme un altérant spécial dans le scorbut, soit comme prophylactique, soit dans les premières périodes de cette affection. On se sert également du suc dans les ulcères de mauvaise nature, la pourriture d'hôpital, la gangrène traumatique, les maladies diphthéritiques des voies aériennes, l'angine couenneuse, le croup, le purpura et certaines hémorrhagies passives. On l'a recommandé comme anti-
HÉRAUD. PLANTES MÉD. ">,4?xM«
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dote dans les empoisonnements par les Euphorbiacées. U serait très efficace contre le rhumatisme polyarticulaire. L'huile essentielle est un stimulant diffusible; on Ta administrée, à la dose de 8 gr., contre le taenia. L'écorce du fruit est tonique, carminative. Les semences ont été prescrites sous forme d'émulsion comme fébrifuges et anthelminthiques.
COCA. — Voy. Eryihroxyle coca.
COCCULE COLOMBO. Cocetrtus palmatus DC.) Menispermum coiumba Roxb., Jateorhiza columba Miers. Ménispermées. De x&txoç, petite baie.
Description. — Arbuste dioïque, sarmenteux, grimpant. Racines épaisses à ramifications fusiformes. Tige volubile, simple, cylinilrique, de la grosseur du petit doigt, duveteuse. Feuilles alternes, longuement pétioJées, cordées à la base, orbiculâires, acuminées, entières, palmées à 5* lobes écartés et à 5 nervures. Fleurs mâles sessiles sur des pédoncules simples ou rameux plus longs que les feuilles. Galice à 6 sépales caducs, corolle à 6 pétales épais et subcunéiformes. Étamines 6, plus longues que les pétales. Anthères quadritoculaires. Femelles à 3-6 ovaires libres, uniloculaires, surmontés d'un stigmate sessile, simple ou bifide au sommet. Le fruit est une drupe velue presque ses si Je, terminée par une saillie glanduleuse et noire, à noyau reniforme. 3.
Habitat. — Les forêts qui avoisinent le canal de Mozambique, Madagascar.
Partie asHée. — La racine (r. de Colombo). Elle se présente en tronçons de 8 à 8 centim., ou en rouelles de 3 à 5* centim. de diamètre; son épîderme est d'un brun verdâtre, épais, rugueux; sa section transversale représente des cônes concentriques ; son odeur est agréable, sa saveur amère; on croyait autrefois, mais à tort, qu'elle provenait de Ceykn, et son nom de colombo rappelle celui de la capitale de cette île. Il faut éviter de la confondre avec la racine du faux colombo (colombo d'Amérique ou de Marietta) fournie par le Frasera Watteri Mieux., Gentiawées. Cette dernière est en rouelles irrégulières ou en tronçons ; son épidémie d'un gris fauve est souvent strié eirculairement. Son odeur rappelle celle de la gentiane; sa saveur est amère, puis sucrée, fille ne se colore pas par la teinture d'iode, tandis que celle de colombo bleuit.
Coatpositfoa ckaarique. — La racine de colombo contient : amidon, ooiombaie de berbériné, matière albtmmoide, huile volatile, eoiombine, àerbérme^ quelques sels, fille ne renferme pas de tannin; on peut donc l'associer au fer. La eolombine, C^H^O14, cristallise en prismes rhomboïdaux, incolores, inodores, dont la saveur est très amère; c'est un corps neutre.
COCBLÉARIA DE BRETAGNE 307
Formes pharmaceutiques, doses. — 4° Pondre, h* décigr. à 4 gram. 2° Extrait alcoolique, 2 décigr. à i gram. 3° Teinture, 4 à 40 gram. 4° Hydrolé, pp. 40 : 4000. Par la macération, on extrait le principe odorant, les matières albuminoïdes et amères; l'infusion entraîne, en outre, un peu d'amidon; la décoction en sépare une plus grande quantité.
Usages. — C'est un amer pur, exempt d'astringence et de propriétés stimulantes, qui tonifie l'estomac sans exercer d'action particulière sur le pouls et la calori fi cation. A haute dose, il produit des vomissements et serait même toxique. On le prescrit dans la diarrhée, la dysenterie, la dyspepsie, les coliques, les vomissements nerveux, les indigestions. On l'a également employé dans les affections scrofuleuses et scorbutiques, et les fièvres intermittentes.
COCHLÉARIA DE BRETAGNE. Roripa rusticana Gre. et God., Cochlearia armoracia L. Cran de Bretagne, Cranson, Raifort sauvage, Grand raifort. Crucifères. De cochléar, cuiller, par allusion à la forme des feuilles.
Description (flg. 84). — Plante de 6-40 décimètres tout à fait glabre. Racine épaisse, charnue, verticale, brièvement rameuse au sommet, d'une grosseur variant entre celle du doigt et celle du bras. Tige dressée, sillonnée, flstuleuse, rameuse au sommet. Feuilles radicales, très grandes, longuement pétiolées, ovales, oblongues, cordi formes à la base, crénelées sur les bords; les caulinaires inférieures longuement pétiolées, lancéolées, aiguës, dentées en scie sur les bords, assez semblables aux radicales, d'autant moins grandes qu'elles sont plus élevées; les caulinaires supérieures presque sessiles, lancéolées, incisées. Fleurs (mai-juin) blanches, petites, nombreuses, pédonculées, formant de longs épis à l'extrémité de la tige et des rameaux. Calice à 4 sépales dressés courts. Corolle à quatre pétales en croix, ovales, plus grands que le calice. Étamines 6, tétradynames, droites, divergentes; anthères bilobées, introrses. Ovaire libre, à deux carpelles; style court et filiforme terminé par un stigmate en tête, presque discoïde. Fruit (siliculé) petit, ovoïde, finement réticulé, veiné, couronné par le stigmate persistant. Graines ovoïdes, lisses, f .
Habitat. — Croît naturellement sur les bords des ruisseaux dans les pays humides, en Bretagne et dans d'autres parties de la France.
Culture. — Il peut végéter dans tous les terrains, mais les lieux frais et ombragés lui sont surtout favorables. On le multiplie en plantant, à l'automne, des éclats de sa racine, ou bien en semant la graine au printemps; celle-ci ne lève qu'autant qu'elle n'est pas^ trop vieille.