‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 140 sur 163 · SOIR · texte numérisé non relu

SOIR

dance, le traia qu'elles suivent oa qu'elles veulent prendre. (R.)

SOBRE « FRUGAL, TEMPÉRANT. Pas trop pour rhonime sobre:

peu et des mets simples pour Tliomme frugal : ni trop ni trop peu pour

l'homme tempérant. — L'homme sobre écrite l'excès, content de ce que

le hesom exige. Le /Hufai évite l'excès dan& la qualité et dans la

quantité, content de ce que la nature veu^ et lui offre. Le tempérant

évite également les excès, il garde un juste milieu. — Sobt*e prend

dans quelques applications un sens plus étendu, celui de réserve, de

discrétion , de modération et de retenue : ainsi on e^X sobre dans ses

paroles; on est sage avec sobriété, ùcmxm saint Paul nous le recom*

mande.

La parfaite niaen fait toute extrémité

Et veat que Ton soit sage avec iobriité, ( Molière. )

Nous appliquons quelquefois frugal aux choses relatives à l'usage de l'homme : vie frugale, repas frugal, iàb\e flrugale. (R.)

SOCIÉTÉ. V. Assemblée.

SOIGNEUSEMENT, CURIEUSEMENT. Ces deux termes ne sont 8}iionymes que dans certains cas : car curieux désigne propremenl l'envie de savoir, de découvrir, de voir, de posséder; tandis que «oi* gneux désigne la manière de traiter les choses. On dit : curieux et soi^ gneux de sa parure; gaitler soigneusement et curieusement quelque chose; conserver curieusement ou soigneusement sa santé, etc. La manière curieuse est plus recherchée, phis avide, plus minutieuse, plus difficile que la manière purement soigneuse, -« L'homme curieux de sa parure y met de la recherche, de llmportance, une envie de se faire distinguer ou remarquer : l'homme soigneux de sa pamre y met un soin convenable ou qu^on ce saurait blâmer, une attention soutenue, une envie de ne pas s'exposer à la critique ou au blâme. Vous preridrez pour un petit esprit celui qui est curieux dans ses ajustements : TOUS prendrez pour un homme décent ou propre celui qui est soigneux dans son habillement. — On garde soigneusement ce qui est utile : on garde plutôt curieusement ce qui est rare. ( R. )

SOIN, SOUCI, SOLLICITUDE. Le^oin est une application à faire, une vigilance pour conserver, une attention à servir; et il ne faut pas perdre de vue cette acception du mot. Mais son acception primitive, quoique regardée comme secondaire, est de désigner rembarras intérieur, la peine d'esprit, le soud ou la sollicitude. — > Ménage tire souci, autrefois soulci, du latin sollidtus, inquiet, tout agité. Les soins et les soucis (soins inquiets), habituels, constants, vifs et pressants, atta* ehés surtout à un objet particulier, forment la sollicitude, qui est l'état d'un esprit sans cesse tourmenté, et, pour ainsi dire, absorbé dans ses pensers et ses soins. Ce mot a le sens du verbe solliciter, latin sollicitare, exciter fortement, presser vivement, aiguillonner sans cesse. — Le soin est un embarras et un travail de l'esprit, causé par une situation critique dont il s'agit de sortir ou même de se garantir.

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oa par ttne situation pénible, qu'il faudrait adoucir dn moins par sa rigilanoe, son activité et ses efforts. Le souci est une agitation et une inquiétude d'esprit^ causée par des accidents qui troublent le calme et la sécurité de Tàme, et la jettent dans une triste rêverie. La soiiici' tude est une agitation vive et continuelle, une espèce de tourment habituel de l'esprit, causé par des attaches particulières ou par des intérêts particuliers qui nous sollicitent sans cesse ^ et nous obligent à des soins sans cesse renaissants, ou à une vigilance constante et laborieuse. ~~ Toute affaire, tout embarras nous donne des soins. Toute crainte, tout désir nous donne du souci. Toute charge, toute surveUlance nous donne de la sollicitude, (R.)

SOIR, SOIRÉE. V. Matin, matinée,

SOLDE. V. Paye.

SOLÉCISME. V. Barbarisme.

SOLENNEL, AUTHENTIQUE. Solennel et authentique ne se trouvent guère confondus, quoique présentés comme synonymes par des vocabulistes. Il est vrai qu'on dit un testamment solennel ou authenr tique, un mariage authentique ou solennel; et ainsi des traités et des divers actes, dans le même sens. Mais l'acte est proprement solennel par l'appareil, la cérémonie, la publicité ou la notoriété de la chose; et authentique, par les formalités légales, les preuves, l'autorité de la chose. La solennité constate l'acte; V authenticité en constate la validité. On ne saurait méconnaître ou révoquer en doute ce qui est solennel : on ne saurait se refuser ou refuser sa foi à ce qui est authentique. La chose solennelle est notoirement vraie et incontestable : la chose authentique ^X légalement certaine et inattaquable. (R.)

SOLIDITÉ (LA), LE SOLIDE. .Ces mots sont fort peu synonymes, quoiqu'ils aient la même racine. Le substantif solidité, pris dans son sens le plus abstrait, comme lorsqu'on dit la solidité d'un discours, d'un raisonnement, d'une preuve, exprime la qualité de ce qui est moralement ferme, inattaquable, plein de force et de raison.

Le solide, comme Ta très-bien remarqué l'abbé Girard, a rapport à l'utilité i; il se dit de ce qui est réel, effectif, de ce qui est le contraire de vain, de chimérique, de frivole; et il s'emploie particulièrement pour désigner la valeur de tout ce qui contribue à former la richesse : « C'est un homme qui ne s'attache qu'au solide »

Ainsi donc un discours qui a de la solidité est un discours plein de force et difficile à réfuter; et quand on dit qu'un discours a plus de brillant que de solide, il faut entendre que, quoique ce discours

t. Mais Tabbé Girard a ea le tort de ne considérer le mot êolidité qa*aa point de Tiie de son rapport à la durée, rapport que ce mot n*a guère qne dans le sens physique, comme lorsqu'on parle d'un édifice; mais qu'il n*a certainement pas dans cette locution la êolidité d'un raiionnemtnt. C'est ce qui m'a décidé i faire lin article sor ees deux mots, ponr rectifier on dn moins compléter celui de tiirard.

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