Partie usitée. — Les sommités fleuries
Récolte, dessiccation. — On les récolte en juillet et en août. On en fait de petites bottes qu'on enveloppe de papier, afin de conserver la couleur des fleurs, et on les dessèche rapidement dans un grenier aéré. Elles perdent, par la dessiccation, 62 pour 100 de leur poids. Leur odeur est très faible, leur saveur amère, franche, très prononcée.
Composition chimique. — La petite centaurée contient : érythrocentaurine, matière amère, matière céroide. L'érythro-centaurine (Méhu) est une substance non azotée, cristallisant en aiguilles blanches, inodores, insipides, soluble dans l'eau bouillante, l'alcool et le chloroforme, à peine soluble dans l'eau, devenant tour à tour orangée, rose et enfin rouge, sous l'influence des rayons solaires directs, sans se modifier dans sa composition chimique. La matière amère est le principe actif.
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Tisane par infusion, pp. 10 : 1000. 2° Extrait, 1 à 2 gram. 3° Poudre, 1 à 4 gram. comme stomachique; 10, 15 et plus comme fébrifuge. 4° Suc, 30 à 50 gram. On prépare encore un vin, une teinture, une bière, une eau distillée, un sirop, une conserve. On emploie sa décoction en lavements, et, à l'extérieur, en lotions, fomentations. Elle fait partie des espèces amères; du baume vulnéraire, de l'esprit carminatif de Sylvius, de la thériaque. Succédanés : VErythrœa pulchella Sm. et VE. spicata Pers. jouissent des mêmes propriétés.
Action physiologique. — C'est un amer aromatique faible, susceptible d'avoir toutes les applications de ce genre de médicaments. A haute dose, cette plante peut déterminer des douleurs d'estomac, des vomissements, de la diarrhée.
Usages. — Avant la découverte du quinquina, la petite centaurée était un de nos fébrifuges indigènes les plus employés; bien que déchue de la haute réputation qu'elle s'était faite dans les fièvres intermittentes ordinaires, elle peut rendre des services dans ce genre de maladie, surtout comme adjuvant du quinquina. Elle est également usitée comme stomachique dans les dyspepsies, comme
274 ÉRYTHROXYLE COCA
apéritif dans l'anorexie, comme carminatif dans les flatuosités. On Ta également conseillée dans la goutte atonique et la gastralgie des goutteux, comme anthelminthique, et enfin en cataplasmes sur les ulcères atoniques scrofuleux ou scorbutiques.
La Grande centaurée ou centaurée officinale (Çentaurea centaurium L.), malgré l'analogie de nom, appartient à une famille différente, celle des Synanthérées-carduacées. Sa racine, tonique et fébrifuge, a pendant longtemps fait partie de la matière médicale. Elle est aujourd'hui à peu près tombée dans l'oubli. D'autres centaurées, telles que la Centaurée chausse-trape (Çentaurea calcitrapa L.), la Centaurée bleue ou Bluet (C. cyanus L.), la Jacée des prés (C. jacea L.), employées jadis, sont presque inusitées aujourd'hui.
ÉRYTHROXYUE COCA. Erythroxylum coca Lam., E. peruvianum. Linacées-Erythroxylées (Bâillon).
Description. — Arbuste de 1 à 3 mètres au plus et n'atteignant cette hauteur que la troisième année. Racine rameuse, à fibrilles obliques, délicates. Tige forte, couverte d'une écorce blanchâtre, à rameaux alternes, droits et rougeâtres, les plus petits abondamment tuberculeux dans toute leur longueur. Feuilles simples, alternes, entières, elliptiques, ovales, aiguës, penninerves, longues de A centimètres, d'un vert lustré à la partie supérieure, d'un jaune poli en dessous, d'une odeur de thé, d'une saveur amère astringente un peu acre, munies chacune d'une stipule axillaire. Fleurs (avril-juin) petites, jaune blanchâtre, axillaires, solitaires ou réunies au nombre de 3-5 en petits bouquets de cyme. Calice libre, persistant, à 5 divisions profondes. Corolle à 5 pétales, libres, alternes sur deux rangs, ovales, oblongs, obtus, à onglet large, présentant une petite écaille à leur surface interne. Etamines 10, hypogynes soudées à leur base. Anthères biloculaires, introrses, longitudinalement déhiscentes. Ovaire libre, à 3 loges monospermes ; styles 3, terminés chacun par un stigmate capitulé. Fruit (drupe) rouge, sec, oblong, monoloculaire et monosperme, accompagné à sa base des restes du calice et de Pandrocée. £.
Habitat. — La coca habite les vallées humides des Andes.
Culture. — On la cultive au Pérou, dans la Bolivie, la Colombie, la partie occidentale du Brésil. La coca demande des terrains humides et gras, ainsi qu'un ciel chaud. On la plante en pépinière ou bien on la sème sur place, en ayant soin de protéger les jeunes plantes de Faction des rayons solaires et de sarcler le terrain de temps en temps.
Parties usitées. — Les feuilles, sous le nom de coca.
Récolte, dessiccation, conservation. — La récolte a lieu trois
ERYTHROXYLE COCA 275
fois par an, en mars, juillet, octobre, du moment que la plante a atteint l'âge de deux ans et que les feuilles ont acquis 4 centimètres de long. ; après les avoir séchées au soleil, on en fait des paquets qui pèsent environ 30 kilog. Pour les conserver, il faut les enfermer dans des flacons bien bouchés et placés à l'abri de l'humidité.
Composition chimique. — Elles contiennent plusieurs alcaloïdes ; le plus important est la cocaïne, C3*H21Az08, qui cristallise en prismes incolores, inodores, très amers, déterminant une insensibilité passagère de la langue, peu soluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et l'éther. Vhygrine^ autre alcaloïde de la coca, est liquide, volatil, non vénéneux.
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Les feuilles sous forme de masticatoire, 10 à 20 gram. ; 2° la poudre, 2 gram., en répétant la dose A à 8 fois par jour ; 3° l'infusion ; 4° la teinture, 10 à 60 gr. ; 5° Pélixir, qui n'est que de la teinture sucrée, 10 à 60 gram. ; 6° le sulfate de cocaïne, 5 décigram. à 2 gram.
Action physiologique. — Les feuilles de coca seules ou mélangées à la chaux ou au tabac sont employées journellement comme masticatoire par les Indiens ; ils trouveraient, dit-on, dans cet usage ; la faculté de résister à la fatigue, au sommeil, et de supporter la diète. Voici ce que l'expérimentation physiologique nous apprend sur les propriétés réelles de la coca. Sous son influence, le volume de l'urine, la quantité d'urée, augmentent; la température s'élève; la respiration s'accélère ; le pouls devient plus rapide. On constate une légère tendance à l'insomnie. Les combustions organiques deviennent plus actives, et cet agent, loin de ralentir le mouvement de nutrition, comme on le supposait, l'accélère au contraire, au point que, si la diète est prolongée, il survient un amaigrissement considérable. Sous son influence et en l'absence d'aliments, la mort par inanition survient plus rapidement que si l'on n'en avait point fait usage.
Mâchée, la feuille de coca détermine une augmentation du flux salivaire, une certaine anesthésie de la langue et de la bouche qui se communique à l'estomac, si l'on avale la salive. Cette action anesthésique explique pourquoi la coca émousse la sensation de la faim. Elle exercerait de plus une action tonique, stimulante, sur l'organisme, et deviendrait toxique à haute dose.
Usages. — Son action sur la muqueuse buccale explique son usage dans les stomatites, les gingivites, surtout dans celles de ces affections qui sont dues à l'emploi des préparations mercurielles. Elle conserverait les dents. Ses propriétés anesthésiques l'ont fait employer dans les troubles gastriques, la dyspepsie, la gastralgie. Elle peut rendre des services dans la phthisie avancée, 4>n a vu, sous
EUCALYPTE GLOBULEUX
son influence, l'appétit renaître, les vomissements diminuer ou s'arrêter. On Ta également préconisée dans le rhumatisme et les fièvres intermittentes, et on Ta indiquée comme pouvant combattre un embonpoint exagéré.
EUCALYPTE GLOBULEUX. Eucalyptus ghbulus Labil., Tasmanian blue-gum~tree. Gommier bleu de Tasmanie. Myrtàcées-Leptospermées. De e$, bien, et xaMwcto, je couvre, par allusion au limbe du calice, qui reste clos.
Description. — Arbre pouvant rapidement atteindre une hauteur considérable (100 met. de hauteur sur 28 met. de circonférence en
80 ans), d'une apparence bizarre, peu agréable; on a comparé la teinte de son feuillage à celle de l'olivier et le port à celui du peuplier d'Italie. Racines horizontales, traçantes. Tronc se dégarnissant naturellement et très vite à sa partie inférieure jusqu'à une certaine hauteur, laissant, deux ou trois fois par an, se détacher l'écorce, qui se sépare en longues bandes grisâtres à l'extérieur, d'un jaune marron à l'intérieur. Le bois est assez dur, assez lourd, malgré la croissance extraordinaire de la tige, mais nous le rangerions plus volontiers dans la catégorie des bois mous que dans celle des bois durs.
Feuilles (flg. 122) nombreuses, persistantes, opposées et sessiles quand le végétal est jeune; elles deviennent alternes et longuement pétiolées quand l'individu, est parvenu à l'âge adulte ; on les trouve souvent sur le même individu, à cause de la persistance du feuillage; elles sont lancéolées, arquées en faux, entières, ressemblant à des phyllodes, pendantes, raides, d'un vert glauque ou bleuâtre, criblées de glandes remplies d'huile essentielle, d'une odeur forte et pénétrante, mais non désagréable. Fleurs blanches ou légèrement rosées, axillaires, sessiles sur un pédoncule commun, court, épais, anguleux. Calice formé de deux pièces, l'une inférieure» en forme kde pyramide quadrangulaire, coriace, épaisse, représen-
Fig. 12J. — Eaoalyple globuleux.
EUCALYPTE GLOBULEUX 277
tant le tube ; l'autre, en forme de capsule, coiffe la première et s'en détache à la maturité, à la façon de la valve supérieure des pyxides. Corolle nulle. Etamines nombreuses, d'un jaune pâle ou rosé, insérées sur un disque qui borde la partie supérieure du calice; filets grêles et très longs, recourbés avant l'anthèse. Anthères subovoïdes, biloculaires. Ovaire infère, ovale, adhérent, à 4 loges ; style effilé ; stigmate un peu bombé. Fruit (capsule) glauque, turbiné, un peu anguleux, accompagné par le calice persistant. Graines petites, noires ou brunes; les dernières généralement stériles. 5*
Habitat. — Il est originaire de l'Australie et de la Tasmanie. 11 a été introduit, dans ces derniers temps, en Espagne, en Italie, en Algérie, en Provence, en Corse. Il paraît prospérer surtout dans les terrains favorables au développement du chêne-liège, c'est-à-dire dans les terrains granitiques, schisteux, siliceux ; mais il s'accommode de tous les terrains, pourvu que la température du pays ne soit pas inférieure à + 4°.
Parties usitées. — L'écorce et surtout les feuilles.
Culture. — On le reproduit de graines qu'on sème d'abord en terrine dans de la terre de bruyère et que l'on repique ensuite en godets. Le moment le plus favorable pour les semis est l'automne ; on met les jeunes plants en place, au printemps, en les abritant, s'il y a lieu, contre le froid.
Composition chimique. — Les feuilles contiennent : huile essentielle, matière résineuse, principe amer neutre, acides gallique et tannique, chlorophylle, cellulose, sels calcaires, carbonates alcalins. 11 est probable qu'elles ne renferment pas d'alcaloïde. L'essence est liquide, légèrement verdâtre, d'une odeur pénétrante, aromatique, qui tient à la fois du laurier et de la menthe ; soumise à une distillation fractionnée, elle donne vers 175° une essence oxygénée, Veucalyptol, C*4!!20©2 (Cloëz), incolore, plus légère que l'eau, peu soluble dans l'eau, très soluble dans l'alcool, se transformant sous l'influence de l'acide phosphorique en un hydrocarbure, Veucalypténe, CMH18. La résine est rougeâtre, cassante ; son odeur rappelle celle de l'essence, elle est soluble dans l'alcool et l'éther.
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Poudre des feuilles et de l'écorce, 4-8-12-16 gram. 2° Décoction des feuilles, pp. 8 : 1000, usage externe. 3° Infusion des feuilles, pp. 20 à 40 : 1000. On a encore indiqué : une eau distillée de feuilles, un extrait aqueux, un extrait alcoolique, une teintune, un alcoolat, un vin, des cigarettes. L'essence se donne à la dose de 2 à 4 gouttes.
Action physiologique. — L'essence d'eucalyptus déposée sur les muqueuses détermine une sensation de rougeur et une légère chaleur. A l'intérieur, et à dos emodérée, elle produit des effets anti-
HÉRAnO. PLANTES MED.
spasmodiques, analogues à ceux qu'on observe après l'ingestion de l'éther et du chloroforme ; de même que pour ces anesthésiques, il peut se manifester une période initiale d'excitation ; si les doses sont plus fortes, les effets antispasmodiques peuvent être suivis de la résolution musculaire ; et enfl§, si la dose est trop élevée, la circulation, la respiration, se ralentissent graduellement, la sensibilité devient de plus en plus obtuse, et la mort arrive, tantôt au milieu d'un calme profond, tantôt précédée de quelques convulsions. Les principales voies d'élimination sont l'appareil respiratoire, probablement les glandes sudoripares et, sur un dernier plan, l'appareil uropoïétique (Gubler). L'urine prend, sous son influence, une odeur d'iris ou de violette. L'essence ne résume pas pourtant et ne saurait expliquer toutes les propriétés thérapeutiques de l'eucalyptus.
Usages. — En effet, les feuilles d'eucalyptus ont donné des résultats d'une efficacité incontestable dans les fièvres intermittentes rebelles à la quinine et aux autres fébrifuges, sans qu'il soit encore possible de dire si c'est à l'essence, à la résine, au principe amer, que l'on doit attribuer ces bons effets. L'élimination de l'essence soit par les voies respiratoires, soit par les organes génito-urinaires, son action anesthésique, sont autant de phénomènes qui ont conduit à tenter les applications suivantes, dont plusieurs n'ont pas été sans succès : comme modificateur des sécrétions de la muqueuse broncho-trachéale, dans les catarrhes bronchiques, les bronchites simples; comme antispasmodique pour modérer la toux chez les phthisiques; comme balsamique dans les catarrhes de la vessie, les affections catarrhales et purulentes de l'urèthre et du vagin, les leucorrhées, les blennorrhagies subaiguës et chroniques. La stimulation que l'eucalyptus exerce sur l'estomac l'a fait prescrire comme apéritif, digestif, dans la dyspepsie atonique. A l'extérieur, c'est un stimulant local qui peut, en modifiant la nature de certaines plaies, en faciliter la cicatrisation ; ce serait de plus un topique désinfectant. Enfin, l'arbre planté en grande quantité purifierait l'air des pays marécageux ; par l'absorption rapide dont ses racines sont le siège, il épuiserait , le sol de ces contrées d'une quantité d'eau énorme, et cet effet ajouterait un contingent efficace à l'action purifiante des feuilles. Les émanations des forêts d'eucalyptus paraissent avoir donné, en Australie, de bons résultats dans le traitement de la phthisie. On a proposé l'essence pour masquer l'odeur de l'huile de foie de morue.
EUPHORBE DES CANARIES. Euplwrbia canariensis L. Euphorbiacées.
Description (flg. 123). — Tige ressemblant à un cactus, pleine d'un sue laiteux, haute de 13 à 20 décimèt., droite, épaisse, qua-
drangulaire, présentant des rameaux ouverts. Les faces sont planes, unies, d'un beau vert, les angles munis de tubercules rangés en séries longitudinales, portant chacun deux aiguillons courts et divergents dont un est recourbé en crochet Fleurs monoïques, ses-
Fig. 123. — Euphorbe des Canaries.
siles, placées au-dessous des aiguillons, accompagnées de bractées ovales ;jles mâles et les femelles réunies dans une même inflorescence Jsont protégées par un involucre commun à 10 divisions, dont 5 plus externes, charnues et d'un rouge obs'cur. Les fleurs mâles consistant en une seule étamine sont nombreuses et entourent une fleur femelle unique, formée par un ovaire pédicellé, à 3 loges uniovulées, surmonté de trois styles bifides. Le fruit est capsulaire, petit/Jisse, jaunâtre, formé de 3 coques monospermes. ¥ .
Habitat. — Elle croît naturellement dans les îles Canaries.
Culture. — Dans nos climats, on ne peut la cultiver qu'en serre tempérée ou dans une orangerie, en faisant choix d'une terre sèche et légère; on la reproduit de graines.
Partie usitée. — La gomme-résine qui s'écoule de l'écorce soit naturellement, soit par des incisions, et qui s'est épaissie en séchant à l'air, et que l'on désigne sous le nom d'euphorbe (Euphorbium Fée). D'autres plantes appartenant au même genre peu-
vent donner de J'euphorbium ; ce sont les E. antiquorum L., E. officinarum L. On a décrit sous le nom d'E. resinifera, et d'après les débris trouvés dans Peuphorbium, une euphorbe encore inconnue à l'état vivant et qui serait la plante produisant le produit gommorésineux qui nous occupe.
L'euphorbium se présente en larmes fragiles, friables, irrégulières, de la grosseur d'un pois, jaunâtres ou roussâtres, demi-transparentes, ordinairement transpercées de 1-2 trous coniques se rejoignant par la base et dans lesquels on trouve souvent les aiguillons de la plante. Son odeur est presque nulle; sa saveur, faible d'abord, devient ensuite brûlante et corrosive. Il nous arrive d'Afrique et de PInde dans des sacs de cuir.
Composition chimique. — La gomme-résine d'euphorbe contient : résine, euphorbon, gomme, malates, substances minérales (Flûckiger). I/euphorbon, Cî6H2202, est cristalli sable, soluble dans Péther, l'alcool amylique, le chloroforme, insoluble dans Peau. La résine est rougeâtre, d'odeur faible, fusible, soluble dans l'alcool et les huiles grasses.
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Poudre, 5 à 15 centigr., dangereuse à préparer. 2° Teinture, 1 à 2 gram., usage externe. 3° Huile, emplâtre.
Action physiologique. — L'euphorbium est. très irritant, appliqué sur la peau, il l'enflamme et finit par déterminer la vésication d'une manière presque aussi intense que la cantharide. Sa poussière, absorbée par les voies aériennes, produit de violents éternuements, une toux convulsive avec bronchite intense et parfois hémoptysie; on a constaté quelquefois du vertige, du délire, de l'insensibilité, des convulsions. Ingéré, c'est un drastique des plus violents qui peut occasionner la mort, précédée des symptômes d'une gastro-entérite suraiguë. L'action drastique serait due surtout à Peuphorbon.
Usages. — Cette violence d'action fait qu'on Ta complètement abandonné aujourd'hui comme médicament interne; il est à peine usité comme sternutatoire, et encore faut-il s'en servir avec de grandes précautions. Ses usages externes sont également peu nombreux; comme vésicant, il est moins sûr et plus douloureux que la cantharide ; néanmoins, il fait partie de quelques préparations épispastiques : la teinture, à la dose de 1 à 2 gram., étendue sur les emplâtres de poix de Bourgogne, sert à en augmenter l'action rubéfiante. 11 est surtout usité dans la médecine vétérinaire.