Partie usitée. — Le fruit dépouillé de son enveloppe (puUpe sèche
Composition chimique. — Les fruits contiennent : huile grasse, extractif, gomme, acide pectiquey extrait gommeux, colocyrdhim, colocynthitme. La colocynthine, C56H*202S, est une matière solide, jaune, amère, soluble dans l'eau et l'alcool, insoluble dans l'éther, appartenant à la classe des glycosides. La colocynthitine est un principe d'un blanc éclatant, soluble dans l'éther.
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Pulpe sèche, 40 à 75 centigr. 2° Teinture, 1 à 8 gram. 3° Vin, 20 à 40 gram. 4° Extrait, 10 à 50 centigr.
Aetion physiologique. — Cest un drastique puissant dont l'ac-
Fig. 98. — Coloquinte.
CUMIN OFFICINAL
tion se fait déjà sentir lorsqu'on le pulvérise ou qu'on applique sa teinture sur la peau. Ingérée, la coloquinte détermine des coliques précédées de nausées et de vomissements. Si la dose est forte, il y a des selles fréquentes et sanguinolentes; il se manifeste aussi quelquefois des effets diurétiques.
Usages. — - L'action drastique est utilisée dans les hydropisies passives, la manie, la colique saturnine. A faible dose, on emploie la coloquinte pour combattre la constipation chez les personnes atteintes de paralysie à la suite d'hémorrhagies cérébrales. Elle n'est pas vermicide, elle provoque seulement l'expulsion des parasites morts dans l'intestin ; on la prescrit dans la goutte et le rhumatisme, à cause de ses propriétés purgatives et diurétiques. C'est un remède souvent mis en usage, par le peuple, dans les hémorrhagies. Elle détermine une fluxion sur l'utérus qui n'est pas toujours sans danger ; à ce titre, elle peut être emménagogue et abortive. On se sert quelquefois d'une légère infusion de coloquinte pour mouiller le bout des seins des nourrices et décourager le& enfants à l'époque du sevrage. C'est un moyen dont il ne faut pas abuser.
CUHIN OFFICINAL. Cuminum cyminum L. Faux anis. Ombel-
LIFÈRES-CUMINBBS.
Description (flg. 99). — Plante de 3 décimètres et plus. Racines
Fig. 99. — Cumin officinal.
grêles, allongées, fibreuses, blanchâtres. Tige droite, rameuse, comme dichotome, striée, glabre intérieurement, velue supérieure-
240 CURCUMA TINCTORIAL
ment. Feuilles alternes, distantes, glabres, découpées en lanières presque capillaires, bifides ou plus souvent trifides. Fleurs blanches, petites, disposées en ombelles terminales de quatre rayons. Involucre et involucelle formés de trois ou quatre folioles linéaires. Pétales 5, blancs ou rougeâtres, égaux, un peu échancrés et cordiformes. Étamines 5. Styles 2, persistants. Fruit (diachaine) oblong, ellipsoïde, aminci aux deux bouts, strié, couronné par les dents du calice, qui sont sétacées, formé de deux méricarpes qui restent unis ; chacun d'eux présente 5 côtes primaires et 4 côtes secondaires ; les unes et les autres sont couvertes de petites côtes qui rendent le fruit comme pubescent. ®.
Habitat. — Il est originaire de l'Orient.
Culture. — On le cultive en Sicile et surtout à Malte ; c'est de cette île que nous vient tout le cumin du commerce. Cette culture est aussi usitée dans le midi de la France. On doit choisir une exposition abritée du froid, une terre chaude et légère; il faut semer la graine en avril, ou bien dès sa maturité. Dans ce dernier cas, on fait les semis en vase, afin de pouvoir rentrer les jeunes plantes et les mettre à l'abri de la gelée.
Partie usitée. — Les fruits. Leur couleur est jaunâtre ou fauve; leur odeur forte, fatigante ; leur saveur aromatique, tenant à la fois du poivre et de l'anis.
Composition chimique. — Ils contiennent une essence de couleur jaunâtre, fluide à la température ordinaire, de saveur fort acre, et qui est composée d'un hydrocarbure, le cymène, C*0H*V, et de cuminol, C^H^O', isomère de l'essence d'anis.
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Infusion, pp. 2 à 4 : 1000. 2° Poudre, 2 gram. 3° Teinture éthérée, 5 décigr. à 1 gram. 4° Essence, 10 à 30 gouttes en potion. Les fruits du cumin font partie des quatre semences chaudes des anciens.
Usages. — L'action du cumin est entièrement semblable à celle de l'anis et des autres Ombellifères aromatiques, c'est-à-dire qu'il est stomachique, carminatif, emménagogue, diurétique. Sous forme de cataplasmes et de sachets, on l'emploie pour résoudre les engorgements froids des mamelles et des testicules. L'infusion a été recommandée, en injection dans l'oreille, contre la dureté de l'ouïe. En Allemagne, on l'introduit dans le pain ; il sert, dit-on, à aromatiser le fromage de Hollande.
CURCUMA TINCTORIAL. Curcumà tinctoria Guib., Amomum curcuma Jacq. Safran des Indes, Safran bâtard, Souchet des Indes, Terra mérita. Amomacées. On en connaît deux variétés, qui ne diffèrent que par des caractères peu importants.
Description. — Rhizome tuberculeux, blanchâtre à l'extérieur,
CURCUMA TINCTORIAL
jaune à l'intérieur, d'où naissent plusieurs articles, allongés, digités, et des fibrilles, les unes à extrémité aiguë, les autres terminées par de petits tubercules en forme d'olive. Feuilles, 4 à 5, pétiolées, engainantes à la base, amples, géminées, pointues aux deux extrémités, glabres, sillonnées en dessous, à nervures latérales obliques, devenant odorantes par le froissement. Fleurs jaunâtres, formant un épi central, lâche, composé de bractées imbriquées, ouvertes, demi concaves, verdâtres, blanchissantes sur les bords, devenant plus tard d'un brun pâle. Chaque fleur est environnée, à sa base,
Fig. 101. — Curcuma oblong.
Curcuma long.
d'une spathe très courte. Calice double, tubuleux, l'extérieur à trois divisions courtes, l'intérieur à quatre divisions dont une plus grande trilobée. Étamine 1 ; filet bifide ; les deux loges de l'anthère sont adnées aux côtés de la fente du filet, qui est pétaloïde et muni d'une petite corne ou éperon de chaque côté de son extrémité supérieure. Ovaire à trois loges pluriovulées. Style grêle, terminé par stigmate en forme de coupe. Fruit (capsule) biloculaire, trivalve, polysperme. y.
Habitat. — Croît aux Indes orientales et en Chine.
Culture. — En Europe, il n'est cultivé qu'en serre chaude, et on le propage à l'aide d'éclats de rhizome.