SUBSTANTIFS DE GENRES DIFFÂRENT
65. — Il y a un certain nombre de substantifs qui se prennent dans
ih SYNOIfTHES FRANÇAIS.
des acceptions différentes^ suivant qu'ils sont du masculin ou du fémi» Dîn : ainsi aide du genre féminin n'a pas la même sigDiûcation que aide du genre masculin; une couple ne dit pas la même chose qa^int eeiuple. Je renroie aux grammaires , et particulièrement à celle de M. Guérard (grammaire et compléments) pour cesmots^ ainsi que pour les substantifs aigle, amour, enfant, foudre, hymne, asuvre, orge, pâque, période et chose (dans la locution quelque cliose). Ck>mme on le toit, ces mots sont plutôt des homonymes que des synonymes : je ne signalerai ici que les substantifs qui, formés de la môme racine, diffèrent par leur terminaison et par leur genre, d'où résultent certaines différences dans leur signification. Y. lesairticlescour», course; d^^ens, dépense; discord, dicorde; fort, forteresse; fossé, fosse; grain, qraine; mont, montagne; taux, taxe; point du jour, pointe du jour.
40 SUfiSTANTIFS ET INFINITIFS PRIS SUBSTANHYEUENT.
€6. — L'infinitif présent des verbes est une sorte de substantif qui s'emploie souvent en français, (".omme en grect avec Tarticle; ainsi nous disons le boire, le manger, le lever et le coucher du soleil, le rire dune personne, le parler de quelqu'un, le faire dun artiste, etc. Outre l'article, nous ajoutons même un adjectif à Tinfinitif pris substantivement : « C'est le meilleur manger du monde ; il a le parler bref; exciter un rire fou et extravagant; ce tableau est dun beau faire. » (Âcad.) Ces substantifs verbaux sont les noms abstraits de Taction ou de l'acte que marque le verbe; c'est là surtout le caractère qui les distingue de leurs synonymes. Ainsi la terminaison passive du substantif ris (du latin risus) marque ce qui est fait, ce qui est produit, Teffet de l'actiOA : le rire exprime l'action de faire, le genre d'action que l'on fait.
« Pensée, dit Boudaud, a, comme l'italien ^«n^ato^ une terminaison passive : c'est la chose pensée, l'effet ouïe produit de l'action de penser. Penser, au contraire, a la forme active du verbe : il désigne l'opération l'efficacité, la cause productive. Aussi le penser a-t-il une activité et une efficacité particulière ; c'est le travail et le tourment de l'esprit; il le tient et pensant et pensif, il l'attache à ses pensées, le mène de l'une à l'autre et le jette dans la rêverie. »
Cependant, si l'infinitif est celui d'un verbe qui n^exprime ni une action, ni un acte, ni même une faculté active, mais une simple manière d'être, cet infinitif pris substantivement désignera non une cause, mais un effet. Ainsi le savoir est une chose sue, la connaissance acqoise; le devoir est ce que Ton doit faire ou ce qui doit être fait. Y. les articles la pensée, le penser; la parole, le parler; la science, le savoir, etc.
50 HODIFICATIOM DU SENS PAR l'eMPLOI DE L'aRTICLE.
67. — Y. les articles Avoir peine, avoir de la peine; avoir coutume^
avoir la loutume, avoir nouvelle, avoir des nouvelles; de cour, de l(s cour; ouvrage desprit, ouvrage de r esprit,