‹ Nouveau dictionnaire des plantes médicinalesChapitre 85 sur 226 · Partie usitée. — La racine · texte numérisé non relu

Partie usitée. — La racine

Récolte, dessiccation, conservation. — On ne la récolte que la deuxième année et avant la floraison. On la fend d'ordinaire, pour qu'elle sèche complètement; desséchée', elle présente une écorce ridée, noire, et une couleur blanche à l'intérieur. L'écorce est la partie que l'on préfère; aussi rejette-t-on souvent la partie ligneuse comme inerte.

Cette écorce attire fortement l'humidité et doit être conservée dans un lieu sec.

Composition chimique. — La racine de cynoglosse contient : 'principe odorant vireux, matière colorante grasse, résine, tannin, substances organiques diverses, sels. Formes pharmaceutiques, doses. — Décoction, pp. 30 à 60 : 1000; elle entre dans les pilules de cynoglosse, qui contiennent un huitième de leur poids d'extrait d'opium. '«Usages. — On a attribué des propriétés narcotiques à la racine, probablement à cause de son odeur, mais elle est presque inerte. Si cette plante a quelque réputation, elle le doit à ses pilules et surtout à l'opium qu'elles renferment. On la considérait autrefois comme antihémoptysique et antidiarrhéique. Les feuilles, en décoction ou en cataplasmes cuits, ont été appliquées sur les brûlufes et les inflammations superficielles.

Fig. 104. — Cynoglosse.

DAPBGWË GAROU. Baphne gnidium L., D. paniculata Lam., Thymelea gnidium Ail. Lauréole paniculée, Garou, Sainbois, Saintbois. Daphnoïdées.

Description (flg. 105). — Arbrisseau élégant. Racine longue, grosse comme le pouce, grise au dehors, blanchâtre à l'intérieur,

fibreuse. Tige de 6-10 décimètres, «ligneuse, dressée, se divisant à la base en rameaux élancés, recouverte d'une écorce brune et légèrement grisâtre. Feuilles nombreuses, épaisses, sessiles, dressées,

recouvrant les rameaux dans toute leur longueur, lancéolées, linéaires, aiguës, très glabres, un peu coriaces et cassantes , d'un vert gai.

Fleurs (juillet-septembre) hermaphrodites, petites, odorantes, blanchâtres ou rougeâtres, disposées en grappes terminales, peu étalées, formant dans leur ensemble un corymbe terminal ; pédoncule et pédicelles blancs, tomenteux. Périgone monophylle, infundibuli forme, couvert d'un duvet soyeux, marcescent, puis caduc; limbe 4-flde, plus court que le tube.

Étamines 8, incluses, sur deux rangs. Ovaire supère, uniloculaire. Style terminal, court, filiforme. Stigmate globuleux. Fruit (baie) globuleux, du volume d'un gros grain de poivre, à péricarpe charnu, pulpeux, un peu sec, noirâtre, monosperme, indéhiscent. Graine presque sphérique, munie d'une pointe courte à sa partie supérieure. Amande blanche et huileuse. $.

Habitat. — Croît spontanément dans les lieux arides et secs de la région méditerranéenne.

Culture. — On le reproduit par graines qu'on sème dès leur maturité et avant qu'elles soient sèches. On peut semer soit en pleine terre, soit en terrine dans la terre de bruyère, et alors on

Fig. 105. — Daphné garou.

repique dès que le plant est assez vigoureux. Les terres substantielles, mais légères, franches et ombragées, lui conviennent. Il craint le froid.

Partie usitée. — L'écorce. On la rencontre, dans le commerce, en petites bottes, de volume variable, formées de lanières minces de 3-6 déei mètres et plus, larges de 2-3 centimètres, enroulées sur elles-mêmes, la face interne en dehors, et maintenues dans leur milieu par un lien de même écorce. Leur épiderme est d'un brun rougeâtre, facile à détacher, couvert d'un duvet soyeux grisâtre, ridé en travers par l'effet de la dessiccation, marqué de petites taches blanches, tuberculeuses. La face interne, blanchâtre ou d'un blanc jaunâtre, est luisante, soyeuse, marquée de stries longitudinales déchirées, provenant du liber, qui forme plusieurs couches très résistantes.

Récolte. — On récolte l'écorce au printemps ou à l'automne ; on doit la choisir en lanières larges et bien sèches. Le temps ne parait diminuer en rien son efficacité.

Composition chimique. — L'écorce de garou contient : daphnine, huile volatile, résine acre, cire, matière colorante jaune, matière azotée, extractif, acide malique, sels. C'est aux matières résineuses et oléagineuses qu'elle doit ses propriétés. La daphnine, C^H^U)46, est un glycoside pouvant se dédoubler en glycose et en daphnétine; elle se présente en cristaux incolores, de saveur astringente, peu solubles dans l'eau froide, très solubles dans l'eau bouillante, l'alcool et l'éther. Elle serait isomère de Vesculine que Ton trouve dans la racine de marronnier.

Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Poudre, 5 à 25 centigr. 2a Tisane par décoction, pp. 5 : 1000. On prépare aussi un extrait aqueux, un extrait alcoolique, un extrait éthéré, un sirop, une pommade épispastique, un taffetas et un papier vésicants, des pois à cautère. On peut lui substituer le bois-gentil (Daphne mezereum L.), la lauréole odorante (D. cneorum L.), la lauréole commune (D. laureola L.).

Action physiologique. — L'écorce de garou possède une odeur faible et nauséeuse, une saveur acre et corrosive très persistante, ingérée dans l'estomac, elle détermine une sensation de brûlure, des nausées, des vomissements, et l'irritation, se propageant à l'intestin, donne lieu à des coliques, à des selles liquides ou même sanguinolentes. Les sécrétions cutanée et ur in aire sont augmentées. Enfin, si la dose est considérable, des accidents graves et même mortels se manifestent. Appliquée, sur la peau, par sa face interne ou par sa face externe dépouillée de son épiderme, elle produit à la longue de la chaleur, de la cuisson, la vésication. Ces effets sont

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