‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 160 sur 163 · VIL. V · texte numérisé non relu

VIL. V

VILIPENDEfit, V. Honnir.

VILLE. V. Cité.

VIOLEMENT, VIOLATION. « Infraction de quelque devoir considérable. — Violement ne se dit que de l'infracUon de ce qu'on doit observer. Violation se dit plus spécialement des choses sacrées ou trèsrespectables, quand elles sont comme profanées. » ( B.)

La violation est donc plus que le violement. Condillac fait ressortir une autre nuance distinctive entre ces deux mots : « Ils diffèrent, dit-il, en ce que violation me parait plus relatif & l'action de celui qui

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yk>le^ et que violement me parait Tètre plas à la chose violée. Ainsi^ on dira : « Les tyrans autorisent la violation des lois» et le violement des lois est commun sous les tyrans »; car dans le premier cas, le sens est que les tyrans autorisent l'action, la conduite de ceux qui violent les lois ; et dans le second^ le sens est seulement qu'elles sont violées ». L'Académie dit, que violement est peu usité : tant pis, si Ton emploie à sa place violation.

VIOLENCE et VIOLENT. V. Impétuosité,

VIOLENT, EMPORTÉ. Il me semble que le violent va jusqu'à Tactien, et que l'emporté s'arrête ordinairement aux discours. — Un homme violent est prompt à lever la main; il frappe aussitôt qu'il menace. Un homme emporté est prompt à dire des injures, et il se fâche aisément. — Les emportés n'ont quelquefois que le premier feu d^ mauvais; les violents sont plus dangereux. — Il faut se tenir sur se^ gardes avec les personnes violentes; et il ne faut souvent que de la patience avec les personnes emportées. (6.)

VIOLENTER. V. Obliger, contraindre.

VIOfeER. V. Contrevenir.

VIS-A-VIS, EN FACE, FACE A FACE. Vis marque la vue, la vision, le visage. Vis-à-vis désigne le rapport de deux objets qui sont en vue l'un de l'autre, en perspective Tun à l'autre ; qui se regardent, qui sont en opposition directe et sur la même ligne de rayon visuel. — La face a toujours plus ou moins d'étendue : on dit la face de la terre ; on ne dit pas la face d'un corps pointu : un point n'est pas en face d'un autre; il est vis^-vis, sur la même ligne. Une maison est en face d'un édifice, quoiqu'il n'en regarde que l'aile. Deux objets sont face à /<2c^>. .lorsque la face de l'un correspond à la face de l'autre, dans une certaine étendue. Un objet est en face d'un autre; mais deux objets sont face à face, l'un à Végard de l'autre. La première locution ne marque qu'un simple rapport de perspective; et l'autre marque fortement un double rapport de réciprocité. Il est clair que l'idée de vue, de vision, de perspective, n'est point exprimée par ces deux expressions, quoiqu'elles supposent les choses en aspect, tandis qu'elle l'est formellement par celle de vis-à-vis. — Ainsi vis-A-vis marque un rapport ou un aspect plus rigoureusement direct entre les deux objets, qu'en face; c'est pourquoi l'on renforce quelquefois l'indication vis-à-vis par le mot tout : tout viS'à-vis. Il marque comme face à face, une parfaite correspondance, mais abstraction faite de l'étendue des objets, désignée par le mot face, — On ne dira pas qu'une maison est en face d'un arbre ; un arbre peut être en face d'une maison : deux arbres seront visrd^vis l'un de l'autre, et non face à face* — Puisque vis-àrvis annoace la vue et la perspective, il ne convient proprement qu'à l'égard des objets qui sont, en rapport l'un avec l'autre, dans la portée de la vue, de manière que l'un fasse perspective à l'égaïKi de l'autre. Mais hors de vue, ils seroi t néanmoins en face ou dans la même direction.

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