PARTIE. V. Part
PARTICIPER, PRENDRE PART. Participer à une chose, c'est y avoir une part réelle et effective : On a fait une distribution de deniers à laquelle les deux frères ont participé. Prendre part à une chose, «'est s'y intéresser de soi-même par amitié, par sensibilité. — Ces deux expressions se disent en bien ou en mal. On participe au bien ou au mal qui arrive à quelqu'un, lorsqu'on en éprouve une partie. On prend part au bien ou au mal qui arrive à quelqu'un, en se réjouissant de Fun on en s'affligeant de Tautre. ( L.)
PARTS (DE TOUTES). V. De tous côtés.
PARURE. V. Ajustement.
PARVENIR. V. Venir.
PAS, POINT. « Pas et point, dit avec raison Dumarsais, sont de véritables noms, du moins dans Torigine. Nos pères, pour exprimer le sens négatif, se servirent d'abord , comme les Latins se servaient de non, de la simple négative ne : « Sachiez nos ne venisme por vos mal faire». (Villehardouin). Dans la suite, pour donner plus de force et plus d'énergie à la négation, ils y ajoutèrent quelqu'un des mots qui ne marquent que de petits objets, tels que grain, goutte, mie, brin, pas, point. Il y a toujours quelqae mot sous-entendu en tes occasions : « Je n'en ai grain ni goutte » ; je n'en ai pour la valeur d'un grain, etc.
1. Ce mot vient du participe laixa partitus, du verbe parftre, diviser. On a dit d'abord ret parlUa^ piiis simplement partita, d'où par/te, mot qui exprime le résultat de Taction de diviser un tout. Les mots part et portion viennent directement des substantifs latins part, partit eiporlio, portionit.
A08 SYNONYMES FIIAMÇAIS.
Ainsi, quoique ces mots servent à la négation, ils n'en sont pas moins de Trais substantifs, a Je ne veux jm» ou point, c'est-à-dire, je ne veux cela même de la looguenr d*un pas, ni de la grosseur d'un point, « Je n*irai pas ou point»; c'est comme si Ton disait : « Je ne ferai pas un pas pour y aller, je ne m'avancerai d'un point. C'est ainsi que mie, dans le sens de miette de pain, s'employait autrefois avec la particule négative : « Il ne l'aura mie. Il n'est mie homme de hien ».
Or, un point étant moindre qu'un pas, le mot point donne plus d'énergie à la négation, et c'est ce que constate l'Académie. Voici ce qu'on lit dans son dictionnaire :
u Point nie plus fortement que pas, On*dira également : ce II n*a pas d'esprit; il n'a point d'esprit »; et on pourra dire : a II n'a pas d'es^ prit ce qu'il en faudrait pour sortir d'un tel embarras »; mais quand on dit : ail n*a point d'esprit», on ne peut rien ajouter. Ainsi, point suivi de la particule de, forme ime négation absolue; au lieu que pas laisse la liberté de restreindre, de réserver. — Par cette raison, pas vaut mieux que point : !<> Devant plus^ moins, si, autant, et autres termes comparatifs : a Cicéron n'est pas moins véhément que Démosthène. Démostbène n'est pas si abondant que Cicéron. 2o Devant les noms de nombre : « Il ne m'en reste pas un seul petit morceau. Il n'y a pas dix ans ». — Pas convient mieux à quelque chose de passager et d'accidentel; point à quelque chose de permanent et d'habituel : « Il ne lit po^ », U ne lit pas en ce moment. « Il ne lit point », il ne lit jamais ».
PASSER, SE PASSER. PAMER, SE PAMER. NOIRCIR, SE NOIR- CIR. POURRIR, GHANCIR, MOISIR; SE POURRIR, SE GHANGIR, SE MOISIR. MOURIR, SE MOURIR. « Les verbes neutres diffèrent des mêmes verbes accompagnés d'un pronom , en ce que les neutres désignent d'une manière générale la propriété ou la qualité, le sort ou la destination du sujet, l'état de la chose ou le fait et Tévénement final : au lieu que les autres désignent d'une manière particulière les changements successifs, l'action progressive, le travail ou la crise qui attaque actuellement le sujet et qui le conduit à l'événement final. Le pronom se ne peut être utilement employé qu'à, désigner expressément l'action reçue et les changements éprouvés par le sujet dans le temps de l'épreuve. Cette différence est très-sensible daiis l'emploi de passer et de se passer; exemple sur lequel nous nous étendrons davantage, parce que l'usage de ce verbe est sans contredit le plus ordinaire. »
10 « La qualité et le sort des choses qui passent, c'est de n'avoir qu'une existence bornée et définie. L'état actuel et la révolution des choses qui se passent, c'est d'être sur leur déclin ou dans une crise de décadence qui amène leur fin. On a dit que passer se rapporte à la totalité de l'existence; eX se passer, aux différentes époques de l'existence : passer a bien plus de rapport à la fin de l'existence; et se pas^r, à laction d'une telle époque, la dégradation, »