‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 117 sur 163 · OFFICE · texte numérisé non relu

OFFICE

ouvrage de critique. Œuvres au pluriel se dit pour le recueil de tous les ouvrages d'un auteur; mais lorsqu*on les indique en particulier^ on se sert du mot ouvrages. » (G. )

Dans ce sens, le mot ceuvres est relatif à l'auteur, le mot ouvrage désigne le travail littéraire considéré en lui-même. «Ainsi, dit Roubaud, on juge Youvrage et non Yasuvre : Youvrage est bon ou mauvais en lui-même et sans égard à celui qui Ta fait; mais à Yosuvre on connaît l'ouvrier, on juge l'homme. »

OEUVRES (BONNES). V. Bonnes actions,

OFFICE, MINISTÈRE, CHARGE, FONCTION, EMPLOI, a Office, latin offlcium^ ce qui présente une chose à faire, ce que chacun doit faire : de facere, faire, et d*o6, devant, présent. Nous traduisons le latin officium par devoir, — Ministère signifie service qu'on rend à un supérieur, à un maître, et de même ce qu'on fait en son nom, comme son représentant : latin ministrare^ servir. — Charge signifie fardeau, ce qu'on porte, tant au figuré qu'au propre. Ce mot répond au latin onus; et au figuré, dans le sens ^office, d'emploi, à munus, grande charge, charge importante : d*où munia, fonctions, obligations dont on doit s'acquitter (fungi). — Emploi ce à quoi l'on se ploie, l*usage qu'on fait d'une chose, l'occupation que Ton suit : du latin implicare, entrelacer, mettre en œuvre. L'emploi dans le sens de charge indique tm travail déterminé. — Ainsi l'idée propre d'office, c'est d'obliger à faire une chose utile à la société; celle de ministère est d'agir pour un autre, au nom d'un autre, d'un maître qui commande : celle de charge, de porter un fardeau, ou de faire une chose pénible pour un bien ou un avantage commun : celle d'emploi, d'être attaché à un travail qui est commandé. — L'office impose un devoir; le ministère, un service; la charge, des fonctions; Y emploi, de l'occupation. — L'office donne en même temps un pouvoir, une autorité pour faire; le ministère, une qualité, un titre pour représenter les personnes, disposer des choses ; la charge, des prérogatives, des privilèges qui honorent ou distinguent le titulaire; Y emploi , des salaires, des émoluments qui payent ou récompensent le travail ». (R.)

La charge impose plus particulièrement peut-être des fonctions^ comme le dit Roubaud; mais fonctions, d'après Roubaud lui-même, signifie obligations dont on doit s'acquitter; c'est-à-dire, en précisant davantage le sens de ce mot, que fonction signifie proprement l'action de faire ce qu'on est obligé ou tenu de faire, ce que l'on fait en vertu de son titre ou de sa qualité : c'est pourquoi Ton ne dit pas seulement les fonctions d'une charge; on remplit , on exerce aussi les fonctions d'un emploi, d'un ministère, et même d'un métier. L'office, le ministère, la charge, Y emploi, donnent le titre et la qualité; les fonctions sont le travail, les actes de la personne : si bien que l'on peut exercer les fonctions sans avoir le titre, soit qu'on les ait usurpées, soit qu'on les remplisse par intérim.

DICT. DES STKONTNEt. S3

STHORTUES FRANÇAIS.

Oq aillait autrefois offices ce qu^anjouid'liai nous appelons charges : ainsi l'on disait office de notaire^ noas disons charge de notaire. Au propre, le mot office, dans le sens où nous le considérons ici^ n'est goère employé, de nos jouis, que comme fonctions par intérim, on dans le sens de fonctions peu honorables : « Il n'a plus de secrétaire^ mais ok de ses domestiques en fait l'office. ( Acad.) Faire l'office d'espion».

c Vemphi est chose subalterne, quelquefois honnête, souvent ignoble, toujours en sous-ordre. Nous ne disons ministère dans le sens de place que de la place de ministre du roi; ainsi ce terme a un caractère bien distingué : mais nous disons le ministère public, le ministère des autels y avec une idée de noblesse; et le ministère^ dans le sens à'entremise, a quelque chose de plus relevé que l'entremise ordinaire. » ( R. )

OFFICE ( BON). V. Grâce.

OFFICIEUX. V. ServiabU.

OFFRIR. V. Présenter.

OFFUSQUER, OBSCURCIR. Offusquer, dit l'Académie, signifie, dans quelques phrases^ empêcher d'être vu : a Les nuées offusquent le soleil, offusquent le jour». Ce verbe a beaucoup d'autres significations soit au propre , soit au figuré; mais il n'est synonyme à' obscurcir que dans racceptiou indiquée d'abord par T Académie. Or, obscurcir c'est rendre réellement obscur, amoindrir l'éclat, la lumière, la clarté; tandis qu'offusquer le soleil ou le jour, se dit d'un corps qui cache le jour ou le soleil et empêche la lumière ou la clarté de nous arriver. Offusqt^r est d'ailleurs peu usité dans ce sens.

OISELIER, OISELEUR. L'oiselier est celui dont le métier est d'élever et de ve:adre des oiseaux : Voiseleur est celui qui fait métier de prendre des oiseaux à la pipée, aux filets ou autrement.

OISIF, OISEUX. Être oisif, c'est ne rien faire pour le moment, n'avoir pas d*occupation : être oiseux, c'est, par goût ou par habitude, ne pas chercher à s'occuper ou ne faire que des riens. « On est oisif, dit Roubaud, dès qu'on n'est pas en activité ; quand on croupit dans l'inaction, on est oiseux ». L'homme oisif est actuellement dans l'inaction en attendant qu'il travaille : Thomme oiseux passe volontairemeot ses heures à ne rien fadre, parce qu'il se plaît à rester dans Toisiveté.

Ces deux mots se disent aussi des choses; mais alors oiseux signi^d inutile, vain, qui n'est bon à rien, qui ne sert à rien : « Se livrer à. des goûts oiseux; des questions, des paroles oiseuses». (Acad.) Oisif &e dit de certaines choses dont on ne fait point usage pour l'instant : «L'épée du soldat est oisive pendant la paix ». (Roubaud.) « 11 y a bien des talents oisifs.» (Acad.)

OISIVETÉ. V. Inaction et Loisir.

OMBRAGEUX, SOUPÇONNEUX, MÉFIANT. L*07?i5ra^eua: voit tout en noir, tout roffusque. Le soupçonneux voit tout en mal, tout le choque. ^ méfiant est toujours en garde, il craint tout. — Ombrageux se dit,

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au figuré^ des personnes qu'un rien offusque; il est pris en mauvaise part. C'est le caractère de lliomme timide^ que son ombre effraye. Le soupçonneux Yit de soupçons et conjecture toujours le mal. L* ombrageux peut revenir, et lorsqu'il a touché l'objet, U se rassure; mais le soupçonneux est inquiet, quand il n'y a môme rien qui puisse justifier ses craintes. Le premier se trompe en s'arrètant à la surface; celui-ci néglige les apparences , et présume le mal lorsqu'il ne le voit pas. L*honmie méfiant se tient en garde : ce n'est pas de Tombre^ c'est de la personne, c'est de la chose qu'il a peur. (R. )

ONDES^ FLOTS, VAGUES. Ces trois mots sont synonymes, si on les applique aux diverses élévations que forment les eaux agitées. — Les ondes sont les moindres de ces agitations ; elles sont Teffet naturel de leur fluidité, et s'élèvent peu au-dessus de leur surface. Une agitation accidentelle causée par les vents et les tempêtes forme les flots, qui roulent avec impétuosité, se portent avec violence du côté où les poussent les vents, et se brisent contre les lies, les rochers, les rivages. Les vagues sont produites par une agitation plus violente encore; leur propre est de grossir et de s'élever considérablement. Les ondes laissent une idée de calme ou de cours paisible. (L.)

Onde ou ondes, au pluriel, se dit poétiquement pour désigner simplement l'eau, soit que l'on parle de la mer ou bien d'un fleuve ou d'une rivière. Flots désigne souvent aussi l'eau, mais l'eau courante d'une rivière ou d'un fleuve : <c Les flots du Rhône, les flots de la Seine ».

ON DOIT. V. // faut.

ON NE SAURAIT, ON NE PEUT. 0» ne «ourûtï parait plus propre pour marquer l'impuissance où l'on est de faire une chose. On ne peut semble marquer plus précisément et avec plus d'énergie l'impossibilité de la chose en elle-même. C'est peut-être par cette raison que la particule pasy qui fortifie la négation, ne se joint jamais avec la première de ces expressions, et qu'elle accompagne souvent l'autre avec grâce. — Ce qi^on ne saurait faire est trop difficile : ce qu^on ne peut faire est impossible. On ne saurait bien servir deux maîtres : On ne peut pas obéir en même temps à deux ordres opposés. On ne saurait aimer une personne dont on a lieu de se plaindre : on ne peut pas en aimer une pour qui la nature nous a donné de l'aversion. (G.)

OPINER. V. Délibérer.

OPINIATRE. V. Têtu.

OPINIÂTRETÉ. V. Femieté.

OPINION. V. Sentiment.

OPPOSÉ. V. Contradictoire.

OPPRIMER et OPPRESSER. V. Accabler.

OPPROBRE. V. Infamie.

OPTER, OPTION. V. Choisir.

ORAGE, TEMPÊTE, OURAGAN, BOURRASQUE. Vorage est une violente agitation de Tair, accompagace de pluie, d'éclairs, de ton-

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Reircs^ et quelquefois de grêle. La tempête est une agitation de Tair encore plus violente^ avec pluie ou sans pluie^ ou avec du tonnerre et des éclairs. Vouragan est un yent très-violent et étendu qui^ s'élevant tout à coup^ devient assez fort pour causer de grands ravages. La bourrasque est sur mer ce qu'on appelle ouragan sur terre. — Orage et tempête s'emploient au figuré. On dit les orages des passions^ les orages de la vie; les mécontents excitent des tempêtes dans les États. — Bourrasque se dit an figuré des mouvements brusques et momentanés â*une personne colère ou qui exhale sa mauvaise humeur. (L.),

ORAISON. V. Discours,

ORAISON FUNÈBRE. V. Éloge.

ORDINAIRE, COMMUN, VULGAIRE, TRIVIAL. Le fréquent usag» rend les clioses ordinaires, communes, vulgaires et triviales : mais il y a à cet égard un ordre de gradation entre ces mots , qui fait que trivial dit quelque chose de plus usité que vulgaire, qui à son tour enchérit sur commun, et celui-ci sur ordinaire. li me parait aussi qu'ordinaire est d'un usage plus marqué pour la répétition des actions; commun, pour la multitude des objets; vulgaire, pour laconnaissancedes faits; et trivial, pour la tournure du discours, — La dissimulation est ordinaire à la cour. Les monstres ^ sont communs en Afrique. Les disputes de religion ont rendu vulgaires bien des faits qui n'étaient connus que des savants. De tous les genres d'écrire, il n'y a que le comique où les expressions triviales puissent trouver place. — Ces mots peuvent être considérés dans un autre sens que dans celui de fréquent usage : ils se disent souvent par rapport au petit mérite des choses; et ils ont encore un ordre de gradation, de façon que le dernier de ces mots est celui qui 6te le plus au mérite. Ce qui est ordinaire n'a rien de distingué : ce qui est commun n'a rien de recherché : ce qui est vulgaire n'a rien de noble : ce qui est trivial a quelque chose de bas. (G.)

ORDONNER, COMMANDER. Le commandement est la notification de Vordre, Celui qui gouverne ordonne : celui qui fait exécuter com^ mande. On ordonne, en vertu de l'autorité, à celui qui doit obéir : on commande, en vertu d'un pouvoir ou d'une charge, à celui qui doit exécuter. — Il faut la puissance, la force, pour ordonner; il faut une domination, une supériorité pour commander. Un maître ordonne, un chef commande, La loi, la justice ordonnent, la force en main : nu général, un officier cominande, par son grade, une armée, une troupe; comme une citadelle commmande une ville, ou une montagne la plaine, par son élévation. Un général ordonne un assaut à des troupes; l'officier principal le commande ou le conduit. — L'action diordonner a toujours quelque chose d'absolu, de plus impérieux, de plus pressant que celle de commander, La même différence est sensible dans des appb>

I. Mon$tr0 est pris ici dans le wds latin de monstrum, bète féroce.

ouïr. tiOi

•cations éloignées du ton absolu de Tantorité. Le médecin qui gouverne «LD malade ordonne les remèdes; un particulier qui emploie un artisan 4ui commande un ouvrage. (R.)

ORDRE. Y. Arrangement et Commandement.

ORDRE, ORDONNANCE. Disposition, arrangement. — Vordre est ta disposition des objets placés au rang qui leur convient le mieux. t/ordonnance est la disposition arrêtée et suivie par celui qui a disposé; c'est un arrangement conçu par lui et qui n'a dépendu que de «a volonté. Vordre peut ne pas exister, c'est alors du désordre : l'or- <jhnnance, bonne ou mauvaise, dès qu'elle est produite, existe et constitue un état permanent de choses.

ORGUEIL, VANITÉ, PRÉSOMPTION. L'or^wiV fait que nous nous •estimons. La vanité îdlt que nous voulons être estimés. La. présomption fait que nous nous flattons d*un vain pouvoir. — L'orgueilleux se considère dans ses propres idées; plein et bouffi de lui-même, il est ani- •quement occupé de sa personne. Le vain se regarde dans les idées 4'autrni ; avide d'estime, il désire d^occuper la pensée de tout le monde. Le présomptueux porte son espérance audacieuse jusqu'à la chimère; Èardi à entreprendre, il s'imagine pouvoir venir à bout de tout. (6.)

ORGUEIL, SUPERBE. V. Superbe.

ORGUEILLEUX. Y. Glorieux et Orgueil, vanité.

ORIENT. Y. Levant.

ORIENTAL, DE L'ORIENT. Y. Méridional.

ORIGINE, SOURCE. Vorigine est le premier commencement des choses qui ont une suite; la source est le principe ou la cause qui pro- •duit une succession de choses. Vorigine met au jour ce qui n'y était i|M)int; la source répand au dehors ce qu'elle renfermait dans son sein. Les choses prennent naissance à leur origine; elles tiennent leur existence de leur source. Vorigine nous apprend dans quel temps, en quel lieu, de quelle manière les objets ont paru au jour; la source nous découvre le principe fécond d'où les choses découlent, procèdent, émanent, avec plus ou moins de continuité ou d'abondance. — Il est -curieux de savoir les origines, si elles peuvent nous éclairer. Il est bon de connaître les sources, si nous pouvons 7 puiser (R.)

OS , OSSEMENTS. Parties composant le squelette de l'homme et de •certains animaux. — Les os sont ces parties considérées séparément, •chacune ayant son nom et son caractère propre. Les ossements sont des ■os dépouillés de chair, ne formant plus un ensemble et considérés abstraction faite des corps auxquels Us ont pu appartenir. On dit les os <t non les ossements d'un squelette; mais on dit très-bien un monceau é^ossements.

OSCILLATION. V. Vibration.

OSTENTATION. Y. Parade.

OUEST, COUCHANT. V. Levant.

OCIR. Y. Entendre, écouter.

OURAGAN. V. Orage,

OURDIR, TRAMER, MACHINER. Au propre, ourdir signifie disposer les fils pour faire une toile; et tramer passer les fils entre et à travers les fils tendus sur le métier. -^ Ces termes ne se confondent point dans le sens propre : mais au figuré, on dit, sans avoir égard à leur idée rigoureuse, ourdir et tramer un mauvais dessein, une trahison, etc. Cependant il est bien sensible que tramer dit plus (pi'ourdir: c'est un dessein plus arrêté, une intrigue plus forte, des mesures pins concertées^ des apprêts plus avancés pour Texécution. Ourdir y c^estcommencer; on ourdit même une trame : tramer, c'est avancer l'ouvrage de manière à lui donner la consistance convenable : la chose étant tramée, elle est toute prête. — Nous disons aussi dans le même sens, machiner^ qui marque quelque chose de plus artificieux, de plus profond , de plus compliqué, et même de plus bas ou de plus odieux. (R.)

OUTIL, INSTRUMENT. Voutil est une invention usuelle, simple, maniable, dont les arts mécaniques et simples se servent pour fiiire des travaux et des ouvrages simples et communs. L'instrument est une invention adroite, ingénieuse, industrieuse, dont les arts plus relevés et les sciences même se servent pour faire des opérations ^ des ouvrages d'un ordre supérieur ou plus relevé. — On dit les outils d'im menuisier, d'un charron; et des instruments de chirurgie, de mathématiques. L'agriculture a des outils et des instruments : la pioche est un outil; la grande charrue est un instrument, Vinstrument est en lui-même un ouvrage supérieur à Voutil, — Voutil est, en quelque sorte, le supplément de la main; elle s'en aide : Vinstnkment est un supplément de l'intelligence ou de l'habileté. Voutil ne fait qu'obéir; Vinstrument exécute avec art. Il y a des instruments qui , une fois mis en action, font tout par eux-mêmes : Voutil suit la main. — La nécessité a inventé les outils : la science a imaginé les instruments. En perfectionnant les outils, on en vient aux instruments. (R.)

OUTRAGE. V. Affront,

OUTRAGEUX, OUTRAGEANT. Outrageant, participe présent do verbe outrager, converti enadjectif verbal, exprime l'action d'outrager, le fait, l'effet de cette action (40, page 12) : elle outrage, on en est outragé, offensé crueUement. Outrageux, formé du substantif o^ trage, espèce particulière d'offense, désigne la nature de la chose, sa liu^, ^^ ^^ caractère, l'effet qu'elle doit par elle-même produire; Ae est faite pour outrager, c'est le propre de la chose d'offenser

de sa termîTinro ^ ®^ ^°° emcaciie est d'outrager, selon hi valeur

l'excès -- L'Ao Sl^^^ ^^^ ™^® ^ indiquer l'habitude, la plénitude,

^dis qu'ottf^o . <>bserve qu'outrageant ne se dit que (ies chuscs,

ffeux s'applique également aux personnes. Cette ol»e^

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