‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 153 sur 163 · TROMPER · texte numérisé non relu

TROMPER

haut degré indéfini avec une sorte de surprise^ sans marquer le plus Iiaut; mais il est en effet affînnatif (comme Ta remarqué l'abbé Girard). Bien est également un peu vague; il marque iin sentiment d'approbation oià d'improbation par la raison des contraires, et non pas seulement un sentiment d'admiration. —Vous dites qu'un homme est tressa^, pour fixer le degré de sa sagesse : vous dites qu'il est fort sage, pour assurer qu'il Test beaucoup, plus qu'on ne le croit, plus que vous ne le présumiez : vous dites qu*il est bien sage^ pour exprimer votre approbation et votre satisfaction; et vous diriez de même il est bien fou^ avec des sentiments contraires. — Examinez attentivement le ton et les gestes différents avec lesquels on a coutume de prononcer l'un ou l'autre de ces mots , et vous y reconnaîtrez la différence de leur valeur ou de leur esprit. Se borne-t-on à une estimation simple, à une simple proposition^ à un simple jugement? on dit tranquillement et sur le ton ordinaire de la conversation , qu'une ville est /r^^-grande, que le jour est ^rèj-beau. S'agit-il d'exprimer la force de l'impression qu'on a reçue, d'appuyer sur l'assertion que Ton fait , de vouloir persuader ce que l'on avance? on dit d'un ton élevé et avec le geste imposant, que des procédés sont fort malhonnêtes, qu'une prétention est fort ridicule, qu'un auteur est fort supérieur à un autre. Ne voulezvous enfin qu'exprimer la manière dont les choses vous ont affecté, l'idée favorable ou défavorable que vous en avez conçue, le bien ou le mal que vous en pensez ? Vous direz avec le ton propre au sentiment que vous éprouvez, avec le ton de la pitié, qu'un enfant est bien chétif; avec les mouvements de l'aversion, de l'indignation, qu'un personnage est bien méchant; avec affectation ou admiration, qu'une femme est bien belle et bien bonne. (R.)

TRISTESSE. V. Affliction.

TRIVIAL. V. Ordinaire.

TROC. V. Changer.

TROMPER, DÉCEVOIR, ABUSER. Tromper, c'est induire malicieusement dans Terreur ou le faux; décevoir y y engager par des moyens séduisants ou spécieux; abuser, y plonger par un abus odieux de ses forces et de la faiblesse d'autrui. — On vous trompe en vous donnant pour vrai ce qui est faux, pour bon ce qui est mauvais; et vous serez trompé tant que vous ne serez pas en garde contre les personnes, et que vous ne voudrez pas connaître la valeur des choses. On vous déçoit en flattant vos goûts et en connivant à vos idées; et vous serez déçu tant que vous croirez facilement ce qui vous plaît et que légèrement vous vous attacherez à ce qui vous rit. On vous abuse en capti vaut votre esprit et vous livrant à la séduction ; vous serez abusé tan que vous n'apprendrez pas à douter et à craindre, et que vous vou abandonnerez vous-même sans savoir vous défendre. — On tromp celui qui s'en laisse imposer. On déçoit celui qui se laisse capter. Oa abuse celui qui se laisse captiver. (R. )

552 SYNONTMSS FRANÇAIS.

TROMPER, SURPRENDRE. V. Surprendre

TROMPEUR. V. Failûcieux.

TROQUER. V. Changer.

TROTTE. V. Tmite,

TROUBLE. V. Agitation.

TROUPE, BANDE, COMPAGNIE. La ^noupe est purement et simplement une multitude de gens rassemblés en un lieu. La bande est une troupe particulière de gens de la même sorte, séparés du reste et liés ensemble par quelque chose qui leur est commun. La compagnie est une association de gens qui forment une espèce de corps, attaché ou appliqué à un certain genre d*occupations ou de soins. — Le nombre seul est essentiel à la troupe. Elle peut être composée de toute sorte de gens; on dit une Groupe de monde, de gens de toute espèce : elle peut être rassemblée par hasard ou avec dessein. On dit une bande d'écoliers, d'ouvriers, de commis, de voleurs, etc. : on ne dira pas vaguement : « Il y a une bande de monde». La bande suppose qu'il y k, d'autres gens de la même espèce dont elle est séparée. Les cours de justice établies pour l'exécution des lois, les sociétés littéraires iostituées pour l'avancement des lettres, les associations de gens de commerce ou de finance pour des entreprises, les gens avec qui Ton a l'habitude de se rémiir et de vivre, forment des compagnies, livrées aux mêmes soins ou liées par les mêmes intérêts. — Ces termes s'appliquent aussi aux animaux : on dit des troupes d'oies, des bandes à*éU)oiReaxLX, des compagnies de perdrix. La troupe est nombreuse : la bande va par détachement et à la file : la compagnie vit ensemble et forme une sorte de famille. Nous appelons troupes les gens de guerre en général. On dit les bandes prétoriennes , les vieilles bandes, e^èce particulière de troupes qu'il s'agit de distinguer. Il y a dans les régiments des compagnies, divisions particulièrement destinées à agir ensemble sous un chef particulier. ^ Troupe est un mot indifférent qui se prend ou es bonne ou en mauvaise part, selon les circonstances du discours : il y a des troupes de brigands, comme des troupes de soldats. Bande, dans le style ordinaire, est plutôt ignoble et même injurieux; on dit populairement, la 6anfife joyeuse, une boTide de filous, de coquins. Compagnie est une appellation honorable, comane on Ta vu dans les exemples que j'ai cités. ( R. )

TROUPE, TROUPEAU. Troupe, terme général, se dit surtout des personnes et seulement des animaux qui vivent librement à l'état de uaiure : « Une troupe d'oies sauvages». (Acad.) Le troupeau est une froupe d'une espèce particulière (35, page 10 ) : c'e&t, dit rAcadémie, une troupe d'animaux domestiques de la même espèce, qui sont élevés dans un même lieu.

Ce mot se dit, au figuré, des personnes; 1» dans un sens noble pour «lésigner l'Eglise, les fidèles d'un diocèse, d'une paroisse : « Le /roiipeau de Jésus-Chiist; le troupeau de l'évêque, du curé » (Acad.);

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