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Partie usitée. — Le suc oléo-résineux improprement appelé baume

Récolte. — Le baume de copahu s'obtient en pratiquant, pendant l'été, une incision au tronc de l'arbre avec une hache, ou un trou avec une tarière. Une seule ouverture peut donner 6 kilogr. de liquide; on en fait 2 ou 3 par arbre. Ce suc est liquide, transparent, incolore, s'il est récent ; il devient d'un jaune citron en vieillissant; son odeur est forte et pénétrante, sa saveur amère, très désagréable; presque insoluble dans l'eau, il se dissout dans l'alcool absolu, l'éther et les huiles essentielles. On en trouve deux sortes principales dans le commerce : 1° le .baume de copahu du Brésil, qui arrive dans des tonneaux de 50 à 200 kilogr.; il est très fluide, complètement soluble dans l'alcool très rectifié, mais la solution est un peu laiteuse à cause d'une petite quantité de résine molle qui reste en suspension ; 2° le baume de copahu de la Colombie, qui arrive par Macaraïbo, dans des estagnons de fer-blanc de 30 à 50 kilogr. ; on trouve au fond des vases qui le contiennent un dépôt assez abondant, épais, ambré, formé par de la résine cristallisée.

Le copayer officinal n'est point, d'ailleurs, le seul végétal qui donne du baume de copahu ; on l'extrait encore des C. guyanensis DC, C. nitida Mart., C. Martii Hay, C. Langsdorfii Desf., C. co* riacea Mart., C. Beyrichi Hay.

Composition chimique. — Le baume de copahu contient : huile volatile hydrocarbonée, acide copahivique, résine incristallisable . L'huile volatile, C20H18, isomère de la térébenthine, est liquide, incolore, d'un poids spécifique égal à 0,878, ayant l'odeur du baume, bouillant entre 245° et 260°, soluble dans l'alcool anhydre et l'éther. L'acide copahivique, C4lH30O14, est une résine acide inodore, soluble dans les huiles, l'éther, l'alcool, capable de s'unir aux bases; c'est à cette propriété de l'acide copahivique que le baume de copahu doit de pouvoir se solidifier au contact de certaines bases. La résine est jaunâtre, visqueuse, onctueuse, soluble dans l'alcool anhydre et l'éther; elle est isomère de l'acide copahivique, mais elle se forme par l'oxygénation de l'essence à l'air, tandis que l'acide copahivique se produit sous l'influence de l'acte végétatif. Si le baume est extrait d'un arbre vieux, il contient beaucoup d'acide ; si, après son extraction, il a subi pendant longtemps l'action de l'air, il renferme beaucoup de résine. Privé de son huile volatile par une ébullition prolongée avec l'eau distillée, il laisse une résine sèche et cassante. Si on l'agite dans un ballon avec de l'ammoniaque liquide à 0,917 de densité (5 p. de copahu et 2 d'ammoniaque), en le plaçant à la température de 10° à 15°, le mélange, d'abord trouble, redevient immé-

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diatement transparent et reste homogène. La propriété qu'il possède de se solidifier par un seizième de son poids de magnésie calcinée dépend de l'espèce de copahu ou de son ancienneté dans le commerce, et n'est ni une marque de pureté, ni un indice de falsification (Codex).

Formes pharmaceutiques, doses. — Le baume de copahu s'administre à la dose de 4 à 20 gram. par jour en 3 ou 4 fois. Il revêt une foule de formes pharmaceutiques, telles que celles d'émulsion, de sirop, de bols, de pilules, de capsules. On le donne également en lavement ; on l'associe souvent au cubèbe.

Action physiologique. — A faible dose (1 à 2 gram.), il active les fonctions de l'estomac, augmente l'appétit; à la dose de 10 gram., il détermine une sensation de gêne et de pesanteur à l'estomac, des nausées, des vomissements, de la diarrhée avec coliques. Il s'élimine par les reins, le poumon et la peau ; l'haleine et les sueurs en prennent l'odeur caractéristique. On observe aussi, sous son influence, une sensation de chaleur dans les bronches s'accompagnant de sécheresse et de toux. Souvent la peau, dans les régions où elle est fine et délicate, devient le siège d'un exanthème particulier (érythème, urticaire, miliaire rouge, éruption scarlati ni forme). En résumé, ce médicament est caractérisé par trois sortes de manifestations bien distinctes, les unes sur les organes génito-urinaires, les autres sur les bronches, les troisièmes sur la peau.

Usages. — Il est employé avec avantage dans la blennorrhagie, soit au début, s'il n'y a point encore de phénomènes inflammatoires, soit plus tard, alors que ces accidents se sont présentés et ont été conjurés par une médication an tiphlogis tique appropriée; dans le ' catarrhe vésical, on injecte alors, dans la vessie, l'eau d'orge chargée de copahu ; dans le catarrhe pulmonaire, les bronchites rebelles, où il donne de bons résultats, en modifiant la muqueuse trachéo-bronchique. La stimulation qu'il exerce sur la peau le fait prescrire avec succès dans quelques dermatoses, telles que le psoriasis. Enfin, on l'a proposé dans le croup et les affections diphthéritiques, où il aurait donné quelques résultats encourageants.

COQUE DU LEVANT. — Voy. Anarmite coque du Levant.

COQUELICOT. — Voy. Pavot coquelicot.

COQUERET ALKEKENGE. — Physalis alkehengi L., Haticacàbum des Latins, d'où paraît dériver par corruption le mot alkekengi ; la dénomination de physalis vient de «pwoM;, bulle ou ampoule. Coqueret alkékenge, Coqueret officinal, Cerise d'hiver ou de Juif, Physale. Solanacées.

Description. — Plante de 3-6 décimètres. Rhizome articulé, longuement traçant, tige dressée, simple ou rameuse, anguleuse, d'un

COQUERET ALKÉKENGE

vert rougeâtre. Feuilles alternes, pétiolées, géminées, ovales, irrégulières, pointues, ondulées-sinuées sur les bords, assez grandes, d'un vert sombre. Fleurs (juin-septembre) solitaires, blanches, assez grandes, portées par des pédoncules axillaires courts et recourbés. Calice petit, à 5 lobes, urcéolé. Corolle rotacée, tube court; limbe étalé, à h* divisions ovales, aiguës et plissées. Étamines 5, filets assez longs, anthères conni ventes. Ovaire ovoïde, glabre, à 2 loges ; styles de la longueur des étamines; stigmate petit, convexe. Le fruit (flg. 92) est une baie rougeâtre, -succulente, de la grosseur dUme petite cerise (/V*), accompagnée par le calice persistant (s), qui lui forme une enveloppe membraneuse, vésiculaire, rougeâtre. Graines réniformes et Fig. 92. — Fruit du coqueret. aplaties. ^.

Ne pas confondre avec la belladone. Il s'en distingue par son •calice coloré et accrescent et ses" baies rouges ou jaunes, mais non noires.

Habitat. — II croît spontanément dans les champs, les vignes, les bois taillis de la France.

Culture. — On sème les graines en pots à l'automme ou au printemps, et Ton repique les pieds lorsqu'ils sont a^sez forts. Il se propage de lui-même.

Parties usitées. — Les tiges, les feuilles et surtout les baies. Récolte, dessiccation. — On récolte les baies quand elles sont mûres, c'est-à-dire à la fin d'août ou en septembre. Pour hâter leur dessiccation, on les sépare souvent du calice et on les fait sécher à l'air libre d'abord, puis dans une étuve ou dans un four chauffé à 40°. Desséchées, elles ressemblent à de petites jujubes ridées. On les trouve dans le commerce nues ou accompagnées de leur calice, de couleur orange. Elles sont aigrelettes, un peu amères et assez agréables.

Composition chimique. — Le coqueret renferme une matière cristalline amère, non alcaline, la physaline. La saveur acide des baies est due à l'acide malique.

Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Poudre des baies ou des feuilles, 4 à 20 gr. 2° Baies fraîches et mûres, 6 à 20 gr. 3° Infusion des baies, pp. 15 à 60 : 4000. 4° Suc des baies, 30 à 60 gr. On en prépare encore un vin, un extrait qui fait la base des pilules

antigoutteuses de Laville; elles entrent dans la formule du sirop composé de chicorée.

Usages. — Les baies sont diurétiques ; les feuilles, les tiges, les calices, constituent des amers dépuratifs ; aussi a-t-on préconisé ces diverses parties soit contre la pierre, la goutte, l'ictère, plusieurs genres d'hydropisies, soit comme fébrifuges. La poudre des baies et des calices a été surtout vantée comme fébrifuge (Gendron), et c'est principalement dans les cas de fièvres intermittentes automnales qu'elle a donné de bons résultats. C'est, par suite, un remède précieux pour les habitants de la campagne ; certainement il n'a ni la promptitude d'action, ni la sûreté du sulfate de quinine; mais il possède le grand avantage de ne rien coûter et d'être toujours sous la main des paysans. Les feuilles ont été employées, à l'extérieur, en fomentations et en cataplasmes, comme émollientes et calmantes.

CORIANDRE CULTIVÉE. Coriandrum sativum L. Coriandre. Ombellifères-Coriandrées. En grec xopiavôpov et xopiavov, dérivés de xdpK, punaise.

Description (fig. 93). — Plante herbacée, glabre, d'un vert gai, d'odeur forte, aromatique, désagréable, qui rappelle celle de la punaisje, surtout quand on la froisse dans les doigts, et qui devient agréable par la dessiccation. Racine pivotante, fibreuse, grêle, blanchâtre. Tige dressée, cylindrique, comme noueuse, légèrement striée, rameuse au sommet. Feuilles alternes, pétiolées, luisantes, les radicales presque entières incisées et cunéiformes, les caulinaires inférieures pennatiséquées, à segments larges, cunéiformes, incisesdentés ; les supérieures bi- ou tripennatiséquées, à segments découpés en lanières fines, linéaires, aiguës. Fleurs (juin-juillet) hermaphrodites, régulières, petites, blanches ou rougeâtres ; ombelles de 5-10 rayons, sans involucre; ombellules multiflores, à involucelle de 3 folioles linéaires courtes , placées d'un côté. Calice gamosépale; tube adhérent à l'ovaire ; limbe à 5* dents inégales, allongées, ovaleslancéolées, étalées, inégales, persistantes. Corolle, 5 pétales obovales, échancrés, avec une lanière infléchie. Étamines 5; anthères biloculaires, introrses. Ovaire à 2 loges uniovulées ; styles 2, épais à la base, courbés en dehors. Fruit {diachainé} globuleux, ovoïde, jaunâtre, du volume du plomb à bouteille, surmonté de 5 dents inégales, se séparant en 2 méricarpes portant : 5 côtes déprimées, flexueuses, 4- côtes secondaires saillantes, des vallécules sans bandelettes, et qui restent suspendus à un carpophore bifide. Graines excavées du côté de la commissure. ®.

Habitat. — La coriandre, originaire de l'Orient et de la Grèce, est spontanée en Italie et en Espagne. Elle s'est acclimatée en France.

Culture. — On la cultive aux environs de Paris, dans la plaine des Vertus, à Belleville et Saint-Denis, en Touraine, en Alsace. Elle vient dans tous les terrains, mais de préférence dans les sols légers et bien exposés au soleil . On la sème en avril, en pleine terre; elle ne demande d'autres soins que quelques sarclages. On prétend qu'il y a danger à séjourner près des champs de coriandre, à cause de l'odeur qu'exhale cette plante.

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