‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 19 sur 163 · ABROGER · texte numérisé non relu

ABROGER

<Inefoîs on abhorre ce qu'il serait avantageux d'aimer; et Ton déteste ce qu'on estimerait, si on le connaissait mieux » (G.).

ABIME. V. Précipice.

ABJECT. V. Bas.

ABJECTION, y. Abaissement

ABJURER. V. Renoncer,

ABOI» ABOIEMENT. Aboi se dit particulièrement en parlant do ta qualité naturelle du cri du chien : un chien qui a Yaboi rude, aigre, perçant; un aboi effrayant. Aboiement se dit plutôt des cris mêmes : de longs aboiements, des aboiements continuels. On dit: Faites cesser les aboiements de ce chien, et non pas, faites cesser son aboi ou ses abois (L.).

ABOLIR, ABROGER. Abolir se dit de hien des choses, des coutumes, des usages, des lois, etc. : abroger ne se dit que des lois, ■des décrets, des actes publics ayant force de loi. Le non -usage suffît pour Yabolition; mais il faut un acte positif pour l'abrogation: une loi tombée en désuétude est abolie de fait : elle ne peut être abrogée que par une autre loi ou par une déclaration formelle de l'autorité.

ABOMINABLE. V. Détestable.

ABONDAMMENT. V. Beaucoup.

ABORDER, ACCOSTER, JOINDRE, On aborde ou l'on accoste quelqu*un pour lui parler (Acad.); mais accoster signifie proprement prendre ou saisir au passage. Eu conséquence on n'accoste que celui qui marche au dehors ou dans un lieu public; tandis qu'on aborde, soit au dehors, soit dans un salon, une personne qui est ou n'est pas -eu mouvement. Déplus accoster, terme très-familier, ne se dit jamais à regard d'un supérieur ou de quelqu'un avec lequel on n'est pas sur le pied d'une grande intimité.

On joint les personnes, la compagnie dont on s'était écarté; on Joint quelqu'un à l'endroit où l'on est sûr de le retrouver.

ABRI (A L'), A COUVERT. A F abri présente Tidée de quelque «hose qui défend, et à couvert l'idée de quelque chose qui cache, qui dérobe : le premier dit moins que le second. « Quand on est surpris par la pluie, on se met à fabri sous un arbre ou à couvert dans une grange, dans une maison. A couvert suppose donc plus de sûreté; et Ton peut dire , selon les circonstances , être à Vabri de la pluie ou être à couvert de la pluie. Au figuré , on trouve la môme différence. On «st à Vabri de la haine, de la vengeance , lorsqu'on ne peut en être atteint; on est à couvert de la haine, de la vengeance, lorsqu'on ne ^ |)eut être l'objet de ces sentiments » (L.).

Au propre on ne dit pas être à couvert , on dit être à Vabri du bruit, <lu vent, du besoin, des passions; mais à couvert convient mieux pour tout ce qui tombe d'en haut, attaque, poursuit ou persécute.

ABROGATION. V. Abolir.

ABROGER. V. Abolir.

ABSOLU , IMPÉRIEUX. Absolu appliqné aux personnes signifie qui .fait tout Ci} qu'il veut et impose sa volonté comme loi : impérieux signifie qui commande avec beaucoup d'empire (44, page 13).

« L'homme absolu veut être obéi sans résistance, sans opposition : rhomme impérieux veut Tètre avec soumission. Le premier aunooee de la fermeté, il ne souffre pas que son autorité soit contestée: le second montre de la vanité et de Torgueil , il prétend que la sienne soit maintenue.' L'homme impérieux peut ne pas être absolu, il lui suffit quelquefois que Ton paraisse soumis; Thomme absolu peut ne pas être impérieux ^ c'est assez pour lui d'être obéi ponctuellement. Il est nécessaire avec certaines gens de prendre un ton absolu, il ne l'est jamais de prendre un ton impérieux n (L.).

ABSOLUTION, PARDON, GRACE, RÉMISSION. L'absolution a rapport à la faute, au péché. Ce mot ne s'emploie proprement que, l» pour signifier Vaclion du prêtre qui remet les péchés confessés par le pénitent; 2<» comme terme de droit criminel pour désigner le jugement qui absout un accusé coupable, parce que le crime ou le délit n'est puui par aucune loi. Le pardon est relatif à l'offense personnelle; il est accordé ou refusé par l'offensé. La grâce eilarémiS" s ion se rapportent à la peine prononcée ou méritée : elles émanent d'une puissance supérieure. Le mot grâce se dit surtout quand il s'agit d'une peine très-grave : un condamné à mort se pourvoit en grâce auprès du chef de l'État. Le mot rémission n'est plus usité aujourd'hui dans ce sens : il Test toujours comme terme de théologie, dans le sens de pardon : Obtenir de Dieu la rémission de ses péchés ( Acad.).

ABSORBER, ENGLOUTIR. Absorber exprime une action générale, il est vrai, mais s'accomplissant par une succession d'effets partiels. Engloutir marque une action rapide, qui saisit l'objet tout à la fois, sans le détailler par parties : le feu absorbe, l'eau engloutit. Selon cette même analogie , on dit au figuré : Les procès ont absorbé tout son bien; et il a englouti en peu de temps cette riche succession (Acad.).

ABSTENIR (S'), SE PRIVER. S'abstenir n'exprime que l'action sans aucun rapport au sentiment qui peut l'accompagner; se priver suppose un attachement à la chose et un regret de ne plus la faire ou de ne plus en jouir. On peut s'abstenir des choses qa*on ne connaît pas, qu'on n'aime pas, qu'on ne désire pas, qui sontindiffésentes; on ne se prive que des choses qu'on connaît, dont on a joui on doat on voudrait jouir. Il est rare qu'un ivrogne se prive de vin, lorsqu'il peut en boire; un homme sage s'en abstient , s'il nuit à sa santé (L.).

ABSTRAIT, DISTRAIT. Abstrait vient d un mot latin qui signifie tiré loin de : distrait vient d'un autre mot latin signifiant tiré çà et là, de divers côtés; c'est d'ailleurs le sens des deux préfixes (9, page 4, et 8, page 4). L'esprit de l'homme abstrait est loin de ce qu'on lui dit, de cb qui se nasse autour de lui; cet homme est plongé

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