‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 163 sur 163 · VOL · texte numérisé non relu

VOL

VOIR, REGARDER, CONSIDÉRER. Nons voyons ce qui frappe notre vue, ce qui se présente à nos yeux : nous regardons l'objet sur lequel nous portons volontairement nos regards, dans le dessein de prendre une connaissance plus parfaite de cet objet.

Dans l'acte de voir, rame est passive : elle est active dans l'acte de regarder.

Considérer, c'est regarder attentivement, avec soin et pendant un certain temps. On peut regarder rapidement, on peut regarder deux ou plusieurs objets en môme temps : mais on ne considère qu'un seul objet à la fois; et après avoir considéré alternativement chacun des deux objets, nous considérons dans notre esprit les rapports qui les unissent.

VOL, VOLÉE, ESSOR. La terminaison ée ajoute, dans vole'e, à ridée de vol, la suite, la succession, le prolongement, la diversité, la liberté, les particularités de l'action. Ainsi, dans une autre acception, la volée marque la multitude, la troupe, la bande, la pluralité (28, page 9 ) : une volée de perdreaux. — Le mot essor indique la hardiesse, la grandeur, la plénitude du vol ; mais surtout la force du début. ■— Le vol est donc l'action de s'élever dans les airs, et d'en parcourir un espace : la volée est un vol soutenu et prolongé on varié : Vessor est un vol hardi, haut et long, le plein vol d'un grand oiseau. — Le vol de la perdrix n'est pas long; les hirondelles passent, dit-on, la me? tout d'une volée : le faucon mis en liberté prend quelquefois un essor si haut, qu'on Ta bientôt perdu de vue. — Tout oiseau prend son vol. Vous donnez la volée à celui à qui vous donnez la liberté de s^envoler où il voudra, et de s'enfuir tout à fait : vous le prenez à la volée, daus le cours de son vol. L'oiseau de proie prend un essor d'autant plus véhément, qu'il a été plus longtemps contraint.» Au figuré, une personne prend son vol et son essor : son vol, lorsqu'elle s'affranchit de ses entraves et qu'elle use de toute sa liberté; son essor, quand elle essaye librement ses forces et qu'elle s'abandonne à toute leur énergie. Il y a de la hardiesse dans le vol : dans Yessor, il y a une ardeur égale à la hardiesse. — On prend son vol pour s'élever à une certaine hauteur et s'y maintenir : on prend son essor pour s'élever fort haut et parcourir une grande carrière. Le vol suit Vessor : par Vessor ou par la manière de s'élever, vous jugez si le vol sera haut et soutenu. (R.) VOL, VOLERIE, LARCIN, RAPINE. Vol est le terme général; il se dit de l'action et de la chose volée : « Vol avec effraction. On Ta trouvé saisi du vol», (Acad.) Volerie n'a rapport qu'à l'action; c'est une espèce de vol de peu d'importance, fait en secret et adroitement. Au pluriel, voleries désigne une suite, une répétition de petits vols t22,page7).

Le larcin est le genre de vol que commet le filou qui dérobe furtivement avec adresse et sans violence.

La rapine (du latin rapere, ravir) consiste à s'approprier le bien

absolu, si inaltéiablc , si inviolable, qa'il en est comme sacré. — Ôa voue ses services X un prince, une éternelle gratitude à un bienfaiteur; on se voue à une profession, à un état, etc. On dévoue proprement les personnes dont on dispose; on se dévoue en vouant l'attachement le plus parfait et l'obéissance la plus profonde, jnsqn^à tout sacrifier, môme sa vie. On dédie des monuments qui honorent les personnes ; on dédie des ouvrages qu*on met sous les auspices de quelqu'un ; on dédie à un patron. On consacre son temps, ses veilles, ses soins, ses jours, etc.; on seconsacre à des travaux, à des services, à une profes* H on, à l'étude, à des œuvres qui occupent l'homme tout entier et sa vie, qui demandent, dans un parfait dévouement, l'assiduité et la fidélité la plus constante : on consacre des monuments, des objets faits pour relever la grandeur, pour perpétuer la mémoire ou l'usage^ de manière à attirer plus de respect, à donner plus d'autorité. » (R.)

VOULOIR, AVOIR ENVIE, SOUHAITER, DÉSIRER, SOUPIRER. CONVOITER. Le dernier de ces mots n*est d'usage que dans la théologie morale; et il suppose toujours un ebjet illicite et défendu par la loi de Dieu : on convoite le bien d'aU'trui. Les autres mots sont d'un usage ordinaire; et la force de leur signification ne dit rien de bon ou de mauvais dans Tobjet : elle n'exprime que le mouvement par lequel l'ùme se porte vers lui, quel quMl soit, avec les différences suivantes pour chacun d'eux. On veut un objet présent et Ton en a envie : mais on le veut, ce me semble, avec plus de connaissance et de réflexion; et Ton a envie avec plus de sentiment et plus de goût. On souhaite et on désire des choses plus éloignées : mais les souhaits sont plus vagues; et les désirs, plus ardents. On soupire pour des choses plus touchantes (V Respirer après^ soupirer après), — Les volontés se conduisent par l'esprit; elles doivent être justes. Les envies tiennent des sens; elles doivent être réglées. Les souhaits se nourrissent d'imaginations; ils doivent être bornés. Les désirs viennent des passions; ils doivent être modérés. Les soupirs partent du cœur; ils doivent être bien adressés. — Nous voulons ce qui peut nous convenir. Nous avons envie de ce qui nous plaît. Nous souhaitons ce qui nous flatte. Nous désirons ce que nous estimons. Nous soupirons pour ce qui nous attire. — On dit de la volonté y qu'elle est éclairée ou aveugle; de Venvie, qu'elle est bonne ou mauvaise; du souhait, qu'il est raisonnable ou ridicule; du désir, qu'il est faible ou violent; et du soupir, qu'il csl naturel ou affecté. (G.)

VOULOIR (LE), LA VOLONTÉ. V. Volonté.

VRAI, RÉEL. V. Effectif,

VRAI, VÉRIDIQUE. Vrai se prend quelquefois dans Tacception de véridique, qui dit la vérité, qui dit vérité, mais avec un bien plus grand sens. — L'homme véridique dit vrai : l'homme vrai dit le vraL L'homme vrai est véridique par caractère, par la simplicité, la droi«tnie, l'honnêteté, la véracité de son caractère. L'homme véridique

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aimera bien à dire la vérité : l'homme vrai ne peut que la dire. — Dieu est vrai par essence : l'écrivain inspiré par lui est contraint d'être véricUque. — Les gens véridiques le sont dans leurs récits, dans leurs rapports^ dans leurs témoignages : Thomme vrai l'est en tout^ dans ses actions comme dans ses discours. — Llionmie vrai est le contraire de l'homme faux : l'homme véridique est le contraire du menteur. (R.)

VRAI, VÉRITABLE. Véritable signifie proprement, non pas qui est essentiellement vrai, mais qui se montre à nous avec le caractère de la vérité. Une chose vraie Test de sa nature et par elle-même; c'est une chose qui a en elle le vrai : une chose véritable est celle que nous considérons , que nous présentons comme conforme à la vérité et ne nous trompant point.

La qualité de la chose vraie est dans cette chose même ; elle ne dépend aucunement de nous : quand nous Tignorerions ou quand non? ne le croirions pas, il n'en serait pas moins vrai que tout triangle est la moitié d'im parallélogramme. La qualité de la chose véritable n'existe que relativement à nous et par nous : une relation est véritable, peice que l'auteur l'a rendue conforme à la vérité. Je demande si le bruit qui court est vrat, c'est-à-dire si tel qu'il est et par lui-même, il représente bien le fait réel; quelqu'un me répond : « Je vous garantis cela véritable »; c'est-à-dire que je puis admettre la réalité du foit, attendu que le bruit a été reconnu comme ayant tous les caractères de la vérité.

a Vrai, dit Gondillac, ne se dit que du fond de la chose, et véritable se dit de la chose considérée sous •^[uelque rapport Par une vraie histoire, une vraie amitié, on entend seulement que ces choses sont ce qu'elles doivent être; par une véritable histoire, une véritable amitié, on entend que ces choses ne trompent point C'est un véritable gentilhomme, c'est un vrai gentilhomme, ne signifient pas absolument la même chose. Le premier se dit de celui qui joint la noblesse des sentiments à la noblesse de la naissance, c'est-à-dire qui réunit en lui tout ce qu'on est en droit d'exiger d'un gentilhomme. »

Un vrai gentllhonmie est celui dont les titres de noblesse sont incontestables : il est gentilhomme dès sa naissance et par l'effet de sa naissance, sans aucun rapport à sa manière de vivre, de sentir, de penser et d'agir; si bien qu'un vrai gentilhonmie peut fort bien ne pas être un véritable gentilhomme.

De même, un vrai ami est Thonmie qui a toutes les qualités essentielles à la nature d'un parfait ami : un véritable ami est un ami solide, qui nous a donné de fortes preuves de son amitié, un ami sur lequel nous pouvons compter et qui ne trompera point noire attente.

VRAISEMBLABLE. V. Plausible.

VUE. V. Aspect.

VUES. V. But.

VULGAIRE. V. Ordinaire.

tSSO 8TII0KT1IES PRA.NÇAI8»

ZÈLE. V. Empressement,

ZÉLÉ, ZÉLATEUR. Zélé est nn adjectif et signifie qui est plein de zèle : zélateur est nn snbstantir et se dit d'une personne qui agîft ayec zèle pour la patrie ou la religion. Zélé se prend quelqnerois substantivement, dans le langage familier; mais il s'emploie alors d*ane manière absolue, sans complément, à la diflëreDce de zélateur qui est du style noble, et exige toujours nn complément : « C'est un zélé; Grand zélateur de la gloire de Dieu ». ( Acad.)

ZÉPHYR, ZÉPHIRE. On appelle zéphyr toute espèce de vents doux et agréables : « Un zéphyr rafraîchissant ». (Acad.) Zéphire est le nom que les anciens donnaient au vent d'occident, et au dieu mythologique personnification de ce vent ; ce dieu était l'époux de Flore^ déesse àcs (leurs.

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