Partie usitées. — Le suc des fruits et la racine
Récolte. — On recueille les fruits en automne un peu avant la maturité; la racine, au printemps ou à l'automne.
Composition chimique. — Le suc des fruits contient : matière amylacée, principe extractif non purgatif, albumine végétale, élatérine, sels. L'élatérie, C20HuO8 (?), est une substance amère, styptique, drastique, cristallisant en prismes rhomboïdaux incolores, très brillants , insolubles dans l'alcool et Téther, fusibles à 100°.
Formes pharmaceutiques, doses. — 4° L'extrait du suc connu sous le nom (Vélatérium . On connaît deux élatériums, le français et l'anglais. En France, on prépare cet extrait en évaporant le suc, après avoir séparé par décantation la partie solide ; c'est une mauvaise préparation, car l'élatérium est insoluble dans l'eau. En Angleterre, on décante le suc, on rejette la partie liquide, et on sèche à une douce chaleur le résidu vert pâle qui s'est déposé. Cet élatérium est incomparablement plus énergique que le produit français. Il purge à la dose de 6 à 13 milligr. 2° L'élatérine, dose 3 à 4 milligr. 3° La décoction de la racine sèche, pp. 20 : 1000; on fait réduire de moitié.
Usages. — L'élatérium est une substance très acre qui irrite fortement les muqueuses et la peau dépouillée de son épiderme. A l'intérieur, c'est le plus violent des drastiques ; il produit des superpurgations à des doses moindres qu'un centigramme; il enflamme la muqueuse gastro-intestinale, détermine des vomissements, des selles séreuses nombreuses, avec coliques : cet effet purgatif se manifeste même en faisant absorber la substance par la peau; le lait paraît contracter cette propriété purgative quand on a administré l'élatérium à la nourrice. La décoction de la racine est encore plus active que les fruits. L'élatérium est peu employé en France, malgré son énergie et à cause de l'inégalité d'action qu'il présente suivant son espèce commerciale. On l'administre dans l'hydropisie, la néphrite albumineuse. On Ta également employé comme emménagogue et anthelminthique. On appliquait autrefois le cataplasme de racine sur les tumeurs goutteuses .
CONSOUDE OFFICINALE. — Symphytum officinale L., S. major
HÉRAUD. PLANTES MÉD. ^ *3
CONSOUDE OFFICINALE
Dod., Consolida major Matt. Grande consoude, Consoude, Oreille
d'âne, Herbe à la coupure. Borraginées.
Description (fig. 89). — Plante de 3-6 décim., hérissée. Racines épaisses, fibreuses, allongées. Tige rameuse, forte, dressée, quadrangulaire, un peu membraneuse sur les angles. Feuilles alternes, un peu fermes, rudes, parsemées de petits poils épars et de poils plus longs sur les -nervures; les inférieures grandes, ovales, lancéolées , s'amincissant vers le pétiole, qui est très long; les supérieures souvent opposées, étroitement lancéolées, acuminées, ses-
Fig. 89. — Consolide officinale.
Fig. 90. — Ovaire.
siles et longuement décurrentes. Fleurs (mai-juin) en petites grappes unilatérales, géminées, penchées, blanchâtres, jaunâtres ou rosées. Calice persistant % à 5 divisions étroites, lancéolées, acuminées, dressées. Corolle tuberculeuse, campanulée; tube droit, allongé; limbe à 5 lobes courts, triangulaires^obtus, recourbés en dehors, fermé à la gorge par 5 écailles incluses, subulées> glanduleuses sur les bords, rapprochéesjenï cône.J Étamines 5, incluses; filets sans appendice; anthères [plus longues que le filet. Ovaires (ov, fig. 90), 4, ovoïdes, trigones, entourés d'un disque (d) saillant et plissé. Du milieu des ovaires s'élève un style simple pourvu à sa base de 2 angles saillants (a). Stigmate obtus. Fruit formé de* achaines distincts» ovés, rugueux. 3e.
COPAYER OFFICINAL 219
Habitat. — Croît dans les prairies humides, le bord des eaux; elle est commune dans le nord et le centre de la France ; elle est rare dans la région du Midi.
Culture . — Elle est très rustique et très commune. On ne la cultive pas ; si on voulait le faire, il suffirait de semer la graine mûre, qui lève et prospère sans soins.
Partie usitée. — La racine. Elle est longue de 3 décim. environ, de la grosseur du doigt, noirâtre en dehors, blanche, charnue en dedans, inodore, douceâtre, visqueuse, gluante.
Récolte. — On peut l'avoir fraîche en tout temps. On la coupe en tranches longitudinales, si on désire la dessécher et la conserver; il faut avoir soin de la récolter l'hiver.
Composition chimique. — La racine de consoude contient : malate acide d'althéine, mucilage, tannin. On doit éviter, à cause de cet acide, de préparer la décoction dans des vases de fer.
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Décoction , pp. 15 à 60 : 1000. 2° Sirop, 50 à 100 gram.
Usages. — Les anciens avaient la plus haute idée des vertus de cette plante; elle, doit son nom de consoude (consolidaré) à la propriété qu'on lui supposait de consolider les fractures, sans le secours d'aucun appareil. On la croyait aussi utile dans la diarrhée, la dysenterie, les hémorrhagies utérines, l'hémoptysie, etc. Aujourd'hui, bien qu'il soit reconnu que le médicament est loin d'avoir l'efficacité qu'on lui attribuait jadis, on le prescrit encore dans ces affections. Il réunit, en effet, à des propriétés émollientes, béchiques, une action astringente, qui permet de le considérer comme un adjuvant dans le traitement des maladies que nous venons d'énumérer. La pulpe, appliquée sur les brûlures au premier degré, produit un rapide soulagement. On utilise aussi cette pulpe pour guérir les gerçures du sein ; on peut également, dans ce cas, creuser la racine en forme de dé à coudre et introduire le mamelon dans la cavité intérieure : on apaise ainsi la douleur et l'on hâte la cicatrisation.
Plusieurs plantes appartenant à des familles différentes portent le nom de consoude; c'est pour en distinguer le Symphytum officinale que l'appellation de grande lui a été affectée.
COPAYER OFFICINAL. Copaifera officinale Jacq. Légumj-
NEUSES-COESALPINIÉES.
Description (flg. 91). — Arbre élevé de 18 à 20 mètres. Bois rouge, branches étalées, rameaux glabres, d'un brun cendré, un peu fléchis en zigzag. Feuilles alternes, pétiolées, composées de 3-8 folioles alternes , longuement pédicellées , ovales, acuminées, entières, glabres, luisantes, ponctuées, un peu coriaces, accompa-
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gnées à la base de 2 stipules caduques. Fleurs blanches, petites, hermaphrodites, disposées en grappes ramifiées, lâches, axillaires. Calice formé de 4 sépales étalés, deux latéraux, un antérieur, l'autre postérieur, ce dernier plus large que les 3 autres ; car il représente à lui seul 2 folioles calicinales dont on retrouve parfois la trace
Fig. 91. — Copayer officinal.
version sommet plus ou moins profondément échancré (Bâillon). La corolle manque. Étamines 10, libres, égales, sur deux rangs; filet libre; anthère petite et arrondie, jaunâtre. Ovaire supporté par un pied court, uniloculaire, biovulé, surmonté d'un style réfléchi, puis redressé, qui se termine par un petit stigmate. Fruit (gousse) à pied court, orbiculaire, oblique, comprimé, pointu, glabre, bivalve, contenant une graine descendante, munie d'une aile en J forme de sac qui enveloppe plus ou moins complètement la base.
Habitat. — Croît naturellement dans l'Amérique méridionale.
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