PACAGE
vation conflnne la distinction précédente; car un homme outrageux a l'intention et le dessein, l'habitude et le défaut, le caractère et l'humeur qui porte à outrager. (R.)
OUTRÉ, IMMODÉRÉ. V. Immodéré.
OUTRÉ, INDIGNÉ. Ces deux mots indiquent également un sentiment vif et défayorable contre quelqu'un, causé par une offense excessive ou par une conduite très-coupable. — Outré suppose, dans celui qui éprouve ce sentiment, une offense très-vive, qui a tellement surmonté toute espèce de modération, d'indulgence, de patience, que le ressentiment en est très-profond, et ne peut être apaisé par l'effet de ces vertus. Indigné suppose un sentiment de colère et de mépris qui provl«nt d'une action ou d'une conduite contraire aux sentiments de la probité, de l'humanité, de l'honneur. — On est outré de l'excès de l'offense ; on est indigné des moyens. C'est l'excès de la méchanceté qui outre; c'est l'excès de la perversité qui indigne. — Nous ne sommes outrés que de ce qui nous regarde personnellement ; nous sommes aussi indignés de ce qui arrive aux autres. (L.)
OUTRE CELA. V. De plus.
OUTRE-PASSER. V. Dépasser.
OUVRAGE. V. Œuvre et Production.
OUVRAGE D'ESPRIT. V. Esprit {ouvrage d).
OUVRIER. V. Artiste, artisan.
OUVRIER (JOUR), JOUR OUVRABLE. V. Jour ouvrier.
PACAGE , PATURAGE , PATIS , PATURE. Le pacage est un Ueu propre pour nourrir et engraisser du bétail. Le pâturage est un champ où le bétail p&ture et se repaît. Le pâtis est une terre où Ton met paitre le bétail. La pâture est un terrain inculte où le bétail trouva quelque chose à paître. On dit de bons pacages, de gras pâturages, un simple pâtis, une vaine pâture. — Pacage désigne la qualité de la terre et la production propre dont elle se couvre : ainsi le bocage est un lieu couvert ou parsemé de bois, de bosquets. Pâturage marque e: la propriété de la terre , et Tabondance de la production propre: au bétail, et l'usage qu'on en fait; le bétail y pâture, c'est-à-dire qu'il y prend la nourriture qui lui convient et qui lui suffit, l'herbe et sa réfection. Pâtis rappelle seulement l'action simple de padtre; le bétail y trouve à paître, c'est-à-dire de l'herbe à brouter ou à manger sur pied. Pâture ne se prend, dans l'acception présente, que pour un lieu vain et entièrement négligé» qui ne peut donner qu'une herbe rare, courte et pauvre. — Les prés et les prairies, ou ces grands prés fertiles, arrosés, couverts d'herbes, forment naturellement des pacages. Ces
kOh SYNONYUES FRANÇAIS.
pacages soignés, entretenus, employés à leur destination naturelle, couverts de bestiaux, sont des pâturages. Les bruyères, les landes, les bois conune les prés, forment des pâtis. Des friches, des terrains négligés ou abandonnés, de mauvaises terres qui ne sont ni en prés ni en labour, sont des pâtures, (R.)
PACIFIQUE, PAISIBLE. Pacifique, qui aime la paix, qui est favo- Table à la paix, et qui est opposé à la guerre, à la lutte, à la querelle. Paisible j doux et tranquille, calme, qui n'est pas troublé, agité. Ainsi pacifique a plus de rapport au caractère, et paisible désigne plutôt l'état. On peut être d'humeur ixict/S^tie sans rester spectateur jMim6/« d'un acte odieux.
Mais paisible se dit aussi d^une personne qui par caractère évite les guerres, les querelles dans les relations sociales, en un mot une personne diliumevLT pacifique ou paisible, comme dans cette phrase : a C'est un homme paisible, qui ne vous tourmentera pas ». (Acad.) Dans ce sens, paisible diffère de pacifique en ce qu*il exprime plutôt une qualité en quelque sorte négative, celle d'un caractère doux, calme, tranquille, et même indifférent ou indolent; tandis que pacifique exprime surtout la crainte de la guerre, de la lutte, de la discussion.
Quand il s'agit de choses, pacifique signifie exempt de guerres, et paisible signifie tranquille, non troublé, non agité. Un règne pacifique est celui d'un prince qui n'a pas eu de guerre à soutenir ; un règne paisible est celui qui n'a pas été agité par des troubles intérieurs.
PACTE. V. Consentement.
PAIE. V. Paije,
PAÏENS. V. Gentils.
PAIRE. V. Couple.
PAISIBLE. V. Pacifique,
PAIX. V. Tranquillité.
PALE, BLÊME, LIVIDE, HAVE, BLAFARD. Faible de coloris ou décoloré par une teinte de blanc sans éclat, un objet est pâle. Trèspâle, dépouillé de toute la vivacité de ses couleurs, ou plutôt changé de couleur, le même objet est blême. Plombé et taché ou chamarré de noir, un objet est livide. Morne et défiguré par le déchamement, un objet est hâve. Pâle jusqu'à l'affadissement, tout blanchi par Textinc^ tion de ses couleurs, un objet est blafard. — Le teint d*une personne est pâle, dès qu'il n*est pas assez animé. Si les chairs ont perdu leur couleur propre et leur vie, il est blême. 11 est livide, lorsqu'un mélange de blanc et de noir lui donne une couleur sombre ou rembrunie. Quand sa couleur est morte ou effacée par un blanc mat ou inanimé, il est blafard. On dira plutôt un air hâve qu'un teint hâve, parce que le mot teint n'exprime que le coloris, et que le mot liâve rassemble deux qualités, celle de la couleur, qui est d'un blanc brun, et celle de la maigreur, qui n'est pas applicable au teint — Pâle s'applique aux personnes, aux couleurs, à toute sorte de lumière, aux corps lumineux.
PARALOGISME. ttOU
Blême ne convient qu'aux personnes et aux êtres personnifiés ; et dans tes personnes , il n'y a que le visage, le teint ou sa couleur qui soit blême. Livide se dit du teint, des chairs, de la peau : on appelle aussi livides les taches, les marques bleues ou noirâtres qui se forment sur la peau; et il en est de même des tumeurs. Hâoe ne s'applique aussi <pi'aux personnes, et proprement à l'air, au visage, à son ensemble. Blafard se dit en général de toute couleur, de toute lumière qui n'a point d'éclat ou de vivacité, de tous les objets qui tirent sur le blanc ou qui blanchissent en se décolorant : le soleil offusqué par des vapeurs •qui ne font qu'amortir ses feux sans le cacher, est blafard, (R.)
PAMER, SE PAMER. V. Passer,
PANÉGYRIQUE. V. Éloge.
PARADE, OSTENTATION. Dans les choses morales, parade est regardé comme synonyme à^ostentation. Ces mots diffèrent en ce que parade sert plutôt à désigner l'action et sa fiu ou son but; et ostentation, la manière de faire l'action et son principe ou sa cause. — On fait plutôt parade d'une chose qu'on n'en fait ostentation : Tusage ordinaire est d'exprimer l'action par le premier de ces mots. On fait une chose, non avec parade, mais avec ostentation; ce qui désigne la manière de faire. — On se met en parade pour être vu ; on s'y montre avec ostentation. On fait une chose pour la parade; on la fait par osten^ tation. Pour marque la fin, et par le principe. — Parade ne désigne que Tappareil extérieur; l'ostentation seule est le vice. Vostentation fait parade des choses. Une chose de parade est faite pour les occasions d'apparat ou avec appareil : une chose à.* ostentation se fait par vanité, par vaine gloire. — Parade se dit au propre dans un sens favorable ou indifférent : ostentation réveille toujours l'idée de blâme. On a des habits de parade pour la cérémonie : celui qui est réduit à se faire valoir par ses habits, les étale avec ostentation, (R.)
PARAITRE, APPARAITRE. Paraître exprime Tidée simple : pour paraître il faut avoir un corps ou quelques qualités capables de frapper les sens. Apparaître (paraître à, se manifestera; 10, page 5) se dit •des objets qui, invisibles par leur nature, font une apparition, c'est-àdire se présentent subitement à la vue sous une forme sensible, puis disparaissent : « L^ange qui apparut en songe à Joseph. Le spectre qui lui avait ou qui lui était apparu ». ( Acad.)
Apparaître se dit égadement d'une personne ou d^une chose qui se montre inopinément ou soudainement, dont l'aspect fait naître la surprise ou excite Tintérèt : « Une voile apparut à l'horizon et rendit l'espoir aux naufragés. Ces génies extraordinaires qui apparaissent à de longs intervalles ». (Acad.)
PARAITRE, SEMBLER. V. Sembler.
PARALOGISME, SOPHISME. Le paralogisme n'est qu'un raisonne* ment faux, un argument vicieux, une conclusion mal tirée ou contraire aux règles. Le sophisme est un trait d'artifice, un raisonnement insi-
A06 8TR0SIY1IRS FRANÇAIS.
dienx^ un argument captieux. Telle est la distinction qui parait être reçue. — Le paralogisme et le sophisme induisent en erreur : le parth logisme, par défaut de lumière ou d*application ; le sophisme, par malice ou par une subtilité méchante. Je me trompe par un paralogisme, par un «opAînne on m^abuse. Le paralogisme est contraire aux règles du raisonnement : le sophisme Test de plus à la droiture d'intention. Paralogisme est un terme dogmatique ; et par là même il désigne plutôt une opposition aux règles de Tart : sophisme est un terme plus familier; et il désigne plutôt Tart d'abuser, ou le métier de cMcaner. (R.)
PARASITE, ËCORNIFLEUR. Gens qu'on appeUe triyialement pi» queurs <f assiettes, écumeurs de marmites, -» Vécomifleur ne respire, ne couToite que de franches lippées; il escroque, pour ainsi dire, il ayale le diner ou la part des autres : aussi ce terme est-il plus injurieux, plus avilissant que celui de parasite. Le parasite a du moins l'air de chercher le maître et de s'en occuper; il prend des formes : Vécomi fleur a l'air de ne chercher que la table et de s'en occuper uniquement; il n*a guère besoin que d'impudence. Il y a des parasites qu'on est bien aise de conserver; il n'y a pas un écomifteur dont on ne tâche de se défaire. (R.)
PARCIMONIE. V. Économie.
PARCOURIR. V. Courir,
PARDON. V. Absolution et Excuse.
PAREIL. V. Tel.
PARESSEUX. V. Indolent.
PARFAIT. V. Accompli.
PARFUM. V. Aromate.
PARIER, y. Gager.
PARLER MAL. V. Mal parler.
PAROLE (LA), LE PARLER. La parole est un ou plusieurs mots prononcés; mais parole signifie aussi la faculté de parler, et se dit en outre du ton de la voix, selon qu'elle est forte ou faible, douce on rude, etc. C'est dans ce sens seulement que ce mot est synonyme du substantif verbal le parler : ainsi l'on dit également : « Il a la parole douce, rude; il a un parler doux, un parler rude ». En nous en tenant rigoureusement à la définition de l'Académie, il nous sera facile de reconnaître les nuances qui distinguent ces deux substantifs.
Le parler est la manière habituelle dont quelqu'un parle : cette manière comprend non-seulement le ton de la voix^ mais aussi les expressions, l'accent, en un mot tout ce qui constitue le langage oral; et c'est en vertu de cette compréhension du mot, que le parler se dit des idiomes mêmes : « Le parler provençal, le parler bourguignon ». Ainsi quand on dit de quelqu'un qu'il a le parler ou un parler niais, on veut dire que sa manière de parler est niaise par les paroles qu'il prononce, par le ton dont il les dit, par l'accent qu'il y met, par toutes les circonstances de l'action de parler : une parole niaise ne signifie