‹ Nouveau dictionnaire des plantes médicinalesChapitre 84 sur 226 · CYNOGLOSSE OFFICINALE · texte numérisé non relu

CYNOGLOSSE OFFICINALE

Composition chimique. — L'écorce d'angusture vraie contient : gomme, matière amére, résine, huile volatile, principe particulier, cristallisable (cusparin). Chose singulière, elle ne renferme pas de tannin.

Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Poudre, 4 et jusqu'à 12 gr. par jour. 2° Infusion, pp. 30 : 1000 ; dose, 30 à 60 gr. par jour. 3° Teinture, 4 à 8 gr. Associée au quinquina, à l'opium et au Quassia amara, elle fait partie du vin de Séguin.

Usages. — Elle jouit de propriétés stimulantes assez énergiques; de plus, elle est tonique. A haute dose, elle produit des nausées ; à dose modérée, elle réveille les forces digestives et augmente l'appélit. — On l'a vantée comme fébrifuge, dans les fièvres intermittentes et rémittentes bilieuses des pays chauds, dans certaines fièvres continues de mauvais caractère, dans l'anémie, les catarrhes des muqueuses. On Ta également recommandée dans la dysenterie et contre la fièvre jaune. Les méprises auxquelles elle a donné lieu, par suite de sa ressemblance avec l'angusture fausse, font qu'elle est presque abandonnée. Il y aurait peut-être lieu de revenir sur cet oubli.

CYNOGLOSSE OFFICINALE. Cynoglossum officinale. Langue de chien, Herbe d'Antal. Borraginées.

Description (fig. 104). — Plante de 4-8 décimètres, d'un vert blanchâtre, fétide. Racine grosse, longue, fusiforme, charnue, d'un gris foncé en dehors, blanche en dedans, d'une saveur fade et d'une odeur vireuse. Tige dressée, raide, très rameuse, striée longitudinalement, couverte de poils mous et étalés. Feuilles molles, blanchâtres, couvertes d'un duvet fin. Les radicales lancéolées, aiguës, se terminant par un long pétiole. Les caulinaires sessiles, un peu embrassantes, alternes, ovales-lancéolées, aiguës, entières ; on les a comparées à une langue de chien, ce qui a valu à la plante son nom générique. Fleurs (mai-juin) assez petites, rouges ou d'un violet foncé, munies de 1-2 bractées à la base, disposées en grappes courtes, roulées en crosse au sommet. Calice persistant, à 5 divisions profondes, ovales, allongées, chargées de poils soyeux. Corolle gamopétale, infundibuliforme, un peu plus longue que le calice ; limbe concave à 5 lobes ; gorge fermée par 5 appendices connivents et obtus. Étamines 5, alternes, incluses. Ovaires 4, obovés, un peu déprimés au centre, hérissés de pointes courtes. Style court, aminci en pointe au sommet; stigmate très petit, échancré. Fruit (tétrachaine) aplati, hérissé de pointes, surtout sur les bords, entouré par le calice persistant. ®.

Habitat. — Elle est commune dans toute la France ; on la trouve dans les lieux stériles, secs et sablonneux.

Culture. — La cynoglosse, qui croît spontanément, est assez abondante pour qu'il ne soit pas nécessaire de cultiver cette plante ; mais on peut le faire au besoin, en semant ses graines, en automne, dans une terre légère, chaude et substantielle. On doit éviter de la transplanter.

Page 1