‹ Nouveau dictionnaire des plantes médicinalesChapitre 8 sur 226 · Couleur des plantes. — L'importance de ce caractère est · texte numérisé non relu

Couleur des plantes. — L'importance de ce caractère est

minime ; on peut pourtant Je faire servir à établir quelques présomptions.

La couleur blanche paraît être l'indice d'une faible activité, sauf toutefois pour les Crucifères dont les espèces à fleurs blanches sont des an ti scorbutiques plus énergiques que celles à fleurs jaunes ou autrement colorées.

La couleur verte indique Vacerbité dans les fruits (verjus, nerprun) et dans les parties vertes non soumises à l'étiolement.

La couleur rouge clair annonce l'acidité dans les fruits, le rouge foncé Vastringence (roses de Provins, racines de fraisier) ; le jaune indique souvent les toniques amers (aunée, arnica, racines de gentiane et de rhubarbe).

La couleur noire ou brune est souvent le signe d'une action délétère (belladone, cabaret), on doit même se méfier de toute plante qui présente la couleur noire sur une partie quelconque de sa surface (aconit, ciguë).

9. Composition immédiate. — Si les caractères physiques que nous venons de passer en revue ne peuvent fournir des indications précises sur les propriétés des plantes médicinales, il en est tout autrement de l'analyse chimique immédiate. En effet, non seulement la chimie sépare les principes immédiats, mais encore fait connaître leur proportion dans la plante ; dès lors, si l'on tient compte des effets que ces corps produisent sur l'organisme, il sera possible de prévoir, avec suffisamment d'exactitude, l'action définitive de la plante qu'on étudie. Si le mucilage, la gomme, la fécule, le sucre abondent, on peut considérer le végétal comme relâchant, adoucissant, émollient. Le tannin et l'acide gallique communiquent aux plantes l'astringence et une action tonique; les huiles volatiles les rendent stimulantes ; c'est par les acides végétaux que les fruits sont rafraîchissants, tempérants. Les plantes douées de propriétés énergiques doivent cet effet à la présence d'une ou de plusieurs bases puissantes, la quinine, la morphine, la strychnine, la vératrine, etc.

10. Procédé dichotomique et tableau dichotomique des familles indigènes dont les plantes figurent dans ce livre. — Dans une herborisation, si au lieu de rechercher quelles sont celles des plantes trouvées qui possèdent des propriété médicinales, on se proposait seulement de reconnaître, pour les récolter, les plantes décrites dans ce livre, on y arriverait par l'emploi d'une méthode artificielle, connue sous le nom de méthode analytique ou de clef analytique. Son principe est d'opposer toujours l'un à l'autre deux caractères entre lesquels il soit facile de se prononcer, et d'enchaîner successivement une série de ces oppositions, dont la dernière com-

prend la plante dont on recherche le nom. Ces clefs peuvent présenter plusieurs formes ; une des plus habituelles consiste à réunir des phrases deux par deux, quelquefois par trois, rarement par quatre à l'aide d'accolades. Chaque accolade porte des numéros qui conduisent de l'une à l'autre. C'est cette forme que nous avons adoptée dans le tableau suivant ; voici de quelle manière il faut procéder dans les recherches que l'on entreprend avec son secours.

Supposons que l'on veuille déterminer la mauve sauvage (Malva sylvestris), qui croît spontanément en France, on consultera la table dichotomique, page 44, et l'on trouvera d'abord l'accolade 4.

Plantes phanérogames, c'est-à-dire dans lesquelles on distingue à l'œil nu des étamines

et des pistils 2

! Plantes cryptogames, c'est-à-dire dans lesquelles

on ne peut distinguer ni étamines ni pistils... 56

La fleur observée ayant des étamines et un pistil, on passe à l'accolade 2.

Organes sexuels entourés d'une enveloppe flo- 2i raie 3

•* Organes sexuels nus. Arbre de haute taille à

Feuilles pennées Oléacées (genre fraxinus).

La fleur portant une enveloppe florale, on passe à l'accolade 3.

Plantes hermaphrodites monoïques ou polygames 4

Plantes dioïques 49

La mauve étant hermaphrodite, il y a lieu de consulter l'accolade 4.

. ( Enveloppe florale colorée ou herbacée 5

( — - réduite à l'état d'écaillé 47

Ici, l'enveloppe florale étant colorée, on choisit l'accolade 5.

! Corolle papilionacée. 40 étamines rarement libres, fruit Sec LÉGUMINEUSES-PAPILIONACiES.

Corolle non papilionacée 6

La corolle n'étant pas papilionacée, on va à l'accolade 6.

! Fleurs insérées sur un réceptacle en capitule entouré d'un involucre à plusieurs folioles. . . . Synanthérées. Fleurs ni renfermées dans un réceptacle, ni disposées en capitule involucre 8

Comme on ne rencontre point ici de capitules, et que les fleurs ne sont pas renfer-

mées dans un réceptacle, on opte pour l'accolade 8.

2 enveloppes florales * 9

1 seule enveloppe florale (sur 2 rangs), les 3 externes simulant quelquefois un calice 36

La mauve présentant un calice et une corolle, on passe à Paccolade 9.

Corolle polypétale 10

Corolle monopétale 23

La corolle étant polypétale, il y a lieu de consulter l'accolade 10,

! Pétales indépendants du calice insérés avec les étamines sur le réceptacle 11

Pétales insérés avec les étamines sur le calice... 18

Les pétales étant indépendants du calice, on passe à l'accolade 11.

I Étamines nombreuses soudées en un tube que recouvre l'ovaire, pétales quelquefois réunis par les filets staminaux MàlvacIes.

Étamines nombreuses, soudées en faisceau 12

Étamines nombreuses libres, fruit sec 13

10 étamines au plus, libres 14

Les étamines étant soudées en un tube, la plante que l'on étudie est une malvacée.

On cherchera alors à la table alphabétique le mot Malvacées; on saura ainsi quelles sont les plantes de la famille qui ont été décrites dans ce livre, et on verra quelle est la description qui se rapporte à la plante étudiée.

Il est évident que l'on aurait pu faire pour les genres et les espèces une clef dichotomique analogue à celle des familles; mais ceci n'était guère compatible avec la forme de ce livre, et de plus nous aurait entraîné hors dés bornes que nous nous étions fixées. Il sera facile de suppléer à cette insuffisance en consultant une Flore française, celle de Gillet et Magne par exemple, à laquelle nous avons emprunté les éléments principaux de la clef dichotomique des familles.

Voici maintenant le tableau dichotomique des familles indigènes dont les plantes figurent dans ce livre :

Plantes phanérogames, 'c'est-à-dire dans lesquelles on distingue à l'œil nu des étamines et des pistils 2

Plantes cryptogames, c'est-à-dire dans lesquelles on ne peut distinguer ni étamines ni pistils $6

Organes sexuels entourés d'une enveloppe florale 3

Organes sexuels nus. Arbre de haute taille à

feuilles pennées Oléagées (genre Fraxitm).

Plantes hermaphrodites, monoïques ou polygames 4

Plantes dioïques 49

. ( Enveloppe florale colorée ou herbacée 5

*'\ — réduite à l'état d'écaillé 46

(Corolle papilionacée . 10 étamines rarement libres, fruit sec Légumineuses -Papilionacébs. Corolle non papilionacée : 6

Fleurs insérées sur un réceptacle ^ en capitule

entouré d'un involucre à plusieurs folioles.*.. 1 Fleurs ni renfermées dans un réceptacle, ni disposées en capitule involucre 8

Toutes les fleurs en capitules, anthères adhérentes Synanthérées.

Toutes les fleurs en capitules, anthères libres, ovaire adhérent, fruit sec entouré par l'involucelle, feuilles opposées «... Dipsacées.

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