‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 162 sur 163 · VOIE · texte numérisé non relu

VOIE

VOCABULAIRE. V. Dictionnaire, VŒU. V. Serment.

VOGUE y MODE. La mode est na usage régnant et passager^ introduit dans la société par le goût, la fantaisie^ le caprice. La vogue est «in concours excité par la réputation, le crédit, l'estime, et par préférence aux autres objets du même genre. — Une marchandise est à ia mode; on en fait un grand usage : le marchand qui la vend a la ^^ogue ; on y court de toutes parts. — La mode vons promet une sorte <le renouvellement : il faut bien qu'elle passe vite ; les modes qui durent deviennent manières, La vogue vous promet que vous serez mieux servi : on regarde volontiers comme le Bieilleur ce qui est le plus renommé; si la vogue dure^ elle en fait lu fortune. — On prend la coiffure, le ton, et jusqu'au remède qui est à la mode, parce que <5'e8t la mode. On prend le médecin, l'avocat, l'ouvrière qui a la vogue, parce qu'on croit en tirer un meileur service. — On fait la mode; ■c'est une invention, bien souvent renouvelée : on donne la vogue; <5'est une impulsion, quelquefois bien aveugle. La mode pasue, la vogue cesse. ( R.)

VOIE, MOYEN. Voie, latin via, lieu par où l'on va, an propre; et au figuré, le plan qu'on suit, la conduite qu'on tient. Moyen, latin modus, médium ( manière, milieu), ce qui est entre deux ou au milieu, le ressort ou Tinstrument employé pour le succès, ce avec quoi Ton fait une chose. — Voilà pourquoi l'on suit les voies, et Ton emploie les ênoyens, La voie est une carrière à parcourir par une suite d'actions : le moyen est la force ou la puissance mise en action pour obtenir. — Le propre de la voie est de tracer ou retracer votre marche, ce que vous avez â faire, ce que vous fiiites avec suite; et le propre du moyen est d'agir, d'exécuter , de produii*e l'effet. La voie est bonne, juste, sage- elle va au but : le moyen est puissant, efficace, sûr; il tend à la mî. Sylla veut ramener Rome à la liberté : la voie qu'il prend c'est la tyrannie; les proscriptions sont les moyens qu'il emploie. — n y a différentes voies pour parvenir : le moyen le plus sûr, quelque voie que Ton prenne, est une volonté ferme, constante, inébranlable. (R.)

VOIE, ROUTE, CHEMIN. La voie (via) est tout terrain sur lequel rtu va et l'on vient, sur lequel on passe pour se rendre d'un lieu à un autre : la voie publique est tout aussi bien une rue, une promenade, qu'un chemin ou une route. Voie est donc le terme général.

La roule est une large et grande vote : le chemin est une voie moins large et moins longue que la route. Là route est nécessairement construite pour que les voitures puisseri y rouler facilement : le chemin est moins propre au passage des voitures ou ne l'est pas du tout.

La route est spécialement construite dans le but de conduire avec toutes les facilités possibles, de tel point à tel autre : le chemin peut n'avoir rien de spécial et n'être pas même tracé. La route de Paris

blU SYNONYMES FRANÇAIS.

à Orléans est telle route et non telle autre : il y a bien des chemins qui vous mèneront à Orléans. Tout chemin mène à Rome dit le proverbe.

Nous pouvons conclure de là que le mot chemin, du verbe cheminer, exprime surtout la ligne, la direction de la marche; tandis que le mot route éveille toujours une idée de voie large et longae et par conséquent de surface plutôt que de direction. On dit chemin de fer el voie ferrée : les lignes de rails sont le chemin même, car le chemin est une ligne, comme uous venons de le dire, et ces lignes sont de fer; mais la voie est un espace de terrain et non une ligne; ce terrain n*est pas de fer, il est garni de fer, il est ferré^ c'esf- une voie ferrés.

Au figuré^ on dit que le chemin du ciel est étroit : le mot rouie ne conviendrait pas dans ce cas, parce que l'idée exprimée par l'adjectif étroit serait en désaccord avec celle du mot route.

Voie se dit aussi des traces parallèles formées par les roues et de Tespace compris entre ces deux traces. Ce mot étant le terme le plus général, s'emploie souvent aussi dans le sens de mode de transport : « Aller par la voie de terre. Vous m'enverrez cela par la voie du courrier ». Il s'emploie aussi dans le sens abstrait de direction vers le but, chemin marquant la direction de la marche : « Après avoir fait bien du chemin sur une route, on s'aperçoit qu'on n'est pas dans la bonne voie ou qu'on n'a pas pris la bonne voie ». Ici chemin marque simplement la ligne parcourue; route, le sol travaillé par l'art des ingénieurs et sur lequel on a parcouru la ligne; voie, la direction que l'on a suivie. Cette direction n'est pas la bonne, c'est-à-dire n'est pas celle qu'on aurait dû prendre; ainsi, l'on était dans une mauvaise voie, quoique la route pût d'ailleurs être excellente.

VOILER. V. Cacher.

VOIR, APERCEVOIR. Voir, c'est recevoir d'une manière distincte» claire et parfaite, les images des objets par l'organe de la vue. Apercevoir, c'est voir d'une manière confuse, obscure, imparfaite. Je vois un homme qui se présente à moi, qui s'offre à ma vue, s'il reste assez longtemps sous mes yeux pour que j'aie le temps de distinguer ses traits et de ne pas le confondre avec un autre. J'aperçùis un homme qui passe rapidement devant moi, qui fuit ou qui cherche à se cacher. y aperçois de loin une tour, mais je ne saurais voir à elle est ronde ou carrée. On voit une chose qui se montre à découvert; on l'aperçoit, lorsqu'on la découvre sous une autre chose destinée à la cacher, à la déguiser. On aperçoit une chose qu'on commence de voir. (L.)

Les objets qui ont quelque durée ou qui se montrent^ scsit vus : ceux qui fuient ou qui se cachent, sont aperçus. On voit dans où visage la régularité des traits; et l'on y aperçoit les mouvements de l'&me. Dans une nombreuse cour, les premiers sont vus du prince; à peine ^s autres en sont-ils aperçus. (G.)

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