VEXER
corps SUT Tendroit où il a posé et pesé : la trace est un trait quelconque de Tobjet imprimé ou décrit d'une manière quelconque sur un antre corps. Tout vestige est tracCy car l'empreinte porte quelque forme de la^chose : les traces ne sont pas toutes des vestiges, car les traits ne S02t pas tous formés par l'impression seule d ] corps. — Le vestige n*est jamais qu'une trace très-légère et très- imparfaite de Tobjet, comme l'empreinte du pied : la trace en représente quelquefois la forme entière^ ou du moins le dessin, comme l'empreinte d'un corps étendu sur le sable. On ne dit pas de grands vestiges, comme d& grandes traces. Un pas est le vestige d'un homme : un sillon est la trace d'un peuple policé. — On cherche, on découvre les vestiges : on reconnaît, on suit les traces. Le vestige n'est qu^m trait imprimé; on le cherche : la trace est une ligne plus ou moins prolongée; on la suit. Le vestige marque l'endroit ou un homme a passé : la trace marque Ka. voie qu'il a suivie. — A proprement parler, les vestiges font une trace; et voilà pourquoi l'on ne dit guère vestige qu'au phiriel; et il faudra dire suivre les vestiges, tandis qu'il suffit de dire suivre la trace, n (R.)
VÊTEMENT. V. Habit.
VÉTILLE. V. Minutie.
VÊTIR, REVÊTIR. Revêtir, c'est proprement mettre un vêtement par-dessus un autre (5,2», page 3). « Vêtu se dit des habits ordinaires, faits pour le besoin et la commodité, ou même pour les ornements de mode. Revêtu s'applique aux habillements établis pour distinguer dans Tordre civil les emplois, les honneurs et les dignités. » (Girard.) Ces habillements, en effet, se mettent par-dessus d'autres.
On dit revêtir les pauvres, c'est-à-dire les vêtir de nouveau, parce que leurs vêtements étaient mauvais.
VÊTU, REVÊTU, AFFUBLÉ. Vêtu se dit des habits ordinaires, faits pour le besoin ou la commodité, ou même pour les ornements de mode. Revêtu s'applique aux babillements établis pour distinguer dans l'ordre civil les emplois, les honneurs et les dignités. Affublé est d'un usage ironique pour les habillements extraordinaires et de caprice, ou pour ceux que portent les personnes qui ont fait le sacrifice de leur liberté. — L'ecclésiastique et le magistrat doivent être vêtus décemment, selon le goût qu'exige la gravité de leur état. Le commissaire du quartier était revêtu de sa robe, lorsqu'il remplissait les fonctions de sa charge. Pour se déguiser elle s'était affublée d'une vieille casaque et d'un bonnet à la pobnaise. (G.)
VEUVAGE. V. Viduité.
VF^ER, MOLESTER, TOURMENTER. Nous nous servons particulièrement du mot vexer pour exprimer un abus d'autorité ou de pouvoir par une sorte de persécution, qui tend surtout à exiger des sujets ou des personnes soumises, ce qu'ils ne doivent pas ou plus qu'ils ne doivent. — Ce qui est à charge, ce qu'il est difficile de supporter, ce
qui pèse snr nous jusqu'à nous blesser ou nous fatiguer, nous moleste. Ce mot vient incontestablement de moles, masse, charge. — Tourmenter exprime littéralement l'action de causer une agitation violente, qui vous fait, pour ainsi dire, tourner en tout sens, ne vous laisse jamais & la même place, ne vous permet point le repos, et vous tient ^ans une souffrance, une peine, ou une gène continuelle. — Vous êtes vexé par la violence qui vous tourmente pour voqs dépouiller injustement. Vous êtes molesté par des charges, des attaques, des poursuites qui vous harcèlent et vous fatiguent. Vous êtes tourmenté par toute sorte de peines, dont la force et la continuité ne vous laissent point de rêpos. — On veax le faible. On moleste surtout le débonnaire. On tourmente tout le monde. — C'est le fort qui vexe. C'est le fàcheuT •qui moleste, 11 n'j a pas jusqu'au plus petit insecte qui ne toinrmente, (R.)
VIBRATION, OSCILLATION. On conçoit pins particulièrement par vibration, tout mouvement alternatif ou réciproque sur lui-même^ dont la cause réside uniquement dans l'élasticité : tels sont les mouvements des cordes vibrantes et des parties internes de tout corps sonore en général. — On entend, au contraire, par oscillation, tout mouvement alternatif ou réciproque sur lui-même, dont la cause réside uniquement dans la pesanteur : tels sont les mouvements dés corps «uspendus, d'où dérive la théorie du pendule. — • Le mouvement de vibration mesure les sons ; celui d'oscillation mesure les temps. [Ene.)
VICE. V. Faute, défaut
VICIEUX, DÉPRAVÉ, CORROMPU, PERVERS. Un homme wciwiar ■esX un homme adonné à un vice ou à plusieurs vices, et qui s'y livre iBans retenue. — Un homme dépravé est un homme dont les facultés morales sont tellement altérées et détournées de Tordre établi par la nature, qu'il n'a plus de goût pour le bien. — Un homme corrompu >«st un homme dont les facultés morales sont tellement altérées, qu'elles ont perdu leur activité et leur énergie naturelles. — Un homme pervers est celui dont les facultés morales sont tellement dépravées, que non- •seulement il n'a aucun goût pour le bien , mais qu'il a au contraire AXTL penchant décidé pour le mal. — Un homme vicieux n'est pas entraîné, en général, par son penchant, à de mauvaises actions, mais seulement à celles qui sont Tobjet du vice auquel il est adonné; et hors de ce vice, il en peut faire de bonnes. Un homme dépravé n'attache aucun prix aux actions morales ; il est indifférent pcm le bien comme tx)ur le mal. — L'homme meieux peut rechercher les 'ionnètes gens, si son vice n'est pas un de ceux qui sont contraires à la probité ; l'homme •dépravé n'évite pas toujours les honnêtes gens, nuis il ne sait pas les avantages de leur société ; l'homme corrompu joue et trompe les hon- «lêles gens; l'homme pervers ne cherche qu'à leur faire du mal, et se réjouit de celui qui leur arrive. (L.)
VIDUITÉ. VEUVAGE. Tous deux se disent à l'égard d'une personne
"^lOLEMENT. 569
ifui a été mariée et qui a perdu son conjoint. — La viduh'é est l'état actuel du survivant des deux conjoints, qui n'a point encore passé à un autre mariage. Le veuvage est le temps que dure cet état. — Aussi on ne joint à viduité que des prépositions relatives à Tétat, et à veuvage <des prépositions relatives à la durée. •— Plusieurs saintes femmes ont passé delà viduité kld^ profession religiease; mais aujourd'hui que la plupart des mariages se contyiîi'Kra; pac des vues que la religion et la saine raison proscrivent égaldi&âist^ on mtvage d'un an paraît un fardeau bien lourd. (6.)
VIEUX, ANCIEN, ANTIQUE. Ils inchérissent l'un sur l'autre: <intigue sur ancien, et celui-ci au-dessus de vieux. — Une mode est vieille, quand elle cesse d'être en usage : elle est ancienne, lorsque Tusage en est entièrement passé : elle est antique, lorsqu'il y a déjà longtemps qu'elle est ancienne. — Ce qui est récent n'est pas vieux. Qa qui est nouveau n'est pas ancien. Ce qui est moderne n'est pas antique.
— La vieillesse regarde particulièrement l'âge. L'ancienneté est plus propre à l'égard de l'origine des familles. L'antiquité convient mieux à ce qui a été dans des temps fort éloignés de ceux où nous vtvons.
— On dit vieillesse décrépite^ ancienne^ immémoriale, antiquité reculée. (G.)
VIF. V. Vivant.
VIGILANCE. V. Attention, exactitude.
VIGOUREUX, FORT, ROBUSTE. Le vigoureux semtile plus agile, €t doit beaucoup au courage. Le fort paraît être plus ferme, et doit beaucoup à la construction des muscles. Le robuste est moins sujet aux infirmités, et doit beaucoup à la nature du tempérament. — On est vigoureux par le mouvement et par les efforts qu'on fait. On est fort par la solidité et par la résistance des membres. On est robuste par la bonne conformation des parties qui servent aux fonctions naturelles.
— Vigoureux est d'un usage propre pour le combat et pour tout ce qui demande de la vivacité dans l'action. Fort convient en fait de fardeaux et de tout ce qui est défense. Robuste se dit à l'égard de la santé et de Tassiduité au travail. — Un homme vigoureux attaque avec violence. Un homme fort porte d'un air aisé ce qrii accablerait un autre. Un homme robwfte «st à l'épreuve de la fatigrio. (G.)