DIGITALE POURPRÉE
talose, digitalin, digitalide, acides dig italique, antirrhinique, digitaléique, tannique, amidon, sucre, pectine, matière alburninoïde, matière colorante rouge orangé cristallisable , chlorophylle, huile volatile (Homolle et Quevenne). Parmi ces substances, la digitaline, C66H4*080 (?), est la seule qui soit intéressante, au point de vue médical, bien qu'au dire de plusieurs praticiens elle ne représente pas complètement les propriétés thérapeutiques de la plante. Elle est blanche, en mamelons poreux ou en écailles, inodore, neutre, très amère quand elle est dissoute, déterminant de violents éternuements quand on la pulvérise ou qu'on l'agite sans précaution, très soluble dans l'alcool, le chloroforme, presque insolubte daus Féther, insoluble dans la benzine et le sulfure de carbone, peu soluble dans l'eau; elle ne neutralise pas les acides; se dissout dans l'acide chlorhydrique, en prenant une belle couleur verte, mais cette réaction ne se manifeste pas quand ce produit a été préparé depuis quelque temps. Elle est très vénéneuse, à la dose de 1 à 2 centigram. Le tannin la précipite en blanc et peut lui servir de contrepoison, comme aux alcaloïdes. Nativelle, en modifiant le procédé habituel d'extraètion dû à Homolle et Quevenne, est parvenu à l'obtenir en petits cristaux lamellaires et prismatiques qui sont beaucoup plus actifs; néanmoins cette digitaline n'est point encore entrée dans la pratique médicale.
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Infusion, pp. 5 : 1000. 2° Poudre, 10 à 30 centigr. (on doit la renouveler tous les deux mois, ou moins). 3° Teinture, 1 à 5 gram. 4° Teinture éthérée, 1 à 5 décigr. 5° Sirop, 20 à 120 gram. progressivement. 6° Alcoolature, 5* décigr. à 5 gram. La digitaline s'administre sous forme de granules qui en contiennent 1 milligramme, ou sous forme de sirop (1 milligr. pour 20 gram. de sirop). La dose utile de digitaline ne dépasse pas 1 à 4 milligr. On peut considérer la digitale comme cent fois moins active que la digitaline d'Homolle et Quevenne, et celle-ci comme dix fois moins active que la digitaline de Nativelle.
Action physiologique. — La digitale et la digitaline appliquées sur le derme dénudé ou sur les muqueuses produisent une cuisson et une irritation pouvant aller jusqu'à l'inflammation et l'ulcération. Nous avons déjà dit que la digitaline était toxique; à haute dose, la digitale partage cette propriété. L'absorption de ces substances s'effectue lentement, et, de plus, les effets produits s'accumulent, c'est-à-dire qu'ils vont en croissant, bien qu'on n'augmente pas la dose du médicament, et ils persistent plusieurs jours après qu'on a cessé le traitement. A dose thérapeutique, la digitale et la digitaline peuvent déterminer de l'anorexie, des nausées, des vomissements; puis 24 ou 36 heures après l'ingestion, s'il s'agit de la digitale, au
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bout de 12 heures, s'il s'agit de la digitaline, il se manifeste un ralentissement dans le pouls, qui a fait donner à ces préparations le nom d'opium du cœur. Cette expression est inexacte, car, en même temps que le nombre des battements cardiaques diminue, le pouls devient plus plein, plus résistant. La digitale serait donc un régulateur, un tonique de la circulation centrale, et, si l'on tenait à établir une comparaison, ce serait non point l'opium, mais le quinquina du cœur. En même temps que se produit cette action remarquable sur la circulation , se manifestent les phénomènes suivants : les mouvements respiratoires deviennent plus lents, la température s'abaisse, l'excrétion urinaire augmente, l'urée diminue, la contractilité des muscles à fibre striée et à fibre lisse est excitée, on constate une sédation sur le système nerveux de la vie animale et une excitation sur le système nerveux de la vie végétative. Les actions que nous venons d'énumérer ne sont point les mêmes si la digitale et la digitaline interviennent à doses toxiques, elles sont le plus souvent inverses; c'est ainsi que, dans ce cas, le pouls devient plus fréquent, finit par être petit, irrégulier, intermittent, que l'énergie des battements diminue, que la contractilité musculaire est rapidement éteinte, que le système nerveux de la vie animale, excité d'abord, est paralysé ensuite.
Usages. — Trois faits ressortent de l'exposé de l'action physiologique : 1° la digitale et la digitaline ralentissent le mouvement du cœur; 2° elles abaissent la température, diminuent la quantité d'urée ; elles sont par suite antiphlogistiques ; 3° elles sont diurétiques. L'action sur la circulation est utilisée dans les affections cardiaques , telles que le rétrécissement aortique non accompagné d'insuffisance, dans les palpitations nerveuses par défaut d'innervation, mats jamais dans celles qui dépendent d'une stimulation excessive et désordonnée du cœur. La digitale fait cesser promptement les métrorrhagies, elle provoque des douleurs utérines ressemblant à celles du travail et l'expulsion des caillots existant dans la matrice ; à ce point de vue, elle présenterait une grande analogie d'action avec le seigle ergoté. Dans la pneumonie, ses effets antiphlogistiques sont aussi nettement établis que ceux des antimoniaux, mais, à cause de la lenteur de son action, on ne peut s'en servir que tout à fait au début, ou bien, plus tard, alors que le sujet, déjà traité par la saignée et les antimoniaux, se trouve dans un état de prostration qui ne permet pas de continuer ce traitement. On l'emploie également, avec plus ou moins de succès, dans le rhumatisme articulaire aigu, les fièvres intermittentes, typhoïdes, puerpérales, la pleurésie, l'aliénation mentale, la spermatorrhée d'un caractère irritatif ; dans la migraine, en l'associant au sulfate de quinine.
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L'action diurétique de la digitale est incontestable; néanmoins elle a été niée par quelques médecins ; cela se comprend, il y a ici une manière différente d'agir suivant que la dose est faible ou forte. Dans le premier cas, la digitale excite les vaso-moteurs et les fibres lisses, elle diminue le calibre des vaisseaux, augmente la tension vasculaire et la diurèse; dans le deuxième cas, comme elle est paralysante, elle détermine nécessairement des phénomènes inverses. C'est surtout dans les hydropisies essentielles ou symptomatiques d'une affection du cœur que la digitale employée comme diurétique donne les meilleurs résultats, seule ou associée à la scille, à la scammonée. On s'en est servi dans l'albuminurie, la goutte, la gravelle.
DORÈME GOMME AMMONIAQUE. Borema ammoniacum Don., Heracleum gummiferum Willd. Ombellifères-Peucédanées.
Description. — Plante herbacée de 1-2 mètres de hauteur, toute couverte de poils floconneux. Racine fusiforme, pivotante, couronnée par les fibres provenant de la destruction des anciennes feuilles. Tige feuillée seulement à la base. Feuilles alternes, longuement pétiolées, amplexicaules, décomposées, à segments sessiles, elliptiques, allongés, inéquilatéraux et confluents à leur base. Fleurs très petites, blanches, sessiles, réunies, au sommet de courts pédoncules communs, en ombellules contractées, qui simulent des capitules. L'ensemble des fleurs offre l'aspect d'une grappe composée dont les axes de troisième génération portent les ombellules. Calice à 5 dents très petites et aiguës ; tube adhérent avec l'ovaire, comprimé et couvert de poils lanugineux. Corolle à 5 pétales petits, elliptiques, acuminés, infléchis vers le centre de la fleur. Étamines 5. Ovaire biloculaire , surmonté d'un disque très grand, concave en forme de coupe, ondulé et comme denticulé dans son bord libre. Styles très longs , divergents. Fruit (diachainé) glabre ou presque glabre, de couleur brune, bordé d'une aile jaune peu saillante et entière.
Habitat. — Croît en Perse et dans le Béloutchistan.
Partie usitée. — La gomme-résine qui s'écoule des tiges et des rameaux, pendant l'été, par suite des piqûres d'un insecte, et qui se concrète sur la tige ou tombe à terre. Elle provient de la Perse et de l'Arménie. La gomme-résine ammoniaque se trouve dans le commerce, sous deux formes : tantôt elle est en larmes détachées, jaunâtres ou blanchâtres, dures, opaques, à cassure blanche, cireuse, conchoïde, jaunissant par le contact de l'air, d'odeur forte et pénétrante, de saveur amère, acre et nauséeuse; tantôt en masses solides formées de larmes agglomérées; elle s'émulsionne avec l'eau, se dissout en partie dans l'alcool, l'éther et le vinaigre.
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Composition chimique. — Elle renferme : gomme soluble, ré" sine, bassorine, matière albuminoïde insoluble, huile volatile. La résine est rougeàtre, transparente, se ramollissant par la chaleur de la main et fondant à 54°. L'huile volatile est transparente, plus légère que l'eau.
Formes pharmeuceutiques, doses. — Le plus ordinairement on l'administre en pilules, depuis 75 centigr. jusqu'à 2 et A gram. par jour. Elle entre dans la composition des emplâtres diachylum, de ciguë, des pilules de Bontius.
Action physiologique. — La gomme ammoniaque est considérée comme un excitant assez énergique, dont l'action se rapprocherait de celle de l'asa fœtida. A faible dose, elle agirait localement sur l'estomac ; à dose plus élevée, elle déterminerait une stimulation générale. Ces faits sont niés par Trousseau et Pidoux, qui affirment que, d'après leurs expériences, cette substance n'a jamais accusé la moindre action stimulante soit locale, soit générale. En applications externes, elle détermine une rubéfaction suivie d'une éruption pa- ' puleuse.
Usages. — Elle est utile dans tous les cas où les antispasmodiques sont employés, et possède des propriétés anticatarrhales, antiasthmatiques recommandables. Elle est prescrite dans l'asthme essentiel humide, pour hâter et faciliter l'expectoration qui termine la crise ; dans les catarrhes pulmonaires chroniques, pour diminuer la sécrétion muqueuse ou mucoso-purulente; dans les névroses de la respiration et de la digestion ; on l'a également indiquée dans la leucorrhée et l'aménorrhée. A l'extérieur, c'est un fondant, un résolutif qu'on applique sur les engorgements froids des membres, des glandes et des articulations.
DOUCE-AMÈRE. — Voy. MoreUe douce-amére.
DUBOISIE MYOPORE. Duboisia myoporoides. R. B. Solanées* Bent. et Hook. Scrofulariées. Endl.
Description (flg. 112). — - Arbre de 4 à 5 mètres de hauteur, recouvert d'une écorce épaisse et crevassée, à branches droites, longues, se détachante angle aigu de la tige principale. Feuilles alternes, ne couvrant que les parties terminales des branches, très entières, lisses, lancéolées, longues de 10 à 13 centimètres, larges de 2 à 3 centimètres à la partie moyenne, portées par des pétioles de 2 centimètres de long et présentant le long du pétiole deux languettes très étroites qui sont des prolongements du limbe. Fleurs hermaphrodites, blanches ou lilas, se montrant pendant la majeure partie de l'année, très petites, disposées en panicules axillaires, accompagnées de bractées caduques. Galice gamosépale, régulier, en forme de cupule, à limbe divisé en cinq dents courtes et égales. Corolle campanulée, un peu
DUB0IS1E MYOPORE
infuridibuliforme, légèrement bilabiée , à limbe partagé en cinq lobes. Étamines 4, didynames, parfois avec une cinquième réduite à l'état de filament, insérées au fond de la corolle; filet aplati, un peu élargi à la base ; anthère réniforme. Ovaire supère, ovoïde, biloculaire, entouré d'un disque très peu marqué; style cylindrique;
Fig. 112. — Duboisie myopore.
stigmate à peu près entier. Fruit (baie) noir, de la grosseur d'un petit pois, entouré par le calice persistant, à 2 loges, contenant chacune 2 ou 3 graines noires, petites, réniformes. On voit par cette description que la duboisie tient tout à la fois des Solanées et des Scrofulariées. g.
Habitat. — Croît sur les côtes de l'Australie, dans le voisinage de Sidney et du cap York; en Nouvelle-Calédonie, sur les coteaux de l'île des Pins et de la Grande-Ile; ainsi qu'à la Nouvelle-Guinée.