Partie usitée. — La plante entière et fraîche
Récolte. — Le moment le plus favorable pour la récolte est celui où la plante est fleurie; elle est alors plus active qu'avant la floraison. Le cresson produit par un sol fumé est préférable à celui qui est venu sans le secours .du fumier. L'arrosage avec une eau ferrugineuse est très favorable.
Composition chimique. — Le cresson contient : huile essentielle, extractif amer, iode, fer, phosphates et quelques sels. L'huile essentielle est sulfoazotée et peut être considérée comme une combinaison de soufre et de sulfocyanogène avec Pallyle.
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Suc, 60 à 150 gram. 2° Sirop, 100 gram. 3° Huile volatile, 25 centigram. à 1 gram. 4° Teinture, surtout pour l'usage externe. On se sert aussi, à l'extérieur, du cresson pilé sous forme de cataplasmes froids.
Action physiologique. — L'odeur du cresson est presque nulle; sa saveur, acre et amère, est pourtant assez agréable. Ses propriétés disparaissent par la cuisson ; mais, contrairement à l'opinion généralement reçue, elles se conservent en grande partie malgré la dessiccation. Ingéré, il détermine dans l'estomac une chaleur plus ou moins vive; sous son influence, on constate une augmentation dans la quantité d'urine excrétée; l'exhalation cutanée et la sécrétion de la salive deviennent plus abondantes, l'expectoration plus facile. Si l'on en fait un usage prolongé, il se manifeste un effet altérant qui permet de considérer cette plante comme un dépuratif et un antiscorbutique des plus efficaces. En résumé, le cresson est stimulant, apéritif, diurétique, diaphorétique, expectorant, antiscorbutique.
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Usages. — Il est employé dans les maladies chroniques pour combattre l'atonie des organes digestifs; comme stimulant dans le scorbut, les scrofules, le rachitisme; comme diurétique dans les hydropisies, les maladies des voies urinaires, les calculs; comme expectorant dans le& catarrhes pulmonaires chroniques. Appliqué en cataplasmes sur les ulcères scorbutiques, scrofuleux, atoniques, il les modifie et hâte leur cicatrisation. C'est un aliment excitant, d'une digestion facile, soit associé aux viandes rôties, soit seul en salade, ou confit au vinaigre. 11 convient aux diabétiques, car il renferme peu de principes amylacés.
Succédanés. — Le cresson alénois (Lepidium sativum L., Crucifères) peut remplacer le cresson de fontaine dans toutes ses applications. Le cresson de Para {Spilanthes oleracea L., Composées) possède une saveur piquante aromatique qui Ta fait également considérer comme un succédané. Il constitue la base de l'élixir Paraguay-Roux, que Ton a préconisé comme odontalgique.
CROTON CATHARTIQUE. Crot on tiglium L., Tiglium officinale
Kl. ËUPHORBIACÉES.
Description (fi g. 96). Arbrisseau de quelques pieds de hauteur, — à rameaux peu serrés et peu feuillus, fleurissant et fructifiant soit toute Tannée, soit deux fois par an, et dont toutes les parties contiennent un sucre acre et caustique. Racines longues, fasciculées. Tige (bois purgatif, bois des Moluques ou de pavané) dure, solide, résistante, revêtue d'une écorce d'un gris cendré. Feuilles alternes, longuement pétiolées, couvertes de petits poils étoiles microscopiques, dentées en scie, douces au toucher : les inférieures cordiformes, glauques; les supérieures plus petites, plus acuminées, d'un vert tendre; pétiole présentant 2 glandes à la base. Fleurs monoïques, rarement dioïques, petites, odorantes, en grappes pauciflores, unisexuées, les mâles occupant la partie supérieure de l'inflorescence. Mâles : calice gamosépale à 5 divisions. Corolle à 5 pétales libres. Disque de 5 glandes alternes avec les pétales. Étamines 10-20, libres, dressées, exsertes, introrses, biloculaires. Femelles : calice semblable à celui des mâles. Corolle à 5 pétales étroits, glanduleux, renflés en massue. Disque de 5 glandes. Ovaire à 3 loges monospermes; styles, 3, bifides, à divisions intérieurement glanduleuses. Fruit capsulaire de la grosseur d'une noisette, glabre, jaunâtre, à trois coques minces renfermant chacune une graine. Graines ovoïdes, oblongues, de la grosseur d'un petit haricot, presque quadrangulaires, jaunâtres, à cause de l'épiderme (epitesta) qui les recouvre, devenant noirâtres quand cet épiderme se détache, présentant une double enveloppe (testa et tegmen) et deux nervures latérales très apparentes qui vont de l'ombilic au
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sommet et forment deux gibbosités à leur partie inférieure. 5-
Habitat. — Il croît spontanément dans les différentes parties de
l'Inde, en Chine, en Cochinchine, à Malacca, à Geylan, aux Moluques.