‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 141 sur 163 · SOMMET · texte numérisé non relu

SOMMET

brille par le style, il n'a cependant point de fond , qu'il est frivole et De renferme rien d'utile, rien dont ou puisse faire profit.

SOLITAIRE. V. Désert

SOLLICITUDE. V. Soin.

SOMBRE, MORNE. En général, sombre a quelque chose de plus noir, de plus triste, de plus austère ou de plus horrible que morne. Sombre est synonyme de ténébreux, et non morne. Avec une très forte teinte de noir, une couleur est sombre : sans lustre et sans gaité, une couleur est morne. Nous disons les royaumes sombres, pour désigner l'enfer des païens, le lieu le plus obscur ou plutôt ténébreux, le lieu des ombres; morne serait une épithète trop faible. Le soleil est momey quand il est fort pâle et sans éclat : par elle-même la nuit est sombre autant qu^elle est profonde. — Les mêmes nuances distinguent ces termes dans un sens figuré. Les passions ardentes et concentrées vous rendent sombre : les passions douces et trompées vous rendent morne, — Morne ne se dit proprement que de Tair et de la contenance. (R.)

SOMBRE, OBSCUR. V. Obscur,

SOMM^ SOMMEIL. « Le sommeil exprime proprement l'état de ranimai pendant Tassoupissemeat naturel de tous les sens; c'est pourquoi on en fait usage avec tous les mots qui peuvent être relatifs à un état, à une situation : Être enseveli dans le sommeil; troubler, rompre, interrompre, respecter le sommeil de quelqu'un. — Le somme signifie principalement le temps que dure Fassoupissement naturel, et le présente en quelque sorte comme un acte de la vie humaine; c'est pourquoi l'on s'en sert avec les termes qui se rapportent aux actes, et il ne se dit guère qu'en parlant de l'homme : « Un bon somme, un somme léger, le premier somme. On dit faire un somme, \m petit somme; et Ton ne dirait pas de même faire un sommeil. » (B.)

Roubaud reproduit l'article de Beauzée et fait remarquer en outre que le sommeil, qui est proprement l'état opposé à celui de veille, se dit aussi de Tenvie, du besoin que nous éprouvons et de la cause qui nous fait dormir : on dit en effet tomber de sommeil, le sommeil me gagne. Enfin pour mieux faire comprendre que le somme est un acte et le sommeil un état, le même synonymiste fait observer que l'on achève son somme, comme on achève son ouvrage; et que l'on sort du sommeil, comme l'on sort du lit.

Sommeil s'emploie seul au figuré.

SOMMET, SOMMITÉ. Partie la plus élevée de certaines choses. — Le sommet d'une chose entre dans la totalité de cette chose; c'est la partie qui est supérieure à toutes les autres. Ce mot emporte donc uoe idée d'étendue plus ou moins grande.. Le sommet est matériel, il est divisible lui-môme en parties; il renferme ou peut comprendre des objets divers : « Un sommet dQ forme conique; la partie orientale du som9net; le sommet de la montagne est couvert d'arbres »•

$12 STNOIfTHES FRANÇAIS.

Sommité est un terme abstrait qni éveille simplement l'idée de hauteur (29, page 9) : c'est Textrémité tout à fait supérii'ure de la chose, le point culminant. Ce mot s'emploie flgnrément en littérature pour désigner les points principaux d'un sujet que l'on traite sans rapprofondir.

SOMMET, CIME, COMBLE, FAITE. Le latin summus se prend pour le plus haut, extrême, suprême, supérieur. On dit le sommet d*une montagne, d'un rocher, de la tête, de tout ce qui est élevé. — La pointe constitue essentiellement la cime. Les corps très-élevés sont ordinairement moins larges à leur sommet qu*à leur base : mais .1 faut, pour la cime, que cette différence soit très-remarquable et carac» téristique. On dit la cime d'un arbre, d'un rocher, d'un clocber, d'uu corps pyramidal. — Le comble est un surcroît, ce qni s'élève pardessus les c6t Js ou les supports, comme une voûte : c*est la calotte de rédiflce. Ce mot se dit particulièrement de la converture d'un bâtiment : mais il est très-usité au figuré pour désigner Vaccumulation poussée au plus haut degré où les choses puissent aller : latin cumuiu8, — Nous disons proprement faite en parlant des bâtiments, et c'est à la rigueur la plus haute pièce de la charpente du toit *! mais on dit aussi le faite comme le sommet de la montagne, le faite comme la cime d'un arbre, quoique son idée propre soit de former un toit, une couverture, â peu près comme le comble. Au Bguré, le faite est le plus haut degré, la position la plus élevée dans nn ordre de choses. — Ainsi le sommet est la partie la plus haute ou l'extrémité supérieure d*un corps élevé : la cime est le sommet aigu ou la partie la plus élancée d*un corps terminé en pointe : le comble est le surcroit on le couronnement élevé en forme de voûte au-dessus du corps du bâtiment pour le couvrir : le faite est Touvrage ou la place qui fait le complément ou le dernier terme de Télévation et de la chose. — Le sommet est opposé â l'extrémité inférieure; la cime, au pied ou à la base; le comble, au fond; le faite, au rang le plus bas. — Enfin, au figuré, le sommet est toujours le plus haut poiiit de la chose : le faite est le pliis haut rang établi ou connu auquel on parvienne : le comble est le plus haut période auquel il paraisse possible d*attelndre. (R.)

SOMPTUEUX. V. Magnifique.

SOMPTUOSITÉ. V. Luxe.

SON DE VOIX, TON DE YOIX. On reconnaît les personnes au son de leur voix, comme on distingue une fiûte, un fifre, un hautbois, une vielle, un violon et tout autre instruihent de musique, au son déterminé par sa construction : on distingue les diverses affections de Tâme d'une personne qui parle avec intelligence ou avec feu, par la difersité des tons de voix, comme on distingue sur un même instrument les différents airs, les mesures, les modes et autres variétés nécessaires. — ï^ son de voix est donc déterminé par la constitution physique de l'Drgane; il est doux ou mde, agréable ou désagréable.

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