COLCHIQUE D'AUTOMNE
Description (fig. 86). — Bulbe gros, charnu, entouré d'une tunique membraneuse, à racines fibreuses, fasciculées. Feuilles naissant au printemps, ayant 2-3 décimètres de long sur 2-4 centim. de large, dressées, oblongues, lancéolées, subaiguës, glabres, d'un vert foncé, s'embrassant les unes les autres et formant une rosette au milieu de laquelle est le fruit. Fleurs (août-septembre) de couleur rose ou lilas tendre, 5-6, disposées en cymes unipares scor-
Flg. 86. — Colchique d'automne.
Fig. 87. — Tubercule de colchique.
pioïdes (Bâillon), gaines membraneuses et paraissant avant les feuilles. Périgone en entonnoir campanule, d'environ 1 décimètre de long, à tube 8 ou 6 fois plus long que le limbe, ce dernier formé de 6 divisions soudées à la base, lancéolées, oblongues. Étamines 6, dont 3 plus courtes ; filets filiformes, subulés; anthères allongées vacillantes. Ovaire trigone, libre, situé au fond du tube. Styles 3, libres, crochus, enroulés ; stigmates pâles, longuement prolongés sur les styles. Fruit (capsule) (mai-juin) de la grosseur d'une noix, obovale, renflé, formé de 3 carpelles soudés par la suture ventrale et s'ouvrant au sommet par le bord interne. Graines brunes, globuleuses ou ovoïdes, chagrinées. ^. .
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Cette plante présente, dans son mode de végétation, quelques particularités qu'il convient de faire connaître. Le bulbe acquiert son développement normal au printemps ; il renferme alors sous Técorce, à sa partie supérieure et latérale, un nouveau bulbe de la grosseur d'un haricot, qui s'accroît et arrive à son développement complet en trois mois ; pendant ce temps-là, le bulbe primitif se flétrit, et il a en entier disparu quand le bulbe nouveau est complètement formé. Lorsqu'à la fin de l'été le nouveau bulbe arrive à la floraison, les feuilles, qui, bien que formées, ne sont point encore apparentes, s'arrêtent dans leur développement. Quand la fécondation est opérée, la fleur se détruit, mais l'ovaire fécondé, qui, par suite de la longueur du tube calicinat, est resté caché socs terre, demeure dans cette situation tout l'hiver, puis peu à peu grossit, se montre au printemps et s'élève avec les feuilles, qui commencent alors à se manifester au dehors.
Habitat. — Les pâturages humides d'une grande partie de l'Europe. Le colchique abondait, dit-on, en ColcFiide et tirerait son nom de cette contrée.
Culture. — Le colchique sauvage suffit aux besoins de la médecine. On pourrait le cultiver dans une terre franche et douce à l'aide des caïeux qu'on relève dans le mois de juin pour les replanter aussitôt, ou au plus tard au mois d'août, en les enfonçant de 5 à 8 centimètres.
Parties usitées. — Les fleurs et surtout les bulbes et les graines.
Récolte, dessiccation, conservation. — Le moment le plus favorable pour la récolte du bulbe est le mois d'août, avant l'apparition des fleurs. 11 est alors ovoïde (flg. 87), gros comme un marron, comprimé et creusé longitudinalement d'un côté, convexe de l'autre; sa tunique externe est coriace, brune et veinée; son parenchyme blanc, solide, succulent, d'une odeur forte et désagréable , d'une saveur forte et corrosive. On doit le renouveler tous Jes ans. On le dessèche à l'étuve ou au soleil et on le conserve dans un lieu sec. Les fleurs doivent être recueillies en septembre, les graines dès qu'elles sont mûres.
Composition chimique. — Le bulbe renferme : matière grasse, matière colorante jaune, colchicine, gomme, amidon, inuline, ligneux, acide gallique. La colchicine, OE^AzO21, qui paraît être le principe actif , est une substance vénéneuse , neutre ou faiblement alcaline, amorphe ou cristallisant en prismes ou en aiguilles incolores, amères; elle est soluble dans l'eau, l'alcool, l'éther, le chloroforme. Elle se colore par l'acide azotique en un violet qui vire au vert olive ou au jaune. Sous l'influence des acides, elle se dédouble en un corps cristallisable particulier, la colchicéine, C35 H*2 AzO" (?),
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et en une substance de nature résinoïde. La cotchicine existe aussi dans les graines, les fleurs, les feuilles, les capsules fraîches. Les graines contiennent une huile grasse qui est drastique et peut devenir vénéneuse. L'analyse chimique du colchique est d'ailleurs très imparfaite.
Fermes phawm ce»tiq«eB, d*ses. — On emploie les graines de préférence aux bulbes, car chez les premières la quantité de colchicine est moins variable et leur effet thérapeutique plus sûr ; elles sont d'ailleurs plus actives dans la proportion de 4 ou 6 à 1. A. Semences. 1° Teinture, 1 à 8 gr. â° Extrait alcoolique, 1 centigr. à 4 décigr. 3° Vin, 4 à 46 gr. B. Bulbe sec. 1° Poudre, 5 à 30 centigr. 2° Teinture, 2 à 14 gr., mais on ne doit pas dépasser 8 gr. en 24 heures. 3° Vin, 5 à 46 gr., en plusieurs doses. 4° Vinaigre, 5 à 20 gr. 5° Melliie de bulbes, 45 à 60 gr. L'alcoolature se donne aux mêmes doses que la teinture et lui est préférable. G. Alcoolature de fleurs, 4 à 46 gr. Toutes les préparations de colchique doivent être administrées avec prudence, en commençant par de petites quantités; il ne £aut pas les donner longtemps, même à faible dose, les effets pouvant s'accumuler. Le colchique entre dans beaucoup de remèdes secrets, tels que Yélixir de Reynolds, la liqueur de Laville, la vin d'Andura*, le sirop de Boubée, les pilules de Lartigue.
Aetion physiologique. — Le colchique est une substance très active, pouvant occasionner l'empoisonnement à dose élevée, mais on ne sait rien de précis sur son action physiologique; aussi toutes ses applications thérapeutiques sont-elles fondées sur l'empirisme. Dans tous les cas, on n'observe ni sueurs, ni diurèse, ni élimination plus grande d'acide urique, comme on l'avait cru pendant longtemps. A haute dose, il détermine une inflammation gastro-intestinale, des nausées, des vomissements, des coliques et d'abondantes évacuations alvines, la soif, le délire, l'abaissement du pouls, la mort. Le tannin est le contre-poison du colchique.
Usages. — Les préparations de colchique sont usitées dans les diverses hydropisies, les rhumatismes, la goutte. Son efficacité dans cette dernière affection est incontestable, soit qu'il agisse comme drastique, soit qu'il exerce une action sédative. On l'a employé aussi dans l'asthme, l'hystérie, la chorée, la leucorrhée, les douleurs syphilitiques.
Herkodactes. — On donne ce nom aux bulbes, fournis par le colchique panaché (G. variegatum L.). Ils jouissent des mêmes propriétés que le colchique d'automne, quoique moins actifs ; ils sont inusités.
COLOMBO. — Voy. Coccule Colombo.
COLOQUINTE. — Voy. Cucumère coloquinte.